L'envers du Décor

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L'envers du décor, ce sont treize récits porteurs d'humour et d'insolite pour une exploration fantaisiste de notre for intérieur…

Publié le : jeudi 1 janvier 1998
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EAN13 : 9782296371897
Nombre de pages : 128
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L'envers du décor

Collection Écritures dirigée par Maguy Albet

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@ L'Harmattan,

1998

ISBN: 2-7384-7025-4

Bernard

Jurth

L'envers

du décor

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan INC 55, rue Saint Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9

A la femme de ma vie.

COMPLAINTE

ORGANIQUE

- Encore! Cette fois il en fait trop! Je l'ai pourtant prévenu à maintes reprises depuis ce matin, en émettant consciencieusement d'innombrables bruits incongrus. Mais il se moque visiblement totalement de mes avertissements. A présent il suffit, à la prochaine ingestion je lui réserve une régurgitation dont il se souviendra longtemps! Je n'ai pas l'habitude de me manifester au moindre de ses excès. J'ai la réputation d'être solide et je provoque en général l'admiration de mes congénères moins résistants qui s'enflamment, se contractent et se nouent dès les premiers signes d'acidité, perdant toute contenance lorsqu'ils accueillent une population bactérienne un peu trop conséquente. Ces demi-portions m'ont toujours fait sourire. Je dois cependant avouer que leur attitude a le mérite d'être claire. Au moindre écart, elles manifestent leur mécontentement en retournant excès et absorptions avariées à leur destinataire. Les qualifier de demi-portions est une grossière erreur. Ces estomacs de moineau ont en fait un caractère entier, car sous des abords fragiles ils cachent une volonté de fer. Il

Mais que voulez-vous, cette attitude est contraire à ma nature. J'ai toujours été trop tolérant. J'accepte sans rechigner les repas les plus lourds, les mélanges les plus infects, les dates de fraîcheur périmées et les torrents liquidiens brûlants. Je suis un estomac peu susceptible, à tel point que même ballonné, je ne suis jamais aigri. Cela étant, ma patience a des limites. Vous conviendrez que la coupe est pleine, il en a vraiment trop fait, jugez plutôt: Dès le petit matin, j'ai dû essuyer une averse de pluie acide, le jus d'orange glacé m'ayant cueilli à froid. A peine remis de mes émotions, je fus assailli par un orage tropical de café brûlant, ponctué de chutes de bouchées de pain spongieux nappé de beurre plus très frais et de confiture aigrelette. A chaque nouveau largage les éclaboussures agressaient mes pauvres parois. Par bonheur, je fus soulagé par une coulée de yaourt tiède qui contribua à apaiser mon ulcération naissante. L'effet de ce cataplasme providentiel fut cependant de courte durée. L'heure de l'apéritif me ramena aux tristes réalités quotidiennes. A peine vidée de cette bouillie abjecte, ma cavité toute entière fut maculée de jets alcoolisés décapants. Je résistais stoïquement, luttant de toutes mes forces contre les spasmes qui me tenaillaient. Mais les premiers assauts du déjeuner qui débutait, me harcelèrent déjà. Je vous ferai grâce de l'indescriptible mélange de denrées qui me déformaient péniblement. Je m'efforçais tant bien que mal, d'évacuer cet extraordinaire amas de matières organiques vers mon confrère et ami l'intestin grêle, situé un peu plus en aval. Mais celui-ci, d'habitude bonne pâte, 12

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