La guerre des clans tome 2

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SEUL LE COURAGE POURRA LES SAUVER...



Au sein du Clan du Tonnerre, Coeur de Feu est devenu un valeureux guerrier. Une chance ! Il aura besoin de toutes ses forces pour déjouer les plans diaboliques de Griffe de Tigre qui cherche à lui nuire et à l'exclure de son clan. Sans parler des accidents et maladies qui s'abattent depuis quelque temps sur sa tribu. Lorsque le clan voisin, celui du Vent, est chassé de ses terres, sa méfiance grandit encore. Déchiré, Coeur de Feu s'interroge : comment aider les autres quand on doit se défendre soi-même ?





Publié le : jeudi 26 janvier 2012
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EAN13 : 9782266222686
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Erin Hunter

La guerre des Clans, Livre II
À feu et à sang
Traduit de l’anglais par Cécile Pournin

À mon fils, Joshua, dont le sourire m’a soutenue dans l’écriture,
et à Vicky, mon éditrice, sans qui Cœur de Feu ne serait jamais devenu un guerrier.
Remerciements tout particuliers à Kate Cary.
: La guerre des Clans, Livre II - À feu et à sang
: La guerre des Clans, Livre II - À feu et à sang
PROLOGUE
A
U-DESSUS DES FLAMMES ORANGE qui léchaient l’air froid, des étincelles montaient dans le ciel nocturne. Les silhouettes de quelques Bipèdes blottis autour du feu se dessinaient dans la lumière qui jetait des ombres vacillantes sur les herbes folles.
Deux lueurs blanches au loin annonçaient l’approche d’une créature de fer. Accompagnée d’une fumée âcre, elle passa en rugissant sur un Chemin du Tonnerre perché dans les airs.
Un chat se faufila le long du terrain vague, les prunelles luisant dans l’obscurité. Au bruit des pétarades, ses oreilles dressées tressaillirent, se couchèrent en arrière. D’autres félins le suivirent un par un sur le tapis de verdure crasseuse. La tête baissée, les babines retroussées, ils humaient l’atmosphère toxique.
« Et si les Bipèdes nous aperçoivent ? murmura l’un d’eux.
— Aucune chance. La nuit, ils ont mauvaise vue », lui répondit un mâle de grande taille, dont les yeux ambrés reflétaient l’éclat du brasier.
Il poursuivit son chemin, sa fourrure noire et blanche illuminée par la fournaise. La queue haute, il tentait d’insuffler du courage à sa tribu.
Pourtant ses congénères tremblaient, couchés contre la végétation. Quel endroit étrange ! Le vacarme des monstres écorchait leurs oreilles délicates, la puanteur les prenait à la gorge. Une chatte grise remua les moustaches, inquiète :
« Étoile Filante ! Pourquoi ici ? »
Le guerrier se retourna.
« On nous a chassés de partout, Patte Cendrée. Ici, nous pourrons peut-être vivre en paix.
— En paix ? » répéta la reine, incrédule. Elle poussa son chaton à l’abri sous son ventre. « Avec ce feu et ces créatures, mes petits sont en danger ici !
— Mais chez nous aussi ! » intervint un mâle au pelage charbonneux. Il s’avança en boitant bas, la patte tordue. Il soutint le regard de leur chef. « Nous n’avons pas pu les protéger du Clan de l’Ombre. Pas même dans notre propre camp ! »
Des miaulements anxieux s’élevèrent : les pauvres bêtes se rappelaient la terrible bataille qui leur avait coûté leur territoire sur les hauts plateaux, à la lisière de la forêt.
« Étoile Brisée et ses guerriers sont peut-être encore à notre recherche ! » gémit un jeune apprenti.
Ce cri attira l’attention de l’un des Bipèdes réunis autour du feu : il se leva, les jambes flageolantes, pour scruter la pénombre. Silencieux, les chats se plaquèrent aussitôt au sol. Même Étoile Filante baissa la queue. Une silhouette lança un objet en poussant des cris. Le missile passa juste au-dessus d’eux ; il s’écrasa sur le Chemin du Tonnerre, où il vola en une multitude de petits morceaux coupants.
L’un des éclats érafla l’épaule de Patte Cendrée. Elle tressaillit sans un bruit, le corps pelotonné autour de son petit terrifié.
« Baissez-vous ! » chuchota le chef.
Après avoir craché par terre, les hommes se rassirent.
Le vétéran attendit encore un instant avant de se redresser. Grimaçante, la jeune mère l’imita malgré sa douleur à l’épaule.
« Cet endroit n’est pas sûr ! souffla-t-elle. Qu’allons-nous manger ? Il n’y a pas trace du moindre gibier. »
Étoile Filante lui toucha délicatement la tête du bout de son museau.
« Je sais que tu as faim, reconnut-il. Mais nous serons plus en sécurité ici que sur notre ancien territoire, ou dans les champs et les bois habités par les Bipèdes. Regarde ! Le Clan de l’Ombre lui-même ne nous suivrait pas jusqu’ici. Aucun chien à la ronde. Quant à ces hommes, ils peuvent à peine se lever. » Il se tourna vers le chasseur boiteux. « Patte Folle ! Moustache et toi, je vous charge de nous trouver à manger. Là où il y a des Bipèdes, les rats ne sont jamais très loin.
— Des rats ? jeta Patte Cendrée quand l’éclaireur s’éloigna en compagnie d’un jeune mâle tacheté de brun. Et pourquoi pas des charognes ?
— Silence ! souffla une chatte brune tapie à côté d’elle. Ça vaut toujours mieux que de mourir de faim ! »
D’un air renfrogné, la reine grise lécha son chaton entre les oreilles.
« Nous devons trouver un nouveau camp, reprit sa compagne plus doucement. J’ai besoin de repos et de nourriture. Je ne vais pas tarder à mettre bas. Il faut que je recouvre mes forces. »
Les silhouettes fuselées des deux éclaireurs surgirent des ténèbres.
« Tu avais raison, Étoile Filante, déclara Patte Folle. L’odeur des rats est partout, et je crois que nous avons trouvé un abri.
– Montre-nous le chemin », lui ordonna le chef, avant de réunir la tribu d’un signal de la queue.
Les félins traversèrent le terrain vague avec prudence vers le Chemin du Tonnerre. Le feu projetait leurs formes vacillantes sur ses immenses piliers de pierre. Quand une créature passa en vrombissant au-dessus de leurs têtes, le sol se mit à trembler. Mais même les nouveau-nés, sentant qu’il fallait se taire, se firent tout petits.
« C’est là », annonça Patte Folle.
C’était une ouverture ronde, haute comme deux chats. Un tunnel sombre s’enfonçait en pente douce dans le sol. Un filet d’eau s’y engouffrait.
« Elle est potable, ajouta-t-il. On aura de quoi boire. Nous serons à l’abri des Bipèdes et des monstres. »
La tête haut dressée, Étoile Filante s’avança.
« Le Clan du Vent a erré trop longtemps. Presque une lune que nos ennemis nous ont chassés de notre territoire. Le temps se rafraîchit, bientôt ce sera la saison des neiges. Nous n’avons pas d’autre choix : il nous faut rester ici. »
Chapitre premier
C
ŒUR DE FEU GRELOTTAIT. Il avait encore sa fourrure de mi-saison ; sa robe couleur de flamme ne serait pas prête à affronter le froid avant plusieurs lunes. Il piétina la terre durcie. Malgré ses pattes engourdies, le félin roux ne put réprimer sa fierté. Après tant de lunes d’initiation, il était désormais un guerrier.
Il se remémora la victoire de la veille au camp de l’Ombre : les yeux luisants et les menaces du chef ennemi, qui avait fini par battre en retraite et abandonner les siens pour rejoindre dans les bois quelques compagnons en fuite. Soulagé du départ de leur chef, le reste des troupes adverses, bien mal en point, avait accepté la trêve temporaire proposée par le Clan du Tonnerre. Avant sa défaite, Étoile Brisée ne s’était pas contenté de semer la discorde dans ses propres rangs : il avait aussi chassé le Clan du Vent de ses terres ancestrales. À l’époque où Cœur de Feu vivait encore chez les Bipèdes, la cruauté de ce monstre endeuillait déjà la forêt.
Mais une nouvelle menace inquiétait l’ancien chat domestique : Griffe de Tigre, le lieutenant du Clan du Tonnerre. Cœur de Feu et Plume Grise, son complice de toujours, avaient aidé Nuage de Jais, l’apprenti du vétéran, qui le terrorisait, à gagner le territoire des Bipèdes, de l’autre côté des hauts plateaux. Les siens le croyaient mort, tué par le Clan de l’Ombre. Sa vie restait cependant menacée.
Griffe de Tigre semblait prêt à tout pour l’empêcher de révéler son terrible secret : il avait assassiné Plume Rousse, leur ancien lieutenant, dont il convoitait la place. Du moins, c’était ce qu’avait révélé Nuage de Jais.
Cœur de Feu secoua la tête afin de dissiper ces pensées bien sombres. Il se tourna vers Plume Grise, assis à côté de lui, la fourrure ébouriffée pour se protéger du froid. Aucun ne pipa mot.
Cœur de Feu risqua un œil vers la tanière des guerriers, de l’autre côté de la clairière. À travers les branches du buisson, il reconnut la large carrure de Griffe de Tigre endormi.
Au pied du Promontoire, le rideau de lichen qui drapait l’entrée du repaire de leur chef s’agita. Étoile Bleue surgit sans bruit de l’ombre, ses longs poils gris-bleu auréolés de lumière. Je dois la mettre en garde contre Griffe de Tigre, pensa Cœur de Feu. Elle devait savoir qu’un meurtrier se cachait parmi eux.
L’assassin sortait justement de son antre : il rejoignit Étoile Bleue à l’orée de la clairière, lui murmura quelques mots. Nerveux, il agitait la queue.
Cœur de Feu devait parler à Étoile Bleue aussitôt que possible. Il se contenta d’incliner la tête, plein de respect, quand les deux félins passèrent à sa hauteur.
Plume Grise lui donna un petit coup de museau et désigna le ciel. Une lueur orange apparaissait à l’horizon.
« Contents de voir arriver l’aube, tous les deux ? »
La voix grave de Tornade Blanche prit le chat roux par surprise. Il n’avait pas vu approcher le mentor à la robe immaculée. Les deux amis acquiescèrent.
« C’est bon, vous pouvez parler, maintenant. Votre veillée est terminée. Le silence n’est plus de rigueur. »
Son miaulement ne manquait pas de douceur. La veille, il s’était battu à leurs côtés contre le Clan de l’Ombre. Dans ses yeux brillait un respect tout neuf.
« Merci, Tornade Blanche », répondit Cœur de Feu, soulagé.
Il se redressa et étira l’une après l’autre ses pattes ankylosées. Plume Grise fit de même.
« Brrr ! s’écria le félin cendré en s’ébrouant. Je commençais à croire que le soleil ne se lèverait jamais !
— Le grand guerrier a parlé ! »
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