L'Héritier de Clamoria

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L'intrépide capitaine Akatz Ielena est appelée sur la planète Clamoria. La reine se meurt et le prince héritier a disparu. Dans ce royaume matriarcal, monter sur le trône exige d’être une femme. Le prince doit changer de sexe. Mais la colère gronde chez les hommes, ces citoyens de seconde classe. Ont-ils enlevé le prince pour le soustraire à son terrible destin ? C'est ce qu'Akatz est chargée de découvrir.

Dans cette première enquête intersidérale grand format, nous retrouvons la capitaine Akatz, agent mi-humaine mi-féline, que nous avions déjà rencontrée dans les Collectifs du Fou. Fidèle à elle-même, Akatz martyrise avec bonheur son jeune compagnon, le doux Isidore Laime, et peut toujours compter sur sa fidèle IA, Polaris, aussi efficace que jalouse. Un roman SF qui joue avec les codes d'un genre longtemps réservé aux héros masculins pour mieux les renverser.
Publié le : lundi 20 juin 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782374531434
Nombre de pages : 182
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Extrait
L’enfant arrêta sa course et reprit son souffle. Une boule métallique à peine plus grosse qu’une balle de tennis volait à quelques centimètres au-dessus de sa tête. D’un pâle faisceau de lumière verdâtre, elle lui indiqua une direction au travers de la végétation qui l’entourait.
− Allez ! fit la voix synthétique issue de la boule.
L’enfant s’élança, aussi vite que ses jambes le lui permettaient.
− Stop !
Il s’immobilisa, le cœur battant à tout rompre.
− Sur la droite, à présent. Dans le bosquet. Allez !
Il parcourut la distante restante et, à bout de souffle, s’adossa contre la voiture masquée par la verdure.
− Tout va bien, le rassura la voix. Nous sommes dans les temps.
Le coffre s’ouvrit.
− Grimpez !
Il hésita, le regard fixé sur le tapis de sol usagé au fond du coffre. Les lieux semblaient si exigus. Y aurait-il seulement un peu de lumière quand ils avanceraient ?
− Grimpez ! Allez ! insista la voix synthétique.
À contrecœur, tremblant de peur, il enjamba le garde-boue, se hissa à l’intérieur, se laissa glisser au fond de l’habitacle.
− Placez le masque d’incognito sur votre visage… la casquette sur votre tête.
La porte se rabattit. Il ne put empêcher un léger gémissement de franchir ses lèvres alors que les ténèbres se refermaient sur lui. Avait-il pris la bonne décision ? Avait-il seulement eu le choix ? D’une main fébrile, il chercha le masque et la casquette, les trouva dans un renfoncement.
La voiture s’élevait déjà dans les airs pour avancer. Il se recroquevilla, enserrant ses jambes de ses bras, apeuré. Allait-on le démasquer ? Que se passerait-il alors ? La voiture ne tarda pas à s’arrêter. Il tendit l’oreille, retenant son souffle. Des femmes parlaient. L’une d’elle éclata de rire. Le véhicule reprit sa route. L’enfant desserra ses bras, soulagé. Il était en sécurité. Du moins, partiellement. Mais tout restait encore à faire… Il ferma les yeux aussi fort qu’il le pouvait, tâchant de se convaincre qu’il avait pris la bonne décision.
Il ne les rouvrit que lorsque la voiture s’engagea sur un plan incliné. Ils descendaient. Le véhicule s’immobilisa. Ils étaient arrivés. Avec des gestes tremblants, il posa la casquette sur sa tête, hésita, puis plaqua le masque sur son visage. La pièce de tissu adhéra aussitôt à sa peau, occultant ses yeux, sa bouche et son nez. Un bref instant, il lui fut impossible de respirer. Et puis, des orifices apparurent et il retrouva la vue en même temps que l’air pénétrait dans ses poumons. Le masque avait rendu ses traits flous. Nul ne pourrait le reconnaître. La porte du coffre s’ouvrit.
− Dépêchez-vous…
Sa protectrice l’aida à s’extraire de l’habitacle, scrutant anxieusement le parking souterrain, puis le pressa d’avancer jusqu’à une porte, la main sur son épaule. Elle entra un code sur le digicode. La porte s’ouvrit sur un escalier.
− J’habite au troisième… Suis-moi…
Elle gravit plusieurs marches, inspectant la cage d’escalier.
− Est-ce que… fit l’enfant.
Elle se retourna, étonnée de le trouver toujours en bas.
− Est-ce que… vous avez emmené les doses ? continua l’enfant, d’une voix blanche.
− Bien sûr ! Le protocole doit suivre son cours.
− Et… si… et si je vous ordonnais d’interrompre le protocole ?
Elle le regarda, incrédule.
− C’est impossible, voyons…
L’enfant hocha la tête.
− Évidemment, dit-il faiblement.
Elle lui tourna le dos, grimpa de nouveau, atteignit le coude de l’escalier à mi-étage. L’enfant recula sans un bruit. La porte se referma. Il fit volte-face et courut droit vers la rampe d’accès au parking pour s’immobiliser presque aussitôt. Une voiture blanche, sans plaque minéralogique, la descendait à vive allure. Elle s’immobilisa à côté de l’enfant. La porte latérale s’ouvrit. Un homme cagoulé sortit à moitié de l’habitacle, attrapa l’enfant par la taille. Le gamin vit sa protectrice sortir son arme alors qu’on le projetait à l’intérieur de l’habitacle. Il poussa un cri de détresse. La voiture démarra.
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