L'obscur

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En emménageant dans leur nouvelle demeure, la famille Detreille y voyait le synonyme d'un nouveau départ. Cependant, leur nouveau foyer ne leur offre pas la quiétude tant espérée. Des bruits se font entendre, des ombres se faufilent… C'est alors que la fille aînée, Virginie, décide de mener l'enquête. Elle découvrira l'horrible passé de la maison et quels actes immondes y furent perpétrés. Ces investigations vont, bien malgré elle, la mener au-delà de la terreur !
Publié le : mercredi 8 juin 2016
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EAN13 : 9782806108449
Nombre de pages : 252
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Frédéric Livyns
L’obscur
Roman
L’obscur
Livres libres collection dirigée parMarc Bailly
Une collection où vivent plaisir, liberté, imaginaire et qualité. Le plaisir de la lecture.Trop souvent oublié dans un monde qui file à la vitesse du numérique, le plaisir de la lecture offre pourtant une fenêtre sans limite sur le monde qui nous entoure. Pour certains, synonyme d’apprentissage, d’élitisme, de difficulté, la lecture plaisir a trouvé sa collection. La liberté. De ton, de style, de genre, d’écriture. Une collection qui se veut sans barrière, sans limite, sans étiquette. Les auteurs seront libres de développer leur univers, d’exploiter leurs idées, de faire naître aux détours des pages, des galeries de personnages fascinants… Pour des lecteurs qui pourront, en toute liberté se plonger dans des récits riches, joyeux, tristes, dangereux, excitants, bondissants, drôle, terrifiants… L’Imaginaire au pouvoir ! Qu’estce que l’Imaginaire ? Mais finalement, qu’estce qui n’est PAS Imaginaire. Une collection qui se permet tout, ne se refuse rien et qui ouvre grandes les portes d’une véritable aventure littéraire aux parfums exquis ! La qualité. Livres Libres se veut une collection de qualité et exigeante, qui ne publiera que le meilleur, au service d’une littérature de qualité (mais accessible), et d’un lectorat tout aussi exigeant… Livres Libres propose des ouvrages inédits d’auteurs belges qui partagent une volonté tant de qualité que de divertissement. Livres Libres, finalement n’est pas une collection ! C’est une expérience littéraire.
Déjà parus :
• Hugo Poliart,Superflus, 2015. • Marc Bailly (sous la dir.),La Belgique imaginaire – Anthologie tome 1, 2016. • MariePaule Eskénazi,Walter ou Naïm, héros ou assassin, 2016. • Sophie et Jacques Mercier,Toute une vie d’amour, 2016.
FRÉDÉRIC LIVYNS
L’obscur
R O M A N
La collectionvivent plaisir, liberté et imaginaire.
D/2016/4910/34
© AcademiaL’Harmattan s.a. Grand’Place, 29 B1348 LOUVAINLANEUVE
ISBN : 9782806120291
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editionsacademia.be
Chapitre 1
Morts nocturnes
28 août 1965
Tibburce se réveilla en sursaut. Le réveil aux aiguilles fluorescentes indiquait qu’il était une heure passée de six minutes. Sa main tâtonna quelques secondes sur le mur, à la recherche du commutateur électrique. Lors-que la lumière jaillit, il prit de plein fouet la dure réa-lité à laquelle il avait échappé, le temps d’un songe. Il avait beau vivre depuis près d’un an dans cette maison, il ne s’y habituait toujours pas. La demeure de son grand-père, austère et glaciale, était en tout point différente du cocon familial qu’il avait toujours connu. Mais son père et sa mère n’étaient plus là désormais et il avait été confié aux bons soins de l’unique parent qu’il lui restait : son aïeul. L’homme était distant et froid,tout l’opposé de ce que l’on pouvait attendre d’une personne recueillant son petit-fils orphelin. Il était méprisant et ne manquait jamais une occasion de faire sentir à l’enfant à quel point il était un poids. Malgré sa petite taille, son aspect voûté et sa démarche hési-tante, il dégageait quelque chose de dangereux. Même la gouvernante qui avait été engagée peu de temps après son arrivée, une femme d’un certain âge que peu de choses semblaient pouvoir effrayer, se méfiait du vieillard. Cela se sentait dans la déférence appuyée
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lorsqu’elle s’adressait à lui, comme si elle craignait qu’ilne lui saute au visage. La demeure était envahie par le silence que seul troublait le tic-tac régulier des aiguilles du réveil. Mais l’enfant était certain que ce calme pesant avait été pré-cédé par le hurlement de la vieille dame. Il n’avait qu’une seule envie : se pelotonner sous les couvertures afin d’attendre le lever du jour et sa lumière réconfor-tante. Il se fit violence et sortit de son lit. Peut-être la gouvernante avait-elle fait une chute ? Ou un malaise ? Il inspira profondément, rassemblant de la sorte tout son courage, et enfila ses chaussons. Il sortit douce-ment de la chambre. Par chance, la maison n’était pas entièrement plongée dans l’obscurité. Les lumières du couloir étaient allumées et il voyait sur les murs de la cage d’escalier qu’il en était de même pour le rez-de-chaussée. L’adolescent s’avança lentement jusqu’en haut des marches plongeant vers le niveau inférieur. Il se pencha au-dessus de la rampe. Il avait une vue d’ensemble sur le hall d’entrée. Il n’avait qu’une seule crainte : croiser son grand-père ou, pire encore, l’homme qui l’accom-pagnait en permanence. Il patienta quelques secondes et, voyant qu’il n’y avait nul mouvement, s’enhardit. Il s’immobilisa à nouveau en posant le pied au rez-de-sol. Il était tendu, prêt à bondir vers sa chambre en cas de danger. Il avait beau avoir près de dix-huit ans, il vivait toujours dans la crainte constante du vieil homme. Il avança à pas feutrés vers le centre du hall et s’arrêta net en découvrant le spectacle. Au centre de la pièce, dans une mare de sang, gisaient les corps de sa gouvernante et de l’ami de son grand-père. Mais il n’y avait nulle part trace de son aïeul.
Chapitre 2
Le massacre de Francheville 31 octobre 2008
L’homme remontait d’un pas pressé l’allée bordée d’arbres. Le sac plastique qu’il tenait à la main battait contre sa cuisse à chaque enjambée, rythmant ses pas. Il se dépêchait de regagner la maison. Il avait laissé ses enfants seuls, cédant à leur désir, contre toute pru-dence. Il pestait contre le temps perdu dans l’épicerie du village et cette propension qu’avaient les personnes âgées à compter difficilement leur menue monnaie. Il faisait étrangement calme. Malgré le temps radieux et la végétation abondante, il n’entendait aucun bruit. Une chape de silence s’était comme abattue sur les lieux. Il allait arriver au tournant derrière lequel se trouvait la maison lorsque les hurlements retentirent. L’homme sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Le cri avait cristallisé ses craintes ! Il se mit à courir et lâcha même son sac de victuailles, devenu fardeau trop encombrant.Sous l’effet de l’angoisse et l’effort soudain auquel il n’était pas habitué, son souffle se fit court. La demeure était maintenant en vue, distante de tout au plus une centaine de mètres qui paraissaient interminables. Il regarda autour de lui tout en courant et eut con-firmation de ce qu’il redoutait : le cri était bien celui de sa fille ! Terrible et presque ininterrompu, il s’arrêtait
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juste le temps d’une respiration pour reprendre de plus belle. Dans son empressement, l’homme trébucha sur la dernière marche du perron et s’étala de tout son long. Sa main s’empala sur un vieux clou mal enfoncé dans le plancher et la douleur le fit se relever d’un coup. Tout en actionnant frénétiquement la poignée de la porte d’entrée qui résistait, il jeta un œil à la paume meurtrie de son autre main. L’entaille était profonde et le sang coulait abondamment. Le battant finit par pivoter sur ses gonds et il se retrouva, haletant, dans l’entrée. La maison était plon-gée dans une obscurité relative, la luminosité du jour ne filtrant que difficilement à travers les fins rideaux tirés. L’homme avança prudemment. Il s’attendait à ce que l’un de ses compagnons ne lui saute dessus à l’im-proviste. Ses muscles étaient tendus, prêts à la riposte en cas d’agression. Il marqua un temps d’arrêt devant la grande fresque recouvrant le mur à sa gauche et écarquilla les yeux. Il avait d’abord crû à un jeu de lumière, un reflet mais il devait se rendre à l’évidence. Sur la peinture, il y avait à présent une représentation de ses enfants. Elle n’y figurait pas le matin même, il en était certain ! Il y posa sa main, caressant le visage de sa fille sans prendre garde au sang s’écoulant de la blessure. Il était comme hypnotisé. Le hurlement reten-tit à nouveau et agit comme un coup de fouet. Il sortit de sa contemplation et se précipita vers la source du cri : la cave.
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Bernard lisait son journal tout en sirotant son café du matin. Une cigarette à moitié grillée fumait dans le cendrier. Il s’étira et bâilla à s’en décrocher la mâchoire. Cela faisait plusieurs nuits d’affilée qu’il dormait extrêmement mal. Un cauchemar récurrent le
tirait du sommeil à chaque apparition et le laissait, pan-telant, couvert d’une sueur glacée. Il était certain que ces mauvais rêves étaient dus au récent décès de son épouse. L’absence de celle qu’il aimait et la vie solitaire qu’il menait depuis étaient choses nouvelles pour lui. Il but une gorgée du breuvage brûlant et la tasse lui échappa des doigts lorsque le hurlement retentit. Le liquide s’étala sur le journal en une tache brunâtre. Bernard se leva d’un bond et se dirigea vers la fenê-tre donnant sur la maison voisine. Il vit un homme courir à perdre haleine vers la demeure, chuter et se relever avant de s’acharner sur la porte d’entrée. Quel-ques secondes plus tard, l’individu pénétrait dans la demeure. Bernard hésitait quant à la conduite à adopter. Il resta ainsi à guetter durant le petit temps qu’il passa à tergiverser. Les détonations le firent se précipiter vers le téléphone.
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– C’est vous qui nous avez appelés ? demanda l’ins-pecteur de police. – Oui, murmura Bernard Neuville. Ce dernier regardait, blanc comme un linge, les ambulanciers sortir un corps, le troisième déjà, sur une civière. Il était entièrement recouvert d’un drap blanc. L’inspecteur Vernan, âgé d’une quarantaine d’années, suivit également le brancard des yeux. Son regard gris acier où ne transperçait aucune émotion, ce regard propre aux hommes de terrain qui ont vu trop de morts ou d’horreur pour encore s’en émouvoir, se reporta sur Bernard. – Celui-là est mort aussi, dit l’un des ambulanciers à l’adresse d’un des agents de police.
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