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La paix, l'amour et rien d'autre

De
362 pages
"Un Juif, une Musulmane : il n'y avait pas beaucoup de chances pour que des relations profondes, conscientes, s'établissent entre eux. Et pourtant ! L'auteur nous livre l'histoire de leurs peuples respectifs, qui ne furent pas toujours des frères ennemis [...]. Le thème utilisé est universel. Cependant, son développement est unique. Toutes les histoires d'amour sont uniques, surtout si elles côtoient les actualités politiques..." (Léonard Bolduc).
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EzzaAGHAMALAK
LA PAIX, L’AMOUR ET RIEN D’AUTRE
Roman
La paix, l’amour et rien d’autre
Du même auteur ROMANS ET NOUVELLES Le drame n'arrivera pas deux fois, nouvelle, Beyrouth 1957. Sans rendez-vous préalable, nouvelle, Beyrouth 1960. e Récits bleusSociété des Écrivains, Paris 2002.édition : ; 2 , Almoutanabbi, Beyrouth 2000 Recueil de trois nouvelles : 1-Chagrin d'Amour 2 - Cette douce Tyrannie 3 - La Terrasse et la Colline La Mallette(roman), Jarrous, Liban 1996. Trad. arabe : Dr. Louis Ataoui, Dar el-Farabi, Beyrouth 2010. re e La Dernière des Croisés, 1 éd., Beyrouth, 1997 ; 2 éd. SDE, Paris 2002. Les Portes de la Nuit, roman, éd. des Écrivains, Paris 1999. La Femme de mon mari,roman, éd. des Écrivains, Paris 2001. Récits Roses, recueil de deux miniromans, SDE, Paris 2002 :1-Le Rôdeur nocturne 2-Les Ombres secrètes ère e Anosmia ou Nostalgie d'un sens interdit,éd. : SDE,roman : 1 éd., Du Roy, Beyrouth, 2004 ; 2 Paris 2005. Trad. Anglaise : Dr. Cynthia Hahn, éd. University Press of the South, USA 2009. BAGDAD : Des morts qui sonnent plus fort que d'autres, roman, éd. des Écrivains, Paris 2006. Trad. : Dr. Cynthia Hahn, éd. Linus Publications, Inc., USA 2010. Mariée à Paris. Répudiée à Beyrouth,roman, L’Harmattan, Paris 2009. Qu’as-tu fait de tes mômes, papa ?,roman, éd. Alfabarre, Paris 2011. Trad. Arabe : Dr. Ketty Salem, éd. Al-Farabi, Beyrouth, 2011. Trad. Anglaise: Dr. Cynthia Hahn, Univ. Press of the South, USA 2013. Balafres ou le silence de la Méditerranée, roman, L’Harmattan, Paris 2013. L’Homme de tous les silences, roman, L’Harmattan, Paris, 2014. Trad. Anglaise : Dr. Cynthia Hahn, éd. Linus Publications, Inc., USA 2015. Tripoli, cimetière des Anglais, HMS Victoria, roman, L’Harmattan, Paris 2015. POÉSIE Migration, éd. Jarrous, Liban 1985. Entre deux battements de temps, Beyrouth 1992. Quand les larmes seront pleurées, Beyrouth 1992. Modes inconditionnels des aubes mensongères,SDE, Paris 2000. La mise à nu, éd. des Écrivains, Paris, 2003. Poésie Tripolitaine Francophone, éd. Roy, Liban, 2004. Petits poèmes pour un grand Homme, éd. Roy, Liban 2005. À quatre mains et à deux cœurs(coauteur Gilles Sicard), SDE, Paris 2008. Mes Villes Mes Amours Mes Solitudes,éd.Dergham, Beyrouth 2011. ESSAI Œuvre francophone et identité transculturelle, sélection d’études littéraires, préface d’Efstratia Oktapoda, L’Harmattan, Paris 2010.
Ezza Agha Malak
La paix, l’amour et rien d’autre
Roman
Du même auteur (suite) ÉTUDES SUR L'ŒUVRE A- Les collectifs 1-Regards sur l'œuvre narrative et poétique de Ezza Agha Malak, préface de Bernard BARITAUD, Éditions des Écrivains, Paris 1999. 2-Ezza Agha Malak, Regards croisés sur son œuvre narrative et poétique,coordonnateur Gilles Sicard, préface de Denis Labouret, L’Harmattan, Paris 2005. 3-Ezza Agha Malak.À la croisée des regards, coordonnateur Cynthia Hahn, préface de Romain VIGNEST, L’Harmattan, 2010. 4-L’Écrivain moyen-oriental face à ses mythes. Perspectives critiques sur l’œuvre de Ezza Malak, sous la direction de Efstratia Oktapoda. L’Harmattan, Paris 2013. 5- Le pays et l’ailleurs. Voyage et narration dans l’œuvre de Ezza Agha Malak. Acte de colloque organisé par le CRLV, Sorbonne Paris IV, sous la direction de Efstratia Oktapoda, L’Harmattan 2011. B- Mémoires de diplômes et thèses de doctorat sur l’œuvre 1- Zeina El-Hajj, « La quête identitaire et le statut de la femme dansLa Dernière des Croisésd’Ezza Agha Malak », mémoire de Diplôme d’Études supérieures, Université libanaise, Section I, 2013. 2- Johany Loparco, « Anosmia : ces odeurs qui nous mènent par le bout du nez »,mémoire de Diplômes d’Études supérieures, Bruxelles, 2012. 3- Hady Skayem, « Spectacle d’amour et de mort.Lecture socio-littéraire desOmbres secrèteset La Terrasse et la Colline», mémoire de diplôme d’Études supérieures,d’Ezza Agha Malak Université Libanaise, Section II, 2012. 3- Nadine Hallak Bras,« Le statut de la femme à travers les deux romans d’Ezza Agha Malak :La Femme de mon marietMariée à Paris… Répudiée à Beyrouth», thèse de doctorat, Université Arabe de Beyrouth, 2013. 4- Cédrel Haroun,« Famille et Violence dans le roman féminin libanais francophone », thèse de doctorat, Université de Bordeaux II, 2001. Couverture :Douceur, tableau de Mme Raya El-Mahmoud, acrylique sur toile 60 x 80 cm, 2009 Réalisation de la couverture : Dr. Gilles Sicard © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10132-3 EAN : 9782343101323
À Elsa À François À Alexandre À Frédéric
Mes petits amours devenus grands
Première partie
De la Terre profanée à l’Atmosphère azurée
« La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent… »
Albert Einstein
« Ce que nous voulons, c’est que le monde devienne un lieu sûr où tous puissent vivre, un lieu possible spécialement pour toute nation éprise de la paix… »
Wilson, janvier 1918
« Démocratie : l’oppression du peuple par le peuple pour le peuple. »
Oscar Wilde
1.
Tripoli - Beyrouth… Terre brûlée
C’est un jour un peu particulier pour moi. Un jour de départ après un voyage éclair. Hier, j’ai assisté à la cérémonie de mariage de ma nièce et je dois repartir aujourd’hui à Marseille. Beaucoup de projets retardés m’attendent. Entre autres, finir un article destiné à une revue américaine et répondre à une invitation à dîner, à Marseille, donnée par un ami que je chéris bien. Dans ma maison tripolitaine, j’ai laissé tout traîner derrière moi. Je n’ai pas eu le temps de ranger les affaires qui s’étalent partout, sur les canapés et sur les chaises. Le mariage de ma nièce pour lequel je suis venue de Marseille s’est bien déroulé hier. Malgré leurs problèmes quotidiens et les soucis qui en découlent, les Libanais n’oublient pas devivreIls profitent de pleinement. chaque instant, de chaque jour comme s’il était le dernier, comme s’ils allaient mourir demain. Profiter au max est devenu leur précepte. En dépit de l’explosion de la semaine dernière qui a fait des centaines de morts et de blessés, ma sœur et son mari ont tenu à maintenir la cérémonie, prévue dans une belle station balnéaire, ainsi que les réjouissances qui doivent l’accompagner : le banquet et le DJ, les nappes de satin blanc pour couvrir les tables, la chanteuse payée quelques centaines de dollars l’heure, et la danseuse engagée pour cette occasion. Au cours de la cérémonie, une détonation fut entendue. On l’a prise d’abord pour des pétards, puis, en réalisant que c’était une véritable explosion, l’ordre d’interrompre la chanteuse est donné, mais pour reprendre au bout de quelques minutes en constatant que la déflagration de l’explosif venaitde loin; ce qui a encouragé à rester sur place. Tant que le danger n’est pas proche ni imminent, on oublie vite la dangerosité de la situation. Les Libanais sont un peuple jouisseur qui entretient un art de vivre assez particulier, qui fait fi du danger et dédaigne ce qui entrave son bien-être. Il est surtout un peuple fataliste qui croit au destin : tout ce qui nous arrive se produit par la volonté de Dieu, et on ne peut empêcher la volonté de Dieu de se produire. C’est une de leurs innombrables logiques. Surtout ne lui ôte pas la joie de vivre.Que
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sera sera et quelle que soit l’ampleur du risque et du péril, on ne fait rien pour s’y opposer. Parce que c’est ledestin! Chacun en a un… On est positif. Toujours. Mais avec ce qui se passe au Liban comme ailleurs dans le monde, il est fort probable que cette positivité à outrance n’en ait plus pour longtemps. Je l’ai pensé en nous approchant de Jbeil, et en roulant sur une route bien goudronnée. Byblos, la ville antique. J’aperçois sa citadelle phénicienne, vieille de quelque sept mille ans, en longeant la mer. Darwich ralentit pour la contempler. Darwich n’est pas un chauffeur pressé, ni bavard. Si, un peu. Mais dernièrement, et contrairement à ses habitudes, il est devenu un peu volubile. Durant les soixante minutes ou alors les deux heures que dure le trajet Tripoli Beyrouth (tout dépend de la circulation et des bouchons), il a un peu causé, c’est vrai, mais bien moins que d’habitude. En général, sur la route du départ, en m’emmenant à l’aéroport ou en m’en ramenant, il me raconte sa vie : son amour pour Nawal, sa femme ; ce qu’elle cuisine pour lui ; et il me décrit les rapports amicaux qu’il entretient avec ses deux fils déjà adultes. Mais cette fois, il s’abstient et son mutisme m’a déconcertée. Je sais qu’il a toujours la langue dans sa poche. Mais au bout de peu de temps, n’en pouvant plus, il se lance dans une volubile explication : son petit frère est parti au jihad en Syrie. Il ne sait pas comment il a été endoctriné, embrigadé. Daech a des moyens sorciers pour fasciner les jeunes et les convertir. Il les motive en leur parlant de vierges dans le paradis, bien plus belles que celles sur terre, bien plus gentilles. Le petit frère est parti il y a un mois. Depuis, aucune nouvelle qui rassure. Je l’écoute avec intérêt, tout en pensant à la mouvance terroriste qui, en ces temps louches, envahit le monde dans son entier. Comment se développent les mouvements terroristes et comment ils se propagent ?Quisont les États qui les ravitaillent et les nourrissent ? Car s’il n’y avait pas des États instigateurs, il n’y en aurait pas, sans aucun doute. La propagation ne pourrait pas croître ni progresser de la façon que l’on perçoit aujourd’hui. Soudain, le fil de mes idées a été coupé en même temps que la conversation de Darwich. Le chauffeur est arrivé devant un barrage militaire et il doit ouvrir sa fenêtre et saluer le soldat. 1 «! Ahla chababMarhaba Wattan Sa gaieté verbeuse est exprimée! » . avec beaucoup de respect et de tendresse. En formulant ces mots de salutation adressés au jeune soldat qui monte la garde depuis sa guérite, il a pu arracher à celui-ci un sourire méfiant. La guérite porte le drapeau libanais : un fond blanc entre deux bandes rouges horizontales et, au milieu, l’arbre emblématique du pays : le cèdre tout vert. Je me réjouis chaque fois
1 Salut, la Patrie. Bienvenus, les juniors !
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