L'irrédentiste

De
Publié par

C'est une véritable histoire d'amour à la poursuite d'une chimère qui peut à tout moment tourner au drame le plus total, dans un pays sans nom mais pourtant bien réel. Par chance, le récit est mené tambour battant, plein de rebondissement surprenants, dans la joie de vivre et l'humour, laissant le lecteur en haleine. C'est un témoignage rare et non conventionnel sur la deuxième moitié du vingtième siècle dans un coin de terre blessé par l'homme
Publié le : dimanche 8 mai 2016
Lecture(s) : 6
EAN13 : 9782140009693
Nombre de pages : 120
Prix de location à la page : 0,0075€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
Bernat Gaillarde
L’irrédentiste Roman
Traduit du catalan par l’auteur
Les impliqués É d i t e u r
LIRRÉDENTISTE
Les Impliqués Éditeur
Structure éditoriale récente fondée par L’Harmattan, Les Impliqués Éditeur a pour ambition de proposer au public des ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines des sciences humaines et de la création littéraire.
Déjà parus
Calosci (Claire), Calosci (Alain),Coaching existential : une quête de sens, essai, 2016. Franquin (Bernard),Si tu cries dans la forêt…, récit, 2016. Cavarec (Yves),L’entreprise du vivre-ensemble, essai, 2016. Guidoni (Georges),Cette lumineuse rupture, roman, 2016.
Le Boiteux (François),Florilège imaginaire, nouvelles, 2016. Aclinou (Paul),Le Vodoun : leçons de choses, leçons de vie, essai, 2016. Kouamé (Jean Claude),Étrange arc-en-ciel dans le ciel africain, roman, 2016. Makosso-Akendengué (Léonard),Notre frère et ami le caméléon, récit, 2016. Versini (Charles),Message corse, récit, 2016. Chanas (Léna Léticée),Autopsie, slam, 2016.
Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site : www.lesimpliques.fr
Bernat Gaillarde
L’irrédentiste
Roman
Traduit du catalan par l’auteur
Les impliqués Éditeur
Publications de l’auteur:
-Breu història del fill de Baselícia Almanac català del Rosselló 1976 -El secret del savi Almanac català del Roselló 1978 -Recuperem les nostres històries A C del Rosselló 1979 - Tintin al Tibet Contistes rossellonesos Edition du Grec 1981 -No hi ha res de canviat ? A C del Rosselló 1983. -Els Puigs de dalt Almanac C del Rosselló 1984. -Traductions poèmes Mots dits de AMBGS auto édition. imprimerie l’encre verte Perpinyà2011. -Records de la verda Erin i la Volta per les vinyes Almanac català del Rosselló 2012.
© Les impliqués Éditeur, 2016 21 bis, rue des écoles, 75005 Paris
www.lesimpliques.fr contact@lesimpliques.fr
ISBN : 978-2-343-09099-3 EAN : 9782343090993
Année 1943, c’est l’automne. Un bébé de sexe masculin vient de naître avec deux mois de prématurité. On dirait qu’il ales pieds plus grands que la tête. Il a déjà un grand frère et il est fort probable qu’on attendait une petite fille. Cet espoir, tout à fait compréhensible, ne suscita cependant jamais ni déception, ni regret. Il est malgré tout à peu près certain que cela influença la manière de se comporter avec lui, ce qui détermina une construction mentale très particulière et originale.
Après quelques jours d’incertitude, le nouveau-né va finalement prendre racine et commencer, en toute impunité, à altérer fortement la tranquillité de ses parents. Ils l’appellent Pep et, plus tard, sa mère ajouta chou, ce qui donnait Pepchou. Aucune référence à l’Empire du Milieu qui n’étaitpas encore à la mode, seulement un petit surnom affectueux en français.
Et c’est vrai qu’ilest très mignon, et en même temps vigoureux et mâle, avec une douceur et une grâce qui font fondre le cœur des amies et de la famille.
Plein de vitalité, il suce goulûment les tétons de sa mère sous le regard attendri de son grand frère.
Quand on regarde les rares photos qui nous sont parvenues, on découvre un bébé souriant, les joues bien rondes, les cheveux blonds, secouant les barreaux de son petit lit, essayant de se lever sur ses petites jambes musclées. Sur une autre photo, il est tranquillement assis sur une couverture, au milieu d’un pré fleuri, riant aux éclats.
5
Un peu plus grand, il se tient droit au bord du chemin, avec le béret, les culottes courtes et les sabots, avec un léger sourire confiant et humble, son grand frère à ses côtés qui semble le surveiller avec attention et fierté.
Il garde,aujourd’hui, le souvenir d’une époque chaleureuse et lumineuse ; avec son compagnon de frère ils arrachent les pétales de marguerites qui, pour eux, sont des macaronis et le centre dorédu jaune d’œuf; les hautes herbes ondulent au dessus de leurs têtes.
Maintenant, la grand-mère et la mère les font vite rentrer.
La vache du fermier a rompu les barrières et s’est échappée, ruant dans le jardin ; la vache qui, peut-être… est un taureau…
Ils habitent la banlieue d’une grande ville du centre est de la France. Le grand-père, du côté maternel, est un homme assez important, il a loué le pavillon de garde à l’entrée d’une grosse propriété bourgeoise construite, comme beaucoup d’autres,au siècle précédent, sur les collines entourant la ville, à l’écart des pestilences.Tout cela pour mettre à l’abri la petite famille que viennent de créer sa fille unique et adorée et son mari, enfant du sud du pays. Tous les deux ont un charme fou ; elle, enchanteresse, fascinante avec ses yeux de braise, son port élégant et raffiné et lui,avec son corps d’athlète un peu amaigri par les privations, l’air décidé et protecteur (il a encore ses cheveux).
6
Il est probable que le Père aurait préféré une union plus prestigieuse avec un membre de «l’establishment» local sans, bien entendu, que ce soit une union de convenance.
Mais les deux jeunes, qui s’étaient rencontrés sur les bancs de l’université, étaient tellement épris l’un de l’autre que même le plus entêté des pèresn’aurait pu les séparer. Seul comptait le bonheur de sa fille.
C’était un mariage d’amour et l’origine éloignée des fiancés était idéal pour le renouvellement du patrimoine génétique et son parfait mélange.
La ville est au confluent de deux grands fleuves qui, depuis des temps immémoriaux, ont permis de faire communiquer le Sud et le Nord du continent européen. Un endroit stratégique et donc, à ce moment là, des plus exposés.
Et, en effet, si nous nous éloignons un peu de la maison du gardien oùs’est fait un petit havrede paix et si nous regardons alentour nous découvrons un monde totalement différent.
Trafic limité de véhicules et de piétons dans les rues non entretenues et sales.
Les édifices publics sont protégés par des sacs de sable et des soldats en arme qui sont tout,sauf d’opérette.
7
Les ordres claquent dans une langue étrangère, rude, autoritaire, peu agréable à entendre et non compréhensible par la majorité des gens.
Les contrôles d’identité sont incessants le long des routes, dans les gares.
Les gens semblent résignés, ne pensant qu’à la meilleure façon de satisfaire les obligations les plus basiques de la vie quotidienne. Avec des tickets donnés au compte-goutte par les mairies, ils font des queues interminables pour acheter des patates et autres rutabagas. Si tu as des enfants en bas âge ou des parents malades, on te donne des tickets spéciaux pour le sucre, le lait et même un peu de viande. C’est pour cela que Pepchou a les joues bien gonflées.
L’argent est rare et il s’est créé une économie parallèle de troc. Pour la nourriture, par exemple, on échange une ampoule électrique pour une poule ; pour le service à la personne une douzaine d’œufs pour te faire couper les cheveux ou bien, si tu fréquentes les maisons closes, un sac de pommes de terre pour un massage et si tu rajoutes une tresse d’oignons,tu as droit à plusLes plus malins se débrouillent, les autres survivent.
Le moral de la population est au plus bas.
Il faut bien reconnaître que les évènements survenus deux ans auparavant avaient été terribles. Un véritable séisme pour un pays si fier et sûr de soi.
8
Un pays parmi les plus puissants, se donnant en modèle, commandant et exploitant une grande partie du monde avec quelques autres et, de plus, reconnu et envié pour être le nec plus ultra de l’intelligentsia mondiale.
Et, brutalement,c’est la guerre. Il est envahi et occupé par son voisin.
Ses forces armées réputées invincibles sont rapidement submergées et écrasées en quelques mois, malgré une résistance souvent héroïque.
Ce n’est pas la première fois que ce paysest conquis. De tout temps, il y a eu des conquêtes, des occupations, des tentatives d’assimilation ou pire d’élimination ; en fait cela a toujours été un des buts politiques favori des groupes humains tant soit peu organisés. Il y a plus de mille ans, ils avaient déjà subi l’invasion des Goths et autres Francs, que finalement ils assimilèrent.
Mais,pour l’instant, ils sont à nouveau occupés et déjà en voie d’assimilation car, même dans les écoles primaires les plus reculées, les maîtres sont tenus d’enseigner les premiers rudiments de la langue des vainqueurs. Les forces vives du pays sont priées d’atteindre les objectifs ordonnés,qu’ellesle veuillent ou non.
La prière est une obligation car la loi est la loi de la guerre, c'est-à-dire pas de loi sinon celle du plus fort, bien qu’ait été mis en place un semblant d’institutions politiques locales. Si tu n’es pas d’accord tu te tais ou tu acceptes d’être éliminé, ycompris physiquement.
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.