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La mariée écarlate

De
263 pages
L’École des courtisanes est fidèle à ses principes: transformer d’avenantes courtisanes
en épouses convenables. Mais le tout nouveau roman de la passionnante série ayant
pour cadre l’époque de la régence de Cheryl Ann Smith met en scène une dame
respectable dans le rôle d’une amante expérimentée — au coeur d’une pièce pleine de
revirements, de séduction et d’intrigues irrésistibles.
Simon Harrington, mauvais garçon notoire et troisième dans l’ordre de succession au titre
de son oncle, s’est enfin résigné à se ranger et à se trouver une noble épouse. Mais il tombe
alors sur une courtisane en danger dans une rue sombre de Londres, et sa vie prend une
tournure inattendue. Craignant pour la sécurité de la belle mystérieuse, il la conduit à l’école
pour courtisanes de sa cousine, où on enseigne aux femmes comment devenir des épouses
convenables. Il se trouve toutefois dans l’incapacité de simplement s’en aller.
Laura Prescott, fille d’un pauvre écuyer campagnard, a été promise au ténébreux comte de Westwick. Mais ce dernier, plutôt que de l’épouser, l’a trahie et l’a forcée à devenir sa
maîtresse. Lorsqu’elle a appris qu’il avait l’intention de la vendre aux enchères, elle s’est
enfuie, au péril de sa vie.
Simon sait qu’il doit ignorer les sentiments qu’il éprouve pour une femme aussi peu recommandable; autrement, il risque de déshonorer sa famille. Mais lorsqu’il s’avère que l’ancien amant de Laura a été assassiné durant la nuit où elle s’est échappée, les soupçons se portent directement sur elle. Il ne tient donc qu’à Simon de prouver son innocence — au prix de sa propre perte…
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Copyright © 2012 Cheryl Ann Smith Titre original anglais : School for Brides : The Scarlet Bride Copyright © 2017 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette puPlication est puPliée avec l'accord de enguin Group, New York, NY. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Karine Mailhot-Sarrasin (CRL) Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy CoulomPe, Féminin pluriel Montage de la couverture : Sylvie Valois Illustration de la couverture : Judy York Mise en pages : SéPastien Michaud ISBN livre : 978-2-89767-781-7 ISBN DF : 978-2-89767-782-4 ISBN euP : 978-2-89767-783-1 remière impression : 2017 Dépôt légal : 2017 BiPliothèque et Archives nationales du QuéPec BiPliothèque et Archives Canada Éditions AdA Inc. 1385, Poul. Lionel-Boulet, Varennes (QuéPec) J3X 17, Canada Téléphone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
articipation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du QuéPec — rogramme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
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DÉDICACE À Duane, Regan, Paige et Ethan. Avec tout mon amour.
CHAPITRE1
S imon Harrington, une brute au mauvais caractère, à en croire Lady Jeanette Abbot, chevauchait sans but dans les rues désertes de Londres. La lumière des lampadaires se reflétait dans les flaques d’eau fraîchement formées par la même faible pluie qui dégoulinait sur sa veste et gouttait de la bordure de son chapeau pour couler en ruisselets froids sur sa nuque. Le désagrément allait bien avec son humeur ; son air grave était sur le point de devenir sombre. La maudite femme lui avait une fois de plus refusé sa main, le traitant de sauvage et arguant qu’il n’était pas digne d’elle malgré la fortune de sa famille. Elle avait montré brièvement toute une rangée de minuscules dents légèrement de travers, s’était éloignée de son genou posé au sol comme s’il souffrait d’une horrible maladie et lui avait poliment demandé de partir avant qu’elle le fasse mettre à la porte par ses valets. Maintenant que le cheval sur lequel il était assis déambulait librement dans les rues, il envisagea de laisser la bête le conduire jusqu’en Écosse, où personne ne connaîtrait son histoire et où les femmes portaient des culottes bien moins amidonnées. Son père ayant épousé une Irlandaise, la noblesse ne serait pas scandalisée s’il se mariait avec une Écossaise. Tous les Harrington de mauvaise réputation qui l’avaient précédé avaient déjà ouvert la voie vers le scandale. Malheureusement, en tant que fils aîné de sa branche de l’arbre généalogique, il devait choisir judicieusement son épouse. Si son oncle et son père décidaient de mourir subitement, il deviendrait comte et chef du clan tristement célèbre de goujats et de dépravés. Sans Lady Jeanette, il était peu probable qu’il arrive à faire entrer sa famille de pied ferme dans les bonnes grâces de la société. Le refus de ce soir portait certainement un dur coup aux plans qu’il avait soigneusement élaborés. Bien que quelques Harrington aient réussi à se hisser au sommet de la société, le sang irlandais de Simon et le fait qu’il n’avait pas de titre lui barraient pratiquement cette route. N’eût été sa sœur Brenna, il se serait bien moqué de ce que les gens pensaient de sa famille. — En Écosse, dans ce cas, euh… Cheval, ordonna Simon d’une voix rendue légèrement pâteuse par les multiples chopines qu’il s’était enfilées dans un pub malfamé quelque part près de Whitechapel. Il fallait vraiment qu’il donne un nom à cet animal, conclut-il en baissant les yeux sur les deux oreilles poilues qui s’étaient tendues vers l’arrière afin d’écouter ses ordres. Après tout, il y avait maintenant plus d’une semaine que le grand cheval gris lui appartenait. Le pur-sang avait besoin d’un nom majestueux pour se distinguer des autres bêtes moins coûteuses de moins bonne race. Mais la recherche d’un nom fut reportée à plus tard lorsqu’un son pitoyable porté par le vent l’incita à se redresser instantanément, dégrisé, et faillit le faire tomber de son cheval. Cheval lui-même faillit mourir de peur et voulut s’emballer. Scier du bridon fut le seul moyen de garder la maîtrise du hongre. C’était le cri d’un enfant en détresse. Un instant, non. Pas d’un enfant, mais plutôt d’une femme qui avait des ennuis. De graves ennuis, à en croire le deuxième cri, plus fort. Simon leva brusquement les rênes, faisant sursauter son cheval une fois de plus, et enfonça les genoux dans la bête pour la diriger vers l’endroit d’où provenait le bruit. À peine eut-il tourné le coin qu’il aperçut deux hommes robustes en livrée de valet aux prises avec une femme aux vêtements
froissés. Elle semblait lutter pour sa vie ou peut-être uniquement pour sa vertu. En réalité, cela importait peu. Des ennuis restaient des ennuis et ils la surpassaient en nombre. Du moins, Simon interpréta la situation ainsi. Il ne perdit pas de temps à se poser davantage de questions. La demoiselle était en danger et, à en juger par l’aspect désert de la rue, il allait devoir lui servir de chevalier à l’armure mouillée. Elle se débattait vigoureusement contre deux paires de mains musclées tandis que les deux hommes s’efforçaient de lui faire lâcher un lampadaire auquel elle s’agrippait. Elle ne pleurait pas ; ses cris exprimaient plutôt le désespoir. Simon fut impressionné par sa détermination à l’emporter contre des forces qui lui étaient supérieures. — Non ! Je n’y retournerai pas ! hurla-t-elle lorsqu’ils finirent par lui faire lâcher un bras. Quelques secondes de plus et ils réussiraient à l’emmener dans le carrosse qui attendait. Simon ne perdit pas de temps. D’un coup de pied, il lança Cheval au galop et, au son du martèlement rapide des sabots, fonça sur les trois individus. Les deux hommes eurent à peine le temps de se remettre de leur surprise avant que l’un d’eux reçoive le genou de Simon en pleine poitrine. L’homme gémit de douleur lorsqu’il fut projeté dans les airs et atterrit maladroitement à la renverse sur les pavés. L’autre homme recula d’un bond pour éviter le cheval. Simon lui assena un coup de pied au visage, lui fracassant le nez. La femme vacilla, mais se cramponna à nouveau au poteau. Simon fit faire demi-tour à son cheval tandis que le premier des deux hommes secouait la tête et entreprenait de se relever. L’autre homme tenait son nez cassé en gémissant. Il n’y avait pas de temps à perdre. Il approcha doucement son cheval de la femme et lui tendit une main gantée. — Si vous n’avez pas l’intention de serrer le poteau dans vos bras pour le reste de la soirée, peut-être devriez-vous me permettre de vous secourir. Sous des cheveux châtain clair emmêlés et trempés, de grands yeux écarquillés le regardèrent. On pouvait voir à son expression qu’elle était troublée par la soudaine tournure des événements. Elle hésita pendant une fraction de seconde, puis glissa sa petite main dans celle de Simon. Elle leva un pied pour le poser sur le sien dans l’étrier et il la fit monter en croupe. — Tenez-vous bien, lui ordonna-t-il. Elle se cramponna à sa veste. Il talonna vivement son cheval, puis ils partirent. Des hurlements d’indignation suivirent, ainsi qu’une série de jurons qui illustraient le profond mécontentement des deux voyous. Simon sourit de toutes ses dents. Après la soirée qu’il venait de passer, il était absolument jouissif de savoir que, quelque part à Londres, deux hommes étaient encore moins heureux et plus contrariés que lui. Deux mains s’agrippèrent à Simon tandis que le cheval filait à toute allure dans les rues. La brise fraîche fit disparaître les derniers effets de la trop grande quantité de bière de mauvaise qualité qu’il avait ingérée. L’adrénaline du sauvetage activa sa circulation sanguine et débarrassa son esprit du brouillard causé par le whisky. Il n’arrêta son cheval que lorsqu’il fut certain de ne pas avoir été suivi. Le hongre agita la tête et renâcla. Simon jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et vit que la femme s’était tournée pour regarder derrière eux. Elle avait manifestement perdu de son ardeur. Accrochée à la veste trempée de Simon, elle tremblait de tout son être. Il pensa lui offrir le vêtement, mais elle était beaucoup moins mouillée que lui. Pour l’instant, il valait mieux la laisser dans l’état où elle était. — Il faut partir, lui intima-t-elle avant de se retourner et d’enfoncer davantage ses doigts dans sa veste. Ils vont arriver, poursuivit-elle d’une voix si terrifiée que Simon en fut déconcerté.
Il ne s’agissait pas d’une simple fugueuse. — Vous devez me dire ce qui s’est passé, répondit-il, résistant à l’envie de remettre son cheval en mouvement d’un coup de pied. Avant de s’empêtrer davantage dans cette histoire, il devait savoir si elle n’était pas plutôt une criminelle qu’une victime. — Nous n’avons pas le temps, l’implora-t-elle en le tirant par le bras. Si monsieur le comte me trouve, il me tuera. Monsieur le comte ? La tuer ? Ces paroles résonnèrent dans l’esprit de Simon. — Qui êtes-vous ? Qui est cet homme qui veut vous tuer ? — C’était mon entreteneur. J’étais sa courtisane, dit-elle, tellement secouée de tremblements incontrôlables que ses dents en claquaient. Je me suis enfuie. Simon voulut à nouveau lui offrir sa veste, mais il n’avait pas le temps d’enlever la laine mouillée. Elle lui lança un regard suppliant. — Je vous en prie, vous d-devez m-m’emmener en sécurité. J’ai de l’argent pour vous p-payer pour v-votre aide. Simon scruta son visage. Sur ses traits pâles, rien de suspect ne lui donna à réfléchir. Il n’y avait ni tromperie ni mensonge. Elle craignait réellement pour sa vie. — Je connais un endroit où vous serez protégée. D’un petit coup, il remit son cheval en marche. L’animal obéit docilement. Cheval avait probablement hâte d’échapper à ce froid brumeux. Simon se fraya rapidement un chemin dans les rues rendues glissantes par la pluie. Bien que la bordure de son chapeau lui protégeât les yeux de la pluie, il était difficile de ne pas s’égarer avec ce temps maussade. Heureusement, leur destination n’était pas loin. Il savait que cette visite à l’improviste ne ferait pas plaisir à Éva ni à Noëlle. Toutefois, sa mystérieuse passagère serait en sécurité là-bas. C’était la seule option. Il était hors de question de l’emmener à la résidence familiale ; arriver avec une courtisane sur les talons dépasserait assurément les limites de ce que sa mère considérait comme convenable. Comme la pluie qui s’intensifiait rendait les déplacements éprouvants, Simon prit plusieurs mauvaises fourches avant d’enfin trouver la bonne rue. Heureusement, il ne mit que quelques minutes à trouver l’adresse qu’il cherchait. La maison de ville était exactement comme dans ses souvenirs — banale, quelconque et sombre. La maisonnée était endormie. La femme était à présent pétrifiée et à moitié gelée. Simon décrocha ses doigts de sa veste et descendit de cheval d’un bond. Légère comme une plume, elle glissa mollement le long du corps de Simon lorsqu’il la souleva de derrière la selle. Ses orteils avaient à peine effleuré le sol que ses genoux se dérobèrent sous son poids. Inquiet, Simon l’attrapa par la taille et remarqua qu’elle avait le regard vide. Il la prit dans ses bras et la porta jusqu’à la maison de ville plongée dans l’obscurité. La porte était verrouillée. Il frappa plusieurs fois du bout de sa botte, secouant le panneau sur ses gonds. Peu après, la lumière d’une bougie vacilla de l’autre côté d’une fenêtre étroite. Un homme d’âge mûr dont les cheveux étaient couverts d’un bonnet de nuit entrouvrit prudemment la porte pour jeter un coup d’œil par la fente. Manifestement troublé par leur arrivée à cette heure tardive, il regarda d’abord Simon, puis la femme. — Je dois voir mademoiselle Éva, dit Simon. L’homme secoua la tête, l’air sévère et les yeux bouffis de sommeil. — Mademoiselle Éva n’est pas ici et mademoiselle Sophie dort. Allez-vous-en.
Simon n’avait pas la patience de discuter plus longtemps. Il remonta sa demoiselle un peu plus haut contre son torse et effleura le domestique en forçant le passage. — Monsieur, vous ne pouvez pas entrer, bredouilla ce dernier, qui ferma violemment la porte avant de courir derrière Simon en faisant claquer ses pieds nus sur le parquet. Ce n’est pas convenable. Comme il ne connaissait pas la disposition des pièces, seule la lumière tamisée de la bougie permit à Simon d’avancer dans le couloir sans trébucher. Il trouva rapidement une pièce sombre avec un canapé près d’une cheminée éteinte. — Allez chercher Sophie, cracha Simon. — Que se passe-t-il ici ? Simon se tourna et vit dans l’ombre une femme blonde descendre l’escalier en hâte en serrant un peignoir autour d’elle d’un geste protecteur. Derrière elle, trois femmes étaient rassemblées en haut de l’escalier. — Comment osez-vous pénétrer de force dans cette maison ? Primm, allez chercher Thomas, lui ordonna-t-elle en jetant un coup d’œil au domestique. L’homme avança d’un pas. Il s’immobilisa en entendant la voix de Simon. — Mademoiselle Noëlle est ma cousine. J’ai besoin de votre aide. Sophie sursauta, puis s’immobilisa, hésitante. — Retournez vous coucher, finit-elle par dire d’un ton brusque en se tournant vers les femmes sur le palier à l’étage. Je m’en occupe. Simon ne perdit pas plus de temps. Il entra dans la pièce et posa doucement la courtisane sur le canapé. Sophie prit la bougie et alluma quelques appliques murales. Elle parla à Primm à voix basse, puis le domestique quitta la pièce. Lorsqu’ils furent seuls, Sophie lança un regard noir à Simon avant de s’approcher de la femme pour s’assurer qu’elle allait bien. Elle alla chercher une couverture sur un fauteuil à proximité et enveloppa la protégée de Simon dedans. Les yeux de la courtisane s’ouvrirent lentement lorsque Sophie posa une main chaude sur sa joue. — Vous êtes en sécurité, maintenant, dit doucement Sophie en écartant les cheveux mouillés du visage pâle de la courtisane. Reposez-vous. La femme se détendit lorsque Sophie s’éloigna. Elle fit signe à Simon de la suivre et ils se retirèrent dans un recoin de la petite pièce. Elle croisa les bras. — Dites-moi qui vous êtes et ce qui lui est arrivé, lui ordonna-t-elle d’un ton sévère en lui jetant un regard encore plus sévère. — Je suis Simon Harrington, répondit-il, puis il regarda vers le canapé et baissa le ton. Je suis navré pour l’intrusion, mais je n’avais nulle part où aller. — Qui est-ce ? s’enquit Sophie. — Je ne sais pas, dit-il en haussant les épaules. Elle était en danger et je l’ai secourue. Elle prétend être une courtisane qui craint pour sa vie. Mais je n’en sais pas plus. Sophie scruta son visage. Après un long moment, elle soupira. — Vous avez bien fait de la conduire ici. Vous pourrez vous expliquer avec mademoiselle Éva plus tard. Tandis qu’elle retournait vers le canapé, Simon grimaça. Se faire pardonner était le dernier de ses soucis. L’école appartenait à Éva et celle-ci protégeait férocement sa vie privée. Elle allait être furieuse en apprenant qu’il l’avait espionnée. Pire encore, il n’osait pas penser à la manière dont sa cousine Noëlle allait réagir à la nouvelle. Elle faisait du bénévolat à l’école et était tout