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ADja NDèYE BOurY NDiaYE
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L’odysse de la fleur noire roman
Adja Ndye Boury Ndiaye ’odyssedelafleurnoire roman
 L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'cole-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-336-30487-8 EAN : 978336304878
Permettez-moi de ddier ce livre aux jeunes filles, aux femmes,  toutes les braves mres. Mre : « yaay » Ton sang, Ton lait, Ton labeur, Ta sueur et tes larmes, Les moments de ta vie, Tu as tout donn, Tout !  la maison,  la nation,  la raison. « Yaay » : mre ! Cest donc « toi qui es » ! Nous rvle ton nom wolof, Par un simple verbe tre Au prsent de lindicatif, Indexe  la deuxime personne Si familire du singulier ! Fabuleuse appellation pourtant, Qui te sied. Son pourquoi ? Lon ne sen soucie gure, Tellement cette dsignation demeure enjoue, Dlicate, lime, Nanmoins adquate, mouvante. « Yaay » ! Cette syllabe ternelle, nigmatique ?
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ADJANDYEBOURYNDIAYE
Te situe, te campe. Elle tmoigne dabord de ton existence, Par sa signification si simple : « tu es », « cest toi » ! « Yaay » ! Cest justement parce que tu es que je suis. Cest parce que tu es que tu mas conue, « yow sama yaay » Cest parce que positivement tu es, Que tu mas couve, nourrie, guide, construite. Lon se rend compte alors, Que la nature ta dsigne et place, toi, Avant, pendant, puis encore aprs Chaque tre de lhumanit. Quelle haute mission inne, De chair et de cœur ! A. Ndye Boury NDIAYE
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1.
Nonobstant lingniosit humaine, quel chiquier que la vie ! On avait coutume, jadis, de lappeler: «Borom deukkeu bi» ; autrement dit : « le propritaire du pays ». Par exemple, on ne disait pas : « Voille troupeau de Limane» ;mais :« Cecheptel appartient au propritaire du pays !… » Tout autour de Diarack, la brousse se droule  perte de vue, comme si mon village tait seul au monde. Tout ce qui, bien aprs notre punctum, se situe l-bas, au-del de la barrire de sable, de baobabs et dpineux limitant notre horizon, demeure en dehors de «notre pays», sur une autre plante. Limane appartenait  une ligne de rois dmantele par la colonisation. On le saluait bien bas encore, pourtant; mme avec dfrence, ainsi que ses enfants et domestiques; parce que devenu chef de village. Des palefreniers absolument dvous, comptents, pansaient, pomponnaient ses chevaux. Chacune de ses pouses paraissait plus belle, plus soumise que lautre. Il lui arrivait parfois deffectuer un long voyage,  cheval, jusqu la grande ville ; caracolant au sein dun cortge de cavaliers et de tam-tams, pour aller rendre visite  son «ami »le commandant de cercle, haut fonctionnaire militaire franais qui, comme son prdcesseur, sinstalla dabord en clibataireet prit fonction, avant de songer  faire venir de France sa famille (pouse et enfants). Limane avait constat, chez ses amis europens, un fait qui le troublait. Ces derniers saccommodaient  vivre seuls ou,  la rigueur, avec une seule pouse peut tre sans enfant. Mme si elle en avait, leur nombre dpassait rarement deux ou trois. Limane stonnait de cette progniture limite ; car les enfants constituant, selon son entendement, un trsor qui multiplie puis perptue la ligne, un symbole de grandeur, dpanouissement, de prosprit, dautorit, de virilit comme de fcondit ;un gage, une assurance sur lavenir… Cette opinion de Limane se trouvait partage par hommes et femmes du terroir. Ses amis blancs le dconcertaient vraiment, vu les immenses et agrables
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