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La Citadelle des dragons

De
238 pages
Comment peut-on passer d'une vie fade de secrétaire dans un cabinet notarial parisien, à celle de gardienne d'un pouvoir mythique? De surcroît au milieu de plaines immobiles, sous un soleil écrasant, dans une citadelle en guerre, parcourue par des dragons et leurs non moins terrifiants dragonniers... C'est bien ce que risque de découvrir Mona à son coeur défendant, elle qui meurtrie par la vie ne souhaite plus dans son existence que l'amitié de sa plante carnivore... Et si notre place n'était pas celle que l'on croit? Et si notre monde en cachait un autre? Et si notre destin était écrit? L'héroïne d'Isabelle Morot-Sir ne se doutait pas qu'une visite chez l'antiquaire pouvait transformer sa vie... Et pourtant! Cocktail entraînant de fantasy et de romance, "La Citadelle des dragons" veille à garder grandes ouvertes les portes de l'imagination.
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La Citadelle des dragons
Du même auteur
À l’aube du soleil vert, editions Publibook, 2003 La Fleur bleue, editions Publibook, 2004 Attention ! Un train peut en cacher un autre, editions Publibook, 2005 El Matador, editions Publibook, 2005 De lettres en lettres… Année 1912, editions Publibook, 2006 Journal personnel et intime d’une nouvelle Zingara, editions Publibook, 2007 El Matador 2, le retour de la bête, editions Publibook, 2013
Isabelle Morot-Sir La Citadelle des dragons Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119782.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
À tous ceux qui croient aux dragons dans les brumesdu matin, pour tous ceux qui ont cru aux miens…
Ce matin-là une brise légère, frivole, si primesautière qu’elle se sentait capable en une bourrasque rapide et op-portuniste, de soulever les jupes courtes et fleuries des filles, parcourait la ville, s’enroulait autour des arbres des squares, les faisant frémir de toute leur ramure. Toutefois malgré la douceur de ce début de journée, les jeunes filles n’avaient pas jugé bon de montrer leurs longues jambes graciles, aussi elles se hâtaient de par les rues, vêtues de jeans pour la plupart, au vif désappointement du vent et des passants. Même si la journée annonçait un été indien tiède et flamboyant, il n’était plus l’heure de robes translu-cides rehaussant des peaux dorées de soleil, non, aujourd’hui l’été insouciant semblait loin, et malgré la douceur de l’air, le temps du labeur était bel et bien reve-nu. Le vent, cependant, ne s’avouait pas vaincu, opiniâtre il s’engouffrait dans chaque ruelle en de brusques tournoie-ments, faisant un instant tourbillonner les feuilles mortes qui s’agglutinaient déjà sur les trottoirs, ébouriffant les plumes des moineaux afférés, dispersant les miettes des pigeons perpétuellement affamés. Parfois il dénouait le chignon d’une grand-mère sortie acheter son pain, ou bien il attrapait le béret d’un vieil homme altier qui bougonnait aussi sec. A l’angle d’un boulevard, où l’été il se jouait en toute liberté des passantes aux jambes de gazelle, il tomba sur elle. Avec étonnement il l’entoura de son souffle impalpa-ble, la dévisageant avec surprise. Elle portait un tailleur sombre, des petits talons assortis, mais l’inadéquation de sa démarche vive et brusque avec son allure de jeune busi-ness woman, était si saisissante qu’elle lui coupa presque
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le souffle. Un ordinateur portable confortablement installé dans un sac qu’elle tenait à bout de bras et balançait sans y penser, à chacune de ses rapides et amples foulées, confor-tait d’ailleurs un peu plus cette impression. Le vent hésita, tourna encore un peu autour d’elle, perplexe. Il ébouriffa ses courts cheveux clairs sans qu’elle semble se soucier le moins du monde de ce décoiffage intempestif. Son regard fixé sur un point qu’elle seule semblait voir, avait cette couleur étrange de l’océan à la pointe du jour: d’un bleu violet profond, mouvant, changeant et fascinant, pouvant tout aussi bien annoncer un calme étal comme une tempête irraisonnée. Bizarrement avec sa silhouette trop mince, étrangement androgyne, aux coudes pointus et au menton trop volon-taire, elle semblait aussi peu à sa place dans cette ville, qu’un mustang libre et sauvage dans un carré de dressage. Serrant, sur la poignée de son sac, ses doigts nerveux aux ongles courts dénués de tout féminin artifice,elle accéléra un peu plus son allure, sans même s’en apercevoir. Ses talons claquaient sur les pavés des trottoirs avec un syn-chronisme parfait qui excluait toute douceur ou sensualité. Le vent, déconcerté, n’insista pas et s’en fut batifoler avec un groupe de collégiennes aussi rieuses et sautillantes qu’une volée de perruches. La jeune femme, elle, continua imperturbablement son chemin, l’esprit loin de l’agitation de Paris, loin de la gri-saille des murs, loin des bruits et des odeurs des véhicules innombrables qui la sillonnaient, perdu vers un monde de prairies sans fin, peuplé de créatures aux hennissements doux et aux croupes rebondies… Tournant brusquement, elle poussa tout à coup une lourde porte en bois massif et pénétra sans hésitation dans un bâtiment, autrefois confortable hôtel particulier de quelques riches familles bourgeoises. Aujourd’hui une plaque dorée, sobre et sérieuse en annonçait la nouvelle fonction :Maître Lauriole notaire. Que venait-elle donc faire de si bonne heure dans l’étude d’un notaire? Un
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