La lionne édentée

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Ce roman raconte l'histoire de Geneviève Amougou, une adolescente de condition modeste en terminal au lycée Général- Leclerc. Contrairement à la plupart des jeunes filles de son âge, cette demoiselle s'était juré de réussir sa vie sans mettre en valeur ses charmes. C'est pour cela que ses camarades l'avaient surnommée : "la lionne édentée". Mais, elle fut bientôt contrainte de trouver elle-même les moyens financiers nécessaires à la poursuite de ses études. Sa camarade Marthe, une fille vénale, l'entraîna alors dans les milieux mondains et épicuriens où il lui était possible de vendre chèrement ses charmes...
Publié le : jeudi 1 juillet 2010
Lecture(s) : 94
EAN13 : 9782296704169
Nombre de pages : 208
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LA LIONNE ÉDENTÉE
Littératures et Savoirs Collection dirigée parEmmanuel Matateyou Dans cette collection sont publiés des ouvrages de la littérature fiction mais également des essais produisant un discours sur des savoirs endogènes qui sont des interrogations sur les conditions permettant d’apporter aux sociétés du Sud et du Nord une amélioration significative dans leur mode de vie. Dans le domaine de la création des œuvres de l’esprit, les générations se bousculent et s’affrontent au Nord comme au Sud avec une violence telle que les ruptures s’accomplissent et se transposent dans les langages littéraires (aussi bien oral qu’écrit). Toute réflexion sur toutes ces ruptures, mais également sur les voies empruntées par les populations africaines et autres sera très éclairante des nouveaux défis à relever.  La collectionLittératures et Savoirs est un espace de promotion des nouvelles écritures africaines qui ont une esthétique propre ; ce qui permet aux critiques de dire désormais que la littérature africaine est une science objective de la subjectivité. Romans, pièces de théâtre, poésie, monographies, récits autobiographiques, mémoires... sur l’Afrique sont prioritairement appréciés. Déjà parus JeanClaude ABADA MEDJO,La parole tendue (poésie), 2010. Jean Aimé RIBAL,Chagrins de parents, 2010. Marie Françoise Rosel NGO BANEG,Ning, nouvelles, 2009. Edouard Elvis BVOUMA,L’épreuve par neuf, 2009. Rodrigue NDZANA,Je t’aime en splash, 2009. Patraud BILUNGA,L’Incestueuse, 2009. Pierre Célestin MBOUA,Les Bâtards ou les damnés, Pièce en trois actes, 2009. Pierre Célestin MBOUA,Les Cacophonies humaines, Poèmes, 2009. Robert FOTSING MANGOUA (sous la direction de), L’imaginaire musical dans la littérature africaine,2009.
Floréal Serge Landry ADIÉMÉ LA LIONNE ÉDENTÉE
© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296124936 EAN : 9782296124936
Dédicace À ma défunte mère Barbara Kamena,
Mon père Antoine Étoundi Nkoa. Mon préfacier, le Professeur Bernard Mbassi. Ensuite, nous pensons à toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce roman à savoir, Myriam Ndémé, Alain Betséna, Nathalie Milol, Christian Milol, MarieClaire Atangana, Chantal Nomo, Géraldine Tapondjou, Claire Ngono, Moïse Fotsi, Guylaine Towa, Flore Kameni, Michel Ellé Ntonga, Émilienne Adiobo, Jean Tapondjou, Charlie Kamla, Isabelle Nellé, Aladin Tiam, Benjamin Mbellé, Charles Tsoungui, Christiane Ayissi, Linda Mbassi, MarieThérèse Bisseck, Agnès Ngobo, Dieudonné Ondoua, Guibert Deffo.
Préface
À la différence des autres animaux dont le symbolisme varie avec les cultures, le lion est reconnu partout dans le monde comme le symbole de la force, de la puissance et de la dignité qui en impose. Il est le roi. Transposée aux humains, l’appellation « Lion » est un privilège des hommes de pouvoir, de ceux qui imposent leur autorité. On peut alors se demander comment une simple lycéenne devient une lionne, même édentée. C’est la question à laquelle répond Floréal Serge Landry ADIÉMÉ dans son premier roman,La Lionne édentée. I. La solitude d’une lionne victorieuse L’histoire de Geneviève Amougou, lycéenne de classe de Terminale est en effet révélatrice et édifiante. Cette jeune fille est animée par la volonté de réussir ses études sans tomber dans la facilité à laquelle l’expose une situation familiale des plus précaires et un environnement dissolvant au plan éthique. Son père est devenu non voyant à la suite d’un accident de travail et sa mère, employée auprès d’un patron difficile, décède après une longue hospitalisation. Par son travail acharné et malgré maints revers de fortune, elle obtient le Baccalauréat et continue à envisager l’avenir avec détermination, forte d’une expérience capitalisée à l’occasion de la vie avec ses camarades, des trafiquants de pierres précieuses et la police. C’est une de ses camarades et amie Marthe qui l’introduit dans les milieux de l’argent facile quand elle risque de ne pas présenter l’examen du Baccalauréat, parce qu’elle n’a pas la somme de 15.000 francs requise pour la confection du dossier de candidature. C’est la même qui l’entraîne auprès de Gambé et Minko, deux jeunes gens aux mœurs ostentatoirement dispendieuses,
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quand il lui faut de l’argent pour les soins de sa mère hospitalisée. Pendant que les cours se déroulent, la jeune fille se trouve tantôt dans le bureau d’un colonel de gendarmerie dont elle obtiendra dix mille francs pour son dossier de Baccalauréat, tantôt chez Minko généreux en centaines de mille. Geneviève ne cède pas pour autant aux demandes, pour elle indécentes, suivies par les offres apparemment désintéressées de ces bienfaiteurs occasionnels.À la différence de son amie Marthe toujours prête à livrer ses charmes pour de l’argent, peu importe l’origine, elle résiste à toute compromission et persévère dans la conviction qu’elle réussira sans se salir les mains. Cette position lui vaudra un séjour dans les geôles d’un commissariat de police parce que Minko, dépité de n’avoir pas pu assouvir ses instincts à l’occasion d’une excursion à Kribi, n’a trouvé mieux que de porter plainte contre elle pour vol de bijou d’une valeur de plusieurs millions. Elle sortira de cette geôle plusieurs jours après sur l’entregent de Marthe auprès de Minko. On saura plus tard que c’est Marthe qui avait volé les bijoux, non pour mettre son amie en difficulté, mais pour la venger de la goujaterie de Minko. En plus des mœurs dissolues qu’elle découvre à côté de personnes sans vertu, Geneviève fait l’expérience de l’incompréhension et de la trahison de la part de ses camarades et amies Marthe, Lucie et Marie, Tchoa et Matip : l’amoureux Tchoa qui sait qu’il n’est pas aimé en retour et qui multiplie des attentions pour la brouiller avec Matip ; Matip qu’elle aime mais que la jalousie, l’impatience et la vanité jettent plutôt dans les bras de Marie ; Marie qui, après le Baccalauréat se rend en études à l’Étranger sans qu’aucune de ses amies n’ait été mise au courant ; Lucie qui n’a pas hésité à devenir la maîtresse de
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Minko sans se soucier du mal fait à son amie ; Marthe qui était au courant de la liaison entre Matip et Marie d’une part, entre Minko et Lucie d’autre part, mais n’a pas soufflé mot à Geneviève ; la même Marthe qui pousse sa délectation dans le faux au point de tirer vanité d’avoir réussi à l’examen du Baccalauréat, avec mention, et d’être la première à être informée de son résultat avant toutes ses amies, alors qu’elle avait composé par personne interposée parce qu’elle était retenue dans un commissariat pendant le déroulement de l’examen. Le roman s’achève avec le triomphe de la vision du monde de Geneviève : elle obtient son baccalauréat sans se compromettre ; Gambé et Minko démasqués par Lucie comme des trafiquants de pierres précieuses, sont appréhendés par la police et abattus pour avoir voulu s’échapper ; Marthe, grièvement blessée au visage par des éclats de vitres cassées et réduite à recourir à la chirurgie esthétique, avec l’hypothétique espoir de retrouver l’apparence physique dont elle tirait tant de revenus. La Lionne édentée pourrait être intitulée tout simplementLa Lionne, parce que Geneviève se bat plutôt bien malgré son inexpérience et la pauvreté de sa famille. L’échange entre les deux amies est saisissant quand, avec une sérénité imperturbable, Marthe avoue qu’elle a réussi au baccalauréat sans être entrée en salle d’examen : « Et pour le Bac, estce que c’est bel et bien ton nom que nous avons vu affiché ?  Oui, répondit Marthe, c’est bel et bien mon nom que vous avez vu. Tu sais, je n’avais pas le choix…  Taistoi, reprit Geneviève, j’ai tout compris. Tu n’as pas d’explications à me donner. Je n’ai pas besoin de savoir pourquoi et comment ton nom s’est retrouvé là. La plupart de nos concitoyens auraient sûrement agi
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pareillement. Tu es, je t’assure, le parfait reflet de notre société d’aujourd’hui. Une société où les raccourcis, le profit personnel, la corruption sont les maîtres mots. Le succès par tous les moyens, fussentils illicites, est érigé en exemple. L’honnête homme est considéré comme un déviant, un marginal.  Alors, dit Marthe, croistu que les mentalités changeront un jour ?(195) II. L’esthétique du romancier Le charme du roman de Floréal Serge Landry ADIÉMÉ procède du génie du contraste, de la maîtrise de diverses techniques narratives et d’une expression française alerte et agréable. Les lieux et les personnages sont régis par une antithèse qui dynamise l’action en la rendant captivante ; la famille de Geneviève est pauvre mais vertueuse tandis que celle de Marthe brasse des millions mais est dépravée ; autant la mère de Geneviève prêche la morale à tout bout de champ, autant celle de Marthe, avec ses nombreux amants connus des enfants impliqués dans ses jeux affectifs multiples, formate la famille sur la déliquescence des mœurs ; autant Geneviève est naïve et ne compte que sur ses efforts et sur la vertu pour réussir, autant son amie Marthe est rôdée dans l’argent et dans les hommes, et vit dans le paradigme de « Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces. » S’il se rencontre des policiers corrompus et agressifs comme celui qui subtilise le téléphone portable d’un client dans un hôtel à Kribi pendant une perquisition ou celui qui à Yaoundé, marchande la sortie du commissariat de Geneviève, il en est un autre, le Commissaire central, en l’occurrence, qui ne se laisse pas compter. ADIÉMÉ réussit à faire fonctionner tous ces contrastes dans sa fiction, avec pour résultat un effet d’objectivité et d’équilibre qui suscite l’adhésion. Une adhésion déjà
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