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À PART
P
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M  
ES
 
 
 
Paul Ballanfat          
À PART
P O È MES                                                                                                                  
 
                                                                                  
 
 
© LHarmattan, 2012 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-96774-8 EAN : 9782296967748
 
   
  
 
 
 
 
  
 
  
 
 
 
 
 
  
  
 
   
 
 
A U
 DÉTOURD ÉJÀ
 
1 Entre le givre et l écorce l eau risque un songe. Un cerf mauve roucoule et c est un jour louvoyant qui danse, qui chante et qui fend les ancres vives. On discerne des vapeurs étranges, des fumerolles d incandescences secrètes. Seules des traces demeurent. De jour, on ne voit point qui vaille mémoire ou fasse oubli. L âge est tendre, sombre est l habit. Guetté, mais à l abri, l orvet casse et laisse fuir une lueur multicolore. Il n éveille aucun serment et n a que faire d autres passés. Il a laissé rougir la mémoire. De flair, il n a que faire. Tant de blancs il a remplis, que son habit s est fait suie. Il s est lové enfin. Entre le jour et la nuit, il a tranché l amarre et s est noyé là où la nuit n est qu obscurité, là où n est point d ombre.  2 Il n est pas de soir terne, pas de feu plus noir. L effroi nous habite. Nous habitons la nuit. De quel astre avons-nous pris le parfum et la couleur ? Il n est pas d astre qui serpente entre les épis, qui ne se brise sur les aurores. Nous avons habité les rives. Elles nous ont salué et s en sont allées. En est resté l amer effluve qui colore les fleuves. À quand les flots gelés ? À quand les vents renversés ?
 
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Dans la pierre que ronge l heure, dans la fleur qu éclaire la rosée, dans le rire qui blanchit le jour, je suis un tourbillon aveugle. Je suis sec, sec, sec. Jetez-moi donc au feu, qu un instant abolisse le temps.  3 Mais nous n avons vu que la nuit tandis que les champs blanchissent. Ce sont des lacs de saules qui gravissent les monts et gisent en gerbes entremêlées. Tout s endort quand nous passons. Un rêve qui s effiloche nous fraie un étrange sentier. Nous attrapons des friches, des bribes, des rives au ciel envolé. Nous soufflons des sortilèges sans charmes. Entre monts et vents, il n est plus d écho. La voix s enfonce dans les soupçons de neige qui montent à l assaut des monts. Tout n est que silence, retraite et impuissance.  Je n ai pas vu les sources. Je n ai pas dit ces mots. Il n est pas de lèvres qui ne prononcent
 
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l effroi du sol, la solitude du ciel, le désespoir du jour. La pierre est confondue dans la blancheur de midi. Les voix scandent les monts. Les rois n ont plus d éclat. Nous ravissons au soir ce qu il a abandonné d obscurité. Je pends au faîte des arbres, j oscille et je respire l incandescence en vain, en vain, en vain. Je m acharne à arracher au vent son dessin. Il est fin et désolation. Je n embrasse guère plus le vent que ces lèvres qui ne disent mot.  5 Il n est point d effet qui ne suspende l âge à l espoir des rêves. Mais le répit devance la fin. Et la fin il n en est point. L air s enlise. Aux larmes immobiles l âge s épaissit et forme de longues allures aux clos dépits. Il est midi. L âge est comme éteint. Sèche l étreinte. Les astres rentrent, et ce sont les nuits sans songes, les pas sans les empreintes,
 
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les guetteurs sous les charmes, et les sortilèges sans armes.
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 La neige se suspend à l air. La blancheur a échangé son silence contre la promesse. Elle éclot et se divise. Elle est pétales jetés aux vents, suspensions,  flottements. Nous espérons le vide, nous remplissons l espace. Aériens encore, nous aimantons les variations délicates. Et ce sont des courbes étirées et tendues à gonfler les rives jusqu au point du songe. Le souffle se suspend au bord de l âme, et ce n est qu un soupir infirme. L océan s emporte et soulève notre stupeur. C est un feu qui tantôt suspend le ciel, tantôt blanchit l abime qu accusent les vagues. C est une brume encore, qui monte de l océan, et l air devient liquide, une nuit de neige qui éponge l horizon. Les courbes sont sans dessin. Pourtant elles se prolongent et dessinent des reflets qui ne connaissent pas la fin. 10  
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