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A propos de la maison
L’Arlésienne est une maison d’édition spécialisée dans le livre numérique francophone. Créée en 2014, elle publie des nouvelles, des romans courts et des recueils policiers, fantastiques ou de littérature générale noire. Nos prix sont généralement compris entre 0,99 € et 5,99 €. Vous pouvez également opter pour un recueil collectif, moins cher que l’achat de nouvelles à l’unité. Visitez notre site pour en savoir plus ! http://arlesienne-editions.com
A propos decette édition :
L’amour est un dialogue Delphine Ciolek * Éditions de l’Arlésienne Retrouvez-nous sur http://arlesienne-editions.com * Publié pour la première fois le 18 mai 2016 Tous droits réservés. ISBN 979-10-94896-62-4 * Dépôt légal automatique. * Source de l’illustration :Création de Delphine Ciolek
Avertissement
Une bande-son vous est conseillée pour accompagner votre lecture, chaque chapitre se structurant autour d’une chanson. Libre à vous de suivre cette proposition !
Chapitre 1 : La muse
L’amour avec toi était un dialogue artistique. Sur un air de Syd Barrett, Terrapin (album The Madcap Laughs) 1. Septembre, la rentrée des classes, préparatoires en l’occurrence. Une nouvelle ville, une nouvelle vie qui commençait. Loin de la famille, des amis du lycée. Avec pour objectif, le concours deux ans plus tard. Je découvris la vie en communauté à l’internat, la solidarité entre élèves de galère biologique, géologique, physique et chimique. Je n’ai pas de souvenir précis concernant notre rencontre, tu te trouvais sans doute confondu dans la masse des internes de deuxième année. Votre groupe nous fit un accueil bienveillant, vivant. Nous nous sentîmes bien entourés, accueillis dans ce monde mystérieux de l’après-baccalauréat. Je ne te remarquai qu’après deux semaines environ. On te surnommait « Poète » dans l’entourage scolaire, ce qui m’intrigua dès lors que je l’appris. Qui étais-tu exactement pour mériter cette appellation parmi tes camarades ? Surtout dans une section scientifique ? Je me rapprochai de toi par curiosité en premier lieu, voulant savoir à quoi pouvait bien ressembler un proclamé littéraire en herbe. Tu m’accueillis volontiers, d’une façon naturelle, l’ego peut-être légèrement regonflé, me proposant un soir de me lire une de tes productions. Tu choisis un long poème, le déclamas avec tant de vigueur que tes voisins cognèrent contre la cloison qui vous séparait. Quelle emphase, quel souci du rythme ! L’expérience fut agréable pour chacun de nous deux apparemment, et tu la renouvelas bientôt. Je pris goût à ces rendez-vous nocturnes, à t’écouter dans la pénombre, sagement assise sur ton lit, souriant de tes gesticulations autour des meubles, surjouant le grand orateur à sa tribune. Ton surnom t’allait vraiment comme un gant. Nous échangeâmes ensuite des heures durant, sur les sonorités, les effets qu’elles provoquaient à nos oreilles, les sentiments qui s’en dégageaient. Nous étions entourés de mots. Nos rendez-vous furent de plus en plus réguliers, nos conversations dépassèrent le stade de l’écriture pour dériver vers d’autres domaines artistiques, le cinéma et la musique. Les sonorités vaporeuses fusionnaient dans l’éther psychédélique. La voix douce et les mélodies de Syd Barrett contribuaient à cette atmosphère envoûtante et ouatée. Le temps se suspendait. Rien qu’une promenade au jardin botanique de la Pépinière donnait lieu à des élucubrations sans fin autour du velouté de la corolle pourprée d’une fleur de digitale, le vert apaisant et pervers des plantes carnivores… Et finalement, ce à quoi je ne m’attendais pas du tout se présenta : tu avais pris une vraie place dans ma vie et je remarquai que tu commençais à me manquer lorsque nous partions chacun de notre côté le week-end. Je fus presque forcée de reconnaître que je tombais amoureuse de toi. Et je te vis d’un autre œil à partir de ce moment : je fus sensible à ton allure, ton sourire, ton air mutin, aspects qui ne m’avaient jamais frappée jusqu’alors. Je te trouvai beau. 2. Tu me déclaras ta flamme un soir d’octobre, dans le couloir des filles qui menait à ma chambre partagée. Tu parlas secoué par un léger tremblement, t’interrompis un instant au passage de tes connaissances masculines, les joues rosies. Mon équilibre s’ébranla sous les contorsions de mon estomac agité, je n’en crus pas mes oreilles : oui, ce que j’avais fini...