L'Arbre du mal

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À ce stade de l’histoire, il me semble que l’on m’a continuellement préparé à cette épreuve, que tout mon passé penche vers cet instant. C’est étrange, ce sentiment d’impuissance que l’on éprouve face au destin. Ne crois-tu pas que nous sommes nés pour accomplir la tâche qui nous est dévolue?? Je me suis toujours posé cette question. Et maintenant… Un lieu improbable, un laboratoire caché, des recherches inavouables. Il y a bien des secrets auxquels nous ne sommes pas préparés, bien des forces qui œuvrent dans l’ombre pour assouvir leurs sinistres desseins. Depuis l’aube des temps, elles s’attaquent à nous tous, s’opposant dans un combat qui nous dépasse et ruine notre avenir. Mais c’est maintenant, à l’heure du dénouement, que l’ultime bataille débute. Famia, une jeune guerrière tribale destinée à lutter contre un clan devenu monstrueux, déjouera-t-elle la machination qui gouverne sa vie? Gabriel, diplomate aguerri enrôlé de force dans un obscur combat, parviendra-t-il à comprendre? Perry réussira-t-il l’assaut qu’il s’apprête à mener? Quel que soit leur passé, quels que soient leurs liens, tous vont devoir s’opposer aux racines d’un mal terrifiant face auquel il ne peut être qu’un unique objectif… survivre.
Publié le : jeudi 24 mai 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748385229
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748385229
Nombre de pages : 412
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Romain Ghibaudi
L’ARBRE DU MAL
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0117163.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
Prologue L’ morce a La plaine dherbe verte irisée par le soleil généreux de cette fin de journée était un spectacle grandiose. Au loin, des montagnes sélevaient dans le sillage dun nuage. Rien ne venait gêner cette éten-due sauvage. Pas lombre dune voiture, ni celle dune caravane. Il ny avait aucune trace du monde quon désigne par un mot usurpé : civili-sé. Pas étonnant quil ait choisi lendroit pour fonder sa demeure. Un lieu si reculé, bercé par la nature qui du soir au matin offrait sa provi-dence. Un lieu qui nous ressemble se réjouissait le visiteur, accoudé à lappui de bois couché sous la fenêtre. Il était arrivé tantôt sur le dos dun chameau, épuisé par la démar-che lente et poussive de la bête. Un jeune homme au crâne ras et à la toge rouge lavait accueilli, puis mené dans la pièce où il se reposait. Une atmosphère déserte jusque dans sa chambre. Pas dobjet super-flu. Une couche, une vasque pleine deau et lencens naturel du bois peint. Une pièce aux lignes nues propice au bon sommeil. Il avait bien dormi, tranquille, et bientôt on viendrait le chercher. Laura de son hôte se lisait en toute chose ici. Elle était bienveil-lante, sage et aimante, à limage du jeune garçon timide qui avait tapoté sur le flanc de la porte. Lenfant était gêné, mais quand il leut gentiment remercié, il lui avait rendu un si joli sourire que lhomme était heureux de laccompagner. Une miniature de son vieil ami. Pas tout à fait, se ravisa-t-il en admirant le vieillard mutilé par les années et de très vieux combats, dès quil fut en sa présence. « Mon pauvre, tu es bien arrangé !  Naie pas pitié de mon état : il sera bientôt lheure de tout re-commencer.  Pas pour tout de suite, jespère  .
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 Cest donc le sens de ta venue ?  Oui. Tout va se précipiter. Ils partent pour la Russie au début du mois prochain.  Cest lui ?  Cest certain.  Tout ce temps dattente Je narrive pas à y croire.  Eh bien crois, mon vieil ami. Rattache-toi à la Foi.  Que faut-il que je fasse ?  Pour lheure, cest encore flou. Mais il se pourrait bien quEriel le mène dans sa prison.  Il nen sortira pas. Tu ferais quand même bien dy envoyer quelquun.  Je ne sais pas où elle est.  Moi si. Cest pour le vérifier que jai fait le voyage. Tiens, sur cette carte je lai marquée dune croix. On ma dit que tu préférais les anciennes méthodes.  On ne ta pas menti.  Bien. Dans ce cas, nous nous sommes tout dit. Ah ! Et noublie pas, quand il sera près de toi : il doit faire le chemin par lui-même. Ne lui dis rien de plus que ce dont il a besoin, et surtout, ne lui révèle rien sur moi.  Le secret Nous sommes les êtres du secret. »
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Chapitre 1. Le partage Les cimes des arbres caressaient les lueurs rosées de cette fin de journée. Le ciel, encore bleu clair peu de temps auparavant, se recou-vrait peu à peu du manteau élégant de la nuit. Les dernières lueurs dun soleil rougi dextase virevoltaient abondamment au-dessus de lhorizon, jouant de leur charme pour séduire la forêt, les nuages et la lune. Tout se parait de leur éclat, senjolivait de leur beauté et senivrait de leur force. Le soleil séloignait calmement, envahissant lespace alentour de ses dernières ferveurs, insufflant son énergie en un ultime et formidable élan, communiant avec tous les êtres pour leur faire partager sa vie, son aura, son espoir, pour quils subsistent jusquau lendemain. La beauté de son lustre emplissait lespace à lheure de son départ. Ainsi sen allait-il accompagné du jour, repu du partage quil avait généreusement offert à ceux quil protégeait. Ainsi les confiait-il à sa compagne nocturne, abandonnant la forêt à son âme profonde, faisant des arbres ses piliers, ses gardiens qui comme chaque soir se préparaient à leur labeur quotidien. Chaque soir, Famia venait admirer ce spectacle, et y décelait les fluctuations infinies qui sétalaient devant elle comme une multitude dhistoires, toujours différentes, toujours aussi belles. Elle aimait sabandonner au rêve que lui inspirait cette dimension supérieure, vagabondant avec les étoiles, simaginant mille querelles entre le soleil et ses surs. Étaient-ils comme elle ? Avec leurs craintes, leurs envies et leurs espérances ? Étaient-ils tout autres ? Des esprits illimités, indéfinis, radicalement meilleurs ou totalement vides ? Une telle beauté, une telle grandeur en émanait que Famia ne parvenait pas à leur refuser une âme. Elle navait pourtant aucun moyen de le savoir vraiment. Juste sa sensibilité.
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Le Grand Sage lui avait décrit leur naissance, et lui racontait quils étaient sans essence, sans pensée et sans cur ; tristes divinités de la matière, supérieurs par leur forme, inférieurs par leur être. Des dieux déchus aux yeux de tous. Mais il avait aussi dit quen vivant assez longtemps, elle finirait par comprendre entièrement cette réalité, à sen faire la maîtresse et à la façonner, et elle nourrissait lespoir fou de découvrir un jour autre chose derrière les enveloppes creuses, simples émanations du ciel et des croyances qui sy rattachent. Repos délicat avant le tumulte de la nuit. Bientôt le village sagiterait avec le réveil des traqueurs. Ainsi lair semplirait progressi-vement de la fièvre pécheresse. Avec la moiteur de la nuit viendrait celle de la chasse, puis le moment de lhorreur, celui où les siens de-viendraient pires que des bêtes. « Lacte primaire garant de notre évolution, rassurait le Grand Sage, le passage obligé vers léternité. » Mais avant que les tambours volent à la nuit sa tranquillité, avant quils répandent leur fureur, imprimant leur rythme effréné au cur de toute créature, Famia savançait hors du camp, pénétrait dans la forêt, entre branches, fougères et lianes, et venait sasseoir au bord des rochers, ses rochers, pour profiter des derniers instants du soleil, gardien de la paix précaire de son âme, à défaut de celle de son corps. Là, elle se souvenait de lépoque lointaine où son village vivait avec le soleil, au cur dune nature rayonnante. Tout navait pas tou-jours été comme aujourdhui. Il y avait eu ces jours où la chasse ne sassociait pas avec le vol carnassier de la vie. Ces temps où il fallait tuer pour subsister, vivre et se nourrir sainement, et non pas sadonner au culte sanglant quils perpétuaient maintenant. Ces moments furent révolus le jour où le Grand Sage arriva avec ses myriades de talents et de paroles savantes. Il disait venir de loin, très loin, et leur avait raconté quil nétait pas comme eux, quil avait connu dautres temps, dautres espaces, que dautres hommes vivaient là doù il venait, que dautres avaient vécu avant eux, et de nouveaux viendraient après ; après eux, même, après que leurs esprits se soient éteints et que leurs corps desséchés soient sans vie. Il avait expliqué à la tribu la vie de toutes ces personnes quil avait connues, lui avait détaillé leurs histoires, leurs querelles, leurs amours, leur sagesse ou leur stupidité. Il avait conté leurs exploits et leurs légendes, décrit leurs croyances tout en disant que presque toutes étaient sans raison
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