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La Dame du Mont-Liban

De
286 pages
Lady Hester Stanhope, nièce du premier ministre anglais William Pitt, est dans la lignée de ces aventurières du XIXe siècle. Cette femme hors du commun, conseillère de son oncle pour le gouvernement d'Angleterre, va s'exiler en Orient à la mort de celui-ci. Elle rencontrera d'audacieux personnages dont le vice-roi d'Egypte Méhémet Ali, le prince de la Montagne, le grand émir Béchir II, lord Byron. Certaine de son destin royal, elle sera nommée reine des Bédouins à Palmyre et vivra des situations périlleuses et étranges, accompagnée de son amant et de son médecin biographe.
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PREFACE
Cent soixante ans après Charles Meryon, auteur de deux ouvrages consacrés à LadyStanhope, le docteur Bernard Jouve est, à notre connaissance, le second médecin à s’intéresser au sort de cette énigmatique autant que célèbre voyageuse anglaise. Il le fait en homme de l’art, mais surtout de l’art d’écrire. Au début du XIXème siècle, cette nièce excentrique de William Pitt, familière de la cour d’Angleterre, s’est fait couronner reine des Bédouins à Palmyre avant de s’immiscer dans les méandres de la politique ottomane au Mont-Liban. Après d’autres biographes souvent peu scrupuleux, le docteur Jouve s’est à son tour lancé à sa poursuite. Puisée auxmeilleurs sources, son information, solide, est mise au service d’un style brillant. Pour avoir accompagné au printemps 2006, avec nos épouses respectives et notre ami Moheb Chanezas, le docteur Jouve au Liban sur les traces de son héroïne, j’ai pu mesurer l’ampleur de son érudition. L’une des moindres surprises du voyage ne fut pas la rencontre, parfaitement fortuite et inattendue, avec un descendant de Pierre Marquise, l’un des secrétaires de LadyStanhope, telle qu’elle est racontée dans le livre. Interprétant en praticien confirmé les différents témoignages sur ce personnage hors du commun qui voulut jouer un rôle dans la politique méditerranéenne des grandes puissances du moment, il retrace, de l’enfance à la mort, son extraordinaire destin, mettant en lumière les différentes facettes d’une personnalité changeante en fonction des circonstances ou des interlocuteurs rencontrés. Dans son entreprise de démystification, le docteur Jouve rend plausible et cohérent un parcours que certains biographes avaient inutilement paré de mystère ou d’ésotérisme.
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L’ouvrage vaut aussi par la galerie de portraits, particulièrement enlevés, des personnages qui ont, à un moment ou à un autre, croisé le chemin de LadyStanhope. Il se dégage de la lecture de l’ouvrage une fresque pleine de vie où évoluent ces nombreuxEuropéens – car LadyStanhope ne représentait pas un cas isolé – qui, attirés par l’Orient pour des raisons différentes, sillonnaient depuis longtemps, mais tout particulièrement au XIXème siècle, par voies de mer ou de terre, la Méditerranée et les pays qui la bordent. Le docteur Jouve a su donner de ce microcosme, où tout le monde se connaissait et se reconnaissait d’une étape à l’autre, une image à la fois précise et vivante. Il met bien en valeur l’originalité de LadyStanhope qui, contrairement à la plupart de ces voyageurs retrouvant l’Europe une fois leur curiosité assouvie ou leur mission accomplie, s’était définitivement fixée dans cet Orient qui la fascinait au point d’y accomplir son destin. Alors que Charles Meryon s’était contenté, tout en relatant son expérience auprès d’elle, de veiller sur la santé de LadyHester Stanhope, on doit gré à son confrère le docteur Jouve d’avoir proprement ressuscité sa patiente.
Olivier Aurenche Ancien directeur de la Maison de l’Orient. CNRS.
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« L’amazone arabe, qui sortit au galop de la civilisation européenne et des routines anglaises, ce vieuxcirque où l’on tourne en rond, pour ranimer ses sensations dans le péril et l’indépendance du désert. »
Barbeyd’Aurevilly