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LA FORCE DE L AMITIE ROMAN

De
98 pages
Ce roman traduit dans les faits le parcours de deux familles alliées qui nous apprend que l'amour, la solidarité et la cohésion du groupe dépendent de la sagesse des chefs de famille qui assurent la pérennité du groupe social. La société africaine dépeinte ici exclut qu'une personne se sépare du groupe social sans provoquer le courroux des aînés, voire des Ancêtres. Concertation, consultation et dialogue permanent sont des mots qui revêtent toute leur signification.
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LA FORCE DE L’AMITIÉ
Afrique Liberté Collection dirigée par Claude KOUDOU Afrique Libertéune collection qui accueille essais, est témoignages et toutes œuvres qui permettent de faire connaître l’Afrique dans toute sa diversité et toute sa profondeur. Cette collection qui reste ouverte se veut pluridisciplinaire.Son orientation sera essentiellement axée sur les rapports entre l’Afrique et l’Occident. Elle refuse l’afro-pessimisme et se range résolument dans un afro-optimisme réaliste. Sur quels repères fonder l’Afrique d’aujourd’hui ? Telle est une des questions majeure à laquelle cette collection tentera de répondre.Afrique Liberté se veut un espace qui doit explorer l’attitude de l’Africain ou des africanistes dans ses dimensions mentale, scientifique, culturelle, psychologique et sociologique. Dans un monde en proie à de graves crises, un des enjeux majeurs de cette plate-forme serait de voir comment faire converger les différents pôles de compétences pour hisser l’Afrique à la place qui doit être véritablement la sienne. Déjà parus Claude Koudou,Côte d’Ivoire. Quand ces grands pays et l’ONU nous mentent,2011. Modeste Dadié Attébi,Du miracle économique à la crise politique en Côte d’Ivoire, 2011. Gérard Kone Dogbemin,La nouvelle loi sur la presse ivoirienne, Avancée ou recul ?, 2011. Patrice Ake Jean,Nietzsche et sa vision de l’homme. Une interpellation de l’Africain, 2010. René N’guettia Kouassi,Comment gouverner autrement la Côte-d’Ivoire ?,2010. Claude Koudou (sous la direction de),La Côte d'Ivoire face à son destin. Et si l'Afrique était Gbagbo ?, 2010.
Ténin Diabaté Touré
LA FORCE DE L’AMITIÉ
© L'HAR M ATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55029-2 EAN : 9782296550292
A ma mère, à mon père, pour nous avoir appris la force de l’amitié et l’amour du prochain !
PRÉFACE Vous êtes à la recherche de l’amour, de la solidarité et de la cohésion. Alors, vous les rencontrerez d’un chapitre à l’autre, et même entre les lignes de ce livre. Tout acte posé l’est au nom du groupe. Tout discours prononcé engage la communauté. Toute revendication manifeste émane du corps social. La société africaine dépeinte ici exclut qu’une personne puisse faire cavalier seul, de jour comme de nuit ; même pour des préoccupations qui, à première vue, semblent ne relever que de sa propre responsabilité ou n’engager que son intérêt personnel. Ici, la concertation, la consultation et le dialogue permanent sont des mots qui revêtent toute leur signification. Ils sont vécus pleinement. Quelles qu’en soient les circonstances et les raisons, les mariages, les funérailles, la scolarisation et l’éducation de tout enfant ne sauraient être supportés par une maisonnée. La gestion de tout conflit, de tout malentendu ou de tout incident fâcheux est prise en charge par tout le village, si ce n’est par toute la région. Ici, il n’existe que des femmes de la Grande Cour, des familles élargies, des familles alliées, des filles et des fils du village. Les uns et les autres s’imposent un devoir de mémoire et de reconnaissance pour les bienfaits reçus, mais aussi de pardon pour les torts causés par autrui ou à autrui. Un véritable appel à l’union que ce livre ! Un véritable combat contre l’individualisme que les neuf chapitres qui constituent cet ouvrage. Ce qu’aucun de nous n’a pu faire tout seul, pourquoi ne serions-nous pas capables de le faire, tous ensemble ? Plus qu’une simple interrogation, c’est un véritable message qui sous-tendLa Force de l’amitié. Pour faire passer ledit message, l’auteur choisit d’opposer, directement ou indirectement des contraires. Ici, la femme accouche au milieu de nombreuses matrones, dans une case.
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La maternité et sa sage-femme sont ignorées. Et le nouveau-né sera baptisé du nom d’un ancêtre ou d’un ami de la famille. Point n’est donc besoin de consulter un calendrier pour prénommer l’enfant qui paraît. La polygamie, qui permet d’avoir jusqu’à quatre femmes, constitue une gifle à la monogamie. Le mariage est vécu comme l’alliance de deux communautés élargies. Il est donc loin d’être seulement l’union de deux personnes. La Force de l’amitié se définit également comme le concentré d’un autre type d’opposition des contraires. Face à une tradition qui se débat pour se maintenir, se dresse le monde moderne qui veut imposer l’union par consentement mutuel. Seulement voilà, le mariage forcé a encore la peau dure. Destiner les filles au foyer conjugal et aux travaux ménagers s’oppose à leur scolarisation. Et leur ferme, du coup, toute possibilité de trouver un emploi dans l’administration moderne. Faire autant d’enfants que l’organisme le permet s’oppose à la limitation des naissances. L’éducation traditionnelle entre en conflit avec l’éducation moderne. La Force de l’amitiéune œuvre qui mérite son nom. est C’est un hymne à l’amour et à la fraternité, à la franchise et à la sincérité. L’ouvrage est soutenu par des images fortes et est riche de dictons et de proverbes. Alfred Dan Moussa Journaliste, Observateur des médias d’ici et d’ailleurs
LE MOT AUX LECTEURS ET LECTRICES
En écrivant ce roman, j’ai voulu, à travers des récits, montrer les fondements des sociétés traditionnelles africaines, la pérennité des alliances, en parlant d’une manière chronologique de la vie de deux familles Bélé et Maméry. La Force de l’amitié est le titre de ce roman. Du fait que les traditions s’effritent avant la réalisation des changements attendus, certaines familles ne pourront éviter les brèches creusées dans des structures considérées comme solides. Dans les sociétés africaines, un fait frappe : c’est l’absence de femme adulte célibataire. Toutes les filles trouvent un époux et se marient habituellement très jeunes. Par ailleurs, les travaux domestiques occupent la femme à plein temps, la charge des jeunes enfants n’entrant même pas en ligne de compte. On s’aperçoit, sans qu’il soit besoin d’autre considération, que la femme rencontre d’énormes contraintes dans des activités secondaires extrafamiliales. Mais si on la considère comme désavantagée à cet égard, elle-même ne se considère pas comme telle, et n’envie pas ce que la société moderne estime être les privilèges masculins. Elle ne désire pas que les choses soient autrement. En outre, elle est fort étonnée de savoir que, dans d’autres sociétés, telles que les sociétés occidentales, beaucoup de femmes sont célibataires et sans enfants. Toutefois, la possibilité d’avoir un mari ne s’offre à toutes les femmes qu’en raison de l’autorisation quasi générale et de la pratique, à divers degrés, de la polygamie. En conséquence, toutes les femmes peuvent se marier, et la coutume permet aussi aux veuves de se remarier sans difficulté, la plupart du temps avec un proche parent du conjoint décédé, en l’occurrence le frère cadet de ce dernier. Il convient aussi de garder en mémoire le manque relatif de chaleur dans les relations familiales parmi les peuples
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