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La chair ondoyante

De
132 pages
Après un voyage au coeur de l'intime dans son récit autobiographique, Ode au pardon, Christophe Desaulles nous entraîne cette fois dans le maelström de la « décennie noire » algérienne. Au milieu du désordre ambiant, dans une atmosphère où se côtoient réalisme et fantastique, les destins contraires de deux petits bergers vont se brûler à la flamme de mouvements antagonistes. Allégorie de la liberté et du génie humain, « la chair ondoyante », sorte d'esprit animé, tente de résister aux forces obscurantistes quelles qu'elles soient ! Ce premier roman est un cri à peine contenu, une quête émotionnelle mais aussi un hymne à la vie.
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La liste des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Christophe Desaulles La chair ondoyante Roman
Du même auteur Ode au pardon, récit, Les Impliqués, 2015. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10428-7 EAN : 9782343104287
À Philippe.
«Ami, au fil des pages en devenir, chaque ponctuation, en pause méritée, ouvrait une porte menant inévitablement sur le chemin d’une petite digue, bravant les colères et tumultes capricieux de la mer d’Iroise, et enfin, quelques pas plus loin, sur le seuil discret de ton atelier d’artiste peintre, précieux refuge et source d’inspiration. »
Si cette histoire se déroule durant la « décennie noire » en Algérie, elle n’en demeure pas moins une œuvre de fiction. Aussi, toute ressemblance avec des noms, des lieux, des personnes existantes ou ayant existé, des situations réelles ne pourrait être que fortuite.
Ce livre est, cependant, un hommage aux victimes de l’intolérance, sous toutes ses formes, les époques et tous les cieux.
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Perché au cœur des montagnes du Djurjura, le petit village d’Asirem portait bien son nom d’espoir, rêvant de quiétude et d’harmonie. Il abritait, dans un vallon reculé où la terre recouvre des calcaires précieux par un manteau de cèdres et de cyprès, une centaine d’âmes unies pour la plupart par des ancêtres communs mais surtout, par une vie de labeur et de privation. Seul un sentier escarpé, piétiné par le bétail, permettait d’accéder aux premières demeures modestes faites d’argile et de chaume. Cet isolement naturel était amplifié en période hivernale lorsque la neige forgeait un barrage de glace naturel. Aussi, il arrivait que, très rarement dans l’année, des inconnus ou militaires s’aventurassent dans ces lieux, traversant alors le hameau déserté pendant les travaux des champs. Le soir, le petit four domestique fait de briques irrégulières éclairait la seule pièce de presque chaque demeure où tous, des enfants aux vieillards, partageaient quelques modestes mets, priaient pour remercier l’Éternel puis s’assoupissaient. L’école la plus proche était située à trois heures de marche à travers les ravins et autres versants abrupts, et les dangers de toutes sortes freinaient les ardeurs mêmes des plus inconscients. Aussi, les aînés s’attachaient à dispenser humblement mais, authentiquement, des savoirs anciens jamais remis en question par le temps. C’était un héritage hétéroclite,
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