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L'odyssée spatiale

De
274 pages

L'an 2499. Les Hommes ont parcouru l'univers à la recherche de nouvelles richesses énergétiques. Ils ont découvert des planètes habitées et ont créé une Alliance avec les peuples extra-terrestres. Mais une planète reste hostile à la venue des humains, Nectabrante. Elle est peuplée d'une société qui, jadis, envahit la Terre et fut prise pour des dieux. Les fameux dieux de l'Olympe. Lors d'une mission, deux vaisseaux de la sixième compagnie sont détruits. Vince Brannigan, jeune pilote, est sélectionné pour rechercher les auteurs de ce crime. Débute alors une incroyable épopée aux frontières de l’univers fantastique et de la mythologie.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-53259-6

 

© Edilivre, 2013

Prologue

An 2499. Le monde a changé.

Les énergies fossiles arrivant à leur terme à la fin du XXIe siècle, la conquête de l’espace devenait une nécessité. Les pays de la Terre s’unirent à ce moment-là pour créer l’Alliance Spatiale Terrienne et formèrent de jeunes pilotes pour devenir les spationautes explorateurs de demain. Ils recrutèrent ainsi 100 hommes et 100 femmes dans chaque État. La formation dura trois ans. Au cours de celle-ci, on leur apprenait à se rationner, à vivre en communauté étroite, à se battre, à survivre à l’extrême et bien sûr à voyager dans l’espace. Tels les aventuriers du XIXe siècle, ils partirent à bord de quatre vaisseaux immenses, qui ressemblaient aux bateaux qu’on appelait caravelle, mus par des réacteurs surpuissants fonctionnant à l’hydrogène. Les noms qu’ils leur donnèrent étaient évocateurs. Il y avait le Colomb, le Gama, le Polo et le Magellan. Les spationautes furent répartis par groupe de 50 par astronef.

À leur départ, des messages d’encouragement leur parvenaient du monde entier. Chaque œil terrien suivit à la télévision leurs faits et gestes jusqu’au moment crucial de l’embarcation. Ils devinrent, malgré eux, des héros.

Tour à tour les navettes spatiales décollaient dans un bruit assourdissant.

Le premier voyage dura trois ans avant qu’ils ne trouvent enfin une planète habitée. Ce fut Endorra. Elle a été très salutaire pour les explorateurs car, à cette époque, les réacteurs des vaisseaux ne s’auto-suffisaient pas, du moins, pas comme aujourd’hui en 2499. Ils purent refaire le plein des réservoirs avec une énergie nouvelle utilisée par les Endorriens quand ils se déplacent hors de leur planète. C’est un peuple plutôt pacifique malgré leur apparence. En effet, leur physique est assez impressionnant. Ils mesurent deux mètres et, sur leur torse massif, ils possèdent quatre bras musclés soutenus par une paire de jambes très charnues. Leurs cheveux sont longs comme la crinière d’un lion et sont châtains. Leurs yeux sont marron et leur peau est couleur chocolat.

Nos aventuriers furent donc bien accueillis.

Leur voyage se poursuivait vers d’autres systèmes solaires où ils découvrirent, au fil des années, des planètes splendides.

Sador est l’une d’elles. C’est un astre volcanique et montagneux où la végétation est abondante que par endroits bien spécifique. Des animaux d’aspect préhistoriques y vivent et sèment la terreur. Les habitants sont des guerriers de métier. Ils ont des têtes de tigre, un corps d’athlète poilu et une queue extensible jusqu’à 10 mètres de long. C’est une arme redoutable. Un championnat est organisé chaque année pour récompenser le meilleur combattant de la planète. Pour le peuple, un guerrier professionnel est un dieu vivant. Dans chaque ville, une arène est construite et une statue du champion local trône à l’entrée de celle-ci.

Spondoria, quant à elle, abrite des êtres d’une intelligence exceptionnelle. Ils sont semblables aux elfes des contes pour enfants. Toutefois, leur peau est grise et leurs yeux sont bleus. Leurs cheveux sont longs, raides et blonds. Ils vivent très vieux. Leur avancée technologique était, par rapport aux astres déjà visités, incomparable. Leurs villes sont d’immenses buildings entièrement automatisés. Il n’y a pas de routes, ils se déplacent dans des modules volants appelés speeder jets.

Attalantia était la prochaine escale. C’est un astre forestier où les arbres appelés bratore sont semblables aux séquoias de la Terre à l’exception de la forme qui s’approche davantage d’un chêne que d’un conifère. Les êtres qui la peuplent vivent en harmonie avec la nature. Ils ont des ailes couleur arc-en-ciel, leurs cheveux sont blonds, leur peau est rouge et leurs yeux sont bleus. Ils vivent dans les hauteurs des végétaux dans de grandes cabanes reliées par des ponts suspendus. Mais ne croyez pas que ce sont des êtres primitifs, leur technique est très avancée, et ils entretiennent avec les autres planètes un échange commercial juteux. C’est également un lieu de villégiature très prisé. Leurs cures thermales sont très appréciées.

Au bout de toutes ces années, des familles se sont créées à bord de chaque vaisseau.

Après plusieurs allers-retours vers la Terre, les quatre navettes reprirent une dernière fois le chemin des étoiles pour se rendre dans un système où se situe une énorme planète.

Nectabrante.

Elle fait le double de notre astre, deux Lunes tournent autour d’elle. L’une est rouge et l’autre est grise. Leur technologie est comparable à celle de Spondoria. Douze seigneurs règnent en maîtres absolus. Les Nectabrantiens ressemblent en tout point aux Terriens, sauf qu’ils mesurent plus de cinq mètres de haut. Ils possèdent également certains pouvoirs qui ne sont pas sans rappeler ceux qu’avaient les dieux grecs dans notre mythologie. En fait, ils sont les dieux grecs. En effet, il y a plusieurs millénaires, ils débarquèrent sur Terre pour découvrir d’autres civilisations. Mais à leur arrivée, les humains de l’époque étaient des êtres primitifs et prirent ces visiteurs pour des divinités. Ils restèrent des centaines d’années puis partirent, lassés des Terriens. Leur longévité est cinq fois supérieure à celle d’un homme. Alors quand nos explorateurs vinrent chez eux, les relations entre les deux peuples furent houleuses. Tellement fortes, qu’un conflit éclata. La conquête spatiale qui se voulait pacifique se termina en une guerre atroce. Alors que tout était perdu pour les Terriens, en infériorité numérique, deux civilisations leur vinrent en aide. Les Sadoriens et les Spondoriens accoururent pour leur porter secours. Deux vaisseaux de l’Alliance furent détruits, le Gama et le Polo. Cent personnes trouvèrent la mort dans ces navettes et des dizaines d’autres dans les spatiojets de combat.

Le conflit s’acheva enfin cinq ans plus tard.

Les Spondoriens participèrent au traité de paix pour faciliter le débat.

Un jeune pilote spondorien s’illustra dans cette guerre abominable. Son nom est Ottomaerdificulentrocifare Di Artemaegulis.

Il devint au sein de l’Alliance, l’un des meilleurs pilotes de la flotte. Il fut nommé commandant de la 13e compagnie en 2400 soit 100 ans après la fin du conflit.

Nous voilà donc en 2499, Vince Brannigan est un jeune sous-officier sortant de l’Académie de pilotes de l’Alliance. Il a été promu avec son meilleur ami Corok l’endorrien dans la 13e compagnie. Il est de taille moyenne, les yeux bleus et les cheveux poivre et sel. Il a vingt-cinq ans et il vit sur Endorra depuis que son père et sa mère sont décédés. Sa maison est moderne et petite. Elle est de forme ovale et bombée, comme la moitié d’une coquille d’œuf. Seules trois pièces la composent. La porte d’entrée donne dans le salon qui sert également de salle à manger. Un canapé en cuir est placé devant une petite table où se trouve un plateau hexagonal gris avec quatre boutons. On l’appelle le télé-onde. Quand on actionne le bouton vert, on communique avec une personne extérieure et son image apparaît en trois dimensions comme si elle était présente. Ensuite, il y a une cuisine ouverte où se mêle l’électroménager nécessaire dont le transfouronde, appareil inventé au début du XXIIe siècle pour la conquête spatiale, qui change le goût des aliments ; par exemple, les épinards en lasagne. Puis une chambre classique avec un lit finit l’aménagement de la maison.

Vince est assis sur son canapé. Il tient dans la main la photo animée de son père en uniforme de L’Alliance. Le télé-onde sonne. Il appuie alors sur le bouton vert. L’image de Corok apparaît.

– Eh ! Vince, comment vas-tu ?

– Salut Corok.

– Je ne te dérange pas ?

– Non, non ; qu’est-ce que tu veux ?

– J’avais envie d’aller boire un coup à la Taverne, mais je ne voulais pas y aller tout seul, alors je me suis dit…

– Ouais, ok, c’est bon, je viens.

– Je passe te prendre.

Corok frappe à la porte un quart d’heure plus tard. Il possède un speeder jet rouge décapotable très rapide.

Les deux amis partent aussitôt et traversent la ville. C’est une cité riche et pavillonnaire du nom de Kortica. Beaucoup de pilotes de l’Alliance vivent ici. Le climat est très agréable et, depuis l’essor technologique dû à la conquête de l’espace, Endorra se trouve à quelques heures de vol de la Terre. Ainsi, un voyage Terre-Endorra est aussi rapide qu’un vol Paris-New York au XXIe siècle.

La Taverne est un lieu prisé par la population locale. Chaque soir, elle est bondée.

Potak, le gérant, est un ancien pilote à la retraite. Il porte des cicatrices sur le visage, témoins des combats menés au cours de ses missions. Il connaît bien Vince et Corok qui sont des habitués.

– Ah ! Vous voilà tous les deux ! Vous avez entendu les nouvelles ?

– Oui, nous sommes au courant, répond Vince.

– C’est pour ça qu’on est là, ajoute Corok.

– Bon sang ! Deux vaisseaux détruits, remplis de jeunes recrues de la 6e compagnie, MA compagnie, insiste Potak.

– Oui, nous les connaissions, la plupart des gars étaient avec nous à l’Académie, renchérit Vince.

– Mais qui aurait pu faire une telle chose ? demande Corok.

– Les Nectabrantiens bien sûr, répond Vince. Ils rentraient de Volunia.

C’est une planète située dans le système solaire voisin à celui de Nectabrante. Les voluniens sont des êtres mesurant deux mètres, plutôt minces, ils sont chauves, leur peau est violette, leurs yeux sont noirs, ils ont les oreilles pointues et les dents acérées comme des couteaux.

Quotidiennement, cette route de l’espace est empruntée par de nombreuses navettes, car elle facilite le commerce entre la Terre, Attalantia, Nectabrante et Volunia.

– Vince, tu exagères, tu n’as aucune preuve de ce que tu dis, désapprouve Corok.

– Ils nous détestent, c’est un secret pour personne.

– Je ne suis pas d’accord avec toi, Vince, interrompt Potak. Quand j’étais pilote, je partais souvent chez eux et ils étaient accueillants.

– Bah, allez, vous me désespérez.

Vince et Corok terminent leur verre et décident de rentrer se coucher. Demain, ils rejoindront, à la base de l’Alliance sur la Terre, leurs camarades de la 13e compagnie et leur commandant Ottomaerdificulentrocifare Di Artemaegulis.

Corok est le premier debout et passe chercher Vince.

Les deux compères se dirigent vers l’aérogare pour prendre la navette les emmenant directement à la base.

Bien sûr, ils ne sont pas seuls. D’autres pilotes utilisent ce moyen de transport mis à leur disposition par l’Alliance.

La technologie aéronautique a énormément évolué. Il est désormais possible d’atteindre la vitesse de la lumière. Les vaisseaux spatiaux sont profilés pour glisser dans l’espace.

L’engin pris par nos héros est de forme cylindrique, l’avant est un cube et habite la cabine de pilotage. Le réacteur principal se situe à la queue de l’appareil et prend la largeur et la hauteur du vaisseau. Trois patins plats de cinq mètres de long supportent le poids de l’engin. Une paire d’ailes de 10 mètres soutient les propulseurs verticaux en forme de cercle. Au moment du décollage, une lumière bleue se dégage de ces moteurs. L’intérieur se présente de la même manière que les avions de ligne du XXIe siècle sauf que les passagers ont des harnais de sécurité. Ce type de transport n’est utilisé que pour des lignes commerciales ou des dessertes militaires.

Le voyage dure six heures.

Le vaisseau atterrit sur l’une des plus grosses astrogares de la Terre dans la ville de New York.

À leur arrivée, un tram-magnétique attend les passagers. Son système de fonctionnement consiste à glisser dans l’air sans toucher le sol grâce à ses électroaimants placés sous la carcasse de l’appareil. Tous les véhicules de la planète et de toutes les galaxies fonctionnent avec cette technologie importée au XXIIIe siècle par les Spondoriens. Un métal dépolarisé est incorporé dans le bitume des voies d’accès.

La base de l’Alliance est juste à côté de l’astrogare, ce qui permet une meilleure logistique.

Chaque pilote regagne sa compagnie dispatchée dans différents hangars où le numéro de celle-ci est inscrit en gros en chiffres romains.

Le commandant Ottomaerdificulentrocifare Di Artemaegulis attend ses hommes. Il porte l’uniforme bleu à rayures rouge où, sur l’épaule, un badge brodé d’un aigle royal symbolise l’Alliance. À la ceinture, dans un étui noir, il a le pistolaser des officiers. Ses longs cheveux sont devenus gris avec l’âge, des rides se sont formées sur les tempes et le front, mais seuls ces changements montrent qu’il est plus vieux que ses hommes. Il tient une forme olympique. C’est normal, c’est un Spondorien. C’est une civilisation où les êtres peuvent vivre jusqu’à 400 ans. Donc, on peut dire qu’il est encore dans la force de l’âge, car il n’a que 224 ans.

Vince et Corok arrivent dans les derniers. Les vestiaires se trouvent sur la droite du bâtiment. Les casiers sont alignés les uns à côté des autres et en face les uns des autres. Plusieurs Terriens composent la compagnie, mais des Spondoriens et des Endorriens ainsi que des Voluniens en font partie. En fait, l’Alliance est devenue, au fil des siècles, très cosmopolite.

Une fois changés, les pilotes regagnent le centre du hangar où le commandant, accompagné par deux personnes, prépare son discours à ses troupes comme le ferait un entraîneur de football à ses joueurs. Aussitôt et machinalement, ils se mettent au garde-à-vous.

– Bonjour soldats. Repos. Comme vous le savez, deux vaisseaux de la 6e compagnie ont été abattus. D’après les indications que nos homologues nectabrantiens nous ont communiquées, ils auraient été descendus dans le système d’Attalantia. La haute autorité de notre gouvernement m’a chargé de mener une enquête sur les circonstances de cette attaque et de trouver les auteurs de ce crime, qui a coûté la vie à de nombreux jeunes pilotes. Pour cela, je serai assisté du commandant Tonka de la 1re et du commandant Roddrick de la 4e. Huit soldats parmi vous ont été sélectionnés pour mener à bien la mission d’après les résultats qu’ils ont eus en sortant de l’Académie. Ne la prenez pas à la légère, elle est très importante. Nous irons d’abord sur Attalantia où une équipe s’occupera de retrouver les débris des appareils tandis qu’une autre partira sur Nectabrante pour avoir de plus amples explications sur ce drame.

Les commandants Tonka et Roddrick sont respectivement Sadorien et Volunien. Ils sont tous deux âgés d’une quarantaine d’années. Ils portent l’uniforme réglementaire, à l’exception de Tonka qui ne porte pas de haut dû à sa forte musculature et à sa queue qui entoure sa taille.

– Je vais commencer l’appel, chaque appelé sortira du rang et viendra se mettre sur ma gauche.

– Kraun Oliver.

– Oui, commandant.

– Yamato Yang.

– Oui, commandant.

– Flaubert Charles.

– Oui, commandant.

 

– Talok Corok.

– Oui, commandant.

– Brannigan Vince.

– Oui, commandant.

– Cook John.

– Oui, commandant.

– Friddock Valour.

– Oui, commandant.

– Donking Donta.

– Oui, commandant.

– Bien, maintenant préparez vos affaires, nous partons. Chacun de vous a été sélectionné pour ses compétences, essentielles à la réussite de cette mission. Ne nous décevez pas.

La troupe se dirige maintenant vers le hangar principal de la base menée par le commandant.

Un nouveau vaisseau attend les nouvelles recrues. Il est gigantesque. Il a été fabriqué en spoliex, métal rare de Sador qui supporte toutes les conditions climatiques ainsi que les pires attaques ennemies. Il est de forme trapézoïdale, son nez est pointu, il est terminé par trois gros réacteurs ronds, disposés en triangle. Ses ailes sont en triangle rectangle avec au bout des ailerons et en dessous deux propulseurs verticaux ronds. Deux canons laser ont également été installés sous chaque aile. La cabine de pilotage est au milieu avec, sur toute sa longueur et de chaque côté ainsi que devant, une large vitre épaisse de deux mètres, qui offre une vue imprenable de l’espace. Des chambres sont prévues pour le repos des aventuriers à l’arrière du vaisseau. Il est rouge vif et son nom, L’Impérial, est écrit en lettres capitales et en blanc sur les deux versants de l’appareil. Il est capable d’emporter 20 astronefs de combat. Une ouverture est prévue sous le vaisseau pour le charger. C’est un énorme hayon qui s’ouvre vers le bas. Quatre trains d’atterrissage supportent le vaisseau avec des patins de cinq mètres.

– Voici ce que sera notre moyen de transport, présente le commandant Ottomaerdificulentrocifare.

Vince regarde l’engin avec des yeux d’enfants.

– Commandant Otto, L’Impérial est prêt pour la mission, les dernières vérifications ont été effectuées, dit le technicien en chef chargé de la préparation du vaisseau.

– Merci lieutenant, nous allons embarquer.

Un équipage de 100 hommes monte avec la troupe à bord de l’appareil pour préparer la cuisine, faire fonctionner les machines, etc.

Dans la cabine de pilotage, le commandant Otto s’assoit sur le fauteuil central, le commandant Tonka prend place devant le radar et le commandant Roddrick devant le poste de communication interne. Quant à Oliver Kraun, il se retrouve devant les commandes de pilotage placées sur un pupitre près du pare-brise, Yang Yamato est à sa droite devant la commande de tir et Charles Faubert à sa gauche en copilotage.

Les autres ont pris place sur les fauteuils adjacents.

L’Impérial sort du hangar grâce à un véhicule qui le tracte. Puis il se retire pour laisser la place au géant de l’espace.

– Sergent Kraun, enclenchez les réacteurs de propulsion, ordonna Otto.

Une lumière bleue sortit aussitôt des moteurs, sans aucun bruit, juste un sifflement à peine audible.

– Sergent Faubert, rentrez les coordonnées de notre trajectoire, destination Attalantia.

– Bien, commandant.

Le vaisseau commence à s’élever dans les airs, à tourner sur lui-même et à monter vers l’espace. Une fois l’atmosphère traversée, l’appareil passe en mode vitesse lumière et file vers son cap.

Chapitre 1

Bientôt L’Impérial est en vue d’Attalantia. Cette planète forestière est accueillante et pacifique. D’ailleurs, prévenus de la visite de nos héros, les Attalantiens ont préparé une réception en leur honneur.

L’astrogare se situe dans une clairière immense, où le plus haut des bratores abrite la tour de contrôle.

À la descente du vaisseau, le groupe est accueilli par Oakles, un dignitaire de la planète et surtout un ancien pilote de l’Alliance qui a combattu au côté du commandant Otto. C’est un homme d’une soixantaine d’années avec des cheveux longs et blancs. Ses ailes, autrefois multicolores, se sont quelque peu fanées. Sa peau rouge est ridée.

– Otto, mon cher ami, comment vas-tu ?

– Bien, je te remercie mon cher Oakles.

Les deux anciens combattants se prennent dans les bras et s’embrassent.

– J’ai fait préparer un dîner pour votre venue, poursuit Oakles. Nous pourrons ainsi discuter de la tragédie qui s’est jouée près d’ici.

– Oui, nous avons pas mal de choses à te demander, tu te rappelles les commandants Tonka et Roddrick ? demande Otto en les désignant.

– Ah ah ah, mes chers amis Booba et Nastayore, commandant alors ? Ah ah !

– Eh oui, cela fait un bail que l’on ne s’est pas vu, ajoute Tonka.

– Je suis heureux de vous revoir. Mais rentrons.

Le haut dignitaire attalantien emmène les 11 compagnons dans la salle de réception. La pièce est au creux d’un bratore énorme. Une table a été dressée où se mêlent des dizaines de plats. Des maîtres d’hôtel servent nos héros tour à tour. L’organisation est bien orchestrée, il faut dire que les Attalantiens sont habitués puisque Attalantia est une planète de thalassothérapie, reconnue dans toutes les galaxies. Beaucoup de dignitaires de toutes les civilisations s’y rendent pour profiter de cures thermales. L’eau ferrugineuse est réputée pour ses propriétés thérapeutiques. Les sources jaillissent à la base des troncs des arbres et les temples thermaux sont construits à l’intérieur.

– Oakles, nous avons besoin d’enquêter sur ta planète, car nous avons de bonnes raisons de croire que les débris des vaisseaux détruits ont échoué ici, dit Otto.

– En effet, c’est tout à fait probable, mais c’est une décision que je ne peux pas prendre seul. Il me faut demander audience au Grand Conseil, néanmoins je me porterais garant de vos bonnes intentions.

– Merci Oakles.

– Commandant, pourquoi devons-nous passer par ce Conseil pour intervenir ? demande Vince à Otto.

– Attalantia est une planète neutre, elle n’appartient à aucun gouvernement ni coalition et c’est une terre d’asile. C’est pourquoi, à chaque action militaire sur celle-ci, nous devons demander une permission pour ne pas troubler la quiétude de ses habitants, répond Otto.

– Qui est-ce ce jeune garçon dont le visage me dit quelque chose ? demande Oakles.

– Il s’appelle Vince Brannigan, répond Otto.

– Le fils de Léo ?

– En effet Oakles.

– Est-il aussi fou que lui ? intervient Roddrick.

– Que dites-vous commandant ? s’énerve Vince.

– Du calme mon garçon, Nastayore a bien connu votre père, il ne veut pas salir sa mémoire, rassure Otto.

– Nous avons tous les quatre combattus avec lui dans la même compagnie, rajoute Tonka.

Vince ne supporte pas que l’on parle de son père. Sa mort est une blessure qui ne s’est pas cicatrisée.

– Nous formions une belle équipe, continue Oakles nostalgique. N’est-ce pas commandant ?

– Vous m’en avez fait voir de toutes les couleurs surtout.

Les quatre amis partent dans un fou rire, sous les yeux de Vince, éberlué.

Puis, le repas terminé, Oakles amène ses convives à l’hôtel, dans leurs appartements, pour passer la nuit. Demain, ils partiront de bonne heure pour s’entretenir avec Grand Conseil.

 

Le jour se lève et Vince n’a jamais aussi bien dormi. Les lits sont doux et soyeux et la forêt dégage une tranquillité incroyable. Normal que cette planète soit le lieu de villégiature le plus prisé de la galaxie.

Tout le monde est regroupé dans le hall de l’hôtel.

Un véhicule de transport les attend à l’extérieur. Il ressemble à un bus, mais il n’a pas de roues.

Oakles est le dernier à arriver et il demande aux autres de prendre place.

L’arbre du Grand Conseil n’est qu’à quelques kilomètres de la cité thermale. C’est un bratore immense où deux escaliers en bois montent de chaque côté. Sur les énormes branches, un temple a été construit. Des statues ornent l’entrée principale. La pièce du Conseil est lumineuse et une table en arc de cercle sépare les Conseillers des visiteurs. L’effigie d’une attalantienne décore le sol. Son nom est Zookles. C’est la représentante de la sagesse pour les habitants. Dans la mythologie de la planète, elle fut une prêtresse des dieux. Les gens venaient de tous les coins pour avoir ses conseils. Elle vivait dans cet arbre et, à sa mort, il est devenu son tombeau. On raconte qu’elle aurait été enterrée sous la dalle et que son esprit demeure encore en ces lieux, hantant les nuits étoilées. Ce sont ses élèves qui créèrent ce Conseil pour permettre aux Attalantiens de prendre les décisions les plus adaptées à l’épanouissement de leur peuple. Pas un seul habitant ne doit passer outre les décisions de celui-ci. Les Conseillers sont au nombre de quatre. Le plus sage d’entre eux s’appelle Ponkles. C’est un vieux monsieur aux cheveux d’un blanc laiteux et à la barbe blanche et fleurie.

 

– Bienvenue à toi Oakles.

– Merci, Conseiller Ponkles.

– Que nous vaut cette visite impromptue ?

– Mes amis et moi aurions quelque chose à vous demander.

– Nous vous écoutons.

– Comme vous le savez certainement, deux vaisseaux de l’Alliance ont été détruits récemment dans notre système.

– Oui, en effet, nous sommes informés, et en quoi cela nous concerne ?

– D’après leurs calculs, les débris seraient tombés sur notre planète et ils seraient désireux de mener une expédition sur notre sol afin de les retrouver et de les analyser. Je me porte garant de leur bonne foi.

– Nous avons toujours eu de bons rapports avec l’Alliance, je suis sûr que leur but n’est pas de nous déranger. Si tu te portes garant, Oakles, je te nomme chef de cette expédition et tu devras nous rendre compte du déroulement et de l’avancée de celle-ci par des rapports. Tu veilleras qu’aucun débordement ne soit fait et que nos clients ne soient pas dérangés dans leur repos par de quelconques sondages ennuyeux.

– Je m’acquitterai de la tâche le mieux possible, Conseiller.

– Bien, vous pouvez disposer, d’autres problèmes restent à être réglés et cela ne vous concerne pas.

– Bonne journée, Conseillers.

Et nos amis repartent comme ils sont venus.

– Eh bien, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’est pas commode, remarque Vince.

– C’est un vieux monsieur, il ne faut pas lui en tenir rigueur, c’est aussi un grand sage, explique Oakles.

– Bien maintenant que nous avons l’autorisation officielle, nous allons pouvoir définir qui va rester pour mener l’enquête, ajoute Otto.

– Je me propose de rester, je connais bien les environs, indique Tonka.

– C’est une bonne idée, tu prendras avec toi les sergents Cook, Friddock et Donking et une dizaine de membres de l’équipage. Oliver, Charles, Yang, Vince, Corok et Nastayore partent sur Nectabrante avec moi. Oakles, je te confie mes hommes.

– Pars sans crainte Otto, je vais bien m’en occuper.

– Merci mon ami.

Le commandant et ses hommes montent dans le vaisseau et partent vers la splendide Nectabrante.

Le vaisseau approche des deux Lunes de Nectabrante après quatre jours de voyage. Sur chacune d’elles, un poste avancé de surveillance est installé. L’Impérial doit se stopper devant la rouge et décliner son identité. C’est le commandant Roddrick qui donne aux douaniers les informations demandées. Puis ces derniers leur donnent accès à la planète.

L’astrogare de Nectabrante est énorme. Elle est proportionnelle à la taille de la planète. Ce n’est pas la seule mais c’est la plus importante. La ville où elle se situe est la capitale. Son nom est Olympiosis. Sa technologie est supérieure en tout point à la Terre. D’énormes buildings caressent les nuages. Il faut rappeler qu’un Nectabrantien mesure près de cinq mètres de haut. Le plus imposant des immeubles abrite les dignitaires de la planète. C’est le Dômestorm. C’est là que nos héros iront à la descente du vaisseau. D’ailleurs, ils sont attendus sur le tarmac. La garde spéciale est là pour les recevoir, les membres qui la composent, les Blackstars, sont des êtres habillés de noir de la tête aux pieds et portent un casque fin avec une grille chromée devant la bouche pour respirer. Une immense limousine noire fonctionnant avec la technologie spondorienne a été apprêtée pour les membres de l’Alliance.

Le commandant Otto donne ses dernières directives avant l’atterrissage.

– Charles, Oliver et Yang, vous restez dans le vaisseau, prêts à repartir si le moindre problème arrivait. Nastayore, Corok et Vince, vous venez avec moi. Les Nectabrantiens sont imprévisibles et ce n’est pas dans leurs habitudes de nous recevoir.

L’Impérial se pose sans bruit et le hayon arrière s’ouvre pour débarquer le commandant et ses hommes.

Aussitôt, les Blackstars les entourent et les font monter dans le véhicule mis à leur disposition.

Tout au long du chemin qui les mène au Dômestorm, Vince et Corok sont émerveillés par ce qu’ils voient. C’est la première fois qu’ils viennent sur Nectabrante. Les buildings sont noirs, imposants, monstrueusement riches de technologie. Leur forme est allongée, ou carrée, ou rectangulaire ou encore triangulaire, bref toutes les formes possibles et inimaginables sont utilisées.