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L'Apôtre du démon

De
565 pages

Les hordes du démon sont vaincues, mais son esprit a survécu.

Elbryan, l'Oiseau de Nuit, doit se rendre dans le Nord pour combattre les gobelins et leur reprendre les terres sauvages alors qu'une guerre civile se prépare. Pony décide d'aller à Palmaris, afin de se venger et de régler son compte au père abbé Markwart. Ce dernier consolide en effet son pouvoir sur Corona avec l'aide de l'esprit du démon et même le roi semble avoir cédé à cette corruption. Elbryan et Pony sont seuls désormais et entre leurs mains repose l'avenir d'un monde où naîtra leur enfant. R.A. Salvatore est l'un des auteurs de Fantasy qui connaît le plus grand succès. Ses fans sont toujours plus nombreux et fidèles. Ses romans apparaissent régulièrement dans la liste des best-sellers du Nez York Times et ont été vendus à dix millions d'exemplaires.


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L’hiver qui s’installe actuellement sur nos terres me sembleétrangement calme, oncle Mather, clément. Comme si la Nature elle-même appelait à la trêve. Mon instinct de rôdeur me souffle qu’il sera doux. Mais à la vérité, je l’espère tellement fort que j’en arrive peut-être à le croire. Pony et moi avons vraiment besoin de repos. En revenant de Sainte-Mère-Abelle, nous avons eu ve nt de poignées de powries, gobelins ou géants encore aperçues çà et là, mais i l n’y a pas matière à s’inquiéter. La seule armée consistante de la région est une compag nie d’Hommes du Roy envoyée en renforts à Palmaris, et qui s’est par la suiteétendue au nord de la ville afin d’aider à la réinstallation de la poignée de fermiers. Le voyage jusqu’aux villes jumelles de Terrebasse et Caer Tinella s’est déroulé sans incident. Nous sommes ici depuis quelques semaines, et n’avons entendu parler que de rares affrontements. La situation semble globalemen t calme, et c’est plutôt encourageant. Tomas Gingerwart, quiconduit près de trois cents braves pionniers, et Sh amus Kilronney, capi1tainedu bataillon d’Hommes du Roy, parlent avec espoir d ’un retour à la normale au début du printemps. Un retour à la normale ? Ils ne comprennent pas, mon oncle. Beaucoup de gens naîtrontpour remplacer ceux qui sont morts, pour reconstruire les maisons rasées par les flammes. Bien sûr, dans les mois qui viennent, la région retrouvera l’apparence de ce qu’étaient autrefois nos vies « normales ». Mais j’ai déjà suivi cette route après la première destruction deDundalis, avant ma rencontre avec les Touel’alfar, et avec toi. Et je sais que les cicatrices de cette guerre demeureront vivaces. La marque du démon dactyl rest era gravée dans le cœur des survivants, dans le chagrin d’avoir perdu famille et amis, dans l’obligation traumatisante de laisser leur maison derrière eux, et dans la dou leur de retrouver un champ noirci en lieu et place de leur ancien village. Bien qu’ils ne le sachent pas encore, la définitionmême de la normalité a changé. Les séquelles de la guerre p ourraient serévéler plus douloureuses que l’affrontement lui-même. Verrais-je le monde de la même façon si les gobelin s n’avaient jamais frappé mon village ? Le fait d’avoir été secouru et entraîné p ar les Touel’alfar a radicalement modifié le cours de ma vie, autant que ma conception de la réalité, du devoir, de la communauté, et du plus grand des mystères humains : la mortalité. Ces gens ont pareillement changé, même s’ils ne le savent pas encore. Mais c’est surtout Pony qui m’inquiète. Le premier sac de Dundalis, qui a vu périr l’intégralité de sa famille, et dont elle et moi avons été les uniques survivants, a bien failli la briser. Il l’a jetée, chancelante, sur une route qui l’a menée à Palmaris et une vie nouvelle, en ayant tout oublié des tragédies de son passé. C’est grâce à l’amour de ses parents adoptifs qu’elle s’est sortie de cette somb re période. Or aujourd’hui, eux aussi sont tombés sous les coups des forces du mal. La tragédie vient de nouveau de frapper Pony. Lorsque nous avons fui Sainte-Mère-Abelle après avo ir libéré Bradwarden, elle a bien failli faire demi-tour. Si elle avait pénétré dans cet édifice, armée de ses Gemmes, elle aurait assurément causé de terribles ravages avant de connaître une fin brutale. Elle s’en moquait, mon oncle. Elle ne s’inquiétait ni de sa propre vie, ni de celles qu’elle aurait pu ôter. Une rage aveugle l’animait depuis la découverte des cadavres mutilés de ses parents adoptifs, si bien qu’elle au rait pu raser le monastère, voire, je le crains, le monde entier, dans une puissante explosion de fureur. Depuis que nous avons traversé le Masur Delaval pou r rejoindre des terres familières, elle est déjà plus calme. Je pense que d’avoir fait de Belster O’Comely le nouveau patron
dudu Retour Chemin a contribué à l’apaiser un peu, à remettre un peu d e « normalité » dans sa vie. Mais j’ai peur pour elle. Je dois la surveiller. En ce qui me concerne, j’ignore encore quels seront les effets rémanents de ce dernier conflit. Comme tous les autres survivants, les pertes m’aideront à grandir, et la proximité de la mort à mieux me connaître. Pour l’heure, je n e m’inquiète pas trop. Au milieu du carnage j’ai, je ne sais comment, réussi à trouver une sorte de paix intérieure. J’ignore ce qui attend derrière la sépulture, oncle Mather, et je n’ai aucun moyen de le savoir. Toute simple, et bête, que la remarque paraisse, el le frappe moncœur et mon âme avec la force d’une profonde révélation. Je compren ds aujourd’hui le caractère inéluctable de la mort, qu’elle soit due aux affron tements, à l a maladie ou simplement à l’âge. Et du fait que je l’accepte etl’appréhende, je ne crains plus la vie. Comme c’est étrange ! Il me semble à présent qu’aucun problème n’est trop difficile, aucun obstacle insurmontable, car il me suffit de penser qu’un jour je ne serai plus, et que mon corps nourrira les vers, pour ne plus craindre d’essayer. On m’a, ces derniers temps, bien souvent demandé de me tenir devant des centaines d’hommes et de femmes afin de leur expliquer le pourquoi des décisions qu’il me semblait juste deprendre en notre nom à tous. Plus jeune, j’aurais été, comme bien des gens,intimidé, inquiet de la façon dont l’auditoire percevrait mes paroles. J’aurais craint de faire quelque chose de très bête, comme de m’effondrer devant toutle monde. Mais à présent, cette nervosité me paraît fu tile, insignifiante.Quand ce genre de requête me parvient, je me dis qu’un jour cela n’au ra plus aucune importance, que j’aurai quitté ce monde, et que dans plusieurs siècles quel qu’un découvrira, peut-être, mes ossements. Et la chute gênante, si toutefois elle d evait se produire, me semble alors bien risible. Ainsi, nos terres sont en paix, et je connais une sérénité qui ne sauraitque grandir, si je parvenais à trouver un moyen d’apaiser les tourments de Pony. Elbryan Wyndon
1
Passions
L’aube grise perçait entre les bandes de dentelle d es rideaux tirés. Elbryan tendit inconsciemment la main derrière lui pour chercher la chaleur du corps de son aimée, et ne la trouva pas. Surpris, il se retourna. Une fois ses yeux accoutum és à la pénombre, il constata que Pony n’était plus dans la chambre. Il se leva, et s’étira, en grognant. Il n’avait pas l’habitude de dormir dans un lit moelleux, et les gens de Caer Tinella lui avaient donné le meilleur de la ville. Devant la fenêtre, il découvrit que l’épée de sa compagne avait également disparu. Rien dinquiétantàcela.Mieuxréveillémaintenant,ildevinaitaisémentoùelleétait. En ouvrant les rideaux, il comprit qu’il était plus tard qu’il le pensait. Le ciel était chargé de nuages gris, mais le soleil perçait déjà au-dessus de l’horizon. Les jours se faisaient courts en ce mois de décambria, douzième et dernier de l’année, à quelques semaines à peine du solstice d’hiver. Ayant scruté la forêt qui s’étendait au nord de la ville, et distingué la lueur attendue d’un feu de bois, il écarta les bras et s’accroupit, pui s se releva, effectuant ainsi une série de mouvements amples et lents visant à assouplir son corps musclé d’un mètre quatre-vingt-dix pour quatre-vingt-quinze kilos. Puis, pressé de rejoindre son amour, il s’habilla et se munit de sa magnifique Tempête, l’épée forgée par les elfes qui avait appartenu à son oncle Mather, et qui symbolisait aujourd’hui son état de rôdeur. Comme il en avait fait la requête, ses quartiers se situaient à l’extrémité nord de la ville. Ainsi put-il, sans être vu, longer rapidement le co rral et le squelette noirci de la grange, vestige de l’incendie provoqué par Juraviel durant l’un de leurs passages dans la ville occupée, avant de s’enfoncer dans les bois. Une couche de neige épaisse s’était posée sur la région une semaine plus tôt, bientôt vaincue par un radoucissement des températures. La brume s’accrochait au sol, masquant les branches nues, dissimulant les traces. Mais le rôdeur connaissait parfaitement le chemin de la clairière qu’ils avaient choisie pour leur rituel du matin : lebi’nelle dasada, danse elfique de l’épée. Il s’approcha à pas de loup, tant pour avoir une chance d’observer la danse sous sa forme la plus vraie que pour ne pas déranger sa compagne. À l’instant où ses yeux se posèrent sur elle, il sentit son cœur s’attendrir et une vague de chaleur envahit tout son corps. Elle était nue. Seules les brumes matinales voilaie nt un tant soit peu ses formes féminines. Ses muscles puissants brillaient, roulaient dans un enchaînement impeccable, et l’entraînaient dans une danse extraordinairement harmonieuse. Une fois de plus, Elbryan fut frappé de constater à quel point il aimait cette femme, et combien il était ému et heureux en la voyant ainsi. Ses épais cheveux blonds lui tombaient à présent de plusieurs centimètres au-dessous des épaules et se soulevaient dans le silla ge de chaque mouvement que semblait initier l’éclat de ses yeux bleus. La lame d’argentel de Défenseur, son épée fine, brillait dans la faible lueur du jour et lançait à l’occasion un éclair orangé lorsque s’y reflétait l’éclat du feu de bois. Le rôdeur s’accroupit sans la quitter des yeux en songeant à l’ironie de la situation : à l’époque où elle souhaitait qu’il lui enseigne lebi’nelle dasada, c’était elle qui venait l’observer en cachette ! Elle avait tant appris… Et en si peu de temps. Alors qu’il s’émerveillait de l’harmonie et de la grâce de ses mouvements, son respect se teinta subtilement de désir. Ils n’avaient pas fait l’amou r depuis quelque temps maintenant – pas depuis cette fois, à la fin de l’été, où elle avait soudain brisé leur pacte d’abstinence sur la route de Sainte-Mère-Abelle. Le jeune homme avait, à maintes reprises, tenté de reproduire cette scène passionnée, mais Pony s’était toujours catégoriquement refusée. En la regardant maintenant, il se trouvait quasiment hébété. Tout en elle l’attirait : sa peau si lisse, les courbes
douces de sa silhouette parfaite, ses jambes, belles et fortes, ses mouvements de bassin… Il ne parvenait pas à imaginer créature plus sublime. Il se surprit soudain à respirer plus fort et s’aperçut qu’il avait très chaud – pourtant, bien que la journée soit relativement douce pour la saison, elle était loin d’être caniculaire ! Il eut soudain l’impression d’envahir l’intimité de sa compagne. Gêné, il chassa ses pensées lubriques et s’imposa le calme méditatif appris au cours de ses années de discipline auprès des Touel’alfar. Bientôt, il laissait Elbryan Wyndon derrière lui pour adopter l’attitude impassible de l’Oiseau de Nuit, nom de guerrier que lui avaient donné les elfes. Il dénoua son manteau, ôta posément le reste de ses vêtements, puis il entra dans la petite clairière, Tempête en main. Pony était si concentrée qu’elle ne le vit pas approcher. Il n’était plus qu’à quelques pas d’elle lorsqu’elle se retourna, surprise. Il lui sourit. Elle ne répondit pas. Sa mâchoire nouée et le feu intense de ses yeux bleus le déstabilisèrent. Il fut encore plus étonné quand elle lança son épée vers lui avec tant de force qu’elle se planta dans la terre durcie à côté de ses pieds. — Je… je ne voulais pas te déranger, bégaya-t-il. Il ne savait pas quoi dire. Pony et lui partageaient lebi’nelle dasada depuis plusieurs semaines à présent, et travaillaient comme un seul être afin d’harmoniser pleinement leurs mouvements et leurs styles de combat. En outre, ils en étaient l’un et l’autre arrivés à compenser par la danse une autre forme d’intimité qu’ils savaient ne pas pouvoir partager pour l’instant. Pour toute réponse, la jeune femme haletante le dév isagea en silence et réduisit la distance. La sueur luisait sur ses épaules et dans sa nuque. — Je m’en vais, si tu veux, reprit-il. D’un geste brusque, elle l’attrapa par les cheveux et se plaqua contre lui pour l’embrasser avidement. Tenant toujours son épée à la main, il referma lent ement les bras autour d’elle, en prenant soin de ne pas céder à la passion. Il ne savait pas si tout cela mènerait quelque part. Mais Pony ne donnait absolument pas l’impression de vouloir arrêter. Au contraire, ses baisers se faisaient de plus en plus passionnés, affamés. La sérénité méditative d’Elbryan avait depuis longtemps volé en éclats. Pourtant, il parvint à garder la tête suffisamment froide pour repousser doucement la jeune femme en la regardant d’un air perplexe. Car, bien qu’ils affirment ouvertement leur amour, bien qu’ils soient, dans leur cœur, aux yeux de tous ceux qui les connaissaient, et même, ils en étaient certains, à ceux de Dieu, comme mari et femme, ils avaient convenu de s’abstenir de toute relation conjugale de crainte que Pony, dont le devoir était aussi dangereux et exigeant que celui d’Elbryan, finisse par tomber enceinte. Le jeune homme commençait à évoquer ce pacte d’abst inence quand sa compagne l’interrompit d’un grognement féroce. Elle lui arracha son arme sans un mot et la jeta au sol, avant de l’emprisonner de nouveau dans un baiser fougueux, en promenant les mains dans son dos, puis plus bas. Il n’avait pas la force de protester. Il avait tellement envie d’elle, et il l’aimait si fort ! Sans interrompre le baiser, elle se laissa glisser vers le sol en l’attirant sur elle. Il voulait faire durer ce moment, savourer la beauté de l’acte d’amo ur avec elle, et tenta de ralentir les choses. Pony le fit violemment rouler sur le dos et pressée, avide, suivit l’élan en grognant à chaque geste décidé. Puis ils s’unirent, et le monde ne fut plus que bruit et mouvement. Hébété, Elbryan tenta tant bien que mal d’arracher ses pensées au tumulte pour comprendre ce qui se passait. Ils avaient toujours fait l’amour avec douceur et chaleur, en échangeant des murmures, des caresses. Mais cet accouplement sauva ge était purement physique. Et les grondements qui échappaient aux lèvres de son aimée étaient gonflés de rage autant que de désir. Il savait, et comprenait, qu’elle n’était pas en colère contre lui, mais qu’elle libéraità traverslui sa fureur contre le monde entier. C’est ainsi qu’elle s’arrachait à l’horreur et à la peine, ou qu’elle les niait, peut-être. Aussi la laissa-t-il mener cette danse des plus intimes en essayant de lui donner ce dont elle avait besoin, d ’un point de vue physique autant qu’émotionnel.
Même lorsque ce fut terminé, et qu’ils se retrouvèr ent enlacés près du feu sous le manteau de la jeune femme, il n’y eut aucun échange . Ni question, ni conversation. Chamboulé, épuisé par la violence de la libération physique, Elbryan s’assoupit sans insister, et ne fut qu’à demi conscient qu’elle se dégageait de son étreinte. Il se réveilla toutefois quelques minutes plus tard et la trouva assise à côté de leurs armes au milieu de la clairière, enroulée dans le manteau qu’il avait laissé dans les buissons. Il vit l’expression distante de son regard, l’éclat humide d’une larme sur sa joue. Toujours aussi troublé qu’au moment où elle l’avait si sauvagement assailli, Elbryan leva les yeux vers le vide grisâtre du ciel, et il comprit que la confusion de la jeune femme était plus profonde encore que la sienne. Il décida d’attendre patiemment ses réponses, de la laisser venir à lui. Quand elle serait prête. Une heure plus tard, lorsque le rôdeur rejoignit Caer Tinella, il trouva un village en pleine activité. Il était seul : Pony l’avait quitt é sans un mot. Mais elle l’avait embrassé, tendrement, pour s’excuser, peut-être, ou pour lui assurer qu’elle allait bien. Il avait reçu ce baiser comme une explication suffisante pour l’inst ant, et il n’avait pas besoin qu’elle lui demande pardon. Toutefois, quoi qu’elle dise ou fasse, rien ne pouvait soulager les craintes qu’il ressentait à son sujet. Le fait de faire l’amour avait, pour elle, été nécessaire, rassurant et libérateur, mais il savait que les démons qui la ha ntaient n’avaient pas pour autant été exorcisés. Que pourrait-il faire de plus pour elle ? se demandait-il avec inquiétude en se dirigeant vers le lieu de rendez-vous dont il avait convenu avec Tomas Gingerwart. Bien qu’il soit en avance, Tomas l’attendait déjà dans l’étable centrale qui tenait lieu de salle de réunion. C’était un homme robuste, trapu, endurci par une vie de fermier. Il se leva et tendit la main au rôdeur, qui la serra en constatant sa rugosité et la force de sa poigne. Le jeune homme s’aperçut alors que c’était la première fois, depuis qu’ils se connaissaient, qu’ils se saluaient de la sorte. Autre rareté, un grand sourire s’étirait sur le visage sombre de son vis-à-vis. Ses plans se mettaient en place. — Comment se porte l’Oiseau de Nuit en cette belle journée ? Elbryan haussa les épaules. — Bien, je devine, poursuivit l’autre d’un ton léger. Votre superbe compagne a traversé la ville quelques minutes avant vous, en provenance, elle aussi, de la forêt du nord… Il termina sur un clin d’œil amical, dépourvu de lu bricité, auquel Elbryan répondit toutefois par un froncement de sourcils. Tomas se racla la gorge et se hâta de changer de sujet. — La caravane a trouvé des appuis, annonça-t-il. Si l’année n’était pas aussi avancée, nous pourrions partir d’ici quelques semaines. — Nous devons nous assurer que l’hiver a relâché so n emprise sur les terres, objecta Elbryan. — « Nous » ? demanda Tomas en souriant. Depuis que le rôdeur était arrivé à Caer Tinella, Tomas essayait de le convaincre de se joindre à son expédition vers les Timberlands. Mais le jeune homme était toujours resté vague et ne s’était pas engagé. Tomas avait insisté tant et plus, mais toujours avec respect, malgré le fait que certains des marchands qui parrainaient la caravane refuseraient de leur prêter argent et provisions si le rôdeur n’était pas là pour les guider. Elbryan regarda le sourire en biais, mais plein d’espoir, qui s’étirait sur le visage tanné de Tomas Gingerwart et comprit que cet homme était un ami. — Je vous accompagnerai, décida-t-il. Dundalis a ét é notre demeure, à Pony et moi-même, et je pense que la reconstruction de la ville nous importe autant qu’à n’importe qui. — Mais qu’en est-il de vos devoirs vis-à-vis des Hommes du Roy ? Ce n’était un secret pour personne que l’Oiseau de Nuit travaillait avec Shamus Kilronney, le capitaine de la brigade des Hommes du Roy, à assurer la sécurité des terres. La rumeur disait que Shamus et Elbryan étaient devenus amis, et que Pony était plus proche encore du soldat.
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