L'appel du large...

De
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Tandis que la crise sévit dans son pays, Juan, un agent immobilier espagnol, se lance dans l'achat et la rénovation d'un vieux palais à Essaouira. Quelques épreuves douloureuses et des rencontres insolites l'y attendent. Né à Casablanca, Noël Castet est auteur d'ouvrages biographiques ayant pour cadre le Maroc.
Publié le : samedi 1 juin 2013
Lecture(s) : 17
EAN13 : 9782296538436
Nombre de pages : 167
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Lapep ludl raeg  u dtécôE daossariudnaTq sil euise a crssaisévisns tadya,snop un,ua Jt enagn ilibommigapse reattil naon,ls élachat cé dans avonnoitl teér ax eulapau dvin ar .oaiuE sssià euve éprquesQuell sesueruoluod s !ntiedaentt aysavé noisrevsed unMo riaaiêvdt nest .iBneq eun cieux plus clématirév ,odib elbDeu aéeirgh Srba uun,td eesnile, nvil conelleurheseeufaene nc ,el enuf aslimaar son micapée pne tahdn .uNllmedetu ées ditivsuruop elle ,ueili licuneon dentiotbàl suuq,sj soe dgéaurebun eisirap ihcaH ,n de encet.Sdroi timténac no sneCaà blsacaanou pér rsilau ree enm, jeune architetc,es eerdnia tacoram ruetomorpsopi éuns an.Din aedà l itespxreros un ge dmandrev el sa terell on,nen durtiestic seê edq iuv croiser tres se end pmgana , euJlorèr Doa cos, lelôr el ap éuoj itraau srettme o sedc eednrei rrements Þnancieruos irffed rre si qut eutaau ànt Oule de mèr, lahoaredZ ro tels a er selQu !téliédÞni nos ed euqirement ? Contrap laia sudv eixutaiée ir penprrol ,icnaiM dduolit v avaelle où elruemliel scé ua sdes éenn aes tetsaC lëoNeivgements aux engaelr fesurpsi ,leenésdet t aiprà el ueiliuq rettelà Þ èdivlls atalee nateur. Auarvuod goib segueiqphrat anays se ténà C sabaalnca en 1929. Actlleunemeer tiart, té eil rsttéesr nos ed noitca lertusir ou pertô éudc eg l ral duappe, Lomaniohc tis,cor li lreMae urpoad c ise thc suq iulu le payà nouvearauiao

Roman

Noël Castet

Lappel du large

ôc ud ssEd ét 9 :-27843-301-0sEduoas.ariNBSI397-615, 0




































© L’Harmattan, 2013
57, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 9782343001937
EAN : 9782343001937

Lappel

du

large


du

côté

dEssaouira








DU

MÊME

AUTEUR



À

chacun

son

Riad
,

LHarmattan,

2002.

Jeu,

Set

et

Match

!
,

Éditions

SDE,

2004.

Nuit

de

Zagora
,

La

Croisée

des

chemins,

2008.

La

Falaise
,

LHarmattan,

2011.















Tous

les

noms

cités

dans

cet

ouvrage

sont

imaginaires.

Tout

rapprochement

avec

des

personnes

existantes

ou

ayant

existé

ne

peut

être

que

le

fruit

dune

pure

coïncidence,

qui

ne

saurait

en

aucun

cas

engager

la

responsabilité

de

lauteur

ou

celle

de

léditeur.

Noël

Castet

Lappel

du

large


du

côté

dEssaouira



















roman

LHarmattan


Écritures
Collection fondée par Maguy Albet


Zen (Claude),
Secteur postal 14 200
, 2013.
Danbakli (Yves),
Les tribulations orientales du baron de
Castelfigeac
, 2013.
Lecocq (JeanMichel),
Portraitrobot
, 2013.
Pons (FrançoisMarie),
Filspère
, 2013.
Carrère (Pascal),
De mémoire et de gouache
, 2013.
Prével (JeanMarie),
La bête du Gévaudan
, 2013.
Rode (JeanFrançois),
L’enfant projeté
, 2013.
Hermans (Anaële),
Bananes sauce gombos
, 2013.
Jamet (Michel),
Joute assassine
, 2013.
Tirvaudey (Robert),
Paroles en chemin
, 2013.
Mahdi (Falih),
Dieu ne m’a pas vu
, 2013.
Labbé (François),
L’Imbécile heureux
, 2012.
Le Forestier (Louis),
La Vie, la Mort, l’Amour
, 2012.
Dini (Yasmina), Soroma (Joseph),
L’Amante religieuse
,
2012.
Mandon (Bernard),
L’Exil à Saigon
, 2012.


*
**


Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr

Cotobro

Lheure

était

matinale,

la

plage

déserte.

De

rares

silhou
Ȭ
ettes

se

déplaçaient

sur

la

ligne

de

fond

que

formaient

les

immeubles

construits

côte

à

côte

en

bordure

de

la

route

dominant

la

baie.

Un

joggeur

arrivait

à

grandes

enjam
Ȭ
bées,

balançant

les

bras,

soufflant

bruyamment.

Marquant

un

instant

le

pas

en

sautillant

sur

place,

il

laissait

passer

un

couple

de

promeneurs,

avant

de

reprendre

sa

foulée.

Dévalant

la

calle

Bajada

del

Mar,

une

mobylette,

mo
Ȭ
teur

débridé,

fit

résonner

en

échappement

libre

une

pétarade

stridente

dont

le

tempo

monta

crescendo

au

passage

de

lhôtel

cuatro

estrellas
,

sans

ménagement

pour

le

sommeil

des

clients

du

prestigieux

établissement.

La

furie

des

décibels

déclina

en

séloignant

rapidement,

lais
Ȭ
sant

traîner

derrière

elle

une

longue

plainte

qui

se

perdit

en

direction

dAlmuñecar.

Il

était

face

à

la

mer.

Le

plan

deau

luisait,

hérissé

de

quelques

vaguelettes

venues

battre

la

grève

dans

le

flux

du

ressac.

Le

contact

de

lélément

liquide

ne

le

surprit

pas

lorsquil

se

laissa

glisser

pour

partir

dun

long

crawl

vers

le

large.

Tête

baissée,

à

lécoute

de

son

corps,

suivant

chacun

de

ses

mouvements,

soucieux

dêtre

toujours

«

à

la

hauteur

»,

il

assurait

dans

leffort

la

parfaite

coordi
Ȭ
nation

des

bras,

le

rythme

de

sa

respiration

et

les

bat
Ȭ
tements

réguliers

des

jambes

qui,

derrière

lui,

formaient

un

petit

geyser

dans

un

sillon

éphémère

aussitôt

effacé.

Nous

étions

au

cur

de

lété,

bientôt

la

chaleur

allait

monter,

lair

deviendrait

vite

irrespirable,

limmersion

dans

londe

clémente

avait

créé

chez

lui

un

instant

dincomparable

plénitude.

Sans

forcer

lallure,

il

avait

dépassé

la

ligne

des

embarcations

qui

se

balançaient

mollement

au

mouillage.

Amarrés

chacun

à

un

«

corps

mort

»

dont

une

bouée

signalait

la

présence,

les

bateaux



voiliers,

canots

à

mo
Ȭ
teur,

barques

de

pêche,

tous

tirant

sur

leurs

bouts



poin
Ȭ
taient

le

nez

en

direction

du

poniente.

En

arrêtant

de

nager,

il

se

retourna

et

put

embrasser

du

regard

le

panorama

terrestre

se

déployant

devant

lui.

Cest

alors

quil

ressentit

un

véritable

choc

!

De

cet

endroit

éloigné,

au

centre

du

plan

deau,

bordé

en

large

demi
Ȭ
cercle

par

la

plage

de

sable,

il

découvrait

dun

coup

linsolence

des

constructions

qui,

au

cours

de

ces

der
Ȭ
nières

années,

avaient

modifié

de

fond

en

comble

un

paysage

côtier

familier,

jusque
Ȭ


préservé

dans

sa

beauté.

Sur

sa

gauche,

si

lextrémité

de

la

Punta

de

la

Mona

pointant

son

nez

dans

la

mer

conservait

encore

quelques

traces

de

maquis

et

de

pins

rabougris,

nappant

de

vert

et

docre

la

nature

sauvage,

tous

les

autres

espaces

au

flanc

de

la

colline

étaient

désormais

couverts

de

constructions,

apparaissant

à

distance

en

larges

bandes

blanches,

scintil
Ȭ
lant

insolemment

au

soleil

levant.

Un

instant,

il

fut

distrait

par

lallure

dun

voilier

manuvrant

sa

sortie

du

port

de

la

Marina

del

Este,

niché

derrière

une

barre

rocheuse,

protectrice

naturelle

et

provi
Ȭ
dentielle

du

bassin.

Puis

sa

vue

se

porta

sur

les

hauteurs

8

qui

dominaient

la

baie

de

Cotobro.

Ce

nétait

là,

à

nou
Ȭ
veau,

quempilement

de

constructions

parties

à

lassaut

des

collines.

Une

débauche

dimmeubles,

de

villas,

de

murs,

de

façades

et

toitures

se

superposant

les

uns

aux

autres,

doù

émergeait,

vestige

dun

chantier

à

larrêt,

une

grue

à

tour

pointant

désespérément

son

squelette

vers

le

ciel

!

Tout

cela

exprimait

éloquemment

les

extravagances

dune

fièvre

immobilière

qui

avait

saisi

le

pays,

avant

de

déclencher

le

marasme

économique

et

financier

dans

lequel

ce

dernier

se

trouvait

désormais

plongé.

Il

se

mit

sur

le

dos

;

les

yeux

tournés

vers

le

ciel,

bras

écartés,

porté

sans

effort

par

les

forces

quil

sentait

venues

des

profondeurs,

il

flottait

Une

pensée

pour

ce

brave

Archimède

!

Autour

de

lui,

leau

et,

au
Ȭ
dessus,

le

déploiement

de

limmensité

azur.

Livré

au

seul

élément

liquide,

dans

un

abandon

complet,

allait
Ȭ
il

se

laisser

glisser

vers

une

sorte

de

rêverie

?

La

tentation

était

grande

!

Oublier

les

pré
Ȭ
occupations

du

terrien

!

Seule

une

infime

vigilance

était

requise.

Quelques

petits

battements

appropriés

pour

se

maintenir

à

flot.

Au

fond,

pensa
Ȭ
t
Ȭ
il,

cest

à

limage

de

la

vie

courante.

Un

simple

effort,

exercé

parfois

au

bon

moment,

dans

la

bonne

direction,

suffit

pour

tirer

la

meilleure

part

des

opportunités

offertes.

Vaguement

in
Ȭ
trigué

quune

telle

réflexion

lui

vînt

à

lesprit,

en

vain

chercha
Ȭ
t
Ȭ
il

ce

qui

dans

un

passé

plus

ou

moins

récent

avait

pu

lavoir

motivée.

Écartant

toute

réminiscence,

il

opta

plutôt

pour

une

pensée

despoir

à

légard

de

tous

ceux

qui

doutent

en

cette

période

de

grande

incertitude.

Un

brin

rassuré,

il

regagna

la

plage



lattendait

une

paresseuse

séance

de

bronzage,

sous

la

caresse

dun

souffle

de

vent

se

déplaçant

en

onde

légère

au

ras

du

sol

9

Lhomme

qui

savançait

vers

lui

sur

la

grève,

en

arborant

un

large

sourire,

était

coiffé

dun

chapeau

de

paille

blanc,

type

Panama.

La

cinquantaine

passée,

une

bonne

taille,

il

portait

pour

tout

vêtement

un

bermuda

coloré,

très

mode,

dont

le

cordon

de

ceinture

plongeant

au
Ȭ
dessous

du

nombril

accentuait

un

profil

ventral

à

légère

tendance

«

uf

de

Pâques

».

Lindividu

dégageait

toutefois

une

certaine

distinction.

Peut
Ȭ
être

pouvait
Ȭ
on

lattribuer

aux

accessoires

choisis

complétant

sa

mise

?

Lunettes

de

prix,

chaîne

en

or

à

gros

maillons

autour

du

cou,

sandales

de

plage

sport,

montre

chrono

très

voyante

au

poignet.

À

vrai

dire,

William

mit

un

certain

temps

à

situer

parmi

ses

connaissances

ce

personnage

perdu

de

vue,

avec

lequel

au

surplus

il

ne

se

souvenait

pas

avoir

partagé

de

grandes

affinités.


Accompagné

dune

jeune

femme

blonde,

élégante,

Juan

Gonzales

était

à

une

époque,

celle

des

années

1970,

de

toutes

les

réceptions

qui

se

tenaient

aux

bords

des

piscines,

dans

les

salons

ou

les

jardins

des

villas

fleu
Ȭ
rissant

autour

de

la

baie,

reflétant

lengouement

de

Danois,

de

Belges,

dAnglais,

de

beaucoup

dAllemands

et

de

quelques

Français

qui

avaient

cédé

aux

charmes

de

cette

terre

andalouse

pour

y

bâtir

une

résidence

secon
Ȭ
daire.

Des

liens

sétaient

alors

tissés

entre

ces

gens

qui,

venus

dhorizons

différents,

partageaient

un

légitime

sen
Ȭ
timent

dappartenir

à

une

génération

de

pionniers,

tant

ils

avaient



faire

preuve

dobstination,

user

de

courage

et

dintelligence

pour

mener

à

bien

leur

projet.


La

beauté

dun

paysage

resté

exceptionnellement

intact

à

travers

le

temps.

Un

soleil

insolent

toujours

présent.

Les

10

effluves

des

plantes

sauvages

embaumant

lair

dun

subtil

parfum

de

Provence.

Les

attraits

quoffrait

la

découverte

dun

art

de

vivre

propre

à

une

population

méditer
Ȭ
ranéenne

attachante,

riche

de

son

histoire,

de

sa

langue,

de

sa

culture,

de

sa

musique,

autant

que

de

sa

gastro
Ȭ
nomie,

sans

omettre

sur

un

plan

plus

prosaïque

les

avan
Ȭ
tages

que

procurait

le

taux

de

change

de

la

pesetas,

ne

pouvaient

faire

oublier

le

lot

de

tracasseries,

daléas,

de

déconvenues

que

tous

durent

affronter

tout

au

long

du

parcours

!

Comment

pouvait
Ȭ
il

en

être

autrement

?

Bien

quil

fût

épargné

par

le

dernier

conflit

mondial,

le

pays

à

cette

époque

peinait

à

se

relever

des

dommages

occasionnés

par

la

guerre

civile

qui

lavait

ravagé.

Deux

décennies

plus

tard,

les

séquelles

sy

faisaient

encore

sentir

sur

tous

les

plans,

quils

fussent

humains

ou

économiques.

Lappa
Ȭ
reil

administratif

à

cet

égard

demeurait

particulièrement

archaïque

!

Lattraction

soudaine

que

suscitait

lEspagne

aux

yeux

des

Européens

du

Nord,

avides

de

soleil,

se

trouvait

acti
Ȭ
vée

par

la

découverte

dun

territoire

marqué

à

tous

les

niveaux

par

le

sous
Ȭ
développement

de

ses

richesses

tou
Ȭ
ristiques.

Dès

lors,

tout

y

paraissait

possible.

Pour

le

petit

particulier

croyant

découvrir

un

eldorado,

la

réalité

ne

devait

se

révéler

le

plus

souvent

quaprès

quil

sétait

engagé

plus

avant

dans

la

réalisation

de

son

projet.

Au

premier

abord,

il

devait

se

heurter

aux

diffi
Ȭ
cultés

dune

gestion

foncière

confuse,

entretenue,

parfois

aggravée

par

lintervention

dintermédiaires

omnipré
Ȭ
sents

plus

ou

moins

qualifiés,

toujours

prêts

à

tirer

profit

de

la

crédulité,

voire

du

désarroi

de

ces

gens

!

À

une

situation

administrative

incertaine

sajoutait

cel
Ȭ
le

vécue

sur

le

terrain

avec

les

constructeurs

dont

le

boom

11

immobilier

naissant

faisait

exploser

le

nombre.

Des

en
Ȭ
trepreneurs

improvisés

qui

se

révélaient

généralement

enclins

à

prendre

les

plus

grandes

libertés

avec

leurs

engagements.

Il

faut

dire

que

pour

lessentiel,

ces

derniers

pouvaient

le

plus

souvent

tenir

sur

un

bout

de

papier

ne

comportant

quune

description

succincte

de

louvrage,

en

loccurrence

celle

dune

casa

et

un

prix.

Le

tout

avait

pu

être

signé

sur

un

coin

de

table,

après

dâpres

palabres

à

une

heure

avancée

de

la

nuit,

en

quelque

bodega

perdue

dans

la

vieille

ville

!

Si

le

fragile

document

était

censé

résumer

les

positions

respectives

des

contractants,

rien

nassurait

quils

partageassent

tous

la

même

interpré
Ȭ
tation

de

ce

qui

les

liait

dans

cette

affaire

!

Ce

véritable

parcours

du

combattant

était

particu
Ȭ
lièrement

réservé

à

lacquéreur

individuel,

lancé

dans

laventure,

rêvant

de

«

châteaux

en

Espagne

».

Il

était

par

contre

épargné

aux

gros

promoteurs

qui,

rodés

aux

affaires,

dotés

de

moyens

financiers

puissants,

usant

de

certaines

relations,

savaient

tirer

partie

du

«

système

»

pour

mener

à

terme

de

juteuses

opérations.

Il

nest

que

de

constater

comment,

dès

cette

époque,

ils

soumirent

la

côte

espagnole

à

un

bétonnage

effréné,

qui

la

laissa

par

endroits

définitivement

défigurée

!


Hola

!

Que

tal

?

Buenas

dias.



Cela

fait

longtemps

que

nous

nous

sommes

vus

!

Alors,

vous

habitez

toujours

au

Maroc

?



Bien

sûr.

Le

señor

Juan,

qui

sexprimait

parfaitement

en

français,

après

avoir

échangé

une

poignée

de

main,

prit

place

sur

le

sable

au

côté

de

William,

interrogeant

ce

dernier.

12



Figurez
Ȭ
vous

que

je

viens

de

chez

vous

!

Hier,

jétais

à

Essaouira.



Tourisme

?




Depuis

quelques

années,

je

passe

régulièrement

quelques

jours

de

vacances

au

Maroc.

Actuellement,

jy

concrétise

un

projet

qui

me

tient

à

cur.

Après

un

court

instant,

comme

une

confidence

:



Jai

entrepris

la

rénovation

dun

riad

dans

la

médina

dEssaouira.



Cest

très

à

la

mode.



Grâce

à

des

relations,

jai

pu

mettre

la

main

sur

un

authentique

petit

palais

ancien

qui

a

appartenu

dans

le

passé

à

un

haut

dignitaire.

Avec

un

ami,

nous

voulons

créer

une

maison

dhôte.

La

clientèle

étrangère

en

raffole.

Et

ici,

comment

va

le

club

de

tennis

?

Y

êtes
Ȭ
vous

toujours

aussi

nombreux

?



Il

y

a

beaucoup

moins

de

monde

que

dans

le

passé.

Les

membres

fondateurs

ont

vieilli.

Moi
Ȭ
même,

je

ne

pratique

plus

ce

sport

avec

autant

dardeur.



Jai

été

contacté

par

un

des

membres

dirigeants,

qui

ma

fait

part

de

certaines

difficultés

du

côté

de

la

«

Ayuntamiento

».

Vous

êtes

au

courant

?

 En effet,

le

sujet

a

été

évoqué.



 Jai

proposé

mes

services.

Jentretiens

de

bonnes

relations

avec

les

responsables

municipaux.

Il

est

vrai

que

ce

sont

des

amis.



Si

vous

pouviez

faire

quelque

chose

!

Vous

êtes

toujours

dans

les

affaires

?



Oui,

mais

cela

exige

aujourdhui

de

savoir

rebondir,

car

ces

derniers

temps

cest

devenu

très

difficile.

Je

dirais

même

impossible,

nous

sommes

actuellement

au

point

mort

!

Et

vous

?



Pour

moi,

cest

la

retraite.

13



Vous

disposez

donc

de

temps

libre

?



Cest

vrai,

mais

je

reste

néanmoins

très

occupé.



Si

je

ne

mabuse,

vous

avez

une

bonne

connaissance

du

Maroc.

De

notre

côté,

nous

sommes

confrontés

sur

place

à

des

difficultés

dans

le

suivi

de

notre

affaire.

Dites
Ȭ
moi,

cela

vous

intéresserait
Ȭ
il

de

nous

rejoindre

?

de

nous

apporter

votre

expérience

?

Vous

êtes

lhomme

de

la

situation.

Notre

rencontre

aura

été

providentielle

!



Cest

très

aimable

à

vous.

Je

dois

dire

que

ce

ne

sont

pas

les

propositions

qui

mont

manqué.

Mais

il

faut

savoir

sarrêter.

Il

y

a,

à

mon

sens,

un

temps

pour

chaque

chose.



Cest

la

sagesse

même.

Je

me

permettrai

toutefois

dinsister.

Venez

me

voir

un

de

ces

jours

à

La

Herradura.

Je

souhaiterais

tant

avoir

sur

cette

opération

un

avis

de

la

part

de

quelquun

aussi

averti

que

vous

!

Sur

ce,

Juan

se

leva.



Accordez
Ȭ
moi

un

instant.

Je

fais

un

saut

jusquà

ma

voiture

et

reviens

vous

apporter

mes

coordonnées.


Sur

la

route

qui,

à

laplomb

des

massifs

rocheux,

déroulait

son

ruban

bitumé

serpentant

le

long

des

petites

criques,

William

au

volant

restait

très

attentif,

sabstenant

de

se

laisser

distraire

par

le

spectacle

quoffraient

les

gens,

de

tous

âges

et

de

toutes

conditions,

nombreux

à

occuper

le

large

trottoir

carrelé

de

rose

bordant

la

chaussée.

Des

filles

et

des

garçons

qui

couraient,

se

dépassaient

ou

se

croisaient,

les

uns

à

la

limite

de

la

voie

pédestre,

les

autres

se

frayant

un

passage

à

travers

les

groupes

de

prome
Ȭ
neurs.

Chacun

allait

à

son

rythme.

Grandes

foulées

sou
Ȭ
ples

et

aériennes

chez

certains,

allure

plus

ramassée

pour

ceux

qui,

le

souffle

court,

peinant

sous

leffort,

sastrei
Ȭ
gnaient

à

garder

la

cadence.

Des

quadras,

quelques

sexa
Ȭ
génaires

et

même

de

plus

âgés

participaient

à

lexercice.

14

Une

agitation

qui

ne

venait

troubler

en

rien

ceux

qui

déambulaient

seuls

ou

en

famille,

avec

enfants

ou

parfois

en

accompagnant

lancêtre,

dont

les

pas

incertains


Ȭ
glaient

alors

la

vitesse

de

déplacement

de

tout

le

groupe.

Si

les

paroles

échangées

avec

le

señor

Juan

meublaient

encore

son

esprit,

William

sabstenait

de

trop

y

penser.

Abordant

le

secteur

urbain,

il

redoublait

de

vigilance,

constatant

au

passage

un

phénomène

qui

lui

apparut

comme

une

évidence,

la

stricte

application

ici

des

règles

de

circulation

touchant

le

respect

des

droits

des

piétons

ne

le

préservait

pas

plus

dun

incident

voire

dun

accident

avec

ces

derniers

quà

Casablanca,

son

lieu

de

séjour

habituel.

Dans

cette

ville,

il

était

de

bon

ton

de

citer

le

comportement

indiscipliné

des

passants

qui,

dans

les

rues,

négligeaient

obstinément

les

trottoirs,

ignorant

les

passages

protégés,

pour

déambuler

à

leur

aise

et

sta
Ȭ
tionner

à

loccasion,

seul

ou

en

groupe,

sur

la

chaussée

quils

pouvaient

décider

à

tout

moment

de

retraverser

dans

un

sens

ou

un

autre

!

Lautomobiliste,

menacé

à

tout

instant

dêtre

surpris,

devait

anticiper

toute

action

intem
Ȭ
pestive

!

Ce

faisant,

il

intégrait

à

son

insu

lidée

dune

sorte

de

légitimité

reconnue

au

piéton

à

agir

ainsi.

Néanmoins,

ce

dernier

veillait

et,

bien

que

le

rapport

de

force

ne

lui

fût

pas

favorable,

lexposant

à

un

jeu

dangereux

«

du

chat

et

de

la

souris »,

il

y

avait

peu


daltercations

entre

usagers

de

la

voie

publique.

Quant

aux

accidents

Ici,

le

nombre

important

de

passages

protégés

obligeait

le

conducteur

à

ralentir

pour

stopper

pratiquement

tous

les

cinquante

mètres.

Le

comportement

des

piétons,

petits

ou

grands



étaient
Ȭ
ce

les

effets

de

la

période

estivale

?

,

semblait

refléter

de

la

part

de

ces

derniers

labandon,

au

fil

du

temps,

de

tout

souci

à

légard

du

trafic

des

véhi
Ȭ

15

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