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Titre
La légende d’Arkaë
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Titre Eric Hibert
La légende d’Arkaë
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02314-5 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304023145 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02315-2 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304023152 (livre numérique)
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On ne perd pas son chemin, on perd seulement la possibilité de le voir.
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LE SEUL CHEMIN EST CELUI QUON PARCOURT
Papi tout gris n’avait jamais fermé la porte de la maison de bois, alors Nolan laissa l’endroit comme il l’avait toujours connu, avec en plus le silence. Il rejoignit le canoë qui attendait au bord de la rivière. La lumière du soleil traversait le feuillage des arbres autour et venait par en-droit faire apparaître de petits scintillements. Une douce quiétude envahissait la voûte de branchages qui recouvrait la rivière. Elle se mé-langeait avec le murmure de l’eau que le canoë transperçait maintenant. Nolan s’était embarqué dans un précieux navire. C’était un canoë d’indien. Une longue et fine embarcation, déco-rée de peintures et de cordes tressées. Nolan, en s’éloignant, regarda la maison devenir une forme lointaine et presque floue. Il quittait la cabane de Papi tout gris, les bû-ches de bois rangées derrière pour les feux de l’hiver, l’odeur de cette partie de la forêt, la dé-suétude de ce havre de paix. Il quittait le quoti-dien de quinze années, au milieu des rires, des leçons de pêche, de pagaie et au milieu des lon-
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La légende d’Arkaë
gues histoires des soirs bien tard que lui contait Papi tout gris. Ce qu’il emmenait de cette vie, se limitait au canoë dans lequel il partait, à une couverture, à un Tomahawk Navajo que Papi tout gris avait toujours porté à sa ceinture et à une bouteille en verre contenant un morceau de papier roulé sur lui-même. Quand la maison ne fut plus qu’un point im-précis dans la verdure des lignes du fond, No-lan, reposa son regard sur l’avant. Il observa l’oscillation des flots que le canoë provoquait en passant. Puis il regarda loin comme un capitaine impatient, curieux de découvrir le paysage à la sortie du prochain virage. La rive défilait dou-cement dans ses yeux. Il aimait cette image et la sensation qu’elle procurait. Il aimait ce mouve-ment. Il se rappelait à cet instant les longs tra-jets avec Papi tout gris, comme il retrouvait le roulis. L’impression était la même. Nolan s’en allait, maintenant qu’il était seul. Papi tout gris avait rejoint les nuages, alors la cabane était trop malheureuse. Elle n’était plus l’espace ni l’horizon qu’il fallait. Papi tout gris avait dit que lorsqu’il serait vieux, trop vieux pour pêcher dans la rivière, il faudrait prendre le canoë et s’en aller loin, de l’autre côté de la fo-rêt. Nolan avait attendu le dernier moment. Puis il y avait le papier enroulé dans la bouteille. Une bouteille que Papi tout gris avait toujours gardée sur le rebord d’une fenêtre. Il avait aussi
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