L'USINE

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Jean-Marc, jeune comptable, s'installe en province afin de se reconstruire après un divorce douloureux. Mais l'accueil de la population n'est pas celui qu'il escomptait, dans une commune où l'on profane les cimetierres juifs, et où des membres de la communauté se suicident un peu trop souvent. Une inimitié croissante va l'opposer au directeur de l'usine, Michel Tellis, qui est aussi le premier adjoint du Maire. Paranoïa ou réalité, Jean Marc atteindra un point où il croira sa vie en danger. Dés lors, il estimera n'avoir d'autre choix que de poursuivre l'enquête initiée par son ami Henri, chômeur dépressif et en instance de séparation, à propos des origines extrêmement inquiétantes de la région où est implantée l'usine...
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 247
EAN13 : 9782748138269
Nombre de pages : 174
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L'USINE
Philippe Ortola
L'Usine
Le Manuscrit www.manuscrit.com
Éditions Le Manuscrit 2004 20, rue des Petits-Champs – 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 www.manuscrit.com contact@manuscrit.comISBN : 2-7481-3827-9 (Fichier numérique) ISBN :2-7481-3826-0 (Livre impruimé)
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PHILIPPEORTOLA1 Subitement, alors même qu’il franchissait les grilles de l’usine, une telle panique l’étreignit qu’il faillit faire demi-tour. Il s’agissait pourtant d’un beau bâtiment chocolat, avec larges baies vitrées, doté d’un parking bien aménagé et agrémenté de pelouses où poussaient bouleaux et châtaigniers ; on avait pris grand soin de laisser à cet écrin de verdure un aspect semi-sauvage étudié. La fabrique, elle-même, était implantée dans une zone industrielle au sein d’un magnifique parc naturel. Jean-Marc se souvenait avoir lu que concepteurs de cette Zone de haute tenue ambitionnaient d’en faire une technopole à l’image deSilicon Valley. Jean-Marc se gara dans le coin réservé aux visiteurs. Debout dans le parking, il poursuivit son inspection de la façade de l’usine d’où lui parvenaient les multiples bruits de l’activité industrielle. Son malaise ne se dissipait pas, mais il décida de ne pas lui accorder davantage d’importance que cela n’en méritait. Son actuelle situation familiale, doublée des problèmes de recherche d’emploi qu’il avait connus ces dernières semaines, justifiaient amplement son anxiété. Il n’allait quand même pas en faire un transfert sur l’endroit ! Surtout pas au moment où la chance lui souriait de nouveau. Il prit une profonde inspiration, exhala lentement. Il était juste à l’heure au rendez-vous. Il avait déjà subi deux entretiens, le premier avec l’organisme recruteur, le deuxième en présence du placeur et du directeur et des associés. Tout cela s’était étalé sur deux mois, deux mois d’espoir et de doute. Mais bien sûr, il leur fallait le temps de traiter plusieurs candidatures. Et c’était lui qui avait emporté le morceau.
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Il avait fêté sa victoire avec des amis, un couple et Jean-Paul, un copain d’enfance désespérément célibataire. De l’époque, assez proche encore, où il vivait avec Hélène, ils sortaient beaucoup, fréquentant tout un tas d’amis. Leur séparation avait créé un clivage qui avait joué en sa défaveur. Pluscharismatiqueque lui, Hélène montrait clairement qu’à ses yeux, le comble de l’horreur consistait à passer un week-end à deux. Elle était également très famille. Du moins, sa famille à elle. Hélène et Josefa, la sœur de Jean-Marc, ne se supportaient pas. Il faut admettre que les deux femmes étaient aux antipodes l’une de l’autre. Hélène n’avait pas voulu d’enfant. Une grossesse aurait ruiné ses efforts pour conserver une taille fine. Et il y avait encore une foule de détails qui les séparaient chaque année davantage. Pas toujours à son avantage à lui, d’ailleurs. Le perron, blanc comme de l’albâtre, était orné d’une vasque fleurie et octogonale où coulait un filet d’eau. C’est à cet instant précis que Jean-Marc décida de tirer un trait sur le passé. Il lui faudrait s’investir un maximum dans ce job, et c’était très bien comme ça. Cela l’aiderait à oublier Hélène, son charme auquel il demeurait sensible, et ses mondanités. Dans le hall une secrétaire l’accueillit et lui demanda de patienter quelques instants. Elle lui demanda s’il voulait un café. Il répondit par la négative, entendant conserver tout sonself-control. Elle était assez grande et plutôt agréable à regarder. Elle souriait facilement. Jean-Marc s’assit prés de l’escalier qui, après un palier, se séparait en deux et permettait d’accéder à des balcons de marbre et de verre qui distribuaient vraisemblablement les bureaux de l’étage et autres salles de conseil ou de réunion. Les bruits de l’atelier entretenaient une rumeur
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