7 jours d'essai offerts
Cet ouvrage et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
ou

Publications similaires

Guy Meyer
La maison  jaune
Lettres de l’Océan Indien
Roman
LA MAISON JAUNE
Lettres de l’océan Indien Fondée par Maguy Albet et Alain Mabanckou, cette collection regroupe des œuvres littéraires issues des îles de l’océan Indien et tout particulièrement de l’archipel des Comores, des îles de Madagascar et de La Réunion, de Mayotte ou des Seychelles. La collection accueille des œuvres directement rédigées en langue française ou des traductions. Derniers titres parus Julien de CORNIÈRE,Paris-Nantes. Roman, 2016. Jahh-Raffion GUÉ,Le Révolutionnaire, 2015. Ibrahim ALI,Rives à dérives,2014. Expédite LAOPE-CERNEAUX,Clotilde, de la servitude à la liberté,2014. David JAOMANORO,Le mangeur de cactus,2013. Umar TIMOL,Le monstre, 2013. Halima GRIMAL,Le Manuscrit de la femme amputée, 2013.Quraishiyah DURBARRY,Féminin pluriel, 2013. Christine RANARIVELO,Le Panama malgache, 2011.Catherine PINALY,Sur Feuille de Songe…, 2011. SAST,Le sang des volcans, Des Kalachs et des Comores, 2011. Jean-Louis ROBERT,Concours de bleus,2009. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Guy MeyerLa maison jaune Roman
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09193-8 EAN : 9782343091938
Avertissement : ce roman est un ouvrage de fiction. En conséquence, les personnages et situations particulières sont nés dansl’imaginaire de l’auteur et ne peuvent être les copies de personnes existantes, ni de situations réelles.
Dans la petite vanilleraie que père a plantée dans un bois de jeunes palmiers, j’aime bien effectuer ce que je nomme ma tournée: c’est l’une de mes tâches de jeune fille associée à la bonne marche du domaine. Ce matin-là, les lourdes feuilles de la vanille sont douces au toucher. Des boutons vert clair se dilatent en se hissant vers la lumière et bientôt les premières fleurs défriperont leur soierie blanche avec des épanchements de jouvencelles. Elles exigeront alors un grand moment d’attention, car ce sera l’heure de les féconder. En levant la tête, j’aperçois au bout d’une rangée d’arbres, un très jeune homme qui paraît observer un plant avec un soin méticuleux. Une belle tignasse sombre qui n’a pas connu le peigne depuis quelques jours et qui mousse sur une tête aux traits plutôt fins ; une peau dorée où seuls les yeux et deux rangées de dents posent une ponctuation du même blanc de lait que la fleur… Ses mains aux doigts déliés, aux ongles un peu rongés, enserrent une des lianes avec beaucoup de précaution. Son long corps est courbé vers la plante dans une évidente concentration de tous les membres. Pour seul vêtement, il porte un pantalon écru dont les poches bâillent quand il se penche. Tout à sa besogne, il ne me voit, ni ne m’entend opérer mon approche, tant et si bien que lorsqu’il lève brusquement la tête, dans un sursaut de feuille frappée par une ondée, il a un haut-le-corps si singulier qu’il provoque instantanément en moi un frisson en retour. « Excusez-moi… Je ne voulais pas vous effrayer… » Une réponse muette est clairement lisible sur le visage rond d’ébahissement de mon jeune interlocuteur. A-t-il donc vu
9