L'étonnante aventure de la mission Barsac

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Au début du XXème siècle, une mission parlementaire française est envoyée en Guinée pour déterminer si la population autochtone est à même de se voir accorder le droit de vote... Le dernier "voyage extraordinaire" de Jules Verne, achevé par son fils, est présenté ici, pour la première fois, avec le texte du manuscrit qui a servi à son élaboration : Voyage d'études. Une lecture d'Antoine Tshitungu en éclaire les lignes idéologiques les plus surprenantes : comme si Michel Verne avait repris à rebrousse-poil la pensée de son père...
Publié le : jeudi 1 décembre 2005
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EAN13 : 9782336257822
Nombre de pages : 214
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Collection L’AFRIQUE AU CŒUR DES LETTRES dirigée par Jean-Pierre Orban
L’AFRIQUE AU CŒUR DES LETTRES
L’Afrique a été l’objet de multiples éclairages politiques, his-toriques, sociologiques. Mais la littérature a-t-elle un regard spécifique sur le continent africain ? Quel est ce regard ? Com-ment les écrivains, africains ou non, ont-ils appréhendé et sai-sissent-ils la réalité africaine d’hier et d’aujourd’hui ? Comment la recréent-ils ? Quelle parole, littéraire, politique, polémique, journalistique, portent-ils sur elle ? C’est à ces questions que la collectionL’Afrique au cœur des lettresveut répondre. En recherchant et en rééditant ce que les écrivains, célèbres ou moins connus, ont dit de l’Afrique, de son histoire et de son esprit. En publiant ce que les auteurs littérai-res écrivent d’elle aujourd’hui sous diverses formes : du journal de voyage à l’essai, en passant par les articles de presse ou les interventions politiques. Enfin, la collectionL’Afrique au cœur des lettresentend pré-senter, sous un regard critique, des analyses de la parole des écri-vains : comment celle-ci s’intègre dans leur œuvre, comment et pourquoi ont-ils écrit sur l’Afrique ?
Si vous voulez être tenu(e) au courant des publications de la col-lection ou proposer une œuvre susceptible d’y être intégrée, écrivez à L’Harmattan, Collection « L’Afrique au cœur des lettres », 13, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris (France), ou envoyez un message àafrique.lettres.harmattan@wanadoo.fr
Jules VERNEest l’auteur du cycle des (1828-1905) Voyages extraordinaires. Son fils, Michel VERNE(1861-1925) remanie ou achève plusieurs de ses œuvres posthumes. Du vivant de Jules, Michel participe aussi à l’écriture d’Un express de l’avenir (1888) et deLa journée d’un journaliste américain en 2889 (1889, en anglais).
Antoine TSHITUNGU KONGOLO est doctorant en littérature générale et comparée près l’Université Charles de Gaulle Lille 3, avec une thèse intitulée « Les paradigmes de l’autre, la pré-sence belge dans les lettres congolaises (1910-1956). Modèles culturels et littéraires ». Il a été chercheur au sein de la « Cellule Fin de siècle » du Ministère de la Culture de la Communauté française de Belgique et chercheur associé aux Archives et Musée de la Littérature à Bruxelles. Poète, romancier et nouvel-liste, il est lauréat de plusieurs prix littéraires et notamment le Prix Pablo Neruda-Gabriella Mistral. Il est par ailleurs le bio-graphe du premier nationaliste congolais Paul Panda Farnana. Conférencier, il a parcouru la Belgique et l’Europe pour pro-mouvoir la connaissance de la littérature et de la culture africai-nes. Il fut chargé de conférences sur la littérature africaine par l’ONG CEC (Coopération par l’Éducation et la Culture). Il anime, à Bruxelles, le Centre culturel La Cité Africaine dont il est le fondateur.
Avant-propos
De l’expédition Deltour à la mission Barsac : ou comment du père au fils Verne, l’esprit a changé…
Il n’est plus douteux, depuis les recherches de Piero Gondolo 1 della Riva , queL’étonnante aventure de la mission Barsaca été 2 écrit par Michel Verne à partir d’un manuscrit inachevé de son père. Jules Verne meurt le 24 mars 1905 en laissant plusieurs œuvres inédites et projets d’écriture. Parmi ces derniers, un cahier de vingt-cinq feuillets occupés, recto verso, par l’ébauche du dernier roman auquel il aura travaillé, selon toute vraisem-3 blance durant l’année 1904 : quatre chapitres et le début d’un cinquième, écrits au crayon et repassés à l’encre, sous le titre qui deviendrait celui du deuxième chapitre du roman final,Voyage d’études. Vers 1910, comme il l’a fait pour d’autres textes inédits de son père qui paraîtront à titre posthume, Michel Verne s’atta-que à la mise au point de l’édition définitive : «Voilà un certain tempsseptembre 1910 à Jules», écrit-il dans une lettre du 14 Hetzel fils, éditeur des « Voyages extraordinaires » de Verne, «que je m’occupe de débrouiller le roman auquel travaillait mon père quand il a définitivement cessé d’écrire.[…]Tout ce que je
1.Piero Gondolo della Riva, « À propos des œuvres posthumes de Jules Verne », Europe, n° 595-6, nov.-déc. 1978. 2.En se faisant même aider d’un ami journaliste et écrivain André Maurel. 3.San Carlos et autres récits inédits, Notice de Jacques Davy, p. 208, Le Cherche Midi, 1993.
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viens vous demander, c’est un service, et le voici : pour me recon-naître dans le travail de mon père et pour prendre un parti en connaissance de cause, il est absolument nécessaire que je sois par-faitement documenté sur l’Afrique.» Trois jours plus tard, dans une autre lettre, il précise : «J’avais omis de vous faire remarquer que, ni la géographie de l’Afrique, ni surtout les relations de voya-1 ges, ne doivent être postérieures à 1905. » Mais plus que pour les autres œuvres posthumes, où Michel se contente de retoucher le texte, plus encore même que pour En Magellanie qui deviendraLes naufragés du Jonathan, où Michel double le nombre de pages, ici, le fils s’empare réelle-ment d’une idée du père, l’amplifie et, tout en restant dans la tradition vernienne, la mène au bout d’une logique qui est davantage la sienne que celle de l’auteur originel. Il en résulte un roman de vingt-sept chapitres au total qui paraîtront d’abord en feuilleton dansLe Matindu 18 avril au 6 juillet 1914, puis, en 1919, en deux volumes chez Hachette qui a racheté le fonds Hetzel. Pour la première fois, le lecteur pourra lire d’affilée, dans une même édition,L’étonnante aventure de la mission Barsacet 2 Voyage d’études. La comparaison s’avère utile pour se faire une idée du cheminement de l’œuvre de Verne du début à sa fin, du e e père au fils, du 19 siècle au 20 . Jules est l’homme de l’optimisme scientifique, Michel est celui qui découvre les risques de la science mise au service d’une politique totalitaire : à ce titre, il annonce, comme le souligne 3 Lucian Boia dansJules Verne, les paradoxes d’un mythe, les déri-e ves du 20 siècle. Jules construit des mondes utopiques : dans Voyage d’études, l’« expédition Deltour » (du nom de l’ingénieur qui la dirige) a pour but de déterminer si les populations afri-caines sont à même de voter, mais elle est aussi et surtout un prétexte, pour Jules Verne qui vient d’en faire la découverte, de narrer les progrès, sur la terre vierge de préjugés qu’est l’Afrique, d’une langue universelle dont le nom seul en dit long : l’espé-
1.Lettres citées par Piero Gondolo della Riva,op. cit. 2.Publié une première et unique fois au Cherche Midi en 1993, 3.Chapitre XII, Les Belles Lettres, 2005.
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op. cit.Épuisé.
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