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La'afal Ils ont dit...

De
182 pages
La'afal, haut fonctionnaire de Lombatchi, relevé de ses fonctions et jeté dans l'inactivité, découvre la bête humaine et se voit tenté par la perversion au terme d'une traversée du désert riche d'expérience. Grâce aux réflexions du grand Prêtre, il comprend que le meilleur pari réside dans la générosité et l'acceptation de sa responsabilité face au destin. Le romancier relate des scènes réelles et allégoriques inscrites dans un temps où se mêlent passé, présent et futur.
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Charles Sale
LA’AFAL Ils ont dit…
Écritures contemporaines
Roman
LA’AFAL Ils ont dit…
Écritures contemporaines Collection dirigée par Clément Dili Palaï La présente collection accueille les textes d’écrivains de tous les horizons, accomplis ou en cours d’accomplissement, qui s’intéressent aux problèmes contemporains en Afrique et ailleurs. Tous les genres de la littérature sont admis : poésie, théâtre, roman, nouvelles…, l’objectif étant d’apporter une pierre à l’édifice littéraire du monde contemporain.
Charles Sale
LA’AFAL Ils ont dit… Roman
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03895-7 EAN : 9782343038957
Toute ressemblance avec des événements passés, des personnes réelles ou des contrées connues, est totalement illusoire et, en quelque sorte, doit être considérée comme regrettable.
À mes chers enfants.
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ILa’afal : c’est bien de lui qu’il s’agit. Il était l’homme le plus riche de Kôbassa, un petit village de forêt au nord-ouest de Lombatchi, ancienne colonie française de l’Équateur. Dans ce petit village, et même partout dans la contrée, il se racontait que depuis des temps immémoriaux, jamais on n’avait vu quelqu’un d’aussi radin et méchant que La’afal. On lui donnait tous les noms d’oiseaux: Picsou, grippe-sou, pingre. C’était vraiment Harpagon, l’avare de Molière. La’afal avait une grande propriété de plusieurs hectares de plantation : cacaoyers, orangers, avocatiers, caféiers. Tout y poussait merveilleusement bien. La production agricole était évaluée, ici, à des dizaines de tonnes. Aussi lui attribuait-on la possession de plusieurs cantines de billets de banque neufs, des espèces craquantes, sonnantes et trébuchantes qu’il tenait en secret loin de tout regard indiscret. Il interdisait à quiconque de prendre le moindre fruit de son vaste domaine. Il préférait, pour cela, les oiseaux pilleurs et autres animaux maraudeurs aux humains. D’ailleurs, les régimes de bananes douces et plantains pourrissaient sans que personne n’ose lever la main pour cueillir le moindre doigt. Un après-midi, lors des multiples tournées habituelles que La’afal effectuait dans ses plantations, il surprit Moussa, l’un de ses meilleurs ouvriers, en train de se régaler d’une papaye, à moitié entamée par des oiseaux : - Moussa ! Que fais-tu là ? hurla-t-il. Qui t’a autorisé à cueillir cette papaye ? - Pa…pat…Pato…ron. De…De…Depuis le matin, ze… ze…ze n’ai rien manzé. - Et alors ? N’as-tu pas reçu ton salaire du mois ?
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