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La légende de Dugong

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Il est des légendes que les Humains ne devraient pas oublier...

Marega et sa tribu vivent paisiblement sur l’île tropicale qui les abrite. Mais un jour tout bascule : un immense bateau apparait au milieu du lagon et des hommes à la peau claire débarquent. Ils recherchent quelque chose de bien particulier, qu’ils ne pourraient trouver nulle part ailleurs : une sirène.

Les chefs du village acceptent de laisser les étrangers emporter la créature considérée comme maudite, pourvu qu’ils s’en aillent vite. Mais Marega ne l’entend pas de cette oreille. Faisant fi des avertissements, il est prêt à tout pour sauver cette femme mi-humaine, mi-requin. Même aux plus terribles des sacrifices...


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Salyna Cushing-Price
Couverture : Vay - Illustration © 2015 Flammèche Éditions Tous droits réservés pour tous pays. contact@editions-flammeche.com http://www.editions-flammeche.com ISBN : 979-10-93026-12-1
es murmures… Oui, c’était bien ça. Dans un état de torpeur entre le rêve et le réveil, D Marega entendait des voix. Les dieux de l’Océan débattaient de la place qui l’attendait dans l’autre monde. Peu à peu, sa conscience reprenait pied. Ses yeux s ’ouvrirent, mais se refermèrent aussitôt. Une lueur éblouissante leur avait brûlé l a rétine. Tout compte fait, il n’était pas mort… Les sons devinrent plus forts et il sentit de l’agitation autour de lui. Il refit une tentative pour voir ce qu’il se passait. Plusieurs formes som bres s’affairaient. Au fur et à mesure que sa vision s’affinait, il distingua des femmes à la peau d’un noir d’ébène. Il voulut se lever d’un bond, mais une main ferme l’en empêcha. L’une des femmes, dont les cheveux étaient couverts de poudre d’ocre qui leur donnait une belle couleur écarlate, lui tendit une calebasse remplie d’eau. Il se rendit alors compte qu’il avait très soif. Elle dut lui en resservir plusieurs fois pour le sustenter. — Bois doucement, sinon tu vas t’étouffer ! lui dit -elle avec amusement. Tu as bien assez de liquide dans le corps comme ça ! Le souvenir de sa pirogue malmenée par les flots avant de sombrer lui revint à l’esprit. Il recracha l’eau de sa bouche boursouflée par le sel. Comment pouvait-il avoir soif alors qu’il s’était noyé ? Comment s’était-il retrouvé dans cette demeure ? Dans sa dernière vision, la mer déchaînée l’engloutissait. Et combien de temps était-il resté évanoui ? Son regard se tourna vers son hôtesse. — Tu parles ma langue ? — Oui, grâce à un sort que m’a jeté la chamane. — Comment ai-je échoué là ? demanda-t-il. — Un de nos hommes nomades t’a découvert sur la plage, à une dizaine de kilomètres. Il t’a conduit ici. Gêné par la présence de la jeune femme, il plaqua ses mains sur ses parties intimes. Sa bienfaitrice fit signe à une autre de lui apporter de quoi se vêtir. Puis toutes partirent en souriant devant la pudeur de leur invité. Marega s’ empressa d’enfiler la longue tunique qu’on venait de lui remettre. Mû par le désir de sa voir ce qu’il lui était arrivé, il leur emboîta le pas pour les rejoindre à l’extérieur. En sortant, la luminosité l’éblouit. Le soleil brûlait ses yeux et sa peau pourtant foncée. Il observa un moment l’environnement désertique depuis le seuil de l’habitation enfouie sous les dunes. Du sable, du sable et encore du sable à perte de vue, pas la moindre goutte d’eau ni de végétation aux alentours. C’était le branle-bas de combat dans le village. De s centaines de femmes s’agitaient dans tous les sens autour de lui. Il y avait un nom bre incalculable de boucliers en bois peint posés contre les auvents qui formaient l’entrée des maisons. Un groupe d’anciennes décoraient les lances et tressaient les cordes des fouets. On entendait des cris et des troupes entières s’entraînaient au corps à corps. Mais il n’aperçut aucun homme. Toutes les soldates étaient plus ou moins recouvertes de différentes teintes d’ocre. Au milieu de tout ce tohu-bohu, Marega se sentit un peu perdu. Personne ne semblait vraiment lui prêter attention. Que se passait-il ? Son aide-soignante improvisée vint vers lui en le voyant sur le pas de la porte. — Qui êtes-vous ? demanda Marega intrigué par cette foule exclusivement féminine. — Nous sommes les habitantes du désert. Certains no us appellent les Guerrières Noires. Nous nous préparons à la guerre, déclara-elle d’une voix grave.
Les Guerrières Noires ! Il avait quitté son village pour les rencontrer. Il avait enfin réussi, même si c’était plutôt elles qui l’avaient trouvé. Elle n’eut pas le temps de lui expliquer grand-chose, car ils arrivèrent bientôt devant dans une demeure enterrée sous les collines de sables : celle de leur Oracle. Il faisait sombre à l’intérieur ; l’air était empli de fragrances qui attaquaient le nez et les globes oculaires. Des volutes de fumée dansaient da ns la pénombre. Un véritable foutoir régnait : jattes, herbes, poteries, armes, tannerie s et divers objets non identifiables se bousculaient sur le sol. Dans le fond, une forme humaine se dessinait, affalée sur un trône. Marega ignorait s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. Son corps était entièrement dissimulé sous de larges pans de robe, et elle - ou il ? - ne possédait pas de cheveux. Ses traits androgynes laissaient apparaître des yeux d’un jaune lumineux qui contrastaient avec sa peau noire. Ses oreilles portaient deux anneaux, et une chaînette les reliait à un troisième en passant par le nez. La chamane fit signe aux deux arrivants de s’asseoir. — Raconte ton histoire, homme du Sud ! Et ne mens p as ! Je le saurai, je suis une Oracle, déclara-t-elle avec calme et sérénité. Marega n’avait pas trop envie de perdre du temps à retracer toutes ses péripéties. Il avait besoin d’aller vers le Nord. — Si vous êtes vraiment ce que vous affirmez être, vous connaissez déjà mon parcours, grommela-t-il. — Être oracle ne signifie pas être devin, mon garçon, répondit-elle avec un petit sourire en coin. Il était clair qu’elle le faisait tourner en bourrique. — Alors, comme ça tu poursuis seul les Sans-couleur s ? reprit-elle comme si de rien n’était d’une voix à la tonalité masculine. — Comment savez-vous ça ? La question lui parut soudain bête. Un prétendu ora cle siégeait en face de lui. Cette dernière lui adressa un sourire charmeur. Le jeune homme commença son récit. * ...
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