L'Aigle Céleste

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Légende Wolgar décrivant la naissance du Monde, selon ce peuple.
S'appuie et s'inspire de l'amour que portent les Wolgars pour les Nidériins (aigles géants vivant dans les montagnes de l'Elrod Nidériin, à l'est du pays).
Publié le : samedi 5 novembre 2011
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L’A
IGLE
C
ÉLESTE
Contes et légendes du Monde
F.B.Inconnu
Une vieille légende raconte qu’avant la naissance
du Monde, un gigantesque Aigle volait dans le Vide
infini.
Seul, il pouvait aller et venir où bon lui semblait,
car nul ni rien ne pouvait l’empêcher de voler vers des
horizons où son désir seul le guidait. Durant des
millénaires, il vécut ainsi : heureux et libre. Ses ailes le
portèrent jusqu’au lointain infini, d’où il revint pour
finalement y retourner, et il plana longtemps dans les
limbes du néant, sans jamais s’en lasser.
Mais après des millénaires solitaires, passés à
voler dans le vide absolu, l'Aigle désira s’épanouir au
côté de belles choses. Désireux de voir, il choisit de créer
des
lumières
qui
illumineraient
son
chemin,
resplendissantes et éternelles.
Dès lors, de sous ses ailes naquirent les étoiles.
L’Aigle fut de nouveau heureux. Dans son sillage,
le néant se parait de lumières aux couleurs changeantes,
tandis
qu’il
parcourait
l’infini
pour
que
partout,
s’illuminent
les
ténèbres.
Pendant
de
nouveaux
millénaires, il vola, en paix avec lui-même, dans les
limbes sans fin. La liberté était sa compagne, et les
étoiles sa joie.
Cependant, perdu dans son bonheur, il ne vit pas
que les étoiles se multipliaient, que bientôt celles qui
naissaient dans son sillage donnaient à leur tour
naissance à d’autres à côté d’elles, sans qu’il en fut
responsable ni averti. Elles grandirent en nombre et en
taille, grossissant et se touchant même parfois. Et très
vite, elles en vinrent à gêner son vol immémorial.
D’abord aveugle à la menace qui pesait sur lui,
l’Aigle fut très inquiet dès lors qu’il se rendit compte de
son erreur. De panique, il vola plus vite et plus loin,
dispersant
encore
plus
d’étoiles
sur
son
passage.
Incapable de penser, terrifié à l’idée de ne plus pouvoir
voler en liberté, il explora l’infini, s’obstruant lui-même
le chemin. Et après d’autres millénaires encore, l’Aigle
fut forcé d’admettre que désormais, il ne pouvait plus
voler librement.
La tristesse l’assaillit, le désespoir le prit et,
incapable de voler encore tant la place lui manquait, il se
laissa tomber de frustration dans les limbes infinies. Dans
sa chute, son corps gigantesque captura les étoiles,
dessinant des chemins d’ombres dans les champs vierges
de lumière. Lorsqu’il les eut fait toutes disparaitre, et
que plus une étoile n’avait échappé à sa culbute
désespérée, l’Aigle déplia ses ailes, parant chacune de ses
plumes d’une petite bulle de lumière.
Avec son corps, il forma un globe parfait. De sa
volonté il créa le monde, son souffle se mua en vent, ses
ailes piquées d'étoiles devinrent le ciel et au centre de
tout cela, sa tête forma la terre, et son bec les montagnes.
De son désir de voler en liberté naquirent ses enfants, les
Grands Aigles des montagnes, aussi grands en ce Monde
que l’était l’Aigle dans le Vide
Ainsi l’Aigle vit-il heureux, dans sa chute
éternelle à travers le néant, car de ses yeux Soleil et
Lune, chaque jour et chaque nuit, il contemple son
œuvre.
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