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La chute de l'ange (Chroniques célestes - Livre II)

De
282 pages
Au cœur des Plaines sauvages, le pouvoir des Enfers grandit de jour en jour, mais Eleanor se sent désormais prête à affronter sa destinée et à quitter Illendil pour Néboà, la ville où elle doit poursuivre sa formation.
Aux côtés d’Oonel et Abrahel, elle pense pouvoir envisager son avenir avec sérénité. Malheureusement, sur le territoire andoïe, cette sérénité n’est plus qu’un mirage et cède la place à une série d’épreuves.
Eleanor croit ne plus rien avoir à perdre. Elle est certaine que les Enfers lui ont déjà tout arraché.
Mais il existe toujours une faille. Une faille par laquelle l’impossible peut s’infiltrer et tout détruire…
Après « Les clés du paradis », découvrez le second tome de la saga « Chroniques célestes ».
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La chute de l’ange
Chroniques célestesLivre II
Marie-Sophie Kesteman
© Éditions Hélène Jacob, 2016. CollectionFantastique. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-457-0
«Il y a toujours une faille par laquelle s’infiltrer et tout détruire». Marie-Sophie Kesteman
Résumé du livre précédent
Depuis cent longues années, l’archange Gabriel arpente la terre des Hommes et celle des anges à la recherche de celui qui sera capable de vaincre Lucifer et confiner ainsi le peuple des ténèbres dans les abysses. Gabriel commence à croire en l’échec prochain de sa mission lorsqu’il découvre enfin l’«enfant du péché» que mentionne l’ancestrale prophétie. Cependant, une bien malheureuse surprise l’attend: celui qui doit devenir l’un des plus puissants guerriers du peuple céleste… est une fille. Humaine, qui plus est. À 18 ans, Eleanor vit une vie monotone aux côtés de son père adoptif. Un soir de juillet, elle découvre sur le seuil de sa porte une étrange missive lui fixant une entrevue le lendemain matin, à 10 h 07, au beau milieu des bois. Curieuse de nature et en quête d’aventures, elle honore le rendez-vous. Elle est alors projetée contre son gré au cœur d’un monde qui lui est totalement inconnu: l’Édénie. Elle découvre avec effroi que ce monde est peuplé par les anges, ceux qui appartiennent aux légendes humaines. Mais ils sont bien différents des portraits de ces dernières. Eleanor rencontre aussipour la première fois Gabriel, l’archange qui fut chargé, durant dix-huit années, de veiller sur elle. Et, ahurie, elle prendconnaissance de l’existencede la prophétie qui la concernerait : «Sept millions d’éternités après la fin du premierNaîtra un puissant guerrier qui est enfant du péché Quatre jambes, deux âmes, quatre bras et deux cœursSon choix déposé vous couronnera vainqueurs Voulant être éveillée, sa puissance gronde Alors de sa force, percevez les ondes Car lorsque les Abysses se lèveront Seules ses forces vous sauveront. » Ce monde la fascine et l’éblouit de sa magie. Elle se sent dès lors très impatiente, lorsque Gabriel lui annonce qu’il se doit de la présenter à son père. Jusqu’à ce qu’elle apprenne que le père de l’archange n’est autre que celui queles humains appellent « Dieu ». En chemin, elle fait la connaissance d’Abrahel, un angelot au regard outremer, quine la quitte pas un instant du regard. Il est l’apprenti desaint Pierre, le gardien des clés.
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Le Seigneur ne ressemble pas à ce vieillard barbu au visage empreint de sévérité quEleanor se représentait. Jovial et taquin, il l’accueille à bras ouverts. Mais la jeune fille semble être la seule à remarquer l’étincelle de douleur qui couve au fond du regard du roi des cieux. Aussi, lorsque ce dernier lui demande de « sauver le monde », est-elle presque prête à accepter cette mission, malgré ses réticences. Pour devenir le guerrier dont ont tant besoin les armées célestes, Eleanor doit parcourir le vaste territoire del’Édénie à la recherche des maîtres qui feront delle larme ultime. La plupart d’entre eux vivent en Plaines sauvages, le territoire humain, au-delà de la chaîne montagneuse des Metendors. À son grand désarroi,c’est Abrahel qui est chargé de la protection d’Eleanor pendant son temps de réflexion. Aux côtés de ce sombre angelot, sa vie devient un véritable enfer. Abrahel est rude, agressif, et laprésence de la jeune fille semble l’indisposer au plus haut point. Cependant, quelques jours plus tard, il laide à échapper à une attaque perpétrée chez elle par les Enfers. Eleanor se réfugie au Grand Palais, en Édénie. Alors quelle se pensait enfin en sécurité, Gabriel lui annonce que son père a été tué lors de l’assaut. Ce tragique événement, l’ultime coup dur que pouvaient lui asséner les démons, précipite sa décision : elle accepte la mission. Soulagé, mais guère heureux de la propulser au-
devant de si durs dangers, le Seigneur lui annonce que le conseil des archanges a désigné celui qui serait son guide et son protecteur : Abrahel. Et, à sa grande surprise, le jeune ange accepte la tâche sans sourciller. Eleanor est dépitée: le voyage s’annonce pénible. C’est à partir de ce moment-là quun étrange puma mordoré,commence à hanter ses rêves. Elle ne sait s’il est ami ou ennemi. Lui-même semble indécis. Au cours des sept jours précédant son départ, la jeune aventurière découvre le Grand Palais et les anges. Elle apprend avec joie que Gabriel ayant repris sa tutelle à la mort de son père, elle appartient désormais à la famille royale céleste. Cependant, le peuple des anges éprouve beaucoup de difficultés à la considérer comme telle. Eleanor ne parvient pas à se faire apprécier et elle préfère s’isoler. L’angelot est lui aussi rejeté par ses pairs, car trop puissant, trop différent, et cette particularité leur permet petit à petit de trouver un terrain d’entente.Une semaine plus tard, c’est le cœur lourd qu’Eleanor fait ses adieux au Seigneur, àsaint Pierre et à Gabriel. Et à peine ont-ils quitté les alentours du Grand Palais que la jeune fille se réjouit de la présence d’Abrahel. Bien qu’il ne prononce pas le moindre mot, réponde rudement à ses interrogations et ne se soucie aucunementqu’elle suive le rythme qu’il lui impose, le sentir à ses côtés la rassure. Il parvint à la protéger sans difficulté et elle découvre avec stupéfaction que les rumeurs disaient vrai : Abrahel est un excellent combattant, l’un des meilleurs de l’armée céleste. Il est puissant, et c’est la raison pour laquelle les autres anges en ont si peur.
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Mais pas seulement. Abrahel est un ange orphelin. Le seul ange orphelin connu à ce jour. Il a été découvert au cœur de la forêt d’Angohrn alors qu’il n’avait que 8ans. Il s’est élevé et a appris à combattre toutseul. Il n’a pas été éduqué selon les valeurs du Grand Palais. Et, ce qui sort de l’ordinaire, les anges célestes le redoutent.Abrahel nest pas uniquement son protecteur, il est également son professeur descrime. Eleanor progresse vite et elle devient rapidement une excellente combattante. À Sylvius, ils retrouvent un peu de sérénité et prennent du repos. Le cadre de la ville est idéal pour apprendre l’harmonie corporelle auprès d’Oonel,le premier maîtred’Eleanor. Ce dernier est un jeune ange au caractère jovial, adulé par les angelines pour son apparence d’adonis. Cependant, ce n’est pas tant sa beauté qui intéresse Eleanor, mais l’incroyable développement de ses sens. Son ouïe, son odorat, sa vue, son toucher et son goût se sont, à force d’entraînement, amplifiés de manière improbable. L’ange sylvestre fut jadis le meilleur ami d’Abrahel, maisen raison d’une promesserompue par l’angelot, il ne peut même plus entendre prononcer son nom. Grâce à Eleanor, Oonel et Abrahel finissent par se réconcilier, mais les Enfers attaquent Sylvius, forçant les deux jeunes gens à fuir. Pressé par la présence de Ramuthra dans leur dos, Abrahel cède à la jeune fille et lui révèle, malgré les consignesde ses supérieurs, l’existence de la magie. Elle s’y intéresse beaucoup et l’angelot promet de la lui enseigner. Mais cest à Illendil, la première ville des Plaines sauvages, que la jeune humaine va réellement apprendre à maîtriser cette discipline. Pour atteindre Illendil, il leur faut traverser les terribles Metendors : une immense chaîne de montagnes dont jamais personne n’est ressorti vivant. Le seul passage qui existe consiste en une vallée étriquée serpentant entre les géantes de granit : la vallée de Caldare. Mais les démons la surveillentde près, rendant impossible sa traversée. Il ne leur reste qu’une solution: le col de Toktonia. Avec peine, les deux compagnons s’enfoncent au cœur des montagnes, où tout semble changer de jour enjour. Le temps s’écoule étrangement et les ténèbres elles-mêmes paraissent s’épaissir. La magie d’Abrahel s’estompe au cœur des pics enneigés et la peur d’Eleanor grandit. Alors qu’ils se glissent dans une grotte pour s’abriter de l’obscurité et de ce qu’elle cache à leurs yeux, la jeune fille se blesse la paume de la main. Et,malgré les soins attentifs d’Abrahel, la plaie s’infecte. Fiévreuse, Eleanorperd connaissanceet l’angelot se voit contraint de la transporter sur son dos jusqu’à Illendil.Eleanor ne reprend conscience que quelques jours plus tard. Sa plaie la brûle atrocement et lorsqu’elle défait le bandage de sa main, elle découvre une blessure grisâtre d’où partent des zébrures de granit. Abrahel prétend détenir d’intéressantes théories à ce sujet. À Illendil, ils
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rencontrent un ange nommé Gariek, le maître du dojo, une arène de combat réputée dans toute lÉdénie. Abrahel connaît bien le dojo, car il en a été lun des plus grands maîtres durant un temps. Il est connu comme le « Cleddyf Meistr », celui qui a comptabilisé le plus de victoires successives. Gariek veut l’affronter. L’angelot sort bien entendu victorieux de ce combat. Hisolda est une vieille chamane qui vit à Illendil depuis de longues années. Elle sera le second maître dEleanor. Elle nourrit des sentiments très maternels à légard dAbrahel et la jeune humaineest impressionnée par l’autorité qu’elledétient sur le jeune ange. Autorité dont Gabriel lui-même ne peut pas se vanter. Hisolda est mandée par Abrahel pour enseigner la magie à Eleanor. La jeune fille découvre que son professeur a un second talent très particulier : elle entend les pensées. Lorsquun jour, Eleanor surprend une conversation entre Hisolda et Abrahel, elle apprend que langelot dissimule un grand secret
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1Le grand dojo
Un cœur pouvait-il se rompre d’épuisement?En cet instant, celui d’Eleanor en semblait capable. L’air de la pièce était glacé. Et pourtant, sa peau n’était plus que braises. Un nuage de vapeur se formait entre ses lèvres alors qu’elle gisait sur le sol matelassé. Recommence, dit Hisolda. «Encore», «Recommence», ces mots, elle les haïssait. Elle les avait trop entendus ces derniers temps et ils entamaient sa détermination.Je n’en peux plus.Déjà? s’étonna la chamane.Elle était adossée au mur et observait son élève d’un œil critique. Elle l’avait avertie de son exigence et elle n’avait pas menti: Eleanor était rompue. Ses muscles lui faisaient mal et une profonde fatigue embrumait sa conscience. La vieille dame se frotta les paupières. Tu as raison, nous avons déjà trop travaillé. Lorsque le feu qui brûlait ses poumons s’apaisa, la jeune fille se redressa sur son assise. Ses membres étaient raides, mais malgré la douleur, elle persévérerait. Ça en valait la peine. Les exercices d’Hisolda étaient une torture et elle n’avait encore rien appris sur la magie, mais elle était à présent capable de contrôler son essence vitale avec une dextérité qui étonnait jusqu’au stoïque Abrahel. Sous les doigtsd’Eleanor, le tapis mousse d’une couleurdélavée avait quelque émeraude chose de réconfortant, de familier. La souffranced’Eleanorfinit par disparaître, comme toujours. Comment se passent tes entraînements avec Abrahel ? demanda la chamane en lui tendant un verre argenté. Une lunaison auparavant, la jeune filleavait cessé de s’interrogersur la nature de ce que son professeur lui offrait à boire. Comme elle le disait si bien :dans certaines circonstances, l’ignorance est préférable à la connaissance.Eleanor offrit à la chamane un sourire désabusé. Pourquoi demander, puisque vous le savez déjà ? Hisolda pencha la tête sur le côté. Ses yeux d’un brun vif brillaient de malice.Il est parfois plus agréable d’écouter que d’espionner.L’élèveeut une moue amère et but une longue goulée de liquide argenté. L’arôme d’agrume trop prononcé était suspect. Quel terrible goût la chamane avait-elle tenté de dissimuler ?
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Tu ne veux pas le savoir, sourit la vieille dame. Eleanor descendit sa boisson d’un trait.Non, je n’en ai aucune envie.Et donc, cet entraînement ? Ça stagne. L’objet officielde notre visite était le grand dojo, n’est-ce pas ? C’est ce qu’il me semblait, oui.Eh bien, comme vous le savez sûrement, Abrahel s’obstine à m’en tenir éloignée.Il doit avoir ses raisons. La jeune fille arqua un sourcil et un rictus barra son visage. J’aime la façon dont vous prétendez les ignorer.Eleanor finit par hausser les épaules et se leva. La tunique détrempée était froide contre sa peau.Des nouvelles des Plaines ?Comme chaque jour, répondit Hisolda. Et comme chaque jour, elles ne sont pas bonnes. Les démons s’introduisaient de plus en plus loin au cœur des Plaines sauvageset les Andoïes les plus courageux s’exilaient vers le sud. Au nord, la grande majorité des villes étaient d’ores et déjà sous le joug des Enfers, mais les paysans rechignaient encore à quitter leur maison et leurs terres. C’était tout ce qu’ils avaient toujours connu. Le sud leur faisait peur. Les Metendors les terrifiaient. Chaque matin, de nouveaux exilés échouaient à Illendil, à chaque vague un peu plus nombreux. Ils rapportaient d’inquiétantes nouvelles des contrées du nord. Des rumeurs à propos de massacres et d’exécutions.Eleanor s’étira,comme pour chasser les frissons d’effroi qui lui vrillaient le dos. Même au Palais, la situation devenait critique. Des troupes démoniaques pénétraient dans la vallée des Deux Frèreset l’armée célesteserait bientôt forcée de défendre la Plaine sacrée. Les éclaireursqu’elle avait croisés la veille avaient peur. Et au fond, elle les comprenait. Qu’arriverait-il si le Palais était pris ? demanda-t-elle. Hisolda souffla sur la surface fumante de sa tisane. La fragrance de son thé rendait l’odeur âcre du formol plus supportable. Eleanors’assit sur le canapé qui faisait face àla chamane. Il ne le sera pas. Les doigts de la jeune fillepianotaient nerveusement sur l’accoudoir. Comment Gabriel parvenait-il à gérer la situation ? Il était seul. L’armée céleste est-elle aussi nombreuse et aussi puissante que les troupes qu’Asmodée envoie au front ? Ce serait étonnant. Mais notre roi ne se laissera pas détrôner. Il refuse de se joindre au
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combat mené contre son fils, mais il ne permettra pas aux Enfers de l’atteindre.Eleanor eut un sourire narquois. Quand bien même, toute l’humanité nepourraitpas s’abriter auPalais. Non, en effet. Hisolda regarda son élève par-dessus le bord de sa tasse. Le cœur de la jeune fille manqua un battement. Vous voulezdire que…Comme tu le penses : seuls les anges y trouveront refuge. Leslois de l’ancien temps le stipulent : «L’homme et la femme sont à jamais bannis de mon jardin». Eleanor soupira. C’était la colère qui avait poussé le Seigneur à promulguer cette mesure ridicule, à une autre époque. Le conseil des archanges s’y était opposé, mais pour la première fois de son existence, le roi des cieux avait invoqué le droit divin. Personne n’avait pu s’opposer à sa décision. Et les hommes avaient été chassés de la Plaine sacrée. Le Seigneur le regrettait, aujourd’hui, mais sa première loi rendait ses remords vains. Dieu lui-même ne peut enfreindre ses lois ni les modifier, confirma Hisolda. Eleanor se leva. Il était temps pour elle d’aller saluer le vieux Grady.Merci. La chamane lui adressa un clin d’œil.Tu nas pas besoin de venir cet après-midi, nous avons bien assez travaillé. La jeune fille soupira. Elle avait envie de passer un peu de temps aux côtés d’Abrahelet la chamane le savait, bien entendu. Je n’arrive toujours pas à savoir si votre don est agréable ou irritant.L’airfrais des couloirs s’engouffra dans ses poumons; un véritable soulagement après l’atmosphère confinée et lourde d’humidité des quartiers d’Hisolda. Eleanor se mordit la lèvre inférieure. Il était à espérer qu’elle soit assez loin de son professeur pour que ses pensées lui soient inaudibles. Eleanor prit subitement conscience qu’elle n’avait aucune idée de la distance couverte par l’omniscience de la chamane.La chambrequ’elle partageait avec Abrahelse situait six étages plus haut et le chemin était éreintant. Heureusement, les courants d’air qui s’engouffraient dans les boyaux de granit étaient frais. L’obscurité relative qui régnait à Illendil formait comme un cocon protecteur autour d’elle et il lui semblait qu’entre ces murs, rien ne pourrait lui arriver. Jamais. Peut-être qu’Abrahel était déjà rentré de ses vagabondages. Il lui avait promis de lui expliquer pourquoi, depuis plusieurs semaines, elle avait l’impression de détenir des aptitudes qui ne lui appartenaient pas. Son endurance semblait s’êtreaméliorée, sa force avait discrètement augmenté et il lui semblait même qu’elle voyait mieux la nuit.
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