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La mine et la dune

De
278 pages
Fresque sociale, secrets de famille, passions amoureuses, coïncidences fatales, recherches de coupables : il y a de tout cela en ce roman original. Nés d'un père mineur dans le Binche d'avant-guerre, deux frères se haïssent, mais passeront le reste de leur vie à espérer la conjonction de facteurs autorisant la réconciliation. Inattendue, troublante, une femme les aidera, mêlant psychologie et littérature. Ancré dans le mythique carnaval, le jeu des masques se déploie entre noirs terrils et dunes paisibles.
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Renaud Denuit
La mine et la dune Roman
D/2015/4910/15
© Academia – L’Harmattan Grand’Place 29 B-1348 Louvain-la-Neuve
 ISBN: 978-2-8061-0219-5
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’auteur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
La Mine et la Dune
Du même auteur : Fiction Nietzsche-à-Nice. Petit traité de logique européenne, préface de Quentin Dickinson, Mols, Bierges, 2005. Philosophie
La cité harmonieuse selon Marx. Science totale et révolution, Mols, Bierges, 2003. L’aube de l’Un. L’articulation entre ontologie et centralisme politique d’Héraclite à Aristote I,L’Harmattan, Paris, 2003. Le Cercle accompli. L’articulation entre ontologie et c entralisme politique d’Héraclite à Aristote II, L’Harmattan, Paris, 2003. Heidegger et l’exacerbation du Centre. Aux fondements de l’authenticité nazie ?, L’Harmattan, Paris, 2004. L’Antiprince. Études sur la réciprocité ontologie-centralisme(2 volumes), Édi-tions Universitaires Européennes, Sarrebruck, 2010. Poésie Ressembler à l’Homme, préface d’Adrien Jans, Maison internationale de la Poésie, Bruxelles, 1972. Le Feu de tous, préface de Raphaël Célis, Maison internationale de la Poésie, Bruxelles, 1974. Palais d’origine,Maison internationale de la Poésie, Bruxelles, 1977. L’impraticable, Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1981 (épuisé). Ce qui est demeure du temps, Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1985 (épuisé). Histoires de la Détermination, préface de Michel Joiret, M.E.O., Bruxelles, 2012. Politique Décoloniser Bruxelles(en coll. avec Guy Brasseur), Vie Ouvrière, Bruxelles, 1982. Passé récent, futur présent. Regards sur la politiqu e belge et internationale, Havaux, Nivelles, 2003. Valoriser autrui au moment démocratique. Élections 2006 à Etterbeek,préface de Xavier Mabille, Havaux, Nivelles, 2007.
La Mine et la Dune
Renaud Denuit ROMAN
À l’exception des poètes et philosophes célèbres mentionnés en cours de récit, du bourgmestre de Binche durant l’après -guerre, des quatre écrivains belges décrits au chapitre V et des ha utes personnalités brièvement évoquées à la fin du chapitre VII ains i qu’aux débuts du chapitre XIII et de l’épilogue, tous les personnages de ce roman sont imaginaires. Il en va de même de leurs patronymes. Quant aux lieux décrits, la plupart sont réels, mais dans certains cas, des noms d’établissement ont été changés. Qu’à cela ne tienne, le lieu-dit « le Paradis » existe bel et bien, nous l’avons vérifié : tout espoir est donc permis.
Le hasard est le plus grand romancier du monde ; pour être fécond, il n’y a qu’à l’étudier.
BALZAC L’empreinte d’un homme sur un autre est éternelle, aucun destin n’a traversé le nôtre impunément.
MAURIAC Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent Pour partir, cœurs légers, semblables aux ballons, De leur fatalité jamais ils ne s'écartent Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !
BAUDELAIRE
PROLOGUE Les éléments qui nous font advenir au monde et qui définissent le tissu principal de nos destinées ressemblent à ces filets liquides bien cachés, à ces nappes d’eau souterrai-nes qui, selon des lois aussi invérifiables qu’incontrôlables, se fraient leur chemin dans les mystères de la terre, se rencontrant, se divisant, s’égarant à la recherche d’une improbable lumière, jusqu’à jaillir en sources avec une force intense, par rapport à laquelle nous serons toujours insuffisants.
Née à Binche en 1895, Hélène Wauters eut une enfance et une adolescence difficiles. Un jour, on lui apprit sans ménagement qu’elle était de père inconnu ; sa mère, Marthe Lemonnier, ayant sombré dans l’alcoolisme, Hélène fut élevée par l’assistance publique. À la fin de ses études moyennes, elle eut la surprise de voir surgir l’auteur de ses jours : pris de remords, il décidait de la reconnaître ; ainsi put-elle porter son nom. Travailleur de la mine natif d’Enghien, Fernand Wauters, loin de se mettre en ménage avec Marthe, disparut de la vie d’Hélène comme il y était entré. Dès ses dix-huit ans, la jeune fille voulait monter dans l’échelle sociale ; sa personnalité volontaire pouvait l’y aider, mais aussi son charme : les mâles regards locaux portés sur sa silhouette lui en confirmaient les attraits. N’ayant ni frère ni sœur, elle compensa ce manque par des amitiés. Ses contacts se limitant à la cité des Gilles, elle y fut rapidement connue.
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