La main invisible

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L'auteur a voulu relater, dans un style à la fois simple et accrocheur, la persistance de phénomènes dont l'analyse débouche souvent sur des préoccupations d'ordre métaphysique. La compréhension de ces phénomènes n'est pas toujours aisée sans la foi de Dieu. C'est en quelque sorte son témoignage de la manifestation divine dans la matérialisation de certains événements survenus et dont il a pu avoir connaissance.
Publié le : dimanche 1 juillet 2012
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EAN13 : 9782296498952
Nombre de pages : 114
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Paul Ballanfat          
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P O È MES                                                                                                                  
 
                                                                                  
 
 
© LHarmattan, 2012 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-96774-8 EAN : 9782296967748
 
   
  
 
 
 
 
  
 
  
 
 
 
 
 
  
  
 
   
 
 
A U
 DÉTOURD ÉJÀ
 
1 Entre le givre et l écorce l eau risque un songe. Un cerf mauve roucoule et c est un jour louvoyant qui danse, qui chante et qui fend les ancres vives. On discerne des vapeurs étranges, des fumerolles d incandescences secrètes. Seules des traces demeurent. De jour, on ne voit point qui vaille mémoire ou fasse oubli. L âge est tendre, sombre est l habit. Guetté, mais à l abri, l orvet casse et laisse fuir une lueur multicolore. Il n éveille aucun serment et n a que faire d autres passés. Il a laissé rougir la mémoire. De flair, il n a que faire. Tant de blancs il a remplis, que son habit s est fait suie. Il s est lové enfin. Entre le jour et la nuit, il a tranché l amarre et s est noyé là où la nuit n est qu obscurité, là où n est point d ombre.  2 Il n est pas de soir terne, pas de feu plus noir. L effroi nous habite. Nous habitons la nuit. De quel astre avons-nous pris le parfum et la couleur ? Il n est pas d astre qui serpente entre les épis, qui ne se brise sur les aurores. Nous avons habité les rives. Elles nous ont salué et s en sont allées. En est resté l amer effluve qui colore les fleuves. À quand les flots gelés ? À quand les vents renversés ?
 
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Dans la pierre que ronge l heure, dans la fleur qu éclaire la rosée, dans le rire qui blanchit le jour, je suis un tourbillon aveugle. Je suis sec, sec, sec. Jetez-moi donc au feu, qu un instant abolisse le temps.  3 Mais nous n avons vu que la nuit tandis que les champs blanchissent. Ce sont des lacs de saules qui gravissent les monts et gisent en gerbes entremêlées. Tout s endort quand nous passons. Un rêve qui s effiloche nous fraie un étrange sentier. Nous attrapons des friches, des bribes, des rives au ciel envolé. Nous soufflons des sortilèges sans charmes. Entre monts et vents, il n est plus d écho. La voix s enfonce dans les soupçons de neige qui montent à l assaut des monts. Tout n est que silence, retraite et impuissance.  Je n ai pas vu les sources. Je n ai pas dit ces mots. Il n est pas de lèvres qui ne prononcent
 
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l effroi du sol, la solitude du ciel, le désespoir du jour. La pierre est confondue dans la blancheur de midi. Les voix scandent les monts. Les rois n ont plus d éclat. Nous ravissons au soir ce qu il a abandonné d obscurité. Je pends au faîte des arbres, j oscille et je respire l incandescence en vain, en vain, en vain. Je m acharne à arracher au vent son dessin. Il est fin et désolation. Je n embrasse guère plus le vent que ces lèvres qui ne disent mot.  5 Il n est point d effet qui ne suspende l âge à l espoir des rêves. Mais le répit devance la fin. Et la fin il n en est point. L air s enlise. Aux larmes immobiles l âge s épaissit et forme de longues allures aux clos dépits. Il est midi. L âge est comme éteint. Sèche l étreinte. Les astres rentrent, et ce sont les nuits sans songes, les pas sans les empreintes,
 
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les guetteurs sous les charmes, et les sortilèges sans armes.
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 La neige se suspend à l air. La blancheur a échangé son silence contre la promesse. Elle éclot et se divise. Elle est pétales jetés aux vents, suspensions,  flottements. Nous espérons le vide, nous remplissons l espace. Aériens encore, nous aimantons les variations délicates. Et ce sont des courbes étirées et tendues à gonfler les rives jusqu au point du songe. Le souffle se suspend au bord de l âme, et ce n est qu un soupir infirme. L océan s emporte et soulève notre stupeur. C est un feu qui tantôt suspend le ciel, tantôt blanchit l abime qu accusent les vagues. C est une brume encore, qui monte de l océan, et l air devient liquide, une nuit de neige qui éponge l horizon. Les courbes sont sans dessin. Pourtant elles se prolongent et dessinent des reflets qui ne connaissent pas la fin. 10  
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