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La Lucenera

De
10 pages

Christelle est une grande modiste de Venise, spécialisée dans les tenues de carnaval. Cependant, malgré son succès, elle ne rêve que d'une chose : pouvoir s'attribuer la Lucenera, un costume d'exception datant du 18ème siècle. Imaginez donc sa joie lorsque la grande dame vient lui rendre visite un jour !


Mais le costume tombe en miettes, de manière anormale. La Lucenera n'est-elle qu'une simple parure, ou bien une punition d'horreur pour le péché de vanité ?

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A propos de cette édition : La Lucenera
Lucille Cottin * Éditions de l’Arlésienne Retrouvez-nous surhttp://arlesienne-editions.com * Publié pour la première fois le 1er février 2016 Tous droits réservés. ISBN 979-10-94896-64-8
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Dépôt légal automatique. * Source de l’illustration : Digital collections, The New York public library : Affiche de Jules Chéret (Jerome Robbins dance division)
La Lucenera
Notre célèbre carnaval existe depuis le moyen âge, lointaine époque de fêtes et de magie. Pour nous vénitiens, il demeure un événement considérable. Le monde entier s’y bouscule. C’est à chaque fois une farandole de masques, de costumes et de personnages grotesques, de plumes, de chapeaux, de dentelles et de couleurs qui s’agitent et provoquent un joyeux vent de liberté folle. Quelle ivresse ! Quel délire ! Si l’on possède un coup d’œil expert comme le mien, on peut parvenir à savoir qui se dissimule sous ces beaux masques. J’ai déterminé trois catégories de personnes : les touristes, les doigts de fée et les natifs. Les premiers ont acheté un costume tout fait et en portent encore l’étiquette, les secondes voient leurs tenues se découdre au fur et à mesure que le carnaval avance. Quant aux derniers, ils incarnent notre fierté. Vêtus de tenues directement héritées du e e XVII ou du XVIII siècle, les Vénitiens sont parvenus à personnifier le carnaval, la magie du théâtre muet et l’identité italienne. Ils ressuscitent la divine Commedia dell’arte. Nous autres locaux les regardons passer avec fierté – avec jalousie aussi. Que n’aimerions-nous pas défiler avec eux ! Hélas, certains d’entre nous ont des commerces à tenir. Le carnaval représente pour nous l’occasion de faire notre plus gros chiffre d’affaires de l’année. Moi-même, je fis partie de ces braves commerçants il y a maintes années. À cette époque, j’étais une artiste célèbre, spécialisée dans la confection de masques traditionnels. Ma boutique, ouverte d’un côté sur les rues et de l’autre sur les canaux, regorgeait d’œuvres bizarroïdes. C’était un amas de peintures, de verroteries, de loups et de velours, de pierres et de dorures en tout genre. Je représentais le luxe et l’élégance : reines et princesses n’auraient pas été en reste avec moi ! Si en ce temps-là j’avais eu l’internet, ma renommée aurait été mondiale. Les musées m’appelaient pour restaurer leurs œuvres, Paris s’intéressait à moi. Quelques-uns de ses plus grands couturiers commençaient à s’étriper pour m’avoir. Je m’amusais à les faire languir, prétextant un travail monstre. Je savourais ma victoire sur la concurrence et sur la vie. Hélas, hélas ! Qu’en ai-je fait ! Esclave de ma passion, victime de ma vanité, je n’ai jamais eu l’idée de profiter de mes beaux instants de gloire. Maintenant il est trop tard : cette vie est réduite à néant.
Du même auteur aux éditions l'Arlésienne : Freddy Stratton Le Canigou Le sourire Betty-Lou
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