La guerre des clans - La promesse de l'Elu

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L'avenir sourit à Petite Tempête, le dernier né du Clan de la Rivière, jusqu'au terrible accident qui le laisse défiguré. Devenu Nuage Balafré, l'apprenti cherche par tous les moyens à prouver sa valeur. C'est alors qu'une mystérieuse chatte lui apparaît en rêve. Elle lui prédit un destin glorieux s'il jure de toujours faire passer son clan avant ses propres intérêts. Le jeune Élu accepte avec enthousiasme. Il ignore encore le prix à payer pour un pacte trop vite scellé...



Publié le : jeudi 20 février 2014
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EAN13 : 9782823806007
Nombre de pages : 343
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Remerciements tout particuliers à Kate Cary.
: La guerre des clans
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Prologue
LE VENT SECOUAIT LES BRANCHES des saules et arrachait les roseaux.
« Étoile de Grêle ! »
D’énormes nuages d’orage tourbillonnaient dans le ciel. La pluie martelait les tanières de joncs où dormaient les guerriers du Clan de la Rivière.
« Étoile de Grêle ! »
Le chef du Clan rabattit les oreilles en entendant le cri terrifié de sa compagne. Il planta ses griffes dans la vase afin de lutter contre le courant. La rivière était sortie de son lit et inondait le camp. Il tourna la tête pour scruter la pénombre.
« Étoile de Grêle ! » hurla de nouveau Écho de Brume.
Son cri était étouffé par le chaton qu’elle tenait dans la gueule. Un autre petit était accroché à son dos. Elle fixait un nid de brindilles qui s’éloignait d’elle, emporté par la crue. Une petite boule de poils s’efforçait de s’y cramponner alors que la tanière se disloquait.
Étoile de Grêle plongea vers le nid et saisit le chaton juste avant qu’il ne disparaisse sous la surface. Il jeta son fils vers Pelage d’Écorce.
« Emmène Petit Ragondin jusqu’au repaire des anciens ! »
Le matou brun obéit aussitôt et gagna le fond du camp, que l’eau n’avait pas encore atteint.
« Suis-le ! » ordonna Étoile de Grêle.
Écho de Brume acquiesça, les yeux écarquillés, les poils plaqués par la pluie.
Le chef examina le camp. Des pelages luisants fusaient dans toutes les directions, tels des poissons pris de panique. Arc-boutée aux restes du gîte des guerriers, une chatte au pelage roux et blanc tentait de l’empêcher de s’effondrer. Un matou tigré trapu essayait de bloquer le canal écumant pour éviter que les nids n’aillent rejoindre la rivière.
Un éclair illumina le ciel noir. Le tonnerre gronda et le vent forcit. Une nouvelle vague submergea le camp.
« Cœur de Nacre ! lança le chef à son lieutenant. À ton avis, que devons-nous faire ? »
Perché sur une souche de hêtre pour surveiller la rivière en amont, un matou gris moucheté lui répondit :
« Le niveau monte vite ! La tanière des anciens sera bientôt inondée.
— Nous allons devoir abandonner le camp !
— Non ! s’écria la chatte au poil blanc et roux en lâchant sa tanière.
— Nous n’avons pas le choix, Ciel Clair !
— Nous ne pouvons pas abandonner ce que nos ancêtres ont bâti pour nous !
— Nous le reconstruirons !
— Ce ne sera plus pareil ! »
La guerrière s’élança pour bloquer entre ses pattes un nid qui flottait.
Cœur de Nacre descendit de son perchoir et pataugea vers sa camarade.
« Ensemble, nous sommes capables de tout, insista-t-il. Sauf de ressusciter les chats qui auront péri en voulant sauver des tas de brindilles. »
La femelle relâcha le nid à contrecœur et le regarda tournoyer dans le courant.
Une langue d’eau noire écumante fondit aux abords de la tanière des anciens, faisant tanguer la construction.
« Sortez de là ! » hurla Étoile de Grêle.
Écho de Brume se faufila au-dehors, suivie par trois chatons qui évoquaient des souris à moitié noyées. La reine fixa son compagnon.
« Et où irons-nous ?
— Sur un terrain plus élevé. »
Le matou avait tendu la queue vers la berge couronnée d’arbres et de buissons.
Un vieux chat à la fourrure emmêlée émergea de la tanière.
« Je n’ai jamais vu pareille tempête, miaula-t-il.
— Où allons-nous ? s’enquit la chatte au poil blanc et tigré qui l’avait suivi.
— Dans les terres, Trille d’Oiseau.
— Si loin de la rivière ? protesta-t-elle.
— C’est temporaire. Que tout le monde me suive !
— Attends ! le héla Cœur de Nacre en s’arrêtant à mi-pente. Où est Fleur de Pluie ?
— Là ! »
Une reine gris perle avança prudemment vers lui. Son ventre était gonflé par les petits à naître.
« Tu vas bien ? s’inquiéta le lieutenant.
— Ça ira mieux une fois que j’aurai les pattes au sec. »
Elle était hors d’haleine et la pluie dégoulinait de son pelage en filets ininterrompus.
Une petite chatte blanche tachetée de noir contourna la reine, les yeux brillants.
« Les douleurs ont commencé, annonça-t-elle.
— Les petits arrivent ? voulut savoir le lieutenant.
— Je ne sais pas encore, admit Baie de Ronce, la guérisseuse.
— Cœur de Nacre, va plutôt aider Étoile de Grêle au lieu de t’inquiéter. Tout ira bien », lança la reine à son compagnon.
Ce dernier acquiesça avant de s’éloigner.
« Reflet d’Argent ?
— Je suis là ! répondit un guerrier noir et argenté qui écartait les roseaux près de la tanière des anciens pour permettre à ses camarades de gagner un terrain surélevé.
— Assure-toi que tout le monde suit le mouvement. »
Reflet d’Argent hocha la tête et poussa du museau un ancien grisonnant qui refusait d’avancer dans l’ouverture.
« Je ne peux pas partir sans Onde de Nuit ! protestait le vieux matou, les griffes plantées dans la terre humide. Elle était partie faire ses besoins lorsque le camp a été inondé. Elle n’est toujours pas revenue.
— Nous la trouverons », lui promit Reflet d’Argent, qui se tourna vers Étoile de Grêle. « Tu la vois ?
— Non. Je vais m’assurer que tous les nids sont vides ! »
Le meneur dévala la pente vers la pouponnière, fourra le museau à l’intérieur et renifla, à l’affût de l’odeur de corps chauds.
Personne. Il inspecta ensuite les restes de la tanière des apprentis, puis ceux de la tanière des guerriers. Seule flottait une odeur de roseaux mouillés. Il balaya le camp du regard en luttant pour garder l’équilibre malgré le courant qui menaçait de l’emporter. Enfin, il retraversa la clairière inondée et suivit son Clan.
« Est-ce que nous sommes tous là ? cria-t-il.
— Onde de Nuit reste introuvable, se lamenta Reflet d’Argent.
— Je vais repartir à sa recherche, annonça Ciel Clair.
— Entendu, fit le chef. Les autres, vous continuez à avancer. »
Alors que Ciel Clair parcourait une nouvelle fois la berge, Fleur de Pluie poussa un gémissement sourd.
« Fleur de Pluie ? » s’inquiéta Cœur de Nacre.
La reine s’était recroquevillée, la gueule déformée par la douleur.
Baie de Ronce s’accroupit près d’elle.
« Les petits arrivent, annonça-t-elle.
— Maintenant ? s’étrangla le guerrier.
— Ils n’attendront pas la fin de la tempête, répliqua la guérisseuse. Nous devons la mettre à l’abri.
— Au milieu des arbres, suggéra le lieutenant. L’eau ne montera jamais si haut.
— C’est trop loin. » Baie de Ronce leva les yeux vers la branche large et basse du chêne au-dessus de leurs têtes. « Tu crois que tu peux la porter là-haut ? demanda-t-elle au matou.
— J’y arriverai s’il le faut. » Il prit sa compagne par la peau du cou et l’entraîna tant bien que mal jusqu’au pied de l’arbre. « Allez, on grimpe. »
La reine leva la tête et gronda. Elle ouvrit la gueule comme pour protester, mais ses flancs se contractèrent et elle se recroquevilla de nouveau sur elle-même.
« Allez ! la pressa la guérisseuse. On n’a pas toute la nuit ! »
Fleur de Pluie planta ses griffes dans l’écorce et entreprit de se hisser vers le haut tandis que Cœur de Nacre la poussait d’en bas. Haletante, la reine parvint à grand-peine à un creux dans le tronc d’où jaillissait la branche.
Baie de Ronce grimpa à son tour à toute allure, aussi vive qu’un écureuil, doublant Cœur de Nacre au passage. Elle regarda un instant le creux, puis hocha la tête.
« Ça ira. Cœur de Nacre, tu pourrais aller me chercher mes remèdes ?
— Je vais essayer.
— Sois prudent ! » hoqueta Fleur de Pluie.
Son compagnon avait déjà sauté de la branche pour filer vers le camp inondé.
Du bout de la patte, la guérisseuse balaya les feuilles mortes.
« Tu as largement la place de t’allonger là. »
Du museau, elle poussa la reine vers la litière de fortune et s’installa tout près d’elle sur l’écorce trempée.
Il n’y avait même pas trois lunes que le mentor de Baie de Ronce, Pelage Lacté, avait rejoint le Clan des Étoiles et qu’elle était devenue l’unique guérisseuse de son Clan. C’était la première fois qu’elle devait faire face à une urgence.
Fleur de Pluie frémit, transpercée par une nouvelle contraction. Baie de Ronce inspira un bon coup pour évacuer de son esprit le hurlement du vent et le grondement du tonnerre. Elle posa doucement les pattes sur le flanc de sa patiente alors qu’un nouveau spasme la secouait.
La guérisseuse scruta les touffes de roseaux en contrebas. Aucun signe de Cœur de Nacre. Elle coupa un rameau avec ses crocs et le posa près de la joue de Fleur de Pluie.
« Tiens. Mords-le aussi fort que possible lorsque la douleur arrive.
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