La main leste

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À 18 ans, King a la main leste...terriblement leste. Ce jeune homme parisien ne résiste pas aux pulsions qui l'habitent, celles d'un cleptomane dont le seul soutien vraiment bienveillant est sa grand-mère Audrey. Ce roman nous entraîne dans les courses infinies de King d'un bout à l'autre de Paris, à des allures inouïes, agrippant sacs, bérets, casquettes, écharpes, chiens... jusqu'à ce que la jouissance retombe, et tout ce fatras avec. Ce roman est l'ultime tête-à-tête de ses adieux à Audrey, deux heures quatorze de crémation, pendant lesquelles King lui livre les surprenantes évolutions de ses talents atypiques.
Publié le : mardi 2 décembre 2014
Lecture(s) : 9
EAN13 : 9782336362960
Nombre de pages : 154
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La main lesteLa main leste
roman
À 18 ans, King a la main leste… terriblement leste.
Ce jeune homme parisien ne résiste pas aux pulsions qui
l’habitent, celles d’un cleptomane dont le seul soutien
vraiment bienveillant est sa grand-mère Audrey.
Ce roman nous entraîne dans les courses in nies de King
d’un bout à l’autre de Paris, à des allures inouïes, agrippant
sacs, bérets, casquettes, écharpes, chiens… jusqu’à ce que la
jouissance retombe, et tout ce fatras avec.
Ce roman est l’ultime tête-à-tête de ses adieux à Audrey,
deux-heures quatorze de crémation, pendant lesquelles
King lui livre les surprenantes évolutions de ses talents
atypiques.
Colette
Après La Nuit menteuse, Guide des terrasses avec vue sur le ciel,
eLa Main leste est le 5 roman de Colette d’Orgeval. d’Orgeval
ISBN : 978-2-343-04668-6
15,50
Colette d’Orgeval
La main lesteLamain leste.indd 1 13/11/14 21:48Lamain leste.indd 2 13/11/14 21:48











La main leste




Colette d’Orgeval












La main leste

Roman







































































Du même auteur

Jardin En Ville, roman, Barrois éditions, 2013.
I cieli di Kabul, interviste, « La mia Kabul », collectif, Datanews
Editrice, Rome, 2007.
Le + bô, Albin Michel Jeunesse, 2005.
Purgatoire, les bonnes adresses, collectif, L’Harmattan, 2003.
Guide des terrasses avec vue sur le ciel, roman, Nicolas Philippe,
2002.
Ce fou de Don Quichotte, Desclée de Brouwer, 2001.
Le Fils du boa, roman, Desclée de Brouwer, 1996.
La nuit menteuse, roman, Albin Michel, 1988.








colettedorgeval.wordpress.com




































Couverture : Robert S. Donovan / cc.


























© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04668-6
EAN : 9782343046686
À l’ouest de ma jeunesse, à l’est de mon avenir
Kerouac
Lamain leste.indd 7 13/11/14 21:48Lamain leste.indd 8 13/11/14 21:48… Audrey, c’est moi, ton King. N’aie pas peur, je suis là,
près de toi, je ne te quitte pas…
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Lamain leste.indd 9 13/11/14 21:48Aux derniers crissements de l’adagio, le cercueil d’Audrey
avait disparu par une trappe ouverte au milieu de l’estrade.
L’homme en costume noir s’est approché de nous. Mesdames,
Messieurs, la durée de la crémation est estimée à environ deux
heures. À cette annonce, ma mère s’est sentie mal, elle a quitté
la salle pour la fraîcheur de l’air libre. Mon père l’a suivie. Je
l’ai entendu lui proposer d’aller prendre quelque chose dans
un café de la place Gambetta. Tous deux, ainsi que les rares
amies de ma grand-mère qui s’étaient déplacées, des
survivantes, avaient hâte d’échapper à l’attente en un lieu où
l’imagination vous désagrège. Je n’ai pas voulu les accompagner, ils
n’ont pas insisté. Dans ce cérémonial qui ramène notre partie
visible à quelques traces de poudre grise, je n’avais pas le cœur
à l’abandonner. Je resterais jusqu’au bout.
Seul avec elle. J’avais été trop absent ces derniers temps,
moi, comme elle, réclamions cette consolation. Qu’Audrey ait
besoin de se changer les idées, avec n’importe quelle histoire,
du moment qu’elle couvre de bruit chacune de ces minutes
d’efrayant silence, de ça j’étais sûr.
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… Longtemps que j’aurais dû venir, je sais, pas d’excuse…
mais pardonne-moi: la nouvelle pour toi m’est tombée dessus,
imprévisible, même si à plusieurs reprises tu m’avais prévenu,
et même averti de ce que j’aurais à faire pour toi à ce
momentlà…
… Moi, je m’acharnais à te croire immortelle…
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… Et puis, t’avoir vue, dimanche soir, si immobile, muette,
silence total, toi, mon amour qui ne bougera plus jamais les
lèvres…
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… Je me suis dit cette chose terrible : King, face au concert
de désapprobation à ton égard, il n’y aura plus personne…
… Oui, face à ce concert général de désapprobation, à
cette conspiration pour me faire basculer dans des tréfonds
bien-pensants, m’y maintenir de force, m’éteindre, me rendre
inconsistant, rééduqué, réinséré, inerte…
… Face à ce qui n’est que malveillance…
… il n’y aura plus personne pour prononcer la phrase
magique : Tu n’es pas ce qu’ils disent, King, persévère dans ta
branche, sois le meilleur, crois-moi, c’est la seule chose à faire.

… Il n’est pas trop tard pour que tu le saches, Audrey, ta phrase
je l’ai mise à exécution, et de mon mieux. Et dernièrement, ça a été
vite, trop vite, ta magie s’acharnant, la chance a fni par me courir
après, à m’attraper, et de ne pas avoir eu le temps de te
l’annoncer, je m’en veux tant. Car, en plus, comme tu me l’as demandé,
je suis devenu numéro un dans ma spécialité (où, c’est vrai, je suis
seul) – même si, d’après Frantzy, ce n’est pas pour longtemps :
Aucun succès, dit-il, ne se laisse posséder pour toujours.
D’autant plus impardonnable, mon silence.
… Mais moi, sans toi avec moi, comment poursuivre
maintenant ? L’angoisse de ça s’est insinuée dans ma poitrine depuis
ce dimanche, 6 heures17, instant fatal, extinction à jamais de
ton soutien, signal de ce que je pressens, moi aussi, comme
inévitable, ma chute, ma punition.
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… La faute aux choses…
… avec leur logique idiote…
… D’abord, ta manie, en toute saison, de t’accouder à la
balustrade de ton balcon pour regarder les passants, puis les
moins 5 dehors, en même temps tes 87ans, et, pour fnir,
dimanche 6 heures 17…
… Sauf que, rappelle-toi, on était bien d’accord, on avait
toujours dit : Pas un dimanche. Le dimanche était le jour à
éviter absolument. Compte tenu de ma promesse solennelle
d’accomplir ta dernière volonté, ma mission donc, pas de pire
jour qu’un dimanche, une évidence pour toi comme pour moi.
… Pourtant, c’est ce que tu as fait, Audrey, mourir un
dimanche.
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