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L'amour encore et toujours

De
144 pages
Anne, à vingt ans, a tout pour être heureuse : des parents qui l'adorent, des études brillantes, la beauté et surtout un fiancé avec qui elle va se marier dans quelques semaines. Mais il la trahit. Anne l'apprend et soudain, tout s'écroule pour elle. Farouchement décidée à renoncer pour toujours à faire confiance à un homme, elle rencontre pourtant à nouveau l'amour.
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Rose Péquignot
L’Amour encore et toujours
© L’Harmattan, 20145-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02133-1 EAN : 9782343021331
Rose Péquignot L’Amour encore et toujours
Du même auteur aux Éditions L’Harmattan Dans la même collection La blessure secrète, 2013Le choix de Myriam, 2012Une deuxième vie, 2012Oriane, 2011Juliette, mon amour, 2010L’aventure autrichienne, 2010Myrto et les hommes,2009Le poison du doute,2009Les demoiselles de la maison des loups,2008Le démon du soir,2007L’oubli… peut-être ?,2006Nina, la nièce du curé,2006La croisière,2004Dans la collection « Graveurs de mémoire » Nous étions heureux,2004 Dans la collection « Contes des quatre vents » Abou et le léopard,2009La merveilleuse histoire de la petite Hou, 2006
CHAPITRE 1
Anne reposa le téléphone sur son socle. Elle restait silencieuse et déçue: son fiancé venait de se décommander sans lui donner de raison plausible. Il avait dit exactement ceci, qu’elle se répétait : – Anne chérie, je suis désolé, je ne peux absolument pas me libérer cet après-midi ni ce soir. Il avait répété : – Je suis désolé, on se téléphone demain. Elle avait senti comme une fêlure dans sa voix. Elle se leva et tourna en rond un moment dans son studio, puis décida qu’elle allait sortir tout de même. Elle était déçue, car Charles et elle devaient aller établir leur liste de mariage, et vraiment elle ne pouvait pas choisir toute seule. Ce serait partie remise. Mais elle avait besoin d’une quantité de choses: sacs, chaussures, lingerie qu’elle pouvait très bien acheter sans lui. Ils se mariaient dans deux mois.
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La déception était plus forte pour la soirée ; en effet elle avait deux places de concert. Eh bien tant pis! Elle irait seule! Elle s’habilla avec soin, elle aimait les tenues élégantes et réservait les jeans et les blousons pour les cours à la faculté. Anne avait un très beau visage tout éclairé de deux yeux bleus, d’un bleu très pâle, magnifiques, très larges et frangés de cils noirs, noirs aussi les cheveux longs et lisses qu’elle portait volontiers en natte, une natte épaisse et très longue qui attirait l’attention. C’était une fort jolie fille et Charles avait l’air très fier lorsqu’ils sortaient ensemble. Elle avait mis un tailleur de velours vert assez foncé dont la veste toute droite façon Chanel était fermée par des boutons dorés finement ciselés. La jupe assez courte était droite. Des chaussures à hauts talons sur des collants ultra-fins complétaient l’élégance de l’ensemble. Anne se mit à flâner puis elle décida d’aller rive gauche où les boutiques lui plaisaient davantage. Elle traversa la place Vendôme pour gagner la Seine et jeta un regard un peu ému vers la boutique du joailler où elle avait choisi avec Charles le diamant de ses fiançailles. Et tout à coup elle se figea sur place. Son fiancé se préparait à entrer dans la boutique avec une blonde vaporeuse qui se suspendait à son bras en renversant la tête. Ils avaient l’air très bien ensemble. Anna recula d’un pas à l’abri d’une porte voisine et s’aperçut qu’elle titubait sur ses jambes. Elle tremblait comme une feuille. Ce n’était pas possible ! Charles lui disait son amour encore hier et sa hâte de l’épouser. Mais elle ne rêvait pas. C’était bien lui. Elle attendit qu’ils ressortent, indifférente
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aux regards curieux des passants. Cela dura une éternité, vingt, trente minutes. Puis elle vit la porte s’ouvrir. La blonde sortit la première: elle levait sa main gauche et la regardait avec un sourire ravi. Elle se tourna à demi et Charles la serra contre lui, un long baiser suivit dont la vue jeta une chape de glace sur le cœur d’Anne. Alors, elle aspira l’air un grand coup et s’avança vers eux. Tout occupés d’eux-mêmes, ils ne la virent que lorsqu’elle fut à moins d’un mètre. Charles ouvrit des yeux hagards et poussa un léger cri. Anne le fixant avec mépris, prit sa main sans qu’il pense à résister, y posa sa bague de fiançailles et d’un même mouvement le gifla à toute volée. Puis elle s’enfuit en courant. Le couple était resté pétrifié : elle, qui n’y comprenait rien, et lui, qui comprenait trop bien ! La jeune fille, trébuchant sur ses talons hauts courait droit devant elle sans rien voir, aveuglée par les larmes. Elle offrait un tel spectacle de désolation que les passants s’écartaient sur son passage. Dans son désarroi, elle était revenue vers son logis, et monta chez elle comme dans un refuge. Le monde s’écroulait autour d’elle, ce monde sûr et douillet où elle avait vécu jusqu’alors. Ses parents, à Nevers, paisibles et aimants, ses amies gentilles et gaies. Et Charles, rencontré au mariage de l’une d’elles et qu’elle avait aimé tout de suite. Il était beau et distingué, et riche, ce qui ne gâte rien! et tellement séduisant ! et tellement amoureux ! C’était merveilleux de penser qu’ils seraient mariés et heureux pour toujours. Ils
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