L'Ermite de Ces Bois

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Au Royaume de Perdal, la Princesse Léna a fui les troupes de Milmort, jusqu’au sein de la forêt de Cornale. Au cœur de ces lieux mystérieux, quelqu'un semble l'attendre depuis quelques temps... série ayant pour mot clef Exodus.

Publié le : lundi 5 mars 2012
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     Exodus  L’Ermite de ces Bois   Récit Fantasy Fragments de romans se déroulant sur le Continent Monde Exodus Andalénia  
G.N.Paradis 
  
Princesse & Ermite
  La princesse Léna courait à travers les bois de Cornale. Cette masse forestière de pins blancs se situait entre Conembourg et le Fleuve Sil. Ses cheveux chatoyants mil-longs clairsemaient les ombres des arbres silencieux. Ses immenses yeux verts brillaient de peur. Sa robe à capuche sombre était idéale pour passer inaperçu la nuit, mais le jour, Léna se sentait vulnérable. Après sa fuite de Sil, elle avait donc obliqué vers cet espace impénétrable.  Meurtrie lors de sa fuite, Léna se sentait faible. Depuis trois jours, la jeune fille marchait dans cette forêt, en suivant des sentiers sinueux et épineux. De nombreuses cicatrices et de légères estafilades parsemaient ses bras, son visage et ses jambes, à travers les déchirures de ses vêtements. A la fin du premier jour, Lénas’était perdue. D’une heure à l’autre, elle avait atteint la forêt profonde, sans points de repères, pas même les étoiles. La végétation était devenue si touffue que le Soleil peinait à arroser les couches d’humus et les bourbiers. Pour couronner le tout,ses vivres fondaient à vue d’œil. Léna avait trouvé de l’eau en abondance, mais c’était tout. Personne ne l’avait initié à la science des plantes et à l’art de la chasse, aussi, elle ignorait ce qne l’était pas et encore moins commentui était comestible, ce qui étriper des animaux sauvages. Un lapin noir l’avait observée d’un œil arrondi de jaune mignon ; la pauvre bête ne méritait pas de mourir entre ses mains.  Enfin, ce matin là, elle avait entendu un bruit de pas, diffus, froissé. Au début, elle l’avait attribuéson imagination, mais les sons avaient aussitôtà repris, plus forts et nombreux qu’auparavant. Alors, Léna avait couru, malgré la fatigue. Elle excellait à la course depuis sa plus tendre jeunesse.   
Comme en réponse, les pas avaient adoptéune allure plus rapide…  Léna ne voyait personne. Pourtant, les bruits de brindilles écrasés sous des pieds ou des pattes résonnaient entre les arbres vénérables. Était-ce des loups Voraces, une bande de cerfs furieux ou des soldats qui auraient retrouvés sa trace en pleine forêt ? La princesse n’en savait rien, ce qui renforçait son angoisse… Son ventre se nouait et son souffle s’écourtait, haletant. Incapable de s’arrêter, elle filait, giflée par les branches. Une racineprit la décision à sa place au détour d’un érable imposant. En pleine descente, Léna sentit ses pieds décoller du sol et son corps suivre le mouvement, emportée par l’élan. Elle en dévalant la pente dans un cria méli-mélo de jambeà la dérive. Sa chute s’arrêta net contre uns et bras tronc d’arbre, au fond d’une ravine. Le choc lui arracha un gémissement de douleur.  Les genoux écorchés, sa robe déchirée à de multiples endroits et les bras zébrés d’éraflures sanguinolentes, la princesse sentait le ciel tourbillonner entre deux arches de bois. Elle se mordit la langue pour étouffer un nouveau crilorsqu’un élancement douloureux dévala son corps des pieds à la tête comme un coup tranchant. Ses yeux se fermèrent un instant. Elle n’ajamais ressenti une telle souffrance. Finalement cette dernière sevait tarie, puis s’assourdit en un point. Des larmes avaient perlé sous ses paupières. Quand elle rouvrit les yeux, ce fut pour voir la forme monstrueuse d’un grand canidé. Léna ne retint pas son hurlement de terreur.Elle roula à l’écart, en se tordant le bras. Le gros chien au pelage brun s’écrasa contre l’arbre surun geignement craintif.  Léna rampaavoir saisi un long bâton. Elle s’en servit pour, après  repousser les assauts de la bête, dont la langue pendouillait de bave. Bientôt, sa gueule s’empara de la branche pour tirer dessus. Léna lutta de
  
toutes ses forces pour lui faire lâcher prise. Le bâton se brisa et la jeune fille retomba dans les feuilles pourries. Le chien plongea aussitôt sur elle… Avant de lui lécher le visage. Léna se servit de ses mains pour l’empêcher de recommencer, révulsée. « Arko ! Viens ici ! Laisse la damoiselle tranquille ! » La voix d’un homme âgé avait retenti depuis le sommet la pente. Un de instant, Léna crut avoir affaire à une ombre gigantesque et implacable. Arko, son animal de compagnie, trottina joyeusement vers l’être ténébreux. Son maître le cogna sèchement. Arko aboya finement, en s’éloignant ventre à terre.    Pendant ce temps, Léna s’était redressée, en s’époussetant. Elle essuya la bave qui lui maculait le visage, sans retenir une grimace de répulsion, avant de se tourner vers l’’Ermite. Il avait une barbe de la décennie dernière qui lui descendait jusqu’au ventre. Elle était entièrement argentée. Des prunelles aux reflets dorés apparaissaient dans des haussements de sourcils étonnants. Quand à ses cheveux, Léna n’en avait jamais vu de semblable ! Ils avaient une couleur indéfinissable, entre le cuivre et le blond blé en passant par le blanc pur. Quant aux vêtements de l’individu, ils avaient l’air d’avoir fait un tour dans la boue quelques temps auparavant. D’après elle, il avait du s’agir d’habits forestier, de nombreuses années plus tôt ! Plus de étonnant encore, il portait une bague parcourud’ondoiements verdâtres pour tout ornement.  Vous auriez pu vous tuer en courant de cette manière !     votre gouverne Pour, commença la princesse d’une voix profondément exaspérée, j’ai simplement pris peur !     Pris peur, pris peur ! On vous entendait courir depuis l’autre côté des bois et vos cris suffisaient à convier tous les prédateurs à la curée ! Là, vous
  
auriez été vraiment en danger… La panique en pleine forêt n’est pas très recommandée. Une aura mystérieuse et assez sombre émanait de l’individu, alors même ’il adoptait un air jovial. qu     J’ai déjà tenu trois jours.Je suis complètement perdue…     Plus maintenant puisque vous allez m’accompagner. Il faut soigner vos blessures avant qu’elles ne s’infectent, ajouta-t-il en se grattant un coin de barbe. Un bon bain devrait faire l’affaire…    Vous invitez toujours des inconnues à venir dans votre baignoire avant de vous être présenté ?     Qu’insinuez-jeune fille ? Je n’aime pas du tout votre ton… J’auraisvous peut-être dû vous abandonner là aux prédateurs avides, renchérit-il dans un froncement de sourcils. On m’a donné bien des noms, mais ici, on me nomme l’Ermitede ces Bois.  Ce n’est pas un nom, ça, observa-t-elle en enlevant une feuille de ses     cheveux.     Et bien vous vous en contenterez ! Et maintenant, suivez moi sans discuter, où je risque de vous abandonner aux bêtes sauvages !     Excusez-moi… Je m’appelle Léna, déclara-t-elle quelques minutes plus tard, de l’autre côté de la ravine. L’Ermitene répondit pas ; il avait une démarche légèrement bancale. La princesse le suivit, silencieuse et inquiète. Elle sentait une menace diffuse et étrange tourbillonner autour d’elle.Pourtant, le badinage était courant à la Cour. Des grandes Dames se lançaient souvent dans des déambulations coquines de langue, en gloussant. Les jeunes Nobles palabraient jusque sur le pas des portes et enchaînaient des phrases pompeuses les unes après les autres. Tout se transformait alors en un gargouillis incompréhensible.
  
D’une certaine manière, Léna appréciait le silence révérencieux des bois. Elle avait eu beaucoup moins mal à la tête depuis qu’elle avait quitté le château. Elle aurait même pris cela pour un voyage de complaisances si la situation n’avait pas été si dramatique.  Enfin, à la based’une petite pente, un sentier surgit d’un recoin d’arbres tronçonnés. L’Ermite l’emprunta, la jeune fille sur ses talons. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent au sein d’une clairière, sur les rives d’un petit lac d’eau pur. Un Monolithe de roches s’élevaient plus haut que les arbres. De son sommet, une chute d’eau jaillissait en continue, dévalant en grondant la surface miroitante. Une arche avait été dessinée à la pierre ocre sur le pilier.L’endroit était magnifique.Un petit pont en bois franchissait le cours d’eau issu du lac. Plus loin, une chaumière vieillotte et banale attendaient patiemment ses invités. Un tas de bois mort avaient été rangé sur le côté du Foyer de l’Ermite.     Voici mon Paradis Perdu… Et ma baignoire, ajouta-t-il avant d’éclater de rire. C’est une source d’eau chaude; prenez garde aux quelques volutes de souffre qui s’en échappentdevriez y être à votre aise !. Vous    –Il n’est pas question que je me déshabille devant vous !     Je n’ai aucune envie de votre peau blanche, jeune demoiselle. Ne soyez donc pas si prompte à me juger. La petite maison était composéede deux pièces. La première meublée d’une table et de quelques vieilles chaises. Un meuble remplie d’ustensiles et de provisions, et une cheminée complétaient le reste. Enfin, la seconde salle était de moitié inférieure à la première et possédait un lit et un petit bureau taillés par l’Ermite lui-même. D’ailleurs tout ce qui se trouvait ici avait été construit par l’homme. Léna avait rarement vu plus pauvre commelieu.     Je sais, ce n’est pas le palais du roi, remarqua l’Ermite comme s’il lisait
  
dans ses pensées. Mais vous vous en contenterez avant qu’on vienne vous chercher.    Me chercher ? répéta Léna en reculant soudain, horrifiée.     Ce n’est pas ce que vous croyez, reprit-il sur un ton mystérieux. Les soldats de Milmort ne sont même pas entrés dans ces bois ! Ils vous croient toujours en cavale dans la campagne… Une bande d’incapable, dirigé par un imbécile...    le saurez en temps voulu, en attendant montrez moi vos blessures,Vous ordonna l’Ermite en lui présentant une chaise, je vais vous soigner.     Je n’ai pas l’attention de vous dévoiler ne serait-ce que ma jambe.    Les mauvaises gangrènes couvrent de pustules et de morceaux de chair en putréfaction, les blesses. Ils meurent alorsdans d’atroces souffrances… Mais si vous ne voulez pas que je vous soigne, c’est votre choix. Léna le croyait. De mauvaise grâce, elle lui dévoila toutes ses écorchures, et détournala tête. L’Ermite sourit, amusé. Il prit une chaise, humecta un linge d’eau qu’il avait préalablement fait chauffer sur un feu de bois. Puis, il nettoya consciencieusement toutes les blessures. Léna serrait les dents. Enfin, quand il eut terminé, il lui donna une serviette propre et du savon et l’envoya se laver dans la source d’eau chaude. Pour dissiper tout malentendu, il ferma les volets de sa chaumière, en s’enfermant à l’intérieur avec son gros chien.    Léna fit le plus vite possible, même si l’eau était délicieusement chaude et qu’elle aurait aimé rester plus longtemps. Une fois sèche et habillée, elle libéra l’Ermite de sa chaumière. Il lui avait confiéela clé pour l’enfermer à l’intérieur.     Et bien, ce n’est pas trop tôt ! bougonna-t-il avant de commencer à se déshabiller.  
  
Léna lui confia le savon et la serviette, en rougissant, puis se réfugia à l’intérieur de la chaumière. Visiblement, L’Ermite s’amusait de l’extrême pudeur de son invitée du moment.  
    Au cœur de la forêt de Cornale, la princesse Léna prenait ses aises en attendant la venue de ses étranges compagnons. Elle avait questionné l’Ermite pendant près de deux heures à leur sujet, mais ce dernier avait fait la sourde oreille. Léna ne lui avait plus adressé la parole jusqu’au lendemain. Ce fut après le petit déjeuner composé de lait et d’étr anges confiseries délicieuses qu’elle le fit, avec curiosité.    Pourquoi vivez-vous seul dans la forêt ? Tous deux se jaugeaient par-dessus la petite table de la chaumière.  vous, pourquoi fuyez vous à travers cette forêt poursuivie par une Et     horde de personnes invisibles ?    Vous le savez très bien, dit elle en soutenant son regard.    Ah bon ! Et que suis-je sensé savoir ? Tout.        de devin ou de prophète ? ? Insinuez vous que je sois une sorte  Tout demanda-t-il avec un sourire moqueur.    Arrêtez de jouer avec moi comme au chat et à la souris. Dîtes-moi ce que vous savez. Serez-ce un ordre, jeune damoiselle ?       Non, une requête d’intérêt générale, rétorquaLéna, espiègle.      êteVous ns peut-être pas si crédule, finalement, observa l’Ermite avec un regard torve. Posez-moi trois questions.    Qui va venir me chercher ?
  
    quoi bon le savoir puisque vous allez les voir ? Ces deux personnes A n’ont rien àvoir avec Milmort.    Vous auriez pu au moins me donner leurs noms !     Très bien, les voici… Oriana et Élam. Maintenant, posez-moi votre seconde question.    Pourquoi viennent-ils me chercher ?    Vous persistez dans votre erreur !     avez dit que vous répondiez à trois de mes questions, je vous ai Vous posé la deuxième.    vous montrez si insolente, je vais vous répondre. Ils vousPuisque vous cherchent pour que vous les meniez jusqu’à votre fiancé, l’élu.     Quel fiancé ! s’exclama Léna, stupéfaite. Je ne suis promise àpersonne !    Serait-ce votre troisième question ?     Non… Je veux savoir quelque chose d’autre, à présent. Alors voilà, commença-t-elle une fois remise de sa surprise. Comment peut-on détruire l’orbe que porte Milmort et qui le protège de la magie ? Les yeux de l’Ermite pétillèrent de malice.     une question intéressante ! Écoutez bien car je ne me répéterai Enfin pas : l’Orbe ne peut être détruite que par un Tome de magie aux pouvoirs de Lumière.    Et où pourrais-je bien trouver ce Tome ?    Vous n’aurez qu’à demander au nouveau Mage de Lume.     Vousparlez comme un Prophète ! remarqua-t-elle avec un sourire boudeur. Vous dîtes que je dois retrouver un Tome de Magie, en demandant mon chemin au nouveau Mage de Lume, mais vous ne me dites pas comment me servir de ce Tome et qui est le nouveau Mage de Lume ! Vous me prenez vraiment pour une… 
  
    Princesse abus d’elle-même, oui, trancha brutalement l’Ermite, en abattant son poing massif sur la table. Vous avez été pourrie et gâtée par la Cour… Mais aucun ne vous apprendra jamais qui vous êtes vraiment. Les hommes ne sont bonsqu’à avilir leurs semblables. Mais dites-moi princesse, si vous tombez amoureuse d une personne, l’épouseriez vous quel que soit son rang ?     Je ne sais pas, je ne suis jamais tombée amoureuse, souffla Léna en baissant la tête. Il y avait bien de jeunes nobles qui me tournaient autour, mais aucun d’eux n’était… véritablement sincère. Tout ce qui les intéressait, c’étaitle pouvoir. Je serais aussi laide qu’un serpent qu’ils seraient quand même venus me faire la cour…    Vous avez enfin fait preuve de sagesse.Si j’ai été aussi dur avec vous, c’est parce que celui que vous ne devrez pas repousser celui que vous rencontrerez. Tout du moins si vous souhaitez sauver votre royaume. Tel est votre devoir. L’Ermitesortit en appelant son chien Arko, abandonnant la princesse à ses pensées. L’homme ne revint qu’au déjeuner,pour préparer le repas et se restaurer. Quand ils eurent terminé, l’Ermite se redressa en souriant étrangement.     Ils seront bientôt là… Puis il disparut. Léna se leva d’un bond, stupéfaite. Dehors les aboiements du chien s’étaient tus. Lui aussi s’était évaporé. princesse courut La jusqu’au lac miroitant de souffre, avant de regarder dans toutes les directions à la fois. Elle ne vit personne. Elle rentra finalement à la chaumière, en soupirant. Quand elle ressortit quelques minutes plus tard, elle entendit des éclats de voix retentissants. Avec prudence, elle s’approcha du pont qui enjambait la rivière et tendit l’oreille. Une voix d’homm e, grave
  
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