L'histoire du Fauteuil qui S'amouracha d'une Âme

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(Sénégal)

Publié le : jeudi 1 janvier 1998
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EAN13 : 9782296354104
Nombre de pages : 111
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L'HISTOIRE

DU FAUTEUIL QUI S'AMOURACHA D'UNE ÂME

Collection Encres Noires dirigée par Maguy Albet et Alain Mabanckou

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@ L'Harmattan,

1997

ISBN: 2-7384-6116-6

Mamadou Mahmoud N'DONGO

L'HISTOIRE. DU FAUTEUIL QUI S'AMOURACHA D'UNE ÂME

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y 1K9

À Madame Dagan

Griot

Au temps où rien ne s'écrivait vivait un homme, appelé le griot. Dans sa maison faite dans le tronc d'un baobab, le vieil homme se nourrissait de racines. Le soir il lui arrivait de sortir, son aspect chétif, sa peau pareille à du vieux papier usé, ses doigts longs et épais aux articulations, ses yeux dilatés le faisaient craindre de son voisinage. Le Griot, le soir venu, allait s'asseoir au pied de son arbre, attendant la venue du chat, un chat sauvage d'Afrique, au corps plus félin, à la tête plus expressive, à l'épine dorsale aventureuse qui d'un bond le soulevait au-dessus des troncs et des cours d'eau. Son périple achevé, le chat s'amenait et s'asseyait sur ses pattes arrière, toujours devant la lune et face au vieil homme.

Le chat miaula. TIétait temps de lui conter cette aventure, mais auparavant une question taraudait l'esprit du griot. Posant ses mains sur ses genoux il dit: Quand je serai mort, toutes mes histoires mourront avec moi comme le feu qui se consume brûle ce qui le consume. Je connais

tant et tant ~'histoires, tant contées, que le ciel en est chargé. Mon auditoire fut d'abord les hommes qui ne savent pas écouter, puis le vent distrait, les étoiles nonchalantes, la mer pressée, le ciel impassible, enfin les animaux qui n'y comprennent rien, mais néanmoins aiment le son de ma voix... Je suis assis là, me demandant si mes histoires me suivront, nul personne ou chose qui vit ne m'écoute. La preuve, vous qui me lisez, sur le papier. Moi le griot qui connaît tant et tant d'histoires. Moi à la voix plus enchanteresse que ma fille Schéhérazade. Moi à la poésie plus épique que mon fils Homère. Je pourrais vous conter l'histoire de Dijdy bael, de la femme hyène, de l'invention de la Mort et celle du baiser. Je connais tant et tant et tant d'histoires. Vous qui me lisez, si vous saviez écouter. Je vous les aurais contées. Le griot d'une voix inaudible, comme le bruit d'un souffle luttant avec le silence, prononça les premiers mots de son histoire.

8

Une nuit...

Un champ de tournesols Les couleurs sont fauves à l'excès, le jaune est triomphant. Dans ce paysage, l'attente est grande. Quelque chose va se produire... ou doit se produire... Le vent souffle sur les tounlesols qui fléchissent indolemment, les cigales se sont mises à chanter et puis soudain ce qui devait arriver arrive, le vent se tait, les tournesols sont inquiets, un silence, plutôt une absence emprisonne l'atmosphère du champ. Quand surgit un homme tribal, avec ses yeux hargneux, il jauge l'horizon. L'homme se met debout. L'homme pousse un cri, les bras vers le ciel, il entend son écho, il a peur, il se baisse, sort la tête, sur son visage il exprime sa crainte, il pousse un petit cri et avec appréhension attend la réponse, elle ne tarde pas. L'homme se lève, oublie son buste, il n'est plus qu'une paire de jambes.

L'indolente TI s'arrête précipitamment devant un immeuble éclairé, il prend des cailloux et les jette à la fenêtre. Elle s'ouvre. En sort un fou aux cheveux hérissés: Fou - T'es en avance, crie-t-il en montrant la lune.

Il

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