La Légende d'Utopia

190 lecture(s)
L’Homme a évolué de façon radicale... ou extrême. La technologie est arrivée à son apogée. L’Homme maîtrise son corps et son esprit, arrivant à séparer l’un de l’autre. Mais voilà, il découvre sa nature, son essence. Découvre la vérité sur son existence. Il ne comprend pas, ni ne sait comment réagir. Comprendre n’est pas assimiler... La société engendre la Tueka, un jeu merveilleux de simulation qui permet à l’Homme de créer grâce à son imagination un monde parfait, selon ses désirs. Les interactions sociales ne se font plus. Chacun voit des ses propres yeux, vision, ce qu’il veut. Chacun est ce que l’on veut ou pense. Cette maîtrise détruira leur monde.

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La Légende d'Utopia
Nicolas Chattou-coumbil
La Légende d'Utopia
Cycle Utopien I
















Le Manuscrit
www.manuscrit.com












 Éditions Le Manuscrit, 2004.
20, rue des Petits-Champs - 75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-4377-9(Fichier numérique)
IS-4376-0(Livre imprimé)
NICOLAS CHATTOU-COUMBIL




LE CYCLE UTOPIEN : L’UNIVERS




L’Homme a évolué de façon radicale…ou extrême.
La technologie est arrivée à son apogée. L’Homme maîtrise
son corps et son esprit, arrivant à séparer l’un de l’autre.
Mais voilà, il découvre sa nature, son essence. Découvre la
vérité sur son existence. Il ne comprend pas, ni ne sait
comment réagir. Comprendre n’est pas assimiler…
La société engendre la Tueka. Un jeu merveilleux de
simulation qui permet à l’Homme de créer grâce à son
imagination un monde parfait, selon ses désirs. Les
interactions sociales ne se font plus. Chacun voit des ses
propres yeux, vision, ce qu’il veut. Chacun est ce que l’on
veut ou pense. Cette maîtrise détruira leur monde. Un roi
dans tout cela : Nolas. Il est le grand créateur de la Tueka.
Mais prit à son propre jeu, ou peut-être piégé, il découvre
avec horreur ce qu’il a créé. Mais il est trop tard…
Celui que l’on nomme Distiruienne, L’Empereur,…ou le
Dieu Shâ dirige ce monde virtuel et imaginaire. Il n’a qu’une
envie : VIVRE. Il se nourrit de l’imagination de ses pions :
Les Hommes.
D’où vient-il ? Qui est-il ?
C’est le double de Nolas. The Spirit. Lorsque ce dernier
découvre la Vérité, la légende d’Utopia, il découvre sa
création, qui se plaisait à se nommer : le Conteur.
Celui-ci avait trouvé, à travers Nolas, le moyen de contrôler
le monde réel. Après de nombreuses guerres, le monde fut
englouti par les flots : Les larmes de Shâ.
Nolas protégea une partie de la civilisation en utilisant le
5 LA LEGENDE D’UTOPIA

pouvoir du Conteur, et créa ainsi le Lextac. Machine,
énergie, elle apporta ce qu’il fallait pour survivre sous les
océans terrifiants qui submergeait la planète.
Mais, le temps de l’utopie est revenu. Les descendants de
Nolas possèdent une faculté hors du commun : le pouvoir.
Ils ne savent pas encore l’ampleur que prendra la guerre
qu’ils sont en train de mener, ni même les conséquences. Ils
se battent pour la création.
Une troisième force se créée également dans l’ombre : Les
puissants. Ils veulent contrôler la création…mais ils ne
connaissent pas encore le but réel de ce combat, ni les
conséquences qui s’en suivront.
Le Bien, Le Mal. Notions qui étaient oubliées. Une
dialectique fondamentale qui créait la balance qui équilibre
l’univers. Mais le Conteur se veut création. Le Conteur veut
atteindre le but de tout créateur : la Divinité.


La légende d’utopia est le premier roman de la serie : Cycle Utopien.






6 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL





Prologue






Selon la légende d’Utopia, sur la terre de Shâ, dieu d’un
univers parallèle au notre, un monde philosophique idéal où régnaient
l’ordre, la générosité, le partage et l’amour disparut dans des
circonstances troubles ; qu’elles soient politiques ou guerrières.
Son niveau technologique était important, bien plus important que le
nôtre…

Naguère, cinq mages dirigeaient le pays d’Utopia et de
Dakkon (le pays des Dragons). Chacun d’entre eux représentait un
élément : l’eau, la terre, le feu, la vie…Excepté Distiruienne, le plus
puissant des mages, qui était le gardien de la sagesse et de l’équilibre de
ces éléments fondamentaux.
Mais un jour, Distiruienne disparut et l’équilibre se rompit. Un
homme prit le pouvoir, tua les mages et créa un empire découpé en cinq
pays : Boré, Dakkon, Les Terres Hautes, Saîas et les Basses Terres,
chacune dirigée par un puissant, élus parmis les généraux, par
l’Empereur nouvellement arrivé au pouvoir.
Dans les différents pays, les cités maîtres sont les garantes de la
sécurité et de la gestion de l’économie des villages des alentours.

Sous la férocité de leurs nouveaux dirigeants, l’empire
supprima la technologie et plongea le peuple dans la corruption et la
dépravation. Seul subsistaient quelques matériaux médicaux et de
vieilles pièces retapées par les habitants.
7 LA LEGENDE D’UTOPIA


Pratiquement plus personne ne se souvient de la raison pour
laquelle le pays tomba aux mains de l’empereur. Et le monde se
résignait…Mais peut être le destin rattrapera-t-il la perfidie et la
méchanceté…Seul Shâ le sait…












8 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL











ACTE I
9 LA LEGENDE D’UTOPIA

10 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL



Chapitre 1


Rencontre




La fatigue commençait à me ronger. J’étais trempé et
je sentais le froid sur ma peau, comme des lames de
couteaux aiguisées.
Je marchais depuis près de cinq jours à la recherche d’un
village hospitalier où je pourrais me trouver un travail et un
logement…manger à ma faim.
Enfin.
Enfin j’aperçus, au loin, un village. Une once d’espoir
m’envahit. J’avais faim et froid.
Mais plus je m’approchais, plus le village prenait un air
inquiétant ; on y voyait de la fumée s’en échapper ; mais pas
des feux de cheminées. Une fumée noire, très noire, et une
sensation répugnante en émanait, quelque chose
d’étrange…Une odeur acre et horrible,…du sang !
Un massacre, voilà ce que c’était, un massacre. Tout
le village avait été brûlé. Il y avait des morts, des cadavres
partout, des maisons saccagées, pillées, un spectacle de mort
et de désolation. J’avais comme des picotements dans les
bras, tant mon cœur se serrait devant cette tuerie.
Qui avait fait ça ?…Comment peut t’on faire un tel carnage ?
Comment peut-on penser à commettre de telles
atrocités ?…Tant de questions se bousculaient dans ma tête
et je me sentais si impuissant devant ce, ce,…Je ne trouvais
même plus un mot pour définir ce que je ressentais. Peut
être est-ce une tribu barbare de l’empire qui s’adonnait au
plaisir de la tueka, ce jeu de massacre que de nombreux clans
11 LA LEGENDE D’UTOPIA

font naître. Un massacre précis et organisé d’un village, au
point qu’il n’en reste rien…

Un bruit se fit entendre. Je pris mon Sudji, le brandis
et me préparais au pire.
Le bruit se rapprocha. Je me retournais !…Un garçon. Un
petit garçon de cinq ans à peine, à moitié vêtu du reste de ses
habits déchirés…Il pleurait…sa mère était gravement
blessée.
Je pris ma bourse contenant mes herbes de sangrin pour
essayer d’apaiser et de soigner sa mère gisant sur le sol. Je la
scannai pour connaître son état de santé mais ses fonctions
vitales étaient au plus basses, elle allait mourir…Il n’y avait
pas d’espoir et l’enfant se mit à pleurer.
Avant de mourir, elle me conta une histoire. Elle parlait avec
beaucoup de mal mais, elle tenait tant à se confier. Elle me
fit promettre de ne jamais révéler ce secret et de m’occuper
de l’enfant. Elle mourut, une lueur d’espoir dans les yeux :
son fils était sauvé. Elle disait sentir en moi quelque chose de
bien, et surtout beaucoup de générosité. Moi, Guzmeth,
simple vagabond je me retrouvais avec un enfant à charge et
surtout avec l’impératif de trouver un travail pour nous
nourrir.
Etrangement, je sentais que ma vie avait enfin pris un
sens. Surtout depuis la guerre, les années noires…
Plusieurs années passèrent, allant de ville en ville ; puis un
jour je me suis installé dans le village de Asac situer dans les
plaines désertiques où j’ai trouvé ce travail dans l’agriculture.
Là, j’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme, Tilly.
Après ces nombreuses années difficiles, la promesse faite à la
mère de Nolas fut enfin réalisée.
12 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL



Chapitre 2


Questionnement


« Voilà, mon fils où je t’ai rencontré, voilà toute
l’histoire ! Tu as maintenant 15 ans et tu es en âge pour
comprendre et connaître ton passé. ». Nolas restait songeur
et interrogatif…« Mais…je voudrais bien savoir ce que ma
mère t’a dit avant de mourir ?! » Guzmeth, le père de Nolas,
se leva brusquement et dit d’un air ennuyé : « C’est simple,
c’est l’histoire de la légende d’Utopia, l’empire perdu. » Nolas
intrigué et surtout excité comme un enfant répliqua :
« Utopia ! Raconte-moi, raconte-moi ! C’est un pays
merveilleux ? Qu’est-ce que ça paraît excitant! ». Guzmeth lui
répondit : « On peut dire ça…Mais beaucoup de gens
racontent cette histoire, qui pour ma part n’est qu’une
légende, mais il se fait tard va te coucher. Il faut être en
forme pour demain, nous avons du travail et ta m… » Nolas
lui coupa la parole : «…Mais ma mère ne t’a rien laissé
comme souvenir ? Un petit quelque chose, un objet, rien ? »
« Si! Elle t’a donné ceci, elle m’a demandé de te le donner
plus tard quand tu serais en âge de comprendre, je ne sais
pas ce que c’est, mais je veux respecter sa parole. » Guzmeth
lui donna un collier en cuir avec une boule accrochée au
bout, une boule verte, brillante, tachée de traits blancs. Nolas
sourit, embrassa Guzmeth et Tilly, la femme de Guzmeth,
puis alla se coucher.
Inquiète, Tilly demanda à son mari : « Quelle est cette
vérité ? Et qu’est-ce qu’Utopia ? », Guzmeth se mit en colère
et répondit : « Rien que des légendes stupides ! La seule
vérité c’est que j’ai trouvé un enfant rescapé dans un village
en ruine avec sa mère mourante qui délirait ! …Je vais me
13 LA LEGENDE D’UTOPIA

coucher… ».
Tilly resta pétrifiée, car elle n’avait pas l’habitude de voir son
mari en colère. Elle partit le rejoindre peu après.

Le lendemain après midi, Nolas et son père étaient
épuisés après une matinée de dur labeur et comme
récompense, Guzmeth, le laissa jouer avec ses amis dans le
village.
Il courut les rejoindre, et vit sur la place du village son
meilleur ami Reth. Son seul et unique ami…un ami
d’enfance. Il était inséparable. Nolas et Reth étaient pourtant
très différends l’un de l’autre. Reth était costaud, et grand.
Les yeux verts…d’un vert inquisiteur. Tandis que Nolas était
de taille moyenne, et fin…mais doté d’une très grande agilité.
Ses yeux marrons/verts étaient souvent remplis d’une
mélancolie omniprésente…qu’elle que soit ses humeurs.
Passion ; tristesse ; joie ; chagrin…rien ne faisait changer
cette impression étrange de son regard.

Encore curieux de l’histoire de sa mère, il posa à Reth des
questions sur la légende d’Utopia : « Quoi tu ne connais pas
Utopia ! Eh ben,…C’est une histoire merveilleuse, il y a bien
longtemps, je ne sais plus quand, l’empire était formé d’un
seul pays, au lieu des cinq comme maintenant. L’art de la
philosophie et de la sagesse régnait.
Cinq mages dirigeaient le pays, ils étaient puissants et d’une
grande sagesse. Mais un jour, l’un d’eux disparut de façon
inexplicable : Distiruienne, le plus sage et plus puissant des
cinq. Le pays entier en subissait les conséquences…Car la
magie protégeait le pays et apportait prospérité et
développement. L’équilibre se rompit, un homme
surpuissant leva une armée gigantesque pour prendre le
pouvoir ! Heureusement son armée fut en très grande partie
décimée. Mais lui, survécut à la bataille avec une poignée de
ses meilleurs hommes. Ces derniers auraient réussi à
pénétrer le palais royal et à s’emparer de la sphère de
14 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL

l’équilibre en y imposant son sceau (celui du
mal)…L’équilibre rompu, le mal prit le pouvoir, car la
sphère, si elle n’est pas utilisée, équilibre les forces par défaut
mais si le bien ou le mal s’en empare un déséquilibre se
produit, entraînant des conséquences catastrophiques ! Et si
le mal domine c’est encore pire !
Les mages furent décimés, sauf un. Ce dernier réussit à
s’échapper et à trouver refuge dans les montagnes ; d’après
ce qu’on dit, il serait mort. Un empereur dirigea le pays,
créant et dominant l’empire avec force et férocité
Voilà tout ce que je sais de la légende d’Utopia. »
Nolas dit : « Mais crois-tu que c’est l’empereur de notre
pays ? Celui que personne n’a jamais vu ? Et Distiruienne
qu’est-il devenu ? Et l’autre Sage ? »
-« Personne ne sait, c’est une légende !! Après tout à l’école
on nous a appris que l’empereur est venu au pouvoir par le
vote des cinq puissants, ceux qui dirigent les pays de notre
empire. Et puis on ne va pas passer l’après midi à ça ! On va
faire un tour de Tigea !! » Nolas a contre cœur, accepta. Ils
partirent faire un tour de Tigea, cette planche en bois
parcourue d’un faisceau qui le propulse à grande vitesse.
Ils firent quelques tours, aussi acrobatique que l’on
pouvait avec leur planche Tigea, mais Nolas n’était vraiment
pas bien, préoccupé et Reth s’en aperçut : « Tu es bizarre
aujourd’hui, tu ne t’es pas donné à fond comme
d’habitude… ». Nolas ne répondit pas car trop préoccupé
par la mort de sa mère. Reth ne chercha pas d’avantage à
comprendre.
Nolas gardait une place dans son cœur pour sa mère
tuée de façon si atroce et en faisait des cauchemars. Il ne
cessait de penser à elle. Malgré tout, cette sensation était
différente d’un chagrin habituel, au fond de lui il avait
l’impression que quelque chose manquait, un vide. Bien sûr,
sa mère lui manquait mais il se sentait en quête de quelque
chose, déjà en quête de lui-même et de son histoire mais
surtout de savoir qui il est ou plutôt ce qu’il était. Autre que
15 LA LEGENDE D’UTOPIA

Nolas, le jeune adolescent.
La journée se terminait et chacun rentrait chez lui.
Nolas était fatigué et possédait encore de nombreuses
questions en tête.
Tilly avait préparé le repas et tout le monde se mit à table.
Nolas, pour apaiser son esprit préoccupé, questionna
Guzmeth : « Ma mère t‘a parlé de mon Père ? » Guzmeth
d’un air contrit lui répondit : « Désolé, je n’ai aucune
information sur lui et malgré ma recherche sur les terminaux
de la cité Maître je n’ai rien trouvé…Pourtant je suis
retourné quelque temps plus tard dans le village de ta mère,
tout avait été détruit, il ne restait rien. ». Nolas triste de ne
pas avancer dans sa quête, commença à perdre espoir de
retrouver les traces de son passé. Mais il demanda de
nouveau à Guzmeth :
- « Mais où se trouve, ce village ?…A t-il été rebâti ? »
- « Non, il ne reste que quelques ruines une grande partie du
village avait été rasé, mais il restait un survivant quand j’y
pense, autre que toi, un survivant assez âgé d’ailleurs… »
- Nolas ragaillardi cria presque de joie : « Tu crois qu’il est
encore en vie ?! Et peut être connaît-il mes parents !… »
- « …il est mort. Il y a longtemps, quatre ou cinq ans. J’étais
resté en contact avec lui par e-mail mais… »
Nolas s’énerva brutalement :
« Comment ? Tu ne m’as rien dit ! Je pensais qu’il ne restait
plus rien, ni personne!… »
- « Mais, il ne connaît pas ta mère, je lui ai demand… »
- « …Non ! Je ne veux pas savoir ! Je suis sur qu’il sait des
choses sur ma famille et mes origines,…C’est qu’un village
après tout ! Regardes chez nous…Tout se sais. Tu me caches
la vérité ! Je sais au fond de moi que mon destin est de
retrouver mes racines et de venger les miens !! »
- « …RESTES ASSIS ! Tu deviens fou ! Tu te prends pour
un guerrier souk’ata maintenant ! Tu crois pouvoir savoir qui
a fait ça! Et même si tu savais!...Tu crois pouvoir faire
quelque chose ! Calme-toi ! Sinon… »
16 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL

- « …Sinon quoi ?! …Je préfère partir… »
Nolas quitta brusquement la table, sortant de la maison. Il fit
un tour dehors pour se calmer et réfléchir à tous ces
nouveaux événements qui étaient sur le point de bouleverser
son existence.

Dans la maison, Tilly était furieuse après Guzmeth :
« Mais tu nous mens à tous les deux ! Je ne te reconnais
plus ! J’ai accepté Nolas comme mon fils ! Qui me dit qu’il
n’est pas de toi et que tu nous as mentis ?! » Guzmeth ne dit
rien. Par le silence de ce dernier, Tilly, prit celui-ci comme
approbateur. Même si au fond d’elle, elle savait qu’elle avait
tord, la jeune femme voyait que Guzmeth lui cachait quelque
chose. Tilly regagna la cuisine.
Le repas se termina calme, silencieux et Guzmeth continua à
manger seul et songeur.

Nolas restait également songeur sous les étoiles et se
remit en question : « Pourquoi ai-je fais cela ? Pourquoi ai-je
ce désir si fort de retourner dans mon passé ? Etrange
sensation. Ne suis-je pas heureux et satisfait de ce que j’ai ?
Pourquoi ressasser les traces sombres de mon passé ? Je me
sens comme attiré par mon destin et par une quête.
Laquelle ? La quête de mon passé ? Non. Je pense plutôt à la
recherche de moi-même, de ce que je suis car je sais que
quelque chose au-delà de ces frontières me guide, mais vers
où ?… » Nolas prit le collier de sa mère entre ses mains :
« Dis-moi joli collier ce que ma mère attend de moi, dis–
moi...Mon esprit se trouble et je n’arrive pas à réfléchir,…je
me sens perdu dans l’océan de mon ignorance. »
Le regard mélancolique de Nolas, prenait une teinte plus
trouble que jamais.
17 LA LEGENDE D’UTOPIA

18 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL



Chapitre 3


La quête


La nuit, malgré les évènements, se continua
paisiblement. Mais...
Il était deux heures du matin. On entendit un bruit sourd qui
se dirigeait vers le village. Tout le monde s’éveilla dans la
maison de Guzmeth.
Nolas se leva intrigué et apeuré de son lit, regarda par la
fenêtre pour voir ce qui se passait. Il resta figé.
Des centaines, des milliers, la peur que ressentait
Nolas était tellement grande qu’il ne savait combien de ces
lueurs noires, menaçantes s’approchaient rapidement du
village de Asac ; C’était les barbares ! Une horde de barbares.
Nolas paniquait et s’accrochait fermement au collier de sa
mère comme s'il pouvait le sauver. Puis, tout à coup il se
réveilla de ce coma de peur et courut rejoindre ses parents
qui étaient éveillés eux aussi : « Maman, papa ! Que ce passe
t’il ?! Qu’est-ce qui se passe ?! ». Guzmeth qui serrait Tilly
dans ses bras répondit rapidement: « Cache-toi dans les
soubassements de la maison je vais bloquer les serrures
magnétiques de la maison ! ». Nolas courut se cacher dans les
soubassements et attendit. Il prit Tilly du bout des bras et
d’un air inquiet et tragique il lui dit :
- « Ecoute, je vais essayer de fermer les portes magnétiques
de la maison et dans le pire des cas les arrêter afin de vous
protéger !… »
- « …Non tu va te faire tuer mieux vaut s’en aller, fuir ! Et si
tu veux fermer les portes magnétiques nous les fermerons
ensemble ! »
- « Non, j’ai besoin de toi tu dois protéger Nolas car il
19 LA LEGENDE D’UTOPIA

détient la clef…lui seul peut sauver notre pays et détrôner
notre terrible empereur ! C’est son destin. Je n’ai pas le
temps de tout te raconter… »
- « Ils approchent !… »
Des bruits de verres cassés, sans doute des bombes artisanales, se firent
entendre…
- « …Je dois y aller peut être arriverons-nous à les arrêter !
Sache que je t’aime et que pour ta sécurité et pour moi,…va
rejoindre Nolas dans les soubassements de la maison et
ferme la serrure étanche !… »
- « Non, pas ça !! Il faut que nous contactions la cité, pour
appeler les gardes, ils viendront sûrement nous aider ! »
- « Tu ne comprends donc pas…C’est l’empereur qui nous
envoie ces barbares ! Cette augmentation de criminalité
inexpliquée, toutes ces hordes de barbares, c’est lui qui les a
envoyés !! »
- « Mais pourquoi ?!… »
- « Pour Nolas. Ils ne savent comment il se nomme ni
comment il est mais il le sent, il… »
-« Quoi ? Quoi ?! Dis-moi ! Qu’a t-il fais ! Comment a t’il
fait ! Guzmeth j’ai peur !»
On entendit un bruit sourd et une détonation violente.
Guzmeth prit Tilly dans ses bras et lui dit un dernier mot :
- « L’empereur possède de très grands pouvoirs, mais
je n’ai plus le temps ils approchent et je dois y aller,
reste caché, je viendrais vous rejoindre dans cinq
minutes, au plus tard ! Dépêche-toi Nolas doit
s’inquiéter ! ». Il prit Tilly une dernière fois dans ses
bras : « Sache que je t’aime et que, de tout mon cœur
et de toute mon âme je me battrais pour vous
protéger, toi et Nolas » Il s’embrassèrent et Guzmeth
courut fermer les portes magnétiques.
Tilly courut également, pour rejoindre là où se trouvait
Nolas ; immobile et apeuré.
Guzmeth fermait les portes magnétiques et les fenêtres avec
les volets en métal de tempête Utopien. Ceci fait, il prit son
20 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL

vieux sudji et priait.
On entendait des détonations terribles, partout, et les cris
des barbares déchaînés. Ils saccagèrent à la manière de la
Tueka et tuèrent sans remord toutes personnes s’opposant à
leur jeu de massacre ; brûlèrent, incendièrent la plus part des
maisons. On pouvait sentir l’odeur du bois, et de la chair
brûlée. Une lueur pourpre et jaunâtre se dégageait des feux,
un vrai climat de mort. Guzmeth avait peur mais plus que la
peur de mourir, il avait peur de faillir à la promesse faite à la
mère de Nolas, celle de le protéger et de le laisser accomplir
son destin.
Un groupe de barbares s’approchait, lançant des grenades
sur la maison ; puis on entendit comme un souffle qui
parcourait le toit : Il prenait feu.
Guzmeth se prépara brandit son sudji et récita à haute voix :
« Dieu
Shâ donnez-moi la force d’accomplir mon destin et que la prophétie se
réalise. Protégez Nolas et Tilly et accueillez-moi auprès de vous. »
La porte se brisa et Guzmeth se trouva nez a nez avec une
horde de Barbares féroces armés d’armes terribles. Ils
armèrent leurs armes longues portées, visèrent et tirèrent sur
Guzmeth qui, dans un élan de dernier espoir, se lança sur
eux à corps perdu en poussant un cri de guerre, son
dernier…
Son destin, malgré son héroïsme, s’accomplit et le dieu Shâ
l’emporta auprès de lui.

Tout le village fût pillé et il ne restait pratiquement
plus rien quand Tilly et Nolas sortirent de leur cachette qui
donnait sur un champ de ruine abandonné. De leur belle
maison il ne restait plus rien. Nolas chercha désespérément
son père mais il ne trouva que son vieux sudji couvert de
sang ; Tilly tombant à genoux sur les ruines fumantes de sa
maison, n’avait plus la force ni de pleurer ni de crier
tellement sa douleur et sa peine étaient fortes, Nolas idem…
Il restait des survivants qui arpentaient les rues dévastées et
21 LA LEGENDE D’UTOPIA

une silhouette familière s’approcha : c’était Reth. Il avait
perdu toute sa famille et se retrouvait seul et abandonné
ayant comme pour seule compagnie sa tristesse et son deuil.
Nolas courut vers son ami et il marchèrent jusqu’où était
restée Tilly. Elle s’était relevée et d’un air décidé se tourna
vers Nolas et lui dit d’une façon dont elle ne lui avait jamais
parlé :
- « Nolas, je t’ai toujours considéré comme mon fils et j’ai
essayé de tout faire pour que tu t’épanouisses…Crois-tu que
j’étais une bonne mère…de remplacement? ».
- « Ma mère tout simplement. Je te considère comme ma
mère et je t’aime de toute mon âme, même si on n'est pas du
même sang mon cœur t’appartient et tu y resteras toujours
gravée. »
- « Merci mon fils, snif. Viens dans mes bras,…me faire un
câlin!…»
Nolas et Tilly se serrèrent comme une mère tient son fils.
Tilly regarda d’un air décidé Nolas et lui dit :
- « Mon fils tu dois partir. »
- « Comment ça partir ? »
- « Oui...car ces barbares sont venues, pour toi, pour te
tuer. »
- « Quoi ? Maman que racontes-tu ! Je ne comprends pas, tu
me fais peur… »
- « Ton père me l’a dit avant de… » Tilly se mit à pleurer,
essaya de se ressaisir, mais sa peine est trop grande. Elle dit à
Nolas, le chagrin dans la gorge : « …Il m’a raconté que tu
devais accomplir ton destin et moi je pense que nos routes
doivent se séparer ici malgré ma peine et mon chagrin. Mais
je sais qu’il y a quelque chose d’important qui t’attend…et je
crois en la légende d’Utopia, je ne sais pas encore ce qui
t’attend mais tu dois retourner sur les traces de ton passé. »
Tilly pleura encore plus.
- « Maman ne pleure pas ! Je savais au fond de moi que cela
allait arriver, je ne sais comment mais je le savais…Sache que
je serais toujours prêt de toi dans ton cœur et que mon esprit
22 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL

ne te quittera jamais. »
- « Je sais. » Tilly se sentit soulagée car elle avait entièrement
confiance en Nolas et elle savait que la quête de Nolas était
d’importance vitale.
- « Maman, je voudrais que tu prennes le collier que ma mère
m’a offert. Il a appartenu à ma mère donc il te revient… Je
te le donne pour que tu ne m’oublies jamais. »
Tilly accepta le collier de son fils comme un puissant
symbole d’amour, ils se firent les derniers câlins et Nolas
partit.
Tilly regarda son fils partir seul mais demanda à son meilleur
ami, Reth, qui était resté auprès d’eux s’il voulait
l’accompagner. Il accepta sans difficulté : « Je n’ai plus rien
ici qui me retienne et Nolas est mon meilleur ami. Je
prendrais soin de lui. Je serais ce qu’il n’est pas et lui ce que
je ne suis pas et nous pourrons, ainsi, affronter ensemble les
épreuves. » Tilly regarda Reth avec soulagement : « Je sais
qu’ensemble vous arriverez à triompher des futures épreuves
qui vous attendent. Prenez garde ! » Tilly prit le sudji de son
mari, le nettoya du sang et le donna à Reth : « Tiens prend
cette arme, Guzmeth et moi nous t’avons toujours considéré
comme un membre de notre famille et tu le mérites car tu
possèdes de grands talents de guerrier. » Ils se saluèrent
comme la tradition le voulait. Sur le Sudji était gravé
l’emplacement du village de la mère de Nolas ; il était situé
dans une autre région, la région de Boré à quatre milles
kilomètres.
Reth partit rejoindre Nolas : « Nolas tu comptes marcher
longtemps à pied comme ça ? Regarde ce que j’ai récupéré
de chez moi. » Reth avait gardé deux Tigeas qu’il portait sur
le dos ; Nolas sourit et grimpa sur son Tigea, Reth de même,
puis ils partirent à la recherche du destin de Nolas.
Tilly les regarda partir et pria le dieu Shâ de les
protéger.


23 LA LEGENDE D’UTOPIA

24 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL

Chapitre 4


Le destin


Nolas et Reth parcouraient le pays depuis près de
trois ans, allant de village en village cherchant le gîte et le
couvert pour une nuit parfois deux puis repartaient à la
recherche du village de la mère de Nolas.
Un soir, Reth et Nolas s’arrêtèrent dans un village
non loin d’une cité Maître très importante du pays de Boré.
Le village était arpenté par les gardes impériaux. Nos deux
amis avaient appris à se méfier d’eux et durant ces années de
vagabondage ils se sont endurcis, et ont appris à manier les
armes. Reth à maîtriser l’art du Sudji, ce bâton en métal léger
cranté, et l’art du combat. Nolas, moins combatif que Reth,
développa son agilité et l’art du Tigeka, mélange d’art
martiaux et de Tigea. Un art de combat très acrobatique et
moderne.
Ils rentrèrent dans un bar, commandèrent à boire,
puis Reth demanda au barman s’il connaissait un endroit où
son compagnon et lui pourraient dormir :
-« Allez voir aux abords du village, il y a une vieille femme
qui pourra vous héberger gratuitement pour la nuit. Elle
accueille tout les voyageurs égarés…Etrange, mais vrai. »
-« Comment se nomme t’elle ? »
-« Saria…C’est une personne de confiance vous avez ma
parole !…Dites que vous venez de la part de Simon. »
Le barman leur fit un plan pour trouver la maison de la
vieille dame, sur un vieux bout de papier gras…un objet
archaïque.
Nos deux amis étaient en train de boire tranquillement
quand Nolas remarqua un homme les observant. Ce premier
fit signe à Reth en lui faisant comprendre qu’ils étaient
surveillés. Reth se retournait et marchait
25 LA LEGENDE D’UTOPIA

doucement,…faisant semblant d’avoir vu quelqu’un qu’il
connaissait. Il s’approcha près de l’homme (qui maintenant
observait Nolas) sans se méfier de lui et s’assit une table a
coté.
On pouvait distinguer chez cet homme une arme dissimulée
sous sa grande veste noire. Il avait l’air d’être sportif, peut
être un guerrier…Reth continuait à l’observer quand tout-à-
coup l’homme se leva, sedirigeant vers la sortie. Il ouvrit la
porte du sas, et Reth le suivit, discrètement. Nolas fit de
même.
Une fois sortie l’homme avait disparut :
Nolas s’adressa à Reth : « alors où est-il ? »
-«Je ne comprends pas je l’ai perdu…séparons-nous. Toi à
droite, moi à gauche, le coup classique ».
-« ok »
Chacun de leur coté, ils scrutèrent la rue d’un pas rapide et
décidé.
Nolas avançait dans la rue puis s’engagea dans une petite
ruelle à gauche où l’homme aurait bien put filer. A peine
arrivée dans la rue, que l’homme sauta sur lui ! Nolas tomba
à terre et son agresseur le roua de coups dans le ventre et le
blessa. Nolas se ressaisi, esquiva en roulant sur le coté et
essaya de se relever mais la douleur était trop forte, il
retomba. Le guerrier apparaissait comme un géant à Nolas. Il
était vêtu d’une armure légère et d’une épée en matériau
précieux des hautes montagnes. Mais surtout c’était son
regard, froid, vide avec malgré tout, une lueur, une seule,
celle de la mort et de la haine. Il s’approcha doucement de
Nolas brandit son épée, arma et…un bruit aigu se fit
entendre, un bruit de Tigea, c’était Reth venant à la
rescousse de Nolas sudji à la main. L’agresseur n’ayant pas
eu le temps de réagir se fit renverser et tomba à terre
violemment !
Reth sauta de son Tigea en faisant un salto en arrière et se
mit en position d’attaque. Nolas se redressa tant bien que
mal et se prépara à contre-attaquer. Notre mystérieux
26 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL

guerrier se releva et se mit en position d’attaque également
arme au poing.
L’intensité dans les regards de nos adversaires était d’une
puissance telle, qu’on sentait presque leur aura se toucher.
Reth tourna doucement en cercle et l’homme également :
-« Qui est-tu ?! Et que veux-tu ? Sache que je n’ai peur que
de ma lame et que mon cœur est prêt pour le COMBAT ! »
-« Mon nom tu ne l’entendras qu’une fois car ceux qu’il
l’entende périssent immédiatement. Je m’appelle Sethe
guerrier de l’ombre venu vous tuer ! Hehe, pauvre
inconscient tu crois faire le poids face à moi ? Tu ne
possèdes aucune puissance et ton ami est déjà pratiquement
mort ! Haha !! »
-Nolas se rebella : « Tu crois ça ! Tu va voir la puissance de
mes coups ! Prépare toi tu ne verras ça qu’une fois !
Personne ne s’en remet ! »
-« Hoho ! Tu es un guerrier je ne remarqua point désolé ! Ha
ha !! »
Nolas devint furieux et malgré ses blessures monta sur son
Tigea puis fonça sur lui tel une fusée, esquivant au dernier
moment, tournant autour de lui à grande vitesse et fit un flip
suivi d’un enchaînement de coups de pied. L’homme ne
bougea pas. Au contraire se laissait frapper sans bouger.
Sous l’effet des coups, il tomba. Nolas se remit en position
de combat, prêt à intervenir laissant Reth attaquer à son
tour. Ce dernier se lança sur l’homme qui s’était relevé et fît
un enchaînement de Sudji puissant et rapide, Sethe esquiva
sans problème contrant les attaques de Reth avec son épée.
Nolas fonça la rage au ventre et les deux amis se battaient
ensemble. La bataille faisait rage !
Sethe semblait imperturbable et esquivait avec énergie les
coups de nos deux amis. Ils se battaient depuis près de cinq
minutes avec acharnement quand Sethe réussit à les
repousser : nos amis tombèrent ensemble épuisés mais se
relevant avec hargne, oubliant presque la douleur. Ils
arrêtèrent de se battre et attendirent face à leur adversaire
27 LA LEGENDE D’UTOPIA

qui les fixa du regard. Une tension se créait. Chacun se
cherchant ; Sethe les faisait entrer dans son jeu, les dominant
du regard, les menant où il voulait aller. Le ciel se troublait et
un vent glacial se fit sentir. Le guerrier s’arrêta. Levait le
bras, et l’abaissa violemment créant une onde de choc qui
frappa nos deux amis, les propulsant sur une grande partie
de la rue. Ils essayèrent de se relever, et ainsi se redressèrent
pour montrer leur détermination. Mais Sethe restait
imperturbable et froid.
Nolas et Reth se regardèrent et comprirent qu’ils avaient une
infime chance de le battre. Sethe n’attendit pas la réaction
des nos amis et fonça sur eux. Ces derniers restèrent pétrifiés
devant le guerrier de l’ombre, qui les roua de coups avec une
extrême violence. Ils tombèrent assommés.
Tout espoir semblait perdu quand un éclair venu de nul part,
frappa Sethe, l’emportant sur une centaine de mètres. Un
deuxième éclair le frappa de nouveau mais de façon fatale.
Dans un effort suprême, Reth essayant de reprendre
conscience, scruta la ruelle et aperçut une silhouette frêle et
de petite taille. On aurait dit une femme habillée de façon
monastique mais sous le poids de la fatigue, Reth, tombe
inconscient.

« Réveilles-toi ! C’est moi Nolas ! Tu vas mieux ? ».
Reth se réveilla et découvrit qu’il était dans un lit et couvert
de bandage sur les parties de son corps blessé par
l’affrontement. Une voix se fit entendre, c’était Saria la vieille
femme que le barman leur avait indiquée : « Vous allez
mieux ? Vous avez eu de la chance, ce guerrier aurait put
vous tuer ! Mais pour quelles raisons s’en est-il prit à vous? »
Nolas répondit : « On ne sait pas pourquoi, il s’en est prit à
nous sans raison. » Reth se leva et dit : » Bah ! Encore un fou
qui n’aimait pas notre tête et puis c’est tout ! Il y a souvent
des gens qui… » La femme l’interrompit et dit : « …Vous
croyez qu’un guerrier de l’ombre s’amuse à ça ! Ils sont bien
trop rusés et intelligents pour ce genre d’acte gratuit…Vous
28 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL

n’êtes pas des résistants par hasard ? ». Nolas, d’un air
sérieux et posé, répondit : « Des résistants ? Je ne savais pas
qu’il y avait des résistants. Mais de toute façon ce n’est pas
mon combat car j’ai une toute autre quête…de bien plus
grande importance à mes yeux… », la femme se mit en
colère : « Quoi de plus important que la vie et la liberté des
Hommes ?! Qu’est-ce qui est plus important pour toi ! Ta
quête de vengeance ? Car je suis sûr que tu es guidé par la
vengeance, seul un homme guidé par elle peut réagir comme
toi mais oublierais-tu la misère, arrives-tu à oublier le monde
qui t’entoure ?… » Elle se calma, souffla, et reprît d’un ton
plus doux et triste : «…Laisse tomber…je me suis emportée,
de toute façon c’est une cause perdue… » Reth, qui était
resté muet jusqu’à maintenant, s’anima de passion pour la
cause de cette vieille dame : « Non ! Vous avez raison ! Nous
nous laissons vivre dans ce monde pourri où tout espoir est
détruit, où tout rêve est impossible…où l’amour ne peut
être…Ma famille a été tuée, décimée, écrasée comme de
vulgaires insectes ! Pourquoi ? Pour le jeu ! Le plaisir de la
perfidie et de la cruauté ! Un acte gratuit ? Non, non, non !
Un acte aussi précis ne peut pas faire l’objet d’une simple
envie…Il y a quelque chose d’autre…Je veux croire en
quelque chose d’autre !! Je…ne…peux pas y croire… » Reth
tomba à genoux comme une poupée de chiffons inanimée.
Pleurant toutes les larmes de son corps. Saria, essaya de
réconforter le jeune homme : « Ecoute mon jeune ami, la vie
ne se subit pas, il n’y a qu’un seul acteur, l’Homme, et si celui
ci ne se décide pas à jouer son rôle, il ne mérite plus le titre
d’Homme et n’a plus qu’à rejoindre les animaux ! Vie ta
passion et encourage l’espoir qui a depuis toujours guidé le
monde d’Utopia…Ah, Utopia…remarques-tu que le nom de
notre terre n’est jamais prononcé ? L’espoir a été tellement
écrasé par l’empereur que personne ne prononce le joli nom
de notre planète, le peuple perd la notion de propriété et
d’identité. » Reth leva la tête et répondit : « Mais c’est
vrai…je ne connaissais même pas le nom de notre planète
29 LA LEGENDE D’UTOPIA

pourtant l’école nous instruit mais…je ne comprends
pas. Pour quelle raison ?» Saria d’un ton solennelle lui
répondit : « Là est situé l’une des clefs, cherche la
réponse…tel devra être ta quête… » Nolas intervint : « Quel
quête ?! Je ne veux pas perdre du temps à entendre ces
sornettes ! Je dois retrouver les traces de mon passé ! Je sais
que quelque chose de plus fort m’attend que cette guerre !
Dois-on faire des sacrifices et des morts pour une cause je
ne pense pas…Je suis encore troublé mais quand j’aurais
trouvé mon destin je sais que… » Nolas se tut brusquement,
un silence s’installa et Saria lui dit : « Ton destin, hum ? Tu
crois pouvoir sauver la face du monde aussi facilement ?
Avec des paroles et ton innocence ? » Reth intervint
également : « Nolas, elle a raison il faut renverser le pouvoir !
Mais si une guerre doit être nécessaire ! Si c’est pour la
bonne cause…» ce dernier lui répondit calmement d’un ton
impassible : « Une juste cause ne peut être juste par le sang et
le sacrifice humain… ». Notre jeune ami sortit de la maison
réfléchir, laissant Saria seul avec Reth : « Laisse Reth, laisse
ton ami partir, il faut le laisser réfléchir. De plus tu dois te
reposer après ce terrible combat. ».
Reth allait se coucher, laissant Saria qui réfléchissait à haute
voix : « Peut-être que c’est lui…la…non c’est pas possible après tant
de temps… mais je sens que ce jeune homme est particulier. »

La nuit se continuait pratiquement normalement car cette fois-
ci un parfum nouveau se faisait sentir, un parfum depuis longtemps
oublié, un parfum d’espoir…

30 NICOLAS CHATTOU-COUMBIL


Chapitre 5


Apprentissage


Saria demanda à nos deux amis s’ils acceptaient de
rester quelques jours de plus car elle avait besoin de main
d’œuvre pour des travaux dans sa maison. Ils acceptèrent
sans problème car ils se sentaient redevable envers elle, une
dette…
Ils aidaient à retaper une grange agroalimentaire délabrée
quand Nolas se posa une question :
-« J’ai un doute en moi…quelque chose me trouble… »
-« Qu’est-ce que c’est ? Tu as l’air bizarre… »
-« Tu te souviens de ce qui s’est passé avant que l’on tombe
inconscient ? »
-« Ben je sais plus trop, laisse-moi réfléchir…je me souviens
d’éclairs lumineux et d’une silhouette noire,…mais j’étais
tellement épuisé que je me suis évanoui…Mais tu t’es réveillé
avant moi ! Tu n’as pas demandé comment elle nous a
amenés jusqu’ici ? »
-« Oui mais je me suis réveillé seulement chez elle et elle me
raconta que deux gardes impériaux qui patrouillaient dans le
secteur nous sauvèrent et qu’elle leur avait demandé s’ils
pouvaient aider à nous transporter sur son véhicule de
transport…Mais je ne sais pas pourquoi, cela n’avait pas l’air
crédible.»
-« Des gardes impériaux ? Jamais ils n’accepteraient d’aider
sans raison ! Je me demande si… »
-« Tu te trompes peut-être, car, malgré tout, les gardes
impériaux n’aiment pas le grabuge et le désordre, et ils
interviennent souvent quand une bagarre se déclenche. »
-« …Oui, mais tu ne trouves pas bizarre, quand même, que
des gardes impériaux aient réussi à supprimer notre
31 LA LEGENDE D’UTOPIA

guerrier,…un guerrier de l’ombre ? »
-« Tu as raison sur ce point. »
-« Te souviens-tu toutes les fois où nous avons eut,
comment dire…des petits différents…avec eux ? Ce ne sont
jamais les meilleurs hommes qui sont envoyés dans les
villages ! »
-« Oui c’est clair, les meilleurs hommes sont envoyés dans
les cités Maîtres…Je ne comprends pas…Tu crois qu’elle
nous aurait mentis ? »
-« Chut, la voilà ! »
Saria revenait avec de la nourriture pour nos deux amis, ils
étaient affamés et acceptèrent sans problème !

Le lendemain matin, à table, Nolas essaya d’engager
la discussion avec Saria pour essayer de se renseigner sur la
façon dont ils ont été sauvés. Mais avant il commençait à
détourner la conversation :
-« Dites…Saria…Je me demandais…suite à notre
conversation d’hier…Vous connaissez des résistants ? Vous
savez que vous pouvez avoir confiance en nous. »
-« Bien sur que je le sais…Mais désolée je n’en connais
aucun et pour cause !, Il ne reste plus personne qui s’oppose
au régime à cause de la bataille de Beïthom. »
-Reth intervint : « La bataille de Beîthom? Qu’est-ce que
c’est ? Je n’ai jamais entendu parler… »
-« La bataille de Beïthom a été la plus terrible ! L’empereur
piégea une grande partie de ces rebelles en leur tendant une
embuscade avec ses meilleurs hommes, les guerriers de
l’ombre, dans le lieu qu’ils croyaient être la porte de
lumière… »
Nolas et Reth la regarda d’un air interrogateur.
-«Je vois que vous ne connaissez pas la porte de la lumière.
C’est tiré de la légende d’Utopia. C’est une porte magique
qui permettrait d’atteindre le sixième pays, un lieu sacré où
aucun mortel ne peut pénétrer sauf si c’est un mage qui l’y
invite. Mais bien sur, vous savez que c’est romancé,
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