Kockidj l'étrange fillette

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Publié le : dimanche 1 janvier 1995
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EAN13 : 9782296301801
Nombre de pages : 144
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KOCKIDJ L'ÉTRANGE FILLETTE

Collection Encres Noires Dirigée par Gérard da Silva

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Cheick Oumar Kanté, Après les nuits les années blanches. Gaston-Paul Effa, Quand le ciel se retire. Sydia Cissé, Le crépuscule des damnés. Edilo Makélé, Long sera le chemin du retour. Moudjib Djinadou, Mais que font donc les dieux de la neige? Boubacar Boris Diop, Les traces de la meute. Philippe Camara, Discopolis. Pabé Mongo, Nos ancêtres les baobabs. Vincent Ouattara, Aurore des accusés et des accusateurs. AbdourahmaneNdiaye, Terreur en Casamance. (Polars Noirs). Kama Kamanda, Lointaines sont les rives du destin. Ken Bugul, Cendres et braises. Jean-Jacques Nkollo, Le paysan de Tombouctou (Théâtre). El Ghassem Ould Ahmedou, Le dernier des nomades. Mamadou Seck, Survivre à Ndumbélaan. Georges Ngal, Une saison de symphonie. Denis Oussou-Essui, Rendez-vous manqués. Pius Ngandu Nkashama, Le Doyen Marri. Moussa QuId Ebnou, Barzakh. Olympe Bhely-Quenum, Les appels du Vodou. El Hadj Kassé, Les mamelles de Thiendella. Dominique M'Fouilou, Le quidam. Nocky Djedanoun, fana. Albert Thierry NkHi-Abou, Le carton rouge. Pius Ngandu Nkashama, Yakouta. Maria Nsue Angüe, Ekomo Alex I-Lemon, Kockidj, L'étrange fillette Essomba, Les lanceurs de foudre

@ L'Harmattan, 1995 ISBN: 2-7384-3194-1

Alex I-LEMON

KOCKIDJ L'ÉTRANGE FILLETTE

Récits et Souvenirs

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Ce travail n'est pas le fruit d'une recherche sociologique, encore moins anthropologique. Il est un ensemble de souvenirs et de récits sur la vie d'une femme. Son unique but est de porter un message de courage et d'espoir à tous les enfants du monde entier amenés à grandir en dehors de leurs parents. Il s'agit des enfants orphelins, des enfants abandonnés, des enfants dont les parents sont victimes de guerres, des enfants séparés de leurs parents pour diverses raisons, des enfants victimes d'une séparation des parents. . 0 Le livre leur est dédié.

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Enfant du monde, enfant de la ronde, Enfant sans père, enfant sans mère, A toi ces lignes, à toi ces signes.

Fille de l'amour, objet d'humour, Fils de la cour, ombrage du jour, Projet du corps, descendu sans renfort, Produit du tord, déposé dehors, Par la rue tu vois ton sort, dans la rue s'enlève ton mords, Parfois tu t'endors. Des fois tu es fort.
Ce territoire de la mort, cet espace des rapports Te donne l'illusion d'un trésor, te fait miroiter de l'or, Et en permanence tu y dors, du sud au nord. Réveille toi. Emerveille les rois.

Nourrisson sans seins, petit enfant sans pain, Nécessiteux des repas sains, questionnant un avenir mal peint, Ignorant le vaccin et rendant les principes vains, Indifférent aux lieux sains, se moquant du sacré vin, Fidèle ami de la faim, tendant au monde la main,

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Forcé à une souffrance sans fin et usé par des ambitions sans moyens, Vains cet ennemi pluriel, agrandis cet avenir nain. Feins d'avoir les reins solides, tu en retireras un gain divin, Daigne freiner le désespoir. Des records seront atteints. Don de la terre, tu es naturellement débonnaire. Résultat de la guerre, tu es devenu victime sans adversaire. Marqué au fer, tu ne peux te taire. Garde intacts tes nerfs. Cherche à prendre de l'air. Il te faut un lampadaire, dans cette nuit sans réverbère, Pour mieux voir dans ton aire, la violence de la misère, Pour donner à la douleur de ta chair et son caractère de repère, Des soins sans inventaire, ne faisant plus de toi un hère Sans aide et sans commentaire, sur la route de la galère, Sous un ciel plein d'éclairs. Te voilà transformé en un être fier.

Etre venu d'ailleurs, enfant né pour le beurre, préférant la douceur, détestant les fortes odeurs,

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Voici venue ton heure, dans une vie sans chauffeur, Pars sans la grève, comme dans un rêve, E vite sur ton chemin le "drogueur". Fais un voyage sans heurt. Dans cet environnement de moqueurs, ta vie semble être une gagew., Aie présent sur la conscience de ton cœur, ce défi qui ressemble plus à un leurre,] Jusqu'à la trêve, dans cette aventure d'élève, L'absence de bonnes rumeurs, caractérisée par la pénurie des donneurs, Et la volonté de détruire en chœur. Eloigne de ton parcours la peur. A toi l'espérance du vainqueur, avec une ambition sans erreur, Aujourd'hui la nuit sera brève, tu dormiras sans verve. De l'injustice tu seras le chasseur, du changement tu seras l'auteur, De la méchanceté tu seras le tueur, des opprimés tu seras le sauveur, Pour tous les tests tu seras l'interviewer, pour l'union et la paix mondiale tu seras comme un mixeur, De tous les décideurs tu seras le relayeur et de toutes les fleurs du monde tu seras l'arroseur.

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Au moment où ce livre est prêt à être publié, mes pensées vont vers tous ceux qui, consciemment ou inconsciemment, ont participé à son élaboration.
A Têh, ma "grand-mère" (1893-1989) Tu me disais toujours de noter sur du papier, tout ce que tu me racontais au cours de nos longues causeries sur l'histoire du village, de ta famille, de ma mère. Souvent j'ai paressé, des fois je l'ai fait. Au moment où j'ai décidé de rassembler toutes mes notes pour en faire un document, tu n'es plus là. A Itapap, voisin de cour de Têh (1900-1987) Tous les enfants t'évitaient parce qu'ils te trouvaient sévère. Moije t'approchais car tu n'étais que rigoureux. Chaque fois que j'allais voir Têh, j'en profitais pour causer avec toi de notre tradition, de notre village. Je n'ai pas cru nécessaire de prendre des notes écrites. J'ai malfait. Aujourd'hui où tu n'es plus de ce monde, cela m'aurait été d'une plus grande utilité. A Déh~ mon oncle et tuteur (1915-1990) En grandissant auprès de toi, j'avais la ferme volonté d'apprendre le peu que tu savais sur Lodjoukrou, notre société. Enfin de compte, je n'ai pu avoir qu'une toute petite idée de ce peu. J'aurais pu espérer apprendre plus avec toi si tu n'avais pas effectué ce voyage sans retour.

A mon père Toi qui ne te lasses jamais de répondre à mes questions sur notre culture et notre village, voici pour toi l'occasion de savoir la raison de cette curiosité. 9

A ma mère Tu t'es toujours mise à ma disposition chaque fois que j'ai voulu te demander des précisions sur ta vie ou celle de tes géniteurs. Tu as toujours répondu à mes questions mêmes aux plus indiscrètes. Tu voulais que je sache tout sur ton histoire et que je la raconte un jour à mes enfants. Aujourd'hui, ce n'est pas seulement à mes enfants que je la raconte, c'est à tous les enfants du monde.
A Antoinette Honat, ma tante (même père que ma mère) La spontanéité avec laquelle tu as accepté de parler de ton père, mon grand-père, et de sa version des faits, est l'une de mes principales motivations dans la décision de faire ce travail. La passion avec laquelle tu m'as expliqué les faits montre très bien que ton père en a été marqué toute sa vie. Pendant des mois tu t'es mise à mon "service" pour parler de votre village et de son fondateur, ton arrière grand-père. Je ne t'ai jamais dit pourquoi je te dérangeais tant. Toi non plus ne me l'as jamais demandé. Nous nous étions certainement compris en silence. A Jean Iuha, mon oncle (même mère que ma mère) Après nos premières discussions, nous nous étions promis de nous retrouver chez toi au village. Tu as aussi promis de me montrer une photo de ta mère, ma grand-mère. Malheureusement, rien de ceci n'a pu être fait avant ce travail. Remettons-le à notre prochaine rencontre.

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A Madeleine Issika, ma tante (même mère que ma mère) Ce travail est le fruit de tes fréquents séjours et des nuits blanches chez moi. J'ose espérer que cette plaie ouverte depuis près d'un demisiècle dans ton cœur sifragile, pourra entamer sa guérison et sa cicatrisation avec ce travail.

To~ ceux du village qui m'ont appris ne serait-ce qu'un tout petit quelque chose sur ma propre culture, ne peuvent pas imaginer la valeur du bien qu'il m'ontfait. A eux tous je dis le plus grand merci.
Au professeur Harris MemeI-Fôté Quand je t'ai rencontré en 1989 avec mon document sur la gestion des entreprises de chez nous, tu m'as beaucoup encouragé à l'enrichir de quelques statistiques et à le faire publier. Tu étais convaincu qu'il ajouterait son grain de sel à la réflexion sur la question. Je t'ai promis de le faire mais mes occupations professionnelles ne m'ont pas permis de tenir ma promesse à cette époque. Je sais que tu ['attends. Il viendra en son temps. Aujourd'hui une partie de la matière à laquelle je me suis intéressé te concerne particulièrement. Mon plus grand regret a été d'être obligé de le faire sans avoir l'occasion d'écouter tes points de vue et de bénéficier de tes analyses de géant intellectuel. Ton inestimable travail sur Lodjoukrou m'a été très utile pour comprendre certaines pratiques de notre société, de notre culture. La meilleure façon de remercier un maître n'est pas de dire "merci", c'est de lui montrer qu'on a bien appris. Alors j'attends de savoir si je t'ai remercié.

Il

A Hemess et Hesjim

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