Koudpoko ou l'esclave affranchie

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Koudpoko, comme toutes les filles de sa génération, a échoué à l'école post-coloniale, très sélective. Elle partage désormais le sort des ménagères de campagne : vivant un mariage d'amour que les circonstances transforment en calvaire. Battante comme une vraie africaine, elle se reconvertit en domestique de ville et découvre alors de nouvelles raisons de ne pas sombrer dans cette omerta des familles aisées qui emploient des bonnes à tout faire, pour atteindre les marches supérieures de l'échelle sociale.
Publié le : mercredi 2 septembre 2015
Lecture(s) : 2
EAN13 : 9782336389127
Nombre de pages : 142
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GEjWISDO OU L’ESCLAVE AFFRANCHIE

Roman
KABORE Bangbi Francis Frédéric est
ingénieur du son en cinéma depuis 1998
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et d’animation. Il est enseignant à
l’Institut des Sciences de l’Information
et de la Communication à l’université
Aube Nouvelle et à l’Institut supérieur de l’Image
et du Son. Il est titulaire du Diplôme supérieur
d’Études cinématographiques, cycle 3, de l’Académie
internationale des Arts / ESEC de Paris. Il est chef de
département de master à l’ISIS.
ISBN : 978-2-343-07022-3
15 € L’ armattan International Burkina Faso
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KOUDPOKO OU L’ESCLAVE AFFRANCHIE
Roman
KOUDPOKO OU L’ESCLAVE AFFRANCHIE Bangbi Francis Frédéric Kaboré
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KOUDPOKO
OU L’ESCLAVE AFFRANCHIE





































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-07022-3
EAN : 9782343070223

2 Bangbi Francis Frédéric KABORÉ






KOUDPOKO
OU L’ESCLAVE AFFRANCHIE

Roman




















Je dédie ce roman à ma grande sœur Koumbi Aline
KOALA, à mes enfants, à mon épouse, et à mon beau-père
Hado Paul ZABRE qui a mis mon pied à l’étrier de
l’écriture.



PRÉFACE
Koudpoko est une fiction qui touche du doigt le
caractère très sélectif de l’école au Burkina jusqu’à un
passé récent. Une sélection au détriment des jeunes filles.
La fille était destinée à grandir auprès de sa mère et à
apprendre les bonnes manières pour entretenir un ménage.
Ainsi, des millions d’enfants de sexe féminin qui avaient
juste besoin de retrouver le chemin de la confiance en soi
pour réussir une brillante scolarité en ont été écartées au
nom des préjugés. Leur sort avait toujours été en priorité
le foyer. Les mariages précoces étaient légion au nom de
la sauvegarde de l’honneur de la famille. La jeune fille
exclue du système scolaire passait subitement de l’enfance
à la « sagesse » obligée.
L’auteur, Frédéric KABORE, peint dans son roman
une société où une jeune fille est contrainte à franchir
rapidement toutes les autres étapes indispensables à sa
préparation conséquente pour une vie de mère. À l’image
de Koudpoko, le personnage central, toutes celles qui
arrivent à en échapper se retrouvent souvent dans des
situations peu enviables. L’auteur stigmatise au passage
les conséquences des mutations que subissent les familles
sous influence de la culture occidentale.
Koudpoko est un livre ouvert sur l’exploitation
éhontée des jeunes filles qui ont perdu leurs repères et qui
pensent trouver de quoi subvenir à leurs besoins par le
travail de domestique dans les centres urbains.
Malheureusement, elles y subissent toutes sortes de
sévices. L’ouvrage dénonce les comportements dignes de
l’époque de l’esclavage de certains employeurs envers leur
personnel de maison, péjorativement appelées « bonnes ».
L’auteur n’est cependant pas pessimiste. Frédéric
KABORE est en effet convaincu que « l’Homme est par
essence celui qui doit transformer. Il doit transformer
positivement son environnement. Il doit transformer en
mieux ses conditions d’existence. Il doit se transformer
pour faire face à toute forme d’adversité qui minerait
négativement sa marche vers le mieux être. »
La femme sous la plume de Frédéric KABORE n’est
pas et ne doit pas être vouée à toutes les damnations.
Koudpoko est une invite faite à l’autre moitié du ciel au
combat : le combat contre l’illettrisme et l’ignorance, le
combat pour la liberté d’aimer et d’être aimée, le combat
pour le travail décent et pour le pouvoir économique et
politique.

Baba HAMA
Journaliste, écrivain
Ancien ministre de la Culture et du Tourisme



8 PROLOGUE
Seule la lutte libère, dit un adage. De quelle lutte
s’agit-il ? La lutte contre le buffle de la forêt, ou celle qui
consiste à combattre la tribu voisine afin de récupérer ses
terres et ses richesses ? Certainement pas. Tous les
hommes aspirent à la liberté et à la prospérité dans la paix
et la quiétude. Tous les hommes aspirent à l’égalité de
chance et à l’égalité politique. Seul le sexe crée une
différence. On ne devrait peut-être même pas le considérer
ainsi. On devrait voir cette différence comme une
complémentarité égalitaire ou une égalité complémentaire.
Dans ce roman je m’efforce de dénoncer ce choix délibéré
de nuire par la discrimination. Au lieu que le plus fort
protège le plus faible, on applique ici la loi de la jungle.
Les plus faibles se doivent d’être intelligents pour esquiver
les attaques mortelles des plus forts, des prédateurs. Sinon
il faut que dame nature intervienne pour les mettre à l’abri
afin de conserver un certain équilibre et maintenir une
dialectique cohérente de l’existence même. L’humain est
doté d’une intelligence supérieure qu’il devrait mettre au
service de l’équilibre dialectique et créer ainsi les
conditions minimales d’une existence harmonieuse. Mais
il est porté à insuffler le ferment de la désagrégation d’une
cohésion naturellement programmée. C’est ainsi que le
ciel et la terre ne sont plus équitables. Le premier
audessus de la seconde, matrice de la vie et de la création,
l’enveloppe et la comprime dans une atmosphère
étreignante et suffocante.
Avec juste un peu plus de liberté et d’égalité pour
chaque partie, on peut restaurer progressivement
l’équilibre originel perdu par narcissisme déraisonné.
Koudpoko est une victime de ce déséquilibre dont elle
n’en aura peut-être jamais conscience. C’est ainsi que va
l’existence ! Mais non, ce n’est pas ainsi l’existence.
Chacun avec son instrument doit jouer en accord avec le
reste de l’orchestre une mélodie savoureuse et apaisante
afin de témoigner de la grandeur de celui qui nous a
conçus à son image.


10

PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE I

UN QUOTIDIEN
PAS COMME LES AUTRES
Ma tête devenait de plus en plus lourde. Au fur et à
mesure que les jours passaient, mon ventre se nouait, avec
une douleur sans cesse croissante. Etait-ce une angoisse,
une haine ? Mais haine envers qui ? Je ne savais vraiment
pas le définir. Je pensais que cela pouvait être le chagrin.
Et il me réduisait chaque jour tant dans mon moral que
dans ma chair et même dans ma foi.
Si Dieu existait pour les plus faibles, pourquoi
m'avait-t-il réservé un tel sort alors que je ne voyais pas ce
que j'avais bien pu lui faire de mal. Je pensais que j'avais
toujours été une bonne fille pour ma mère et mon père.
Mes parents n'avaient jamais manqué l'occasion de me
dire la fierté qu’ils avaient pour leur fille que je suis.
Le temps passait et ma vie au village devenait un
peu trop routinière. J’accomplissais chaque jour les mêmes
gestes et je ne voyais que les mêmes images du petit
monde autour de moi.
Très tôt le matin, les coqs se donnaient à cœur joie
de nous réveiller pour espérer à leur tour picorer quelques
grains que les ménagères par mégarde versaient sur le sol.
Comme toutes les femmes du village, à cette heure, il
fallait d’abord aller au puits du village afin de rapporter
quelques canaris d’eau pour les besoins de toilette des
personnes âgées et des enfants. Il n’y avait pas de cuisine

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