La Lune noire

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Une catastrophe cosmique a ouvert une porte entre deux mondes et les démons ravagent la Terre. Refermer cette porte, c'est la mission d'Aye Endall. Pour cela, elle doit dérober au roi des démons un fragment de la lune noire... Aye Endall passe au travers de l'anneau magique et commence pour elle une aventure rocambolesque. Elle s'encombre d'un jeune garçon, lutte pour s'emparer d'un navire des Sahuagins, défie les monstres de l'océan dévoreur, déjoue les pièges des magiciens ricaneurs, réussit à vaincre Yvan le fléau, chef des bohémiens esclavagistes. Elle danse avec ceux de Kandistale, une danse mortelle, traverse la montagne aux ours, arrive enfin à la fastueuse ville de Fast, le fief des magiciens ricaneurs. Elle s'embarque à bord d'un navire pirate, direction l'île du roi des démons. Parviendra-t-elle à lui dérober la pierre de lune?... Suivez Aye Endall, l'elfe magicienne qui va tenter l'impensable pour sauver le monde... Alain bérard est l'auteur de nombreux romans principalement inspirés des légendes de la montagne Vosgienne. Des légendes à l'héroïc Fantasy, il n'y a qu'un pas, allègrement franchi. Avec "La Lune noire", il entraîne le lecteur dans un récit où la magie tient le haut du pavé, et dans lequel des créatures stupéfiantes sont issues d'un bestiaire imaginaire délirant...
Publié le : jeudi 13 mars 2014
Lecture(s) : 30
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342020649
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342020649
Nombre de pages : 178
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Alain Bérard LA LUNE NOIRE
Mon Petit Éditeur
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Chapitre un. L’océan dévoreur Ce soleil n’était pas celui qu’elle connaissait. Il habillait le ciel d’ors liquides et de pourpres purpurins. Un ciel qui se vêtait des draperies scintillantes d’aurores boréales incongrues sous ces latitudes. Vieux oripeaux de lumière à la couleur passée qui at-testaient de la vétusté de ce monde. C’était le lit d’un vieillard presque à l’agonie. Ces mondes inférieurs ne sont qu’aberrations, songea Aye Endall. Coulée d’étain fondu qui se perdait dans des lointains improbables, le scyx sinuait au fond d’un profond canyon rongé par l’érosion du temps et une nature destructrice. Des flammè-ches, des étincelles fugaces, galopaient à la surface des eaux tumultueuses, illuminaient les volutes méphitiques vomies par les flots jaunes du fleuve infernal, agressaient le ciel d’or vieilli, un ciel qui avait par endroits la couleur verdâtre du plomb cor-rodé, à d’autres celle du fer rouillé. La jeune Elfique s’arracha de la contemplation du fleuve et de ce ciel impossible. Un instant d’éternité, cette vue l’avait plongée dans une sorte de fascination morbide. Elle se retour-na. L’anneau d’orichalque qui avait permis le passage sur ce monde irradiait encore une lueur amarante qui pulsait sur un rythme syncopé. Elle attendit que les pulsations cessent com-plètement, que la lueur s’éteigne. Quand ce ne fut plus qu’un anneau gigantesque gisant sur le sol, elle se concentra en maugréant, amassant son influx ner-
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veux, ameutant toutes ses forces psychiques pour se préparer à prononcer la formule magique. La magie du Feya d’Aelantine est bien usée songeait-elle, je ne suis pas vraiment syntonisée sur ce monde… C’était assez inquiétant. Il lui fallait chasser l’angoisse, re-trouver la sérénité qui seule lui permettrait de s’intégrer pleinement. Sa vision était floue. Une vision onirique, comme celle de ces rêves sans solution de continuité où les scènes se succèdent sans lien apparent. À l’image du fleuve démoniaque, se superposait celle d’une immense banquise étincelante de pu-reté angélique, mais qui brûlait ses yeux d’une lueur coruscante. Puis, sans transition, ce fut le moutonnement infini de géan-tes dunes de sable micacé qui remplaça la vision boréale. Et cette vision était tout aussi incandescente au regard. Les yeux d’un humain ne pouvaient la supporter, encore moins ceux d’un Elfe. Une intense concentration mentale, assortie du parfait con-trôle du battement de ses deux cœurs chassa les mirages. Un peu de sueur perla le long des ailes de son nez minuscule, comme la rosée matinale dépose un velours éthéré sur les péta-les des roses. Une soudaine stridulence aiguë fit se tendre ses oreilles poin-tues, à peine masquées par ses longs cheveux de cuivre. L’herbe rouge la dépassait de trois coudées, pouvait dissimuler n’importe quoi. Dans son état actuel, le moindre insecte était un redoutable prédateur. Il lui fallait récupérer rapidement sa taille originelle. Cû Telhir, le doyen des mages Elfiques, l’avait dûment cha-pitrée en lui confiant l’anneau d’orichalque. «Tu dois réduire ta taille pour passer au travers du Feya d’Aleantine. Mais sitôt atteint le niveau vibratoire du monde inférieur, il te faudra re-prendre ta taille normale, sous peine d’encourir de grands dangers.» Elle psalmodia l’incantation, traça d’une main légère les élé-gantes arabesques des gestes magiques en s’efforçant de
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dominer ses appréhensions. Elle n’était pas certaine que la ma-gie Elfique fonctionne en ce monde inférieur. Cû Telhir lui-même n’en avait pas été sûr et avait longuement hésité avant de l’envoyer sur ce monde. Seule l’importance de l’enjeu avait em-porté sa décision. Aussi, il avait investi de cette mission celle qu’il jugeait la plus apte à l’accomplir. Aye Endall était la plus jeune des mages Elfiques, elle avait à peine trois cents ans, mais était également la plus douée de sa génération et même de celles qui l’avaient précédée. De fait, le peuple des Elfes était vieillis-sant, sur le déclin, et sa disparition semblait inéluctable. Cependant, de temps à autre, naissait un Elfe qui possédait en-core toutes les qualités de la race originelle. Aye Endall était de ceux-là. Elle représentait l’espoir. Le charme de rétrécissement se rompit à la troisième sollici-tation. Son horizon s’élargit brusquement, les herbes hautes comme des arbres redevinrent un simple gazon et elle redressa fièrement sa silhouette élancée de jeune Elfe, épousseta en riant ses vêtements chargés de la poussière impalpable d’entre les mondes. Cela avait été une expérience terrifiante. Sitôt franchi l’anneau magique, son corps avait comme explosé, elle avait eu la sensation que toutes ses molécules se dispersaient, entraînées par les courants cosmiques, ballottées le long du fleuve du temps. Ludion impalpable, elle avait traversé des galaxies, en-tendu le hurlement d’étoiles en gésine qui accouchaient de mondes improbables. Elle avait alors la dimension de l’univers, puis finalement, tout ce qui était son être se rassembla pour en définitive échouer sur l’un de ces mondes impossibles, qui échappaient à l’entendement humain. Et qui pourtant étaient. Du moins pour les Elfes, qui ne sont pas tout à fait hu-mains… C’était pourquoi ils se cachaient de ceux qui se disaient humains et supérieurs, victimes d’un ego démesuré, sans savoir qu’ils n’étaient que les bâtards de la race des Elfes, bien plus
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ancienne, bien plus sage parce que respectueuse de la nature, et, surtout, de la vie. Était-ce parce qu’elle était limitée dans le temps par rapport à la leur que les humains la méprisaient tant ? Pourtant, c’était pour les sauver, eux, ceux qui les considéraient comme des créatures démoniaques qu’il fallait exterminer qu’elle s’était projetée dans ce monde par la magie du Feya D’Aleantine. Puis, s’étant débarrassée de la poussière cosmique qui avait été des étoiles, avec une moue espiègle qui témoignait de son caractère juvénile émergeant à peine des portes de l’enfance, elle ramassa l’anneau d’orichalque réduit à l’état de bijou, le passa à son doigt. Sur son flanc, battait ce qui n’avait été qu’une épingle et était maintenant Alixandre. L’épée magique, trempée dans le sang d’un dragon, était seule capable d’occire les démons qui peu-plaient ce monde, celui des Sahuagins. Du moins l’espérait-elle. Si Alixandre la fidèle, avait par le passé allègrement taillé en pièce de nombreux Trolls, ennemis héréditaires des Elfes, son efficacité restait à prouver en ce qui concernait les Sahuagins, émanations des démons qui hantaient les mondes inférieurs. Car les Sahuagins n’étaient sans aucun doute pas les seuls à peupler celui-ci. Cû Telhir n’avait pu rapporter que de vagues rumeurs à ce sujet. Un bâton de poirier finement sculpté de motifs ésotériques complétait son armement. De fait, elle comptait plus sur ce bâton que sur Alixandre. Il servait à tracer sur le sol des mantas de protection qui entraient en action sitôt le bâton planté en leur centre, provoquaient un orbe magique que rien ne pouvait pénétrer. En principe… Peu désireuse d’user ses jambes, elle prononça l’incantation du charme de légèreté, et aussitôt s’envola comme un ballon de baudruche dans l’atmosphère brasillante, surchauffée par un soleil énorme à l’haleine torride qui embrasait le ciel. Pour que
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