L'épreuve par neuf

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Neuf jeunes d'un quartier défavorisé sont enlevés pour des raisons obscures et subissent un sort tout aussi incertain mais d'une atrocité révoltante. L'abus d'autorité, le zèle militariste, les éxécutions sommaires, les enlèvements sous le couvert de rafles avec pour prétexte la sécurité nationale; tant de bavures ochestrées par des sytèmes sanguinaires...Voilà la quotidienne épreuve à jamais irrésolue de la jeunesse civile de nos pays quand elle veut savoir ou, avoir son mot à dire dans la gestion du patrimoine commun.
Publié le : lundi 1 juin 2009
Lecture(s) : 35
EAN13 : 9782296228993
Nombre de pages : 123
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L'ÉPREUVE PAR NEUF

@ L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairicharmattan.com diEEusion.harmattan@wanadoo.Er harmattan 1@wanadoo.Er
ISBN: EAN 978-2-296-09073-6 : 9782296090736

Edouard Elvis BVOUMA

L'ÉPREUVE PAR NEUF

L'Harmattan

A Carine et Pascal Lemée.

Le venin du serpent est son fidèle compagnon, Fidèle et il l'estime à sa juste valeur, Frères, mes frères damnés, suivez-moi avec confiance.

Les dents du loup ne lâchent pas le loup C'est la chair du mouton qui lâche

HENRI MICHAUX

Les personnages, lieux et faits cités dans ce roman blablabla... Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou ayant vécu patati patata...

CHAPITRE

UN

Le vent sec et violent, agrémenté de ce zeste de chaleur étouffante qui est le propre de la température du mois de janvier en ce climat littoral, continuait de déverser sa rage sur toute la ville. Le quartier leur apparut alors, triste et sinistre, dominé par un calme inquiétant que venait juste briser par intervalles millimétrés, la rauque cacophonie assourdis sante des milliers d'anoures qui peuplaient les marécages alentours. Dipa, qui à son tour venait de traverser l'étroite passerelle de bois, roula sur l'herbe humide et se remit debout d'un geste brusque d'athlète habile. -A ton tour, lança-t-il à Djenkins qui était le dernier resté sur l'autre bord, tous les autres ayant déjà traversé. Ce dernier s'engagea comme ses acolytes, voilà juste un instant, les bras tendus en croix pour garder l'équilibre. Il avança un pied après l'autre sur la même ligne. Un exercice pénible, mais tout aussi fascinant d'équilibriste de cirque marchant sur une ficelle bien tendue. Toutes les grenouilles, sans doute émerveillées par cette prestation de bonne facture s'étaient subitement tues. Il avança petitement de quelques millimètres, quelques mètres, risquant plusieurs fois de passer par-dessus bord, non par mal habileté, mais par semiivresse. A quelques pas de la berge opposée vers laquelle il marchait lourdement, un craquement bruyant se fit entendre. La mince passerelle vieillie par l'usure du temps et des précipitations céda sous son poids et, patatras! Il se retrouva dans l'eau glacée du marécage, trempé jusqu'à la taille. Tous ses amis éclatèrent d'un fou rire qui se mêla étrangement au bruitage insolent des crapauds et des grenouilles qui s'étaient remis à coa-coasser désagréablement. Dipa avança vers le bord et tendit la main à l'infortuné. Celui-ci la saisit. Il tira de toutes ses forces

tandis que son pied droit commençait à s'enfoncer légèrement dans le sol humide jusqu'à la cheville, noyant totalement sa tennis, de même que la chaussette dont seule l'extrémité couvrant partiellement le mollet échappa au carnage de la fange puante. Il contracta les biceps, se jetant en arrière sous la pression de ses cinq autres amis qui se tenaient alors main dans la main. Djenkins sortit du marécage comme projeté par une force surnaturelle. L'émergence soudaine déséquilibra tous les sept amis qui se retrouvèrent étendus à même le sol, les uns sur les autres. Caroline qui achevait l'extrémité de la liane humaine de fortune improvisée pour l'occasion sentit le poids étouffant des six garçons sur elle. Saisie de douleur, elle poussa de petits cris aigus. Les autres se remirent rapidement sur leurs pieds sans cesser de rire à tue-tête. - Eh, pousses-toi de là! Tu pues comme une musaraigne, cria-t-il, s'adressant à Djenkins. Tous les autres s'éloignèrent de l'infortuné qui recouvert de vase noirâtre de la cheville aux hanches. était

- Dire que je viens juste de me taper ce pantalon jean! Et ces baskets qui m'ont coûté les yeux de la tête, maintenant elles ne sont bonnes que pour jouer au deux-zéro le dimanche, quelle poisse! geignit Djenkins, le visage triste et abattu. - Ne fais pas cette tête d'enterrement, c'est ce qu'il en coûte d'opter pour la facilité. Je vous avais proposé que nous empruntions le chemin opposé et toi, tu as préféré que nous passions par ce raccourci. Ce n'est que normal si c'est toi qui payes les frais, renchérit Caroline d'un air moqueur. - Quoi! Avec tous ces hommes en treillis qui pullulent dans la ville, tu sais bien qu'à une heure aussi tardive la route principale est infestée. On croirait être en Etat d'urgence.
-

C'est vrai, nous savons tous que depuis que ce fameux

Commando

d'Opération

Permanente 10

a été mis sur pied, il

n'est plus possible de faire un pas sans avoir un mbéré1 sur le dos, appuya Sam. A une heure pareille et nombreux comme nous sommes, nous aurions été bons pour achever cette soirée en cellule. - Nous leur aurions simplement expliqué que nous revenons du Dool i!.Ynight, déclara Djenkins, ce n'est pas un délit d'aller en boîte de nuit à ce que je sache! Au besoin, nos tickets d'entrée auraient témoigné nos dires. - Nos tickets d'entrée? Tu veux rire ou quoi? derniers sous peut-être, s'écria Sam. - C'est vrai, entama Dipa, Djenkins semble oublier surnom portent aujourd'hui nos chers flicaillons...
-

Nos quel

Les mange mille!

-

Exact! Et tu n'ignores pas qu'ils ont reçu ce baptême de

la part des taximen qui ont remarqué que ces derniers avaient un amour passionné pour les coupures des billets de mille francs. Les sept amis s'étaient remis à marcher s'éloignant peu à peu de la gadoue.
-

d'un pas lent,

C'est bien vrai ce que vous dites-là, mais le Commando d'Opération Permanente rassemble également d'autres forces armées.
- Ne dit-on pas que c'est une dent malade qui donne mauvaise haleine à toute la bouche? Je peux t'assurer que de nos jours, avec un porte-monnaie bien bourré, même sans une pièce officielle avec toi, tu peux traverser tous les postes d'identification, qu'ils soient de la police, de la gendarmerie ou de tout autre corps assimilé.

Ils contournèrent lentement le méandre boucle herbacée qui séparait le marécage

en forme de des premières

1

Policier.

11

maisons du quartier. Pas âme qui vive. Le quartier était alors frappé d'un silence sinistre qu'entretenait nonchalamment l'obscurité totale de ce soir sans lune. Seules les lucioles déchaînées narguant les étoiles inexistantes, semblaient constituer de véritables torches naturelles; en guise de lampadaires mobiles et impuissants face à la lourde et épaisse pénombre. La discussion commençait peu à peu à se décolorer. - Au lieu de nous jeter la pierre parce que nous avons refusé de prendre l'axe central qui mène au quartier et lui avons préféré ce raccourci situé en contrebas, moi je sais ce que tu aurais pu faire pour éviter de tomber dans le marais, annonça Caroline, dominant de sa minuscule voix celles des six hommes. - Quoi donc? - Consommer moins de sky! bruyamment de rire.

Tous les autres éclatèrent

- En effet, comment veux-tu tenir debout sur une minuscule passerelle de quelques centimètres après avoir bu une bouteille de whisky tout seul ? - Croyez-vous bande de loustics, que c'est mon ébriété qui a fait céder la planche? Celle-ci était déjà hop vieille, depuis le temps que ce chemin n'est plus utilisé fréquemment. - Tu as raison. Depuis que la mairie a eu l'idée de nous construire cette route de terre battue, on n'est plus passé par le marécage. - Bientôt, nous serons contraints de renouer avec ce bon vieux sentier puisque notre chère route commence déjà à se détruire par l'érosion et les crues du V ourbi. - Que voulez-vous? Ils ont fait racler la route, terrassements effectués sans doute à coût de millions fictifs 12

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