//img.uscri.be/pth/10be8ccccc5d3219f65991dcd6b0b2e90174a68f
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

La bataille de Sétif

De
162 pages
Novembre 1954. Un groupe d'insurgés, en compagnie d'un officier français qui les a rejoints, mène une bataille acharnée contre l'armée française. Sétif et ses environs, dans les hauts plateaux, sont le théâtre de cettte bataille.Dahmani, héros de cette histoire, entend harceler l'ennemi partout où il se trouve.Mais la contre-offensive menée par les militaires français et les caïds mercenaires, qui s'en prennent aux civils innocents, complique l'action des révolutionnaires ...
Voir plus Voir moins
La bataille de Sétif
Lettres du monde arabe Collection dirigée par Maguy Albet et Emmanuelle MoysanMohamed ARHAB,Les Aumônières de Dieu, 2011.Ridha SMINE,Tout lecteur est un ennemi, 2011. Sami AL NASRAWI,Fissures dans les murailles de Bagdad, 2011. Fouzia OUKAZI,L'Âge de la Révélation,2011. Rachida NACIRI,Nanna ou… les racines, 2011. Abdelaaziz BEHRI,Moha en couleurs, couscous light et autres récits…, 2011. Myriam JEBBOR,Des histoires de grands, 2011. Moustapha BOUCHAREB,La troisième moitié de soi, 2011. Ahmed-Habib LARABA,L’Ange de feu, 2011. Mohamed DIOURI,Chroniques du quartier, 2011. Nadia BEDOREH FAR,Les aléas de ma destinée, 2010. Sami Al Nasrawi,L'autre rive, 2010. Lahsen BOUGDAL,La petite bonne de Casablanca, 2010. El Hassane AÏT MOH,Le Captif de Mabrouka,2010. Wajih RAYYAN,De Jordanie en Flandre. Ombres et lumières d'une vie ailleurs, 2010. Mustapha KHARMOUDI,La Saison des Figues, 2010. Haytam ANDALOUSSY,Le pain de l’amertume, 2010. Halima BEN HADDOU,L’Orgueil du père, 2010. Amir TAGELSIR,Le Parfum français, 2010. Ahmed ISMAÏLI,Dialogue au bout de la nuit, 2010. Mohamed BOUKACI,Le Transfuge, 2009. Hocéïn FARAJ,Les dauphins jouent et gagnent, 2009. Mohammed TALBI,Rêves brûlés, 2009. Karim JAAFAR,Le calame et l’esprit, 2009. Mustapha KHARMOUDI,Ô Besançon. Une jeunesse 70, 2009. Abubaker BAGADER,Par-delà les dunes, 2009. Mounir FERRAM,Les Racines de l’espoir, 2009.
Abdelkader Benarab
La bataille de Sétif
Roman
Introduction d’Abd-el-Kader Souhabi
Du même auteur Les Voix de l'exil, L'Harmattan, 1995 Les Mots, L'Harmattan, 1996 Maghrébins de France, de 1960 à nos jours, collectif, Privat, 2004 Frantz Fanon, l'homme de rupture, Alfabarre, 2010.© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56540-1 EAN : 9782296565401
À ma mère qui vient de nous quitter et qui m’a inspiré ce récit dont le héros fut celui qu’elle a aimé.
INTRODUCTION
Le rêve anéanti … C’est ainsi que lors de l’invasion de la France par les troupes hitlériennes, des unités algériennes, en première ligne, opposeront une farouche résistance, encadrées par des officiers français, subjugués par leur courage et leur abnégation. Dans l’une de ces unités se trouvait le jeune Benarab Dahmani qui, la mort dans l’âme fut fait prisonnier par les Allemands. Il réussira néanmoins à s’évader d’un Stalag et rejoindra tout de suite après, la Résistance. 1945, l’Armistice. La France célèbre la cérémonie de sa victoire dans la joie. Mais la promesse pour la liberté de l’Algérie fera l’objet d’une autre célébration, noyée celle-là dans le sang de milliers d’Algériens. Les localités de Sétif, Guelma, Kherrata, Ain-Abessa, Ain-Kebira, Ain-Rouah furent le théâtre d’un génocide mené par des forces militaires auxquelles s’étaient jointes des milices de fermiers Européens qui n’hésiteront pas à massacrer sans distinction, enfants, femmes et vieillards. Ces monstruosités montrèrent la voie aux militants des différents courants politiques qui activaient alors dans le respect de la légalité des lois de la République. Après sa démobilisation, Dahmani restera en contact avec certains
5
membres de la Fédération de France, mais dès son retour au pays natal, il reprendra de plus belle son activité de militant, au sein de courants éveilleurs de consciences dont il initiera quelques intimes aux secrets de la grande guerre, grâce à son expérience allemande.
Au début de l’insurrection, il milita dans la clandestinité puis contacta bon nombre de patriotes les persuadant de rejoindre le maquis. Remarqué par un militaire de haut rang de la Wilaya V, il fut chargé d’organiser le secteur qu’on lui confia dans la région de Bougâa et réussit la prouesse de faire déserter des militaires de carrière pour rejoindre le maquis.
Parmi ces derniers, un valeureux sous officier du nom de Saâdi R. qui, malgré les difficultés d’acheminement fera parvenir jusqu’aux éléments de l’A.L.N quantité d’armes, tenues militaires, médicaments et autres produits. Activement recherchés Dahmani et Sâadi travailleront sans relâche et vont jusqu’à harceler les officiers français à l’intérieur de leur propre caserne. Jusqu’au jour où les deux amis, trahis par un Séide local attitré, collaborateur notoire, se feront surprendre au moment où ils étaient en charge de commettre une série d’actes de sabotage contre l’administration coloniale. Arrêtés par une unité de plus de trente soldats, ils seront torturés mais garderont le silence malgré les affreux supplices, puis finiront par connaître le même sort que Jugurtha ou Ben M’Hidi, c’est-à-dire, étranglés dans la nuit et la solitude.
Le roman que nous allons lire emprunte des épisodes aux évènements qui ont marqué une des histoires les plus ème dramatiques du XX siècle: la guerre d’Algérie. La matière romanesque ne rivalise ici avec le document historique que pour lui dénier l’apanage exclusif du discours historiographique souvent dicté par la nécessité, au service de groupes dominants. Le narrateur prend donc des libertés avec l’Histoire, celle qui relate les évènements
6
et explique les faits dans leur ensemble ; celle qui livre les personnages à leur sort collectif et les présente comme une masse abstraite, informe et sans couleur. La narration s’attache plutôt ici à nous les présenter avec leur épaisseur et leur individualité dans leur quotidien, en plein combat pour la liberté, avec leur part de joie et de souffrance. Le rehaut introduit dans la suite narrative donne le juste ton à leurs sensations exprimées. Car encore une fois, l’Histoire officielle ne dit pas tout. Par pudeur ou par exigence méthodologique, elle brouille toute trace de subjectivité, ne rapporte que le mouvement global d’un combat ou d’une action. Ce roman, le premier à ma connaissance qui campe Sétif et sa région avec une parfaite connaissance des lieux, comble le vide laissé par une Histoire d’Algérie qui a distribué indûment des titres de gloire à ceux qui ne les ont pas toujours mérités. Les morts pour l’Algérie libre gardent un coefficient certain de respect et de prestige. Ceux qui ont trahi la cause nationale et rallié tactiquement les rangs des combattants à l’orée de l’indépendance, ceux-là porteront durablement la marque de l’opprobre et de l’abaissement.La bataille de Sétifun récit qui ne est laisse aucun angle mort où pourraient subsister les doutes sur la barrière de feu, non pas entre Algériens et Français mais entre les collabos vivants et les militants disparus.
7
SOUHABI Abd-el-Kader,Ancien Moudjahid, haut fonctionnaire de l’État, à l’origine du scandale du D15