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L'If de Moone

De
288 pages
Une jeune femme, Jalahanne, se réveille dans une chambre de torture. Elle a oublié qui elle est, et pourquoi elle est là. Bientôt accompagnée de l'elfe Cirwedynn, elle va devoir, tout en reconstruisant son passé, accomplir la mission qui lui a été confiée. Dans un monde en plein chaos, fait d'invasions démoniaques et d'extinction des peuples et des ressources, l'If de Moone pourra-t-il être sauvé ? Une quête pour la survie qui trouvera écho dans notre vingt-et-unième siècle perturbé.
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Lf de Moone
JeanneFrance Bignaux
L’If de Moone
Jeanne-France BIGNAUXL’If de Moone
Roman fantastique
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09801-2 EAN : 9782343098012
A Deborah, ma petite magicienne,
Et à mon Elfe, puisqu’ils existent toujours…
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Elle ouvrit les yeux. Au début, elle ne vit rien. Peu à peu le flou s’estompa, comme une brume qui s’évapore, en même temps qu’elle reve-nait lentement à la vie et à la douleur. Incapable de remuer la moindre partie de son corps, elle mit quelques instants avant de sentir les liens de corde rêche qui la plaquaient contre la chaise en s’enfonçant dans sa chair. En même temps, la tête basse, elle aperçut le sang qui maculait tout ce qu’elle pouvait voir du bas de son corps. Un goût âcre. Le sang gouttait encore de sa bouche, dont elle sentait les lèvres gonflées. Elle sentait sur la peau de son visage les tiraillements de larmes séchées. Au moindre souffle il lui semblait qu’une côte brisée perforait ses poumons. Une nausée. Le retour à la vie était le retour à la souffrance. Elle tourna la tête autant que son cou, douloureux comme le reste de son corps, le lui permettait. La pièce dans laquelle elle était captive ressemblait à un cellier, sombre et humide. À gauche, le regard encore brouillé, elle aperçut un petit soupirail, si haut qu’il en était presque sous le plafond, barré de grilles vraisemblablement en fonte ou en fer, qui laissait entrer un peu de lumière dans cette cave obscure qui sentait les tonneaux de vin et la terre. À droite, quelques fûts de chêne et une vieille table en bois sur laquelle étaient posés des objets qu’elle n’arrivait pas à distinguer dans la pénombre. Sur le mur devant elle, une seule porte, très haute, très lourde, en chêne aussi, ornée de ferronneries digne d’un manoir. Elle était seule. Une seule certitude : il fallait s’échapper, car « ils » allaient revenir. Elle ne savait pas qui « ils » étaient, mais elle savait qu’ « ils » lui avaient fait cela. Elle ne savait pas exactement ce que « cela » était, mais elle ne voulait pas que cela recommence… C’est alors qu’elle réalisa qu’elle ne savait plus qui elle était, ni pourquoi elle était là. La seule solution était théoriquement de couper les cordes qui l’entra-vaient, mais comment ? Ses mains étaient attachées dans son dos. Et cette douleur… Un instant fugitif, le désespoir s’empara d’elle, mais presque aussi subitement, le sang-froid revint, imparablement, comme une vieille habitude. Elle redressa la tête droit devant elle et contempla cette jeune femme mince aux cheveux roux collés par le sang séché, le visage tuméfié, le corps ouvert par endroits comme avec un lame fine – son reflet dans le
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