La nuit toutes les dames sont blanches

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Sur les routes une jeune fille revient de soirée mais son trajet ne sera pas de tout repos…

Publié le : dimanche 12 janvier 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791093004037
Nombre de pages : 9
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Extrait

fait nuit, je suis seule dans ma voiture, et j’ai peur.
Pire : il fait nuit, je suis seule dans ma voiture, j’ai peur, et mes phares éclairent mal.
En plus, je suis obligée d’emprunter cette route au milieu des coteaux toulousains. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, imaginez : forêt entourant la route, pas d’éclairage public, passage à peine assez large pour une voiture, virages fréquents, sangliers déboulant comme des forcenés probables, et le tout en pente. Au moins la route est goudronnée, ça pourrait être pire. Et, croyez-moi, en arriver à cette conclusion ne présage rien de bon.

Je rentre d’une soirée passée chez un ami. Il m’a bien proposé de rester dormir, mais je le connais bien, et je sais ce qu’il veut vraiment. Et comme il s’agit d’un très bon ami et qu’il est hors de question que nos relations évoluent, c’est justement tout ce que je ne veux pas.
J’ai aussi un peu bu. Je sais que c’est mal de conduire en ayant un peu bu, mais j’ai préféré échanger une nuit qui aurait obligatoirement changé des choses entre nous contre ma sécurité. Encore une fois, oui, je sais que c’est stupide, je n’ai pas réfléchi, et maintenant je flippe comme une pauvre malheureuse sur une route noire, sans éclairage. Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, il bruine.
J’ai une jolie petite voiture. Une de ville, là où je vis, en vrai. J’ai déménagé vers Marseille il y a quelques années déjà, mais je rentre plusieurs fois par mois pour « retrouver mes racines ».
Je soupire. J’ai vraiment envie d’une clope. Mais je pense que ça ne ferait qu’empirer la situation. Imaginons qu’un sanglier déboule, comment est-ce que je pourrais l’éviter avec une cigarette à la main ? Je jette un coup d’œil à mon sac, qui contient mon paquet. C’est trop dur de résister !
Je lisse, dans une vaine tentative de me calmer, ma tunique en lin blanc avant de retirer ma main de peur de me salir. J’adore cette matière, elle est un peu rêche, et me fait oublier pendant quelques secondes mon addiction. Par contre, cette couleur est si salissante que je regrette parfois de ne pas l’avoir achetée en noir.

Je jette à nouveau un coup d’œil à mon sac.
Je soupire encore une fois.
Et finalement, je décide de mettre la radio, pour me changer les idées.
Si seulement il y avait d’autres voitures, je ne me sentirais pas si isolée. Nouveau soupir. C’est ça mon souci, j’ai trop d’imagination, et là, je suis persuadée d’être prise dans une sorte de vortex spatio-temporel. Si des scènes dignes de Dalí s’offraient à moi, je ne serais même pas étonnée. Ou peut-être que j’exagère et que je hurlerais.
Bref, j’allume la radio. Je sélectionne une station diffusant de la musique récente et de qualité toute relative.
Je vois une voiture arrêtée sur le bord de la route. Au moins, ce coin, réputé pour être un lieu de rendez-vous homosexuel, n’est pas totalement désert.
Il y a un panneau de signalisation à droite. « Bois des dames ». Super, en plus, maintenant, je risque de croiser la dame blanche.
La dame blanche ?
Ô mon Dieu, je risque de croiser la dame blanche !
Vous connaissez Sadako du film The Ring ? Certes, elle ne s’appelle pas comme ça dans la version américaine. Bref, la gamine du puits qui sort ensuite par la télé et la dame blanche sont mes plus grandes phobies ! À moins que ce terme ne désigne que des choses réelles ?
Ô mon Dieu ! Ô mon Dieu !
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