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L’Epée d’M. Salvamorne

De
238 pages

Après avoir connu divers péripéties, Ken est loin de se douter que sa véritable aventure vient seulement de commencer. Venant du monde contemporain, et après avoir perdu son épée magique dans le tome 2 de la saga L'Epée d'M. Salvamorne, Ken part à la recherche de l’arme enchantée aux côtés de sa nouvelle amie, Morigane. Les voilà bientôt projetés dans un monde parallèle après avoir traversé l'immense arcade ouverte par le Super-Naspart, pour parcourir ensuite des territoires inconnus...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-52485-0

 

© Edilivre, 2013

Chapitre I

Le soleil frappait dur, mais la vague de chaleur n’était pas dévastatrice, car les bourrasques balayaient sans cesse les magnifiques prairies verdoyantes. La nature était belle en cette saison. Ken et Morigane marchèrent longtemps, suivant un chemin caillouteux et désert.

Mais tout d’abord, pour tous ceux qui n’auraient pas lu les deux premiers volets, il serait préférable de fournir un résumé afin de vous permettre de connaître la raison qui a amené nos deux héros à se retrouver dans cette situation.

Dans le premier tome, un monarque moyenâgeux nommé Max Salvamorne, avide de pouvoir, créa une épée dotée d’une immense puissance, à la fois dévastatrice et maléfique. Salvamorne invoqua le démon pour faire de son arme la plus dangereuse de toutes. Mais comme on le sait, trop de pouvoir ne fait pas toujours le bonheur. Le monarque fut assassiné par les paysans des alentours, qui travaillaient pour la couronne, et son épée a été emprisonnée dans une grotte du mont Blanc.

Plusieurs années après, un jeune garçon, qui passait par là, réussit à lui mettre la main dessus. Il est évident que cette arme aurait pu tomber entre des mains plus expérimentées, mais le destin en avait voulu ainsi.

Ken avait de l’attachement pour cette merveilleuse épée, il se mit à la polir, à l’aimer. Mais notre jeune ami ne savait pas que cette mystérieuse découverte allait engendrer des conséquences irréversibles. La résurrection de l’effroyable monarque Salvamorne était le commencement d’une ère nouvelle, du début de la destruction du monde.

Ken affronta Max Salvamorne au cours d’un très long combat et réussit à le renvoyer dans le royaume des Morts.

Après cela, il se passa trois années paisibles durant lesquelles les Terriens se mirent à reconstruire leurs villes, leurs maisons. Après cette longue période de tranquillité, Ken commença à se lasser de ce fardeau qui était d’être le maître de l’Épée. Le jeune homme, âgé à cette époque de 21 ans, commit la plus grave de toutes les erreurs, il se débarrassa de l’arme en la jetant dans l’océan, mais en faisant cela, il était loin de se douter que cela provoquerait le retour des démons Nasparts et la réouverture de l’Enfer. Il ne se doutait pas non plus qu’après avoir battu l’un des plus puissants Nasparts, il serait aspiré par un portail magique qui l’entraînerait dans un nouvel univers. Mais, cette fois, Ken n’affronterait pas seul les nouveaux démons qui l’attendaient de l’autre côté du portail. Une jeune fille nommée Morigane allait l’accompagner dans cette nouvelle aventure.

Ken et Morigane ne connaissaient pas les lieux et il leur était impossible de demander de l’aide. Car la voix mystérieuse avait murmuré à l’oreille de notre ami mélanésien, que la « Précieuse Irisent » ne lui serait d’aucun secours en dehors du monde des humains.

Nos deux amis marchèrent longtemps puis, au bout de nombreuses heures, ils arrivèrent près d’une source d’eau chaude autour de laquelle poussent des nénuphars géants, entourés chacun d’eux, de petites algues vertes flottantes.

Pendant un instant, Ken et Morigane observèrent les alentours en essayant de trouver un passage qui leur permettrait de traverser cette profonde source.

– Ken, je ne sais pas comment nous allons nous débrouiller, car il nous faut traverser cette source. En tout cas, c’est ce que je propose, car cela vaut mieux que d’en faire le tour, parce qu’il nous faudrait une demi-heure de plus à mon sens pour la contourner.

Soudain, alors qu’ils s’affairaient à essayer de la franchir, des voix surgirent de nulle part.

– Votre Majesté, je crois bien que ce point d’eau chaude pourra nous aider à faire le plein, dit une voix jeune et vive.

– Faire le plein ? Je vous signale que ce qu’il nous faut au palais, c’est de l’eau froide, fraîche et potable, répondit une voix douce et détendue, qui prouvait que ces paroles appartenaient à une femme jeune d’une beauté sans pareille.

– Oui, j’en ai conscience, Majesté, mais je pense que la température n’est pas un souci car, lorsque nous arriverons au château, celle-ci sera froide et fraîche.

– Bien évidemment, mais il faudrait ne pas se faire surprendre pendant la longue route qu’il nous reste à parcourir.

Aussitôt, de jeunes gens encapuchonnés vêtus de toges blanches, sortirent des buissons, et furent suivis d’un long canapé rouge sur lequel une superbe femme, dotée d’une chevelure blonde et légère, est allongée. Cette jeune femme n’avait apparemment dans le regard aucune méchanceté ni terreur dans le ton de sa voix. On aurait dit une jeune princesse qui attendit son prince charmant du haut de son piédestal. Ken remarqua aussi que cette belle jeune femme était très légèrement vêtue et possédait une stature à rendre jalouse plus d’une princesse. Cette femme était d’une beauté sans pareille et aussi…

– Ken ! Ken ! Ouh ouh ! fit Morigane en poussant notre jeune ami sur le côté ; Réveille-toi, arrête de rêver, ils viennent vers nous !

Aussitôt Ken revint à la réalité, sauta dans un buisson et s’allongea au sol afin de se fondre dans le paysage.

– Ken, mais, que faisais-tu, à quoi pensais-tu ? demanda Morigane surprise de la réaction du jeune Mélanésien.

– Euh, excuse-moi, sincèrement, j’étais ailleurs, je pensais à autre chose, pardon.

Dans un premier temps, Morigane ne comprit pas la réaction de notre jeune ami, mais lorsqu’elle vit soudain cette superbe jeune princesse apparaître au loin, celle-ci devina tout de suite l’origine de l’endormissement soudain de Ken. Mais la jeune compagne de voyage ne dit rien et s’allongea au côté de son compagnon d’aventure.

Il s’agissait d’une troupe non armée qui se déplaçait aux côtés de sa princesse.

Un homme d’un très jeune âge se tenait debout face à elle et discutait à haute voix en adoptant une posture aristocratique. D’une courte chevelure blonde, le visage pâle, les lèvres blanches comme si elles avaient été rongées par la peste.

– Bien, dans ce cas, il faut en ramener le plus possible au royaume, mais nous devons nous dépêcher, car il n’est pas bon de s’attarder en territoire inconnu.

– Oui, je crois que vous avez raison ! Les amis, avez-vous entendu ? La princesse nous demande de remplir toutes nos jarres d’eau avec cette source chaude.

Tous les jeunes gens qui firent le voyage en compagnie de la princesse jetèrent des regards interrogateurs, car l’eau dégageait une chaleur élevée qui empêchait quiconque de la boire.

Pendant ce temps, Ken et Morigane continuèrent de rester derrière le buisson et observèrent avec prudence ces jeunes gens qui ne faisaient preuve d’aucune vigilance.

– J’aimerais bien me rapprocher un peu plus de cette joyeuse troupe.

Morigane tourna la tête et répliqua aussitôt :

– Tu les trouves joyeux toi ?

– Eh bien oui, un peu, et aussi je les trouve un peu trop insouciants, car ils ne prennent même pas la peine de guetter les alentours. Pour te dire, ils se sentent même pas épiés, c’est comme si tout leur paraissait normal.

– Normal ! fit aussitôt Morigane. Cette forêt fait partie de leur quotidien, ils la connaissent.

Aussitôt, Morigane tourna la tête et se rapprocha au plus près du sol.

Puis, Ken et Morigane tendirent à nouveau l’oreille :

– Mes très chers amis ! lança aussitôt la belle jeune femme. L’empereur était particulièrement ému par votre discours, hier dans l’Herpédium. Nos problèmes ont l’air de l’intéresser.

– Oui, d’ailleurs j’espère qu’il mettra tout en œuvre pour nous faire parvenir des renforts, car notre flotte actuelle ne résisterait pas si par malheur notre ennemi revenait en force de l’autre côté de l’océan.

– Mais à votre place, je ne mettrais pas autant d’espoirs dans cette affaire, car il faut bien comprendre que nous ne sommes, pour lui, qu’un avant-poste vers la mer parmi des dizaines d’autres. Et que nous n’avons pas les mêmes priorités ; pour lui, il s’agit d’anéantir cette race de monstre qui sévit de l’autre côté de l’océan qui menace si bien son trône et qui, selon les dires, cache dans un endroit secret, un trésor d’une valeur inestimable. Pour les empereurs qui ont succédé au trône avant lui, seules leur propre personne et richesse comptaient.

– Mais, celui-ci m’a l’air bien différent, je le pense, l’empereur actuel semble être à l’écoute du peuple.

– Vous le croyez ? lança la jeune princesse avec anxiété.

À ces mots, le jeune homme était pris d’un doute et ajouta aussitôt :

– Oui, en tout cas, si notre jeune empereur est ce qu’il veut nous faire croire, nous avons de fortes chances d’avoir très vite une réponse de lui.

– Votre Majesté, les tonneaux sont pleins ! lança une jeune servante à la chevelure noire telle une crinière de cheval.

Aussitôt dit, la jeune princesse leva le bras et ordonna aux jeunes gens chargés des tonneaux de les déposer sur les quatre charrettes qui les précédaient. Ces charrettes étaient particulières, de couleur noire, elles étaient tirées par d’énormes loups bleus et guidés chacune par un chevalier blanc, casqué d’un heaume, à l’allure mystérieuse. Le heaume ressemblait plus à un casque de moto qu’à un casque médiéval hormis le fait qu’il n’y ait pas de visière. En fait, il était difficile de savoir comment les chevaliers faisaient pour voir au travers de cet étrange heaume.

– Je crois qu’ils ont fini de ravitailler, ils vont maintenant rejoindre leur base ! murmura Ken.

– Oui, bonne déduction, mais que faisons-nous maintenant ?

Morigane pointa son regard en direction de Ken comme si elle savait déjà ce que notre ami calédonien allait répondre.

– Eh bien, que veux-tu que nous fassions, suivons-les ! lança enfin celui-ci.

– Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais sûre que tu allais dire ça.

Ken laissa apparaître un petit sourire et se leva d’un bon.

Après cela, ils attendirent que la troupe d’inconnus se mette en route pour ensuite les suivre en adoptant une distance raisonnable avec eux. Et les inconnus pénétrèrent dans une petite forêt à proximité de la source d’eau chaude.

Il faisait sombre, le froid dissimulait une atmosphère de terreur, comme si des crimes affreux avaient été commis en ces lieux ténébreux. Des bruits étranges résonnaient dans les ténèbres. Morigane marchait à l’arrière, suivant de très près notre ami Ken, qui sentit à chaque pas, son cœur battre de plus en plus fort et de plus en plus vite. Le souffle s’accélérant au fur et à mesure ; l’air se raréfiant à chaque mètre parcouru ; le sol, de plus en plus humide, à certains endroits ; de la boue à perte de vue ; des palétuviers, et quelquefois, sur de longues distances, il n’y avait rien d’autre que des arbres et de la terre sèche et cassante comme s’il n’avait pas plu depuis des années.

– Cela fait combien de temps que nous marchons ? demanda Morigane à bout de souffle.

– Je ne sais pas, mais, à mon avis, cela doit bien faire plus d’une heure que nous suivons ces inconnus.

– Oui, en effet je crois que c’est le cas, mais il faut que nous restions à distance ! fit Morigane en retrouvant ses esprits.

Cela dit, leur patience était récompensée car au bout de plusieurs heures de filature, ils atteignirent enfin la destination du groupe d’inconnus. Un immense camp de pierre était là, au milieu duquel on pouvait voir une gigantesque tour dont le sommet perçait les nuages.

Le groupe d’inconnus s’approcha du camp et un imposant pont-levis s’abaissa aussitôt pour les laisser entrer.

– Ken, que fais-tu ? Pourquoi t’arrêtes-tu ?

– Je ressens comme une sensation de terreur en ces lieux, comme si des gens avaient été sacrifiés pour rien. Comme s’il y avait eu une guerre à laquelle s’étaient mêlés des innocents. Cela dit, il n’était pas facile de savoir ce que c’était mais, comme si un ange l’empêchait d’avancer, Ken ne pouvait faire le moindre pas de plus en avant. Morigane toujours dans l’étonnement ne comprit pas ce que son compagnon de voyage venait de lui dire, mais ne préféra pas continuer dans son élan.

Morigane jeta à nouveau un regard vers le camp, le pont-levis se leva puis ferma l’entrée de la base.

– Ken, es-tu bien sûr que nous ne pouvons pas les suivre ? Tu sais, il est encore possible de changer d’avis, après tout, nous possédons une grande puissance donc, normalement, rien ne peut nous barrer le chemin.

– Ne dis pas de bêtises de ce genre !

Soudain, un gigantesque tigre bleu sortit de terre et, de ses griffes, creusa plusieurs sillons dans le sol.

– Qu’est-ce que c’est que ce truc ? demanda Morigane.

Mais elle ne pouvait en rajouter, car une voix grave mais quelque peu féminine répondit à la question.

– Cette chose n’a aucun nom, c’est seulement le gardien de l’entrée de la base.

Aussitôt, nos deux amis sursautèrent et se retournèrent pour voir qui venait de leur adresser la parole.

– Oh n’ayez crainte, nous ne vous voulons aucun mal, nous aimerions savoir ce que vous faites là, embusqués derrière ses arbres, à guetter le camp de Farrook.

Ken s’approcha doucement de Morigane et lui murmura à l’oreille : « Je pense que nous devrions nous présenter avant qu’ils nous prennent pour des ennemis et qu’ils essayent de nous trancher la gorge avec leurs armes ».

Nos amis avaient en face d’eux, deux étranges barbares à l’allure ahurie, mais fiers de leur rencontre, car ils avaient le sourire aux lèvres. La première personne, la plus proche d’eux, la plus grosse, était, à en juger par sa chevelure, sa poitrine et son accoutrement, une femme. Elle portait une armure noire, un casque à corne, du type viking. De longues bottes en peau d’animaux et des lanières de chaussures qui entouraient ses jambes nues. Malgré son allure de vieille mamie retranchée, c’était une jeune femme, une barbare certes, mais jeune. Son partenaire, par contre, était un homme de taille imposante, beaucoup plus grand que sa compagne, barbue, le crâne rasé, le visage pâle, les lèvres noires, comme si elles avaient été passées au fer ou cramées par la cigarette, mais il semblait bien s’y faire.

– Je ne sais pas qui vous êtes, mais cet endroit n’est pas idéal pour continuer notre petite conversation, fit l’homme.

– Que veux-tu dire, que nous devrions les ramener dans notre camp ? À non, certainement pas sinon nous finirions au bout d’une corde s’il s’agit d’un peuple ennemi, rajouta la jeune femme devenue pâle.

– Ne vous en faites pas, nous ne sommes pas avec qui que ce soit, car nous ne sommes que de simples voyageurs venus d’un lieu inconnu au fin fond des montagnes, rassura Morigane en priant qu’ils la croient.

– Du fin fond des montagnes et petits comme vous êtes, vous appartenez peut-être au peuple des Nains ; dans ce cas, si ma déduction est bonne, vous êtes les bienvenus ! termina la jeune femme barbare.

– Dans ce cas, je pense qu’il serait plus correct de se présenter.

Et l’homme tendit la main pour serrer celle de Ken. Mon nom est Glumsekers. Chef de garnison.

La jeune femme pouffa d’un rire sourd.

– Pourquoi ris-tu toi ?

– Non, rien !

Et la jeune femme tendit aussi la main pour serrer celle de nos amis.

– Mon nom et Verdosekers, et je suis la femme adorée de ce gros machin plein d’orgueil.

Et nos deux héros firent de même en se présentant brièvement sans définir exactement leur provenance. Après cela, Glumsekers et Verdosekers conduisirent nos deux amis vers leur base. La marche parut longue, mais le chemin était différent de la première fois, car ils franchirent un fleuve sur un gigantesque pont de pierre. Ken pencha la tête par-dessus le rebord, mais il ne pouvait apercevoir l’eau du fleuve qui était cachée par la brume épaisse.

– Savez-vous que ce pont aura cette année 2 500 ans ? Et il n’a jamais été restauré, étrange, non ? fit Verdosekers en lançant un petit sourire narquois, fière de sa piètre connaissance.

Morigane et Ken ne préférèrent pas la contredire, car une mauvaise réponse de leur part pourrait les trahir ou les faire passer pour des fous. Et, pour cela, nos deux amis préférèrent sourire et rester silencieux pendant le voyage.

Puis, un peu plus tard, ils arrivèrent à destination, devant un immense camp de pierre, à l’infrastructure futuriste.

– C’est votre camp ? demanda Ken l’air de rien.

– Oui, c’est notre camp, bienvenu chez nous ! hurla joyeusement Glumsekers. Les gars, c’est nous, ouvrez les portes, on a des invités que l’on aimerait présenter au roi et à la reine.

Aussitôt dit, les portes s’ouvrirent pour laisser paraître devant eux, une agglomération surpeuplée ; le ciel radieux leur offrit une vue magnifique sur la ville et sur certains bâtiments entièrement vitrés.

– Je ne savais pas qu’ici on maîtrisait aussi les constructions modernes ! lança discrètement Morigane dans l’oreille de Ken.

– Oui, moi non plus je ne savais pas. Finalement, ils n’ont pas l’air aussi barbares qu’ils nous l’on fait croire jusqu’à présent.

– C’est certain que vu leur allure, j’aurais eu un gros doute moi aussi.

Cela dit, nos deux amis n’en rajoutèrent pas plus sur leur situation actuelle. Et ils pénétrèrent dans cet immense village ou, si je pouvais dire, cette immense ville même si pour eux, il ne s’agit que d’un simple camp avancé.

– Nous vous souhaitons la bienvenue dans le camp de Woordriques ! Il est clair qu’à première vue, cela ne ressemble pas à un camp ordinaire, mais voyez-vous, cela fait presque 200 ans que notre village gît en ces lieux et, avec le temps, nous avons eu la possibilité de nous agrandir. Mais ne croyez pas que c’est parce que notre un peuple est sans histoire, au contraire, quantité d’ennemis aimeraient bien que notre peuple disparaisse à tout jamais.

– Mais alors, comment avez-vous fait pour réussir à survivre jusqu’alors ? vos ennemis ont perdu le goût de la guerre et c’est ce qui a fait que votre peuple a pu évoluer en surface ?

– Non, au contraire, nos ennemis sont bien là, et tous les jours nous subissons leurs attaques, mais, ne parlons pas de cela ici, il vaut mieux que je vous présente au roi, il sera plus à même de vous l’expliquer ! fit Verdosekers pour couper court à la conversation.

Un peu plus tard, ils arrivèrent près d’un immense château, situé au milieu de centaines de petites maisons de bois et de brique. Les toits verts formaient de petites carapaces de tortues autour de l’immense château du souverain de Woordriques. Ken remarqua ensuite l’incroyable ressemblance entre les maisons, les boîtes aux lettres uniformes qui étonnèrent nos deux héros, les mêmes barrières, les mêmes dimensions. Seul leur jardin différait ; dans certaines d’entre elles, il n’y avait que des fleurs aux multiples couleurs, dans d’autres, on voyait de vieilles carcasses de charrettes empilées les unes sur les autres, aussi il était possible de voir de petites décorations comme des fontaines ou des châteaux miniatures.

Par contre, à chaque coin de rue, se dégageait une agréable odeur de vanille, ce qui rendait la visite agréable. Puis, au bout de trente minutes de marche, ils arrivèrent enfin devant la demeure royale.

Le château était somptueusement décoré, des roses blanches et roses ornaient l’entrée du château. Le château était du type Renaissance avec ses immenses vitres et sa fontaine dans ce que l’on pourrait appeler dans le monde des Hommes, un parking, avec sur le côté droit, en contrebas des fenêtres, un immense jardin ambiancé de fontaines gigantesques.

– Venez, Vos Majestés sont là, il faut juste frapper à leur porte et normalement quelqu’un doit venir nous ouvrir la porte, dit Glumsekers qui prit un air étrangement enthousiaste.

– D’accord, mais étant donné qu’ils ne nous connaissent pas, êtes-vous sûr que l’on ne sera pas pris pour des gens d’un peuple faisant partie de vos ennemis ? demanda aussitôt Morigane prise d’un affreux doute et de panique.

– Ne vous en faites pas, dès la première seconde où je vous ai vu, j’ai tout de suite su qu’aucun de vous ne ressemblait à un de nos ennemis. J’ai un bon flair et aussi un bon sens de la télékinésie, je suis capable de percer les pensées profondes d’une personne avant même de lui adresser la parole. Je sais que vous ne me croyez pas, car ce don est très rare, aussi il est assez normal d’avoir un doute sur le sujet, même si je sais au fond de moi que j’ai raison.

Chapitre II

Morigane grimpa la première les marches qui menèrent à la porte d’entrée du château de Woordriques. La porte était grande, blanche sur laquelle on pouvait voir une petite inscription en langue inconnue. Apparemment, personne ne surveillait la demeure royale.

– Attendez, je devrais frapper à la porte, car le garde qui se trouve à l’intérieur est un peu agressif et pourrait s’en prendre à vous. Il se nomme Ferdosekers…, déclara Verdosekers.

Mais avant qu’elle pût ajouter quoi que ce soit, Glumsekers dit aussitôt :

– Il n’est pas très aimable comme type, je l’avoue, chaque fois qu’il nous voit, il ne peut s’empêcher de se payer notre tête.

Verdosekers approuva d’un signe de la tête.

Puis, Verdosekers se posa à côté de nos deux amis et, de sa grosse main, frappa vigoureusement sur la porte du château, qui s’ouvrit aussitôt après les trois coups de celle-ci. Mais, lorsque la porte était complètement ouverte, personne ne se tenait à l’entrée pour les accueillir.

– Que faisons-nous ? demanda Glumsekers en fixant sa compagne du regard.

– Je ne sais pas... Oh eh, y a quelqu’un ?... Non, apparemment, il n’y a personne, mais mieux vaut s’en méfier ; Ferdosekers est un as de la surprise et je n’aime pas ça !

À ses mots, Verdosekers brandit sa hache, prête à fendre la première personne qui se mettrait en travers de son passage. Elle ne savait pas pourquoi, mais à chaque fois qu’elle venait, la jeune barbare ne se sentait jamais en sécurité. Elle avait l’impression d’entrer dans l’antre d’un démon.

– Range ton arme ! fit une voix lointaine.

– Bonjour ! fit Ken par inadvertance et par politesse.

Mais la voix ne lui répondit pas.

– Qui sont ces gens ? Que viennent-ils faire dans la demeure royale ? demanda celle-ci.

– Ce sont des nouveaux, nous les avons rencontrés sur la route, alors qu’ils tentaient d’attaquer nos ennemis Farookiens.

– Des nouveaux ? Vous savez qu’ils n’ont pas le droit de venir jusqu’ici ! déclara la voix avec fermeté.

– Nous le savons ! répondit fermement Verdosekers ! Mais comme je l’ai dit tout à l’heure, ils se battaient contre l’un de nos plus puissants adversaires, le peuple de Farrook. Ils ne sont pas méchants et ont l’air sincères dans leurs propos.

– Je m’en fiche, ils n’ont pas le droit de pénétrer ces lieux ! rajouta la voix.

– Ah oui ? Et qui va leur interdire l’audience avec le roi, toi ? Ne me fais pas rire. Et aussi, pourquoi te caches-tu pour parler, montre-toi un peu.

– Depuis quand, un rat dans ton espèce donne des ordres à quelqu’un de mon rang ! dit-il.

Dans le ton de sa voix, on sentit tout l’orgueil que cette personne avait de pouvoir vivre 24 heures sur 24 dans un château aussi grand et somptueux que celui-ci. Bien évidemment, cela n’exclut pas le fait qu’il n’ait pas à se cacher.

– Ces gens-là sont des invités, et nous devons les accueillir comme il se doit, insista Glumsekers.

– Ces gens-là ne sont rien d’autre que des cafards qui n’ont rien à faire dans cette demeure.

À ces mots, un petit homme apparut au milieu du couloir, au niveau de la fenêtre. Cet homme, de petite taille et d’une tête surdimensionnée par rapport au reste du corps, était vêtu avec une petite armure verte et une petite cape sur laquelle on pouvait apercevoir des armoiries et une épée d’après la vision de nos héros. Ses cheveux étaient superbement bien coiffés, avec une raie au milieu du crâne.

– Je ne pense pas que tu aies un pouvoir de décision ici, petit rat d’égout, lança Verdosekers dans colère soudaine.

– Moi, un petit rat d’égout ? Comment oses-tu, vermine !

Aussitôt, le petit Ferdosekers engagea la lutte contre Verdosekers, mais la confrontation était de courte durée, car la jeune femme asséna une gifle au petit gardien qui se vit propulsé à plusieurs mètres du sol.

– Comment oses-tu me frapper, moi, un des commandants en chef de l’armée du roi et…

– Ferme-la Ferdosekers ! hurla une autre voix, plus aigüe, qui devait être celle d’un enfant. Tu n’es commandant de rien du tout, sauf bien évidemment de cette porte d’entrée, dont tu as la responsabilité, et pas autre chose.

Aussitôt, un enfant royalement vêtu apparut. Il portait une toge blanche et par-dessous, une armure en or qui lui recouvrait les bras et les jambes. Cet enfant était coiffé d’une perruque blanche qui lui cachait la moitié du visage.

– Hors de ma vue Ferdosekers, et ne refait surface que lorsque nos invités auront rejoint le grand salon royal, hurla le petit homme.

– Bien le bonjour, chers amis venus d’une contrée lointaine. Ne vous inquiétez pas, Verdosekers fait partie de mes meilleurs soldats et elle possède un don qui lui permet de reconnaître des alliés à des kilomètres.

En disant cela, il jeta un regard sombre sur son serviteur, Ferdosekers, qui disparut la tête basse dans un couloir non éclairé.

Peu après, le jeune homme tendit la main à Morigane, comme par hasard, et demanda à toute la troupe de le suivre vers une petite porte jaune et blanche. La porte avait un écriteau fixé où il était inscrit : Grand salon royal ALFADOSEKERS.

– Il est étrange ce nom ! fit remarquer Ken.

Le jeune garçon se retourna et fit un sourire :

– Je vous raconterais son histoire, en fait, Alfadosekers est l’un de mes plus lointains ancêtres et le fondateur de cet immense camp, il y a plus de 2000 ans, mais tout d’abord, suivez-moi à l’intérieur, et prenez place sur ces fauteuils.

Ken et Morigane n’hésitèrent pas une seconde, mais Glumsekers et Verdosekers, en bons soldats qu’ils étaient, restèrent à l’entrée.

– Mon prince, je crois que notre place n’est pas en ces lieux et que nous devrions vous laisser. Prévenez-nous lorsque vous aurez terminé l’entretien, fit Verdosekers.

Mais le prince ne l’entendit pas de cette oreille, il se leva et les prit par la main en les forçant à s’asseoir sur l’un des fauteuils.

– Prince, ce n’est pas notre place, vos parents nous enverront au bout d’une corde, ajouta Glumsekers, dégoulinant de sueur en signe de frayeur.

– Si le prince Olgenstirk le fait, c’est qu’exceptionnellement vous avez le droit ! déclara une voix féminine sur un ton ferme.

Tous se tournèrent dans la direction de la grande fenêtre au nord de la pièce. Il s’agissait d’une grande dame de la cour du roi, ou si je puis dire, la reine du royaume de Woordriques. La jeune femme était blonde, aux yeux mauves ; elle était vêtue d’une grande robe blanche, coiffée d’une petite couronne remplie de rubis et de diamants. Ken était ébloui par cette beauté qui lui fit face, d’ailleurs il n’était pas le seul, Glumsekers et Verdosekers qui n’avaient jamais eu le plaisir de voir la reine d’aussi près en étaient époustouflés !

Aussitôt, Verdosekers fit signe à tous ses amis de se mettre à genoux pour saluer la reine de Woordriques. Tous s’exécutèrent sans poser de questions, Ken se mit à genoux, Morigane fit de même, tout comme Glumsekers qui mit de suite, un genou à terre. Seul le jeune Olgenstirk resta debout, sans rien dire, mais il tourna tout simplement le dos, en essayant de fixer son regard sur l’un des neuf tableaux de champs de bataille qui ornaient la salle. Un doux parfum de vanille flotta dans l’air et il régnait comme une atmosphère chargée d’histoire. C’était la première fois que Ken ressentait de telles sensations, il en avait des frissons de la tête aux pieds comme s’il venait de pénétrer dans un lieu interdit.

La jeune femme se montra souriante, mais ne s’approcha pas de nos amis qui s’installèrent sur de grands fauteuils.

– Tante Felvez, comment allez-vous ? salua le jeune prince Olgenstirk.

– Jeune homme, n’avez-vous pas une leçon de géographie avec votre tuteur ?

– Oui, tante Felvez, mais je pense qu’il peut attendre une heure ou deux, le temps que nous sachions qui sont ses jeunes nouveaux ?

– Non, jeune monsieur, j’ai suffisamment payé pour faire venir ce nouvel instructeur de la Verdenskern, trancha la tante dans cette négociation que le prince savait perdue d’avance.

La jeune femme lui lança un regard sérieux, mais qui partait d’une bonne raison. Cette personne savait y faire avec les enfants, sans même utiliser de punitions corporelles. Le jeune prince baissa les yeux et sortit de la salle sans dire le moindre mot.

Après cela, la tante Felvez se retourna vers les invités :

– Pardonnez à mon neveu, il prend très au sérieux son rôle de futur monarque, mais il n’a, malheureusement, aucune connaissance de la géographie générale et du milieu militaire qu’il commencera à étudier dès lors qu’il aura réussi son examen qui certifie qu’il maîtrise l’art du combat à main nue et l’utilisation des armes à feu telles que le canon, etc. Mais, pour le moment, je pense que l’on vous a déjà fait une brève présentation de l’histoire de notre peuple ?

– Oui ! firent-ils d’une seule voix.

– Bon !

– Mais, Votre Majesté, normalement, la taille d’un camp provisoire, ne peut pas être aussi grande ? En plus, on nous a dit que vous aviez de nombreux ennemis. Votre base a dû par moments, partir en fumée, enfin, j’imagine, demanda Morigane.

– Oui, jeune fille, il est vrai que ce camp a subi au cours du temps des dommages, mais nous possédons quelque chose qui nous a permis de subsister durant des générations et de continuer à grandir. Toutefois avant de commencer à vous parler de l’histoire du peuple Woordriquien, je me présente, je suis la reine Felvez, je dirige le royaume en l’absence de mon frère. En ce moment, il n’est pas ici, donc, vous ne pourrez, malheureusement, pas le voir, mais soyez patients, il sera de retour bientôt et vous pourrez lui parler ainsi que sa femme.

– Je crois que vous devriez revenir, donc, venez, je vais vous loger chez nous. Nous reviendrons demain ici, proposa Verdosekers qui se leva aussitôt.

Mais la reine Felvez ne l’entendit pas de cette oreille et était outrée par l’attitude de la jeune femme.

– Non, restez, cela me donnera d’ailleurs l’occasion de vous donner la raison qui nous a permis de grandir en toute tranquillité, ou presque, et aussi pourquoi nous sommes en guerre perpétuelle avec un si grand nombre d’ennemis.

La reine se racla la gorge, fit un large sourire et commença son histoire :

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