La danse du nombril

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"Il y a des femmes que l'on rencontre dans la vie qui vous collent à la peau, vous coulent dans les veines, vous trottent dans l'esprit, vous battent dans le coeur et vous élèvent l'âme, à tel point que vous voyez la vie autrement : elle vaut la peine d'être vécue. Aimer une femme idéale, morte ou vivante, prend toute une vie."
Publié le : jeudi 1 décembre 2011
Lecture(s) : 55
EAN13 : 9782296475687
Nombre de pages : 172
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La danse du nombril
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-56680-4 EAN : 9782296566804
Paterne Boungou
La danse du nombril
L’Harmattan
Écrire l’Afrique Collection dirigée par Denis Pryen
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« Je veux qu’un jour vienne où, regardant notre nuit, les gens y voient pourtant briller une flamme, et quelle flamme puisje raviver sinon celle qui est en moi ? Mon amour, tu es ma seule famille avouée, et je vois par tes yeux le monde, c’est toi qui me rends cet univers sensible et qui donnes sens en moi aux sentiments humains. » Aragon
A Mélidia Dorène Moukoko, Repose en paix.
Chapitre I Mon père avait raison
Cons, cons, cons, trois fois cons, pire que cons, rois des cons, putains de cons. Comme ça. Cons comme ça. Ils sont tous cons comme ça. Cons comme pas possible et toujours défoncés à faire dans leur froc et à vouloir danser la danse du nombril dans l’ivresse et la puanteur. C’était con de rester planté là à faire je ne sais quel pied de grue avec papa. Les soudards ne viennent pas pour te caresser dans le sens du poil ? C’est pas des potes les soudards. Déjà, pour un rien qui les déchante, entre eux, ils peuvent se bouffer le cul et les tripes et sans vergogne se passer l’arme à gauche. Papa, t’avais raison. Il fallait fuir. La première chose à faire dans ce genre de situation, c’est prendre ses jambes à son cou sans broncher. Quitte à faire le tour du monde à pieds, faut le faire et se reposer quelque part où la raison semble triompher sur la folie. Et quand ça se dézingue là, rebelote, tu lèves ton cul et tu te barres. Le monde est ainsi fait. La folie est une plaque tournante. Et quand elle vous aborde, ne lui laissez pas une seconde pour raisonner avec vous. Papa, je me souviens que tu m’as raconté une histoire dingue où je t’ai dit c’est lâche de laisser le fou prendre tes affaires étalées sur le séchoir. Tu l’as laissé faire. Il a pris tes affaires, t’as même pas songé à lui courir après, à crier au voleur ou au fou. Je vois, si tu l’avais poursuivi comme un âne dératé en lui balançant toutes les insultes de la terre, les badauds vous auraient pris pour deux fous en train de s’étriper. Et le fou, il était quasiment nu quand il est rentré chez nous. Donc,
les habits, c’était pour se couvrir. Pour une fois un fou qui déambule nu cherche à se couvrir, fallait lui coller la paix. Voler à ce titre n’est plus un crime. Donc, circonstances atténuantes. Tu l’as vu faire et le mec s’est servi comme chez lui. J’ai compris papa, t’avais raison: faut apprendre à écouter son père, les oreilles ne dépassent pas la tête. Tu vois, je suis encore en vie parce que je suis ton conseil, je fais de la fuite mon cheval de bataille qui me permet sans coup férir de m’échapper des anges de l’apocalypse. Fuyard sans bagage, je me retrouve dans ces forêts denses sans plus avoir peur de l’immensité qui s’offre à moi. Cette forêt du Mayombe ne m’effraie plus. J’en ai dompté le silence et la profondeur. Je n’ai pas peur de m’y perdre. Tomber sous la patte d’un félin ou d’un buffle ou d’un reptile m’est indifférent. Au moins, eux, c’est d’instinct et par nécessité de survie ou de défense qu’ils feront de ma chair un festin ou un ennemi. C’est pas fou du tout, du tout. Entre eux et les soudards, la différence est que les uns tuent pour survivre ou se défendre, les autres, pour rien. Ce qui, parfois fait que, de l’homme ou de l’animal, le premier soit plus con. Con, con, con, trois fois con, putain de con, roi des cons. Con comme ça. Con comme pas possible.
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