La légende de Sirkandar - tome 1 - L'invasion silencieuse

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Étrangers qui venez d’un monde qui nous est interdit, je ne vous
souhaite pas la bienvenue ! Je ne vous aime pas ! Il n’y a pas de
place dans mon royaume pour les êtres qui ne vénèrent ni le mal,
ni la crasse et encore moins le sordide. Aussi, ne vous imaginez
pas que vous bénéficiez d’un exceptionnel traitement de faveur.
Si j’ai épargné vos vies insipides et sans intérêt jusqu’à maintenant,
c’est à cause d’une vieille prophétie que mes vils prêtres
défroqués et débauchés m’ont rapportée. Ils m’ont raconté qu’un
jour viendraient de la surface deux inconnus et qu’ils me délivreraient
de l’oeuf céleste qu’aucun des miens ne peut approcher au
risque d’être carbonisé. Cet objet est une pierre d’achoppement
au sein de mon domaine croupissant. Si vous pouvez m’en débarrasser,
je vous laisserai la vie sauve et vous aiderai peut-être
à regagner votre monde.



Le commandeur Franck Marcus, son ami Klindar, le Krispator
amateur de beignets de larves de crevettes pextraviennes, Tattin
le rat capdonnien et la horde de créatures insolites qui les accompagnent
sont confrontés à la menace des Flagelles, ces entités
aux pouvoirs divins, dont l’invasion silencieuse a déjà commencé
et menace l’univers entier. Eh oui ! C’est bien à cette bande de
bras cassés que revient la lourde tâche de tous nous sauver…

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953380507
Nombre de pages : non-communiqué
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CHAPITRE I — Okalinka ! cria Franck Marcus d’une voix forte. — Okalinka ! reprirent en chœur les membres de la tribu des Oustopolitants en brandissant leur triton étoilé vers le ciel. Marcus ne se faisait pourtant aucune illusion. En poussant le cri de guerre et de ralliement des Oustopolitants, il essayait tout au moins de stimuler le courage de la maigre équipe de guerriers qui l’entourait. Face à eux se dressait la bête terrifiante, immense et immonde, issue du pire cauchemar qu’un esprit puisse enfanter. Faut-il dire qu’il s’agissait d’un animal ? Oui, si l’on ne consi-dérait que sa physionomie… Il n’avait effectivement rien d’un humanoïde. Bien que plus petit que certains de ses congénères, il devait bien atteindre les neuf pieds de haut, caparaçonné dans son armure de combat translucide, le corps trapu mais doté d’une force herculéenne à la musculature impressionnante. Sur sa haute tête reptilienne, ses petits yeux rougeoyants pétillant de haine scrutaient ce groupe d’insolents vermisseaux qui braillait à ses pieds. Sa longue et épaisse queue munie d’un dard empoisonné se balançait lentement, plus dans le mouvement d’attaque imminente que de défense ; ses bras apparemment atrophiés n’en étaient pas moins des armes efficaces car chacun des cinq doigts extrêmement mobiles était muni d’ongles acérés comme des lames de rasoir. De par son apparence, un paléontologue aurait pu le répertorier comme une
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espèce inconnue ayant régné à une époque indéterminée. Toutefois, malgré son aspect hideux et repoussant, le Krispator était doté d’une intelligence redoutable et d’un don de fin stratège militaire. Tout combat entrepris à son encontre tournait généra-lement à son avantage et l’ennemi potentiel n’avait d’autre choix que la fuite ou la mort, bien que toute forme d’échappatoire fût illusoire et sans issue. Fidèle à sa stratégie, le Krispator jaugeait en principe rapide-ment les faibles forces lui faisant face, puis fondait à la vitesse de la foudre sur les pantins dodus sans laisser le moindre survivant. Il connaissait bien les humanoïdes de la tribu des Oustopolitants : ces êtres à la chair tendre faisaient partie de ses mets préférés. Contrairement à certains de ses semblables plus raffinés, il s’en délectait sans assaisonnement particulier ni longue préparation culinaire. Il était à noter de sa part un réel manque de goût pour les plats mitonnés. Mais cet individu de nature rustre n’était pas un véritable épicurien ni un gastronome au bec-fin, bien que les consommer crus et non désossés lui provoquât souvent de désa-gréables aigreurs d’estomac, des ballonnements avec de gênantes crises d’aérophagie suivies de vents nauséabonds et autres flatu-lences diverses et avariées dont il n’arrivait pas à déterminer l’origine exacte. Les voir s’agiter autour de lui en bande désorganisée tels de dérisoires et appétissants gigots le faisait déjà abondamment saliver. Quant aux ridicules tritons étoilés qu’ils brandissaient de façon menaçante, ce n’était pas une arme qui pût sérieusement l’inquiéter : il était insensible aux chatouilles et n’avait de surcroît pas le rire facile. La faible puissance énergétique de cette arme était peut-être efficace sur les poules-taureaux qui pullulaient dans les marais d’Armallis, mais pas sur lui. Fort de son armure tactique et de son bouclier à inertie, le Krispator chassait sur ce monde sans ses armes sophistiquées de prédilection qu’il emportait en principe avant chaque bataille, ceci par plaisir, mais il était surtout conscient de sa supériorité physique face à ces présomptueux et ridicules bipèdes qui entamaient devant ses yeux leur propre rituel funéraire.
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Les siens avaient envahi ce monde depuis quelques mois. Pour ceux de sa race, cette petite planète n’était qu’une étape mineure s’inscrivant dans un plus vaste plan de conquête galactique. La capture d’Armallis avait été d’une facilité déconcertante. Ils n’avaient rencontré qu’une résistance à la fois désorganisée et quasi inexis-tante. La planète avait été conquise en une seule journée sans avoir eu besoin du recours aux armes lourdes. La science des Armallisiens étant plus que primitive n’avait nullement intéressé le haut commandement des Krispators ainsi que leurs scientifiques embarqués à bord de l’impressionnante armada des navires de guerre. Les belligérants, n’ayant rien d’avan-tageux à glaner en ces lieux, avaient rapidement décidé de quitter cette planète sans intérêt pour leur rapacité d’ingestion techno-logique. L’ordre avait été donné de poursuivre la conquête, ne laissant qu’un bâtiment en orbite basse et une équipe de guerriers rompus aux tâches d’occupation. Désœuvrés depuis le départ de leurs congénères et en dehors de leurs ébats impies, de leurs libations écœurantes, les Krispators demeurés en garnison avaient découvert une occupation gustative : chasser l’Armallisien qu’ils considéraient comme du bétail de premier choix et une source de viande fraîche. Ils l’avaient sans vergogne ajouté à leur menu quotidien et il était à consommer sans modération bien que cela fasse dangereusement augmenter leur taux de triglycérides, ce qui néanmoins les changeait des rations de kourms congelées à la saveur insipide et à l’odeur nauséabonde qui composait la nourriture de base lors de leurs longues pérégrinations stellaires. Les Armallisiens avaient vainement essayé d’établir un contact avec leurs envahisseurs, mais ni les mots, ni les signes de paix ou de bienvenue n’avaient porté leurs fruits. L’ennemi était venu en conquérant et exterminateur, et n’avait nul besoin d’établir une quelconque relation diplomatique. De ce fait, aucun Oustopolitant ni aucun membre des diverses tribus vivant sur Armallis n’avait jamais entendu le moindre son émis par un habitant de Krispa-toria, si bien que le bruit courait qu’ils étaient certainement muets ou télépathes.
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