LA MÉMOIRE DES TEMPS

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" Elle a voulu me dire quelque chose; son visage s'est creusé et ses lèvres se sont engouffrées dans sa bouche, recouvrant brusquement ses gencives nues. J'ai cessé de respirer... Je ne comprenais pas ce qu'elle me disait : elle avait avalé toute la peau de son visage. J'ai repoussé la main qu'elle avançait vers moi. Que me voulait-elle donc ? J'attendais quelqu'un d'autre; je voulais la vieille femme au tendre sourire et l'olivier et l'amphore d'huile. Je l'ai traitée de sorcière. Savait-elle seulement où se trouvait l'olivier ?"
Publié le : jeudi 1 janvier 1998
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EAN13 : 9782296360495
Nombre de pages : 190
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LA MÉMOIRE DES TEMPS

Collection Ecritures Arabes dirigée par Maguy Albet et Alain Maba.nckou Dernières parutions

N°130 Claire Gebeyli, Cantate pour l'oiseau mort. N° 131 Albert Bensoussan, L 'œil de la sultane. N°132 Mohd Karou, Le retour inachevé. N°133 Lotti Selmi, Le testament. N° 134 Gebran Tarazi, Le pressoir à olives. N°135 Max Guedj, Le cerveau argentin. N°136 Rachid Chebli, Au-delà de Jabal Tarik. N° 137 Mouloud Achour, A perte de mots. N° 138 Abdessalam Idriss, Ibaydi. N°139 Leila Barakat, Les Hommes damnés de la terre sainte. N°140 Mohamed Haddadi, Les Bavures. N°141 Albert Bensoussan, Le chant silencieux des chouettes. N°142 Tarik M. Nabi, Dent pour dent. N° 143 Kerroum Achir, Nassima.

<9 L'Harmattan, 1998 ISBN: 2-7384-6446-7

Bouthaïna AZAMI-TAWIL

LA MÉMOIRE DES TEMPS

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. SS, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Je voulais, pour dédicacer ce livre à ceux que j'aime, faire que le mot AMOUR les contienne tous. Pour commencer et jusqu'au bout du jour, les initiales de mon Père, mon Père, au seuil de l'amour et pour l'éternité. Un M pour ma Mère au coeur de la lumière. A pour les trois autres feuilles du trèfle; pour Adam là enfin, et le paradis, depuis, est sûrement un enfer; pour Antoine ou Ange au grand manteau dont le nom annonce l'aube et l'aurore. Et pour Sobhi et Sarnia, ma petite tigresse aux yeux de nuit, je mets AMOUR au pluriel pour un S comme Soleil en feux sans artifice. A ceux que je porte dans mon coeur.

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Je ne me souviens plus du visage de ma mère. Juste de ses larmes le jour où on est venu m'arracher à la chaleur de son sein fatigué. Des petits bras qui se tendent, qui se tendent à s'arracher... des yeux d'enfants écartelés par l'angoisse... Des yeux... Un cri... Les yeux de ma mère. Si noirs qu'ils semblaient se diluer dans ses larmes et couler sur ses joues... Strident.. Noirs comme une triste nuit sans lune. Ce dos complice, cette voix, cette voix grave et fluide -j'entends le murmure d'une conspiration- la chaleur protectrice de cette cuisse salutaire, la douceur lancinante de ce sein que j'aimais à effleurer, à caresser, à écouter le temps d'un instant, cet instant d'éternité où l'on aime à s'endormir. Une plantation d'orangers; des arbres à perte de vue, des senteurs à en perdre l'âme. Au détour d'une ombre, des étrangers. Ma mère les accueille en riant; je me demande qui sont ces gens qu'elle a l'air de reconnaître et qui sont pourtant absents de ma mémoire d'enfant Cramponnée à 9

ma mère, je ne me doutais pas encore qu'ils allaient souiller la plénitude immaculée de cette enfance dont on me dira plus tard qu'elle était on ne peut plus misérable. lIne me reste que des bribes de cette époque de ma vie, mais elles sont toutes couleurs et lumière. De quelle misère parlent-ils? Je mangeais du sein de ma mère, je dormais sur son ventre, je vivais, je rêvais sur son dos. Je me délectais des chants d'oiseaux, des parfums de fleurs d'orangers, des rires de mes frères, des contes de ma mère et de ses confidences. Je gardais les secrets que le ciel et ses nuages chaque jour me livraient, une forme menaçante, un rayon de soleil déversant ses cendres d'or sur mes cheveux crépus, un arc-en-ciel transperçant de sa lame magique les ombres maléfiques, le clin d'oeil d'une étoile, un éclat de bonheur... Une bouche tordue... Pétrie par la douleur... Elle retient ses mains... Les empêcher de crier, absolument. Elle étouffe les tremblements de ce visage transi par un nouveau coup du sort. Ses pommettes ressortent plus que d'habitude. Je pars, avec les étrangers. Je pars vers je ne sais où avec je ne sais qui. Je ne pleure plus. Mes sanglots m'ont coupé le souffle et je respire précipitamment... Peur... Je ne comprends pas ce qui se passe mais je sais que c'est grave, irréversible. Les yeux de ma mère me l'ont dit tout à l'heure. Je penserai souvent à ces yeux-là. A toi, je ne pense jamais. Ou alors malgré moi, une nausée sans visage... Noir, noir trou de mémoire... Me débarrasser de cette odeur fétide qui me monte au nez et me 10

soulève le coeur de convulsions acides chaque fois que je te pense... Trou noir... Et je ne sais de toi que ce que j'ai pu saisir, happer au vol au détour de paroles où l'on ne m'attendait pas, à l'abri des portes closes qui laissaient filtrer les mots, des mots lourds et indiscrets ancrés dans mon coeur comme autant de poignards. C'est ainsi que j'ai appris que cette plantation, cette plantation dont je respire encore les parfums sur ma peau, tu en étais le gardien. J'ai surtout appris que tu n'avais pas déclaré ma naissance. Passager clandestin, c'est ainsi qu'on m'avait condamnée à traverser la vie. Destinée à ne pas être. Mon départ sera sûrement aussi anonyme que mon arrivée. Parfums, étoiles, lumières, rires... larmes... cris... Que disent-ils? Coups? Aurais-je tout inventé? Je les entends qui parlent de... moi? qui disent que le temps a faussé les images qlli courent dans ma tête et même les amours qui cognent entre mes seins, que mes douleurs ont pris des couleurs irréelles, que j'ai tout falsifié, toutes mes certitudes... balayées... violées, détruites par tout ce que j'ai pu entendre dire à propos de la famille qui aurait dû être mienne; par tous ces lambeaux de paroles tronquées que je courais cueillir avec le désespoir du pauvre, de l'affamé qui engloutit ce qu'il trouve sans se poser de questions et finit par vomir un suspicieux mélange. Je rapiéçais de ces mots mon trouble moi en haillons; les coutures sont en biais, vulgaires et visibles. J'entends passer un mot: c'est le nom de mon père; j'hésite à le prendre... Je le prends quand 11

même. Je le peindrai en noir au dos de mon coeur. J'ai entendu dire qu'il frappait ma mère. Les haillons ont disparu derrière les pièces de tissu. Je ne suis plus qu'un miroir éclaté et bariolé, reflétant la masse bouffie et visqueuse d'une mémoire difforme. J'ai mis près du noir le rOllge de la chair meurtrie, la sombre lâcheté et le gris de l'absence.

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Maman. J'ai tant pensé à toi cette première nuit où je me suis dit que, peut-être, je n'aurais jamais dû grandir. Dès notre arrivée, o.n m'a montée sur la terrasse et on m'a rasé la tête, jllsqu'all dernier poil. J'avais si mal aux bras. J'ai pleuré en silence pour ne pas me faire gronder. Je me suis fait gronder quand Inême. On m'a dit de me taire, que j'étais sale et que j'avais sûrement des poux. J'ai d'abord eu honte qu'on me soupçonnât d'avoir des poux. Puis j'ai eu honte d'être chauve. Sarah seule m'a défendue: "Moi allssi, j'ai attrapé des poux, une fois, à l'école. Vous ne m'avez jamais coupé les cheveux". Je devais découvrir plus tard que Sarah avait une vision très claire de la vie: il y avait le juste et l'injuste, le bien et le mal, et la frontière entre eux était très nettement définie. Ce n'était pas chez elle une question de morale mais une question d'amour. Lannit venue, on m'a mis un matelas dans un coin de la cuisine. Avant d'aller se coucher, Sarah s'était préoccupée de savoir l3

où j'allais dormir, mais elle s'est vite éclipsée devant le regard agacé de sa grand-mère. La télévision... J'avais froid et peur, dans cette cuisine. Je ne voulais pas m'endormir. Je voulais penser à toi et te croire près de moi. Alors je me suis mise à te parler, doucement. Je t'ai murmurée... Je t'ai murmurée tout entière comme pour... pour... t'exhaler, oui, t'exhaler de mon corps dans toute ta beauté, dans tous tes parfums, dans tous ces "m" ... J'ai expiré des "m" presque toute la nuit; des "m" interminables, sinueux, qui montaient, déclinaient, glissaient, se nouaient dans l'étreinte moite d'un baiser d'enfant, s'éteignaient en déversant leur souffle chaud sur le son larmoyant d'un "a" syncopé. Je t'ai demandé une histoire. "Laquelle? Encore celle des deux soeurs?" Je me suis blottie contre toi, et j'ai écouté: "Il était une fois, il y a bien longtemps dans la nuit des temps, un couple de pauvres gens qui avait deux filles, au grand désespoir du père qui avait cessé d'espérer l'arrivée du garçon qui assurerait la pérennité du nom et surtout un peu plus de pain dans la maison. Mais la mère n'était plus qu'un corps stérile et flétri, une outre vide et sans vie, un ventre dont les plis vieillissants, grimaçants,ne se tendraient jamais plus sous la force joyeuse explosive d'un 14

bourgeon printanier qui tressaillirait à chaque battement de son coeur, la gonflerait d'amour, la remplirait d'une nouvelle lumière, de ces lumières qui emportent les faims les plus rudes, font sourire même les vieilles lèvres gercées fermées sur le passé pour mieux tromper la mort, les entrouvrent, découvrent les gencives dégarnies, dénudées, dévastées et inondent ces caves noires de sables d'or échappés de berceuses lancinantes rejaillies soudainement dans de vieilles mémoires qu'on croyait condamnées et qui remplissent l'espace, font dérailler le temps. Au fil des jours, la mère avait vu se transformer un mari aimant en homme sinistre et amer. Ses accès de colère devenaient de plus en plus fréquents, redoublant de violence à chaque fois. Leur misère était intense et rien ne permettait à la pauvre femme d'espérer voir se lever un jour nouveau. Chaque soir elle se demandait avec angoisse comment, le lendemain, elle nourrirait sa petite famille, redoutant le jour noir où se ferait absent le plus petit bout de pain rassis. Ce jour arriva. C'était un jour gris et froid, et la pluie semblait des larmes acides. La mère tâtait tristement ses seins plats et desséchés, regrettant le temps béni où elle avait au moins du lait à offrir à ses enfants. Mais les années avaient passé, la 15

source s'était tarie, et plus rien ne pouvait sortir de ce corps-là. Il ne lui restait plus qu'à aller mendier. Elle en parla à son mari: -UNous n'avons plus rien à manger; puisque tu ne trouves aucun moyen d'assurer notre subsistance, je vais n1erendre en ville tenter de gagner quelque argent" . La réaction de son homme ne se fit pas attendre: -"Et comment t'y prendras-tu, pauvre folle? Crois-tu pouvoir faire mieux que moi?" -"Je me mettrai au service de quelqu'un ou je demanderai l'aumône, oui, je tendrai la main, mais il ne sera pas dit que j'ai laissé mourir de faim mes propres enfants. Et toutes les colères du monde ne pourront m'aITêter." Elle prit sa vieille cape rapiécée et sortit Luttant contre le vent, elle arriva enfin aux portes de la ville, se mit en quête de la place dll marché et, épuisée, s'assit dans un coin... Quelqu'un me secouait. J'ai vaguement entendu "debout, debout!" tandis que llles yeux s'ouvraient péniblement. C'était ma maîtresse. Je me suis levée précipitamment pendant qu'elle continuait de crier: "Range-moi ce matelas et toutes tes saletés. Dépêche-toi! Il faut préparer le petit déjeuner" . J'ai soulevé le matelas. Il était lourd et encombrant. Je ne 16

savais pas où le ranger. Dans le couloir, j'ai trébuché; Le matelas a amorti ma cl1utemais ma tête a heurté le mUf. -uÇava ?" Cette voix, c'était Sarah. J'aurais voulu lui sourire mais mes lèvres résistaient. Elle s'est approchée timidement et m'a aidée à me relever; je ne lui ai même pas dit merci. La télévision hurle... Toute la journée, j'avais essayé de rester imperméable à tout ce qui aurait pu augmenter ma douleur. J'avais obéi machinalement. J'avais servi, rangé, lavé, frotté sans vraiment réfléchir à ce que je faisais et avec cette énergie du désespoir qui empêche les images de se fixer. Mais le soir, seule dans ma cuisine... soudain... comme un murmure dans mon corps... un volcan qui s'éveille... sifflement... sifflement valvulaire de mes veines obstruées par d'innombrables cadavres, innombrables cadavres de mémoires arrêtées, pétrifiées au silence froid de douleurs étranglées qui reprenaient vie, palpitaient, faisaient battre la peau, la soulevaient... suffoquaient des larves de sang bleu d'images mortifères coagulées dans ma chair qui hurlaient maintenant, hurlaient.. Soudaine... déflagration dans ma tête d'un barrage éventré... explosion d'images, milliers milliers d'images fragmentées, vertigineuse ronde de visages éclatés qui tournent, tournent, tournent et crient, me crèvent les tympans et me lacèrent les yeux... éventrés... dans lesquels viennent se planter les bris effilés des 17

mémoires fracassés... Retrouver ma mère dans tout ce bruit. J'ai dû fermer, fermer très fort les yeux et forcer... Forcer les images à m'en arracher le crâne... Lavoir... La voir... Je l'ai regardée sans rien lui dire. J'ai voulu rouvrir les yeux, mais mes paupières restaient soudées; la peau s'est incurvée sous la légère pression des doigts... vide... mes yeux... mal... écharpés... gobés, engloutis... Je ne me suis pas blottie dans ses bras. Elle a repris l'histoire là où je l'avais laissée la veille pendant que mes larmes coulaient et que m'envahissait une profonde sensation de vide. "La pauvre femme tendit les mains en avant et laissa échapper de ses lèvres une étrange litanie: on n'aurait su dire s'il s'agissait d'un hymne d'amour ou d'une ode à la mort. La voix déchirée s'interrompit un moment puis reprit: "Mon enfant a des yeux trop grands; ces yeux lui mangent le visage. Mon enfant a des yeux immenses fixés sur une douleur muette; petit mirage captif d'un leurre, aux yeux de verre toujours ouverts, déjà accrochés au néant. Petit fantôme; son corps chétif ne peut porter le poids des peines, le froid des haines; comment soigner son âme furtive et faire que sa douleur soit mienne. Dieu est trahi, rien n'est amour, ou si peu, bien 18

trop peu; l'homme s'est trahi, regarde; sa gloire est souillure et tes larmes sont sa plus grande défaite. Retiens, retiens ton âme qu'elle ne fuie ton corps fatigué, qu'elle ne fuie cette enfance ébréchée...
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Ouvrant des yeux humides, la mère s'aperçut que beaucoup de gens s'étaient regroup.és autour d'elle et la regardaient, certains avec tristesse, d'autres avec curiosité. Après un moment de silence, un vieil homme s'avança: il avait un visage serein et avenant, une barbe blanche, et ne semblait pas avoir besoin de la canne qu'il tenait à la main. TIlui dit doucement: -tlTon chant est beau; mais d'où te vient tout ce désespoir?" -"Mon histoire est longue et parsemée de blessures. J'ai perdu mes rêves et ma beauté au fil d'une vie pétrie dans la misère. Mais ma misère ne serait rien si je n'avais deux filles, prunelles de mes yeux, que je n'arrive plus à nourrir. C'est de là que vient mon désespoir." -"Je ne suis pas bien riche, mais j'aimerais t'aider. Prends cette bougie, c'est tout ce que j'ai. Peut-être mettra-t-elle un peu de lumière dans ta nuit." La pauvre femme, émue, remercia le vieil homme et s'en retourna chez elle, munie de sa 19

bOllgieet des quelques piécettes offertes par les passants. La petite maison était bien silencieuse, et elle fut prise d'un terrible pressentiment. Son mari était là. _HOÙ les filles?" deInanda-t-elle. sont La réponse se faisait attendre. L'homme, les épaules voûtées et les yeux dans le vague, ne semblait pas avoir entendu. La gorge serrée, la mère répéta d'une voix cassée: -"Où sont mes filles?" Cette nllit-Ià, j'ai fait un rêve horrible: j'ai rêvé que ma mère était morte. Elle était étendue sur une longue table, immobile et livide. Et moi, je faisais le tOtIrde la table en sautillant et je riais, je riais, je riais... J'avais froid. Une sensation d'humidité a suspendu dans un douloureux pincement les battements de mon coeur. Puis mon rêve a brusquement rejailli dans mon esprit. Froid. Ce matin-là, quand on est venu me réveiller, je suis restée accrochée à mes draps. Maîtresse a beaucoup crié en découvrant le matelas mouillé. Elle m'a traitée d'idiote et m'a donné un coup sur la tête. J'étais si terrifiée que je n'ai rien senti. Elle m'a ordonné d'aller me laver, puis j'ai dû nettoyer les draps et monter le 20

matelas sur la terrasse. Quand je suis redescendue, tout le monde était déjà parti: Sarah à l'école, ses parents au travail. Depuis mon arrivée, je n'avais pas souvent parlé. Je n'aurais pu parler. J'avais bien essayé mais, à chaque fois, mon visage s'était crispé et j'avais senti ma mâchoire anky losée mouvoir ma bouche de dOtlloureuses contorsions. Ma voix s'était étouffée dans ma gorge et je n'avais jamais réussi à gémir qu'un souffle rauque. J'avais besoin d'être seule, que personne ne me parlât, que l'attention se concentrât sur autre chose ou quelqu'un d'autre. Qu'on me laissât le temps d'observer ma nouvelle vie et les nouveaux visages qui en faisaient désormais partie, doucement... Sur le bord d'un trottoir sur... les genoux de ma mère... regarder les passants, oublier, s'oublier jusqu'au bout du jour, au dernier souffle de lumière, dans des milliers de visages à réinventer... encore un... me dévêtir doucement de mon corps, de n1a chair pour me mêler au vent dans un souffle de vie nouvelle, ivre, vibrant aux accords d'un désir inconnu, toujours toujours à jamais inconnu, long ruban translucide qui naissait dans nos ventres, traversait nos corps dans la danse fluide des extases serpentines, s'échappait de nos lèvres et allait s'enrouler autour de corps nOllveaux, palpant les visages, recueillant tous les traits, se noyant dans le cercle liquide de regards troublants, s'infiltrant dans les âmes pour de 21

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