La princesse

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Après l’exil de Jacquard, Thibault décide de compléter la tournée du royaume si brutalement interrompue six mois plus tôt. Mais cette fois encore, son programme reste inachevé, et il est rappelé d’urgence au château.
Au mois de mai, le peuple accueille Miriam, sa princesse, la fille d’Ema et de Thibault. Mais l’euphorie ne gagne pas tous les coeurs : que lui réserve l’avenir ?
Sur cette île aux secrets bien gardés, les frontières du réel continuent de bouger: il arrive que le mystère nous échappe dès qu’on croit pouvoir le saisir.
Publié le : lundi 22 février 2016
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EAN13 : 9782895799603
Nombre de pages : 291
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Quiviger, Pascale, 1969  Pierre d’Angle  Sommaire : t. 6. La princesse.  Pour les jeunes de 12 ans et plus.
ISBN 9782895796619 (vol. 6)
I. Quiviger, Pascale, 1969 . Printemps. II. Titre. III. Titre : La princesse.
PS8583.U584P53 2014 PS9583.U584P53 2014
jC843’.6
C20139425861
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2015 Bibliothèque et Archives Canada, 2015
Direction éditoriale : Gilda Routy Révision : Madeleine Vincent Mise en pages et couverture : Mardigrafe inc. Illustrations de la couverture : © Thinkstock
© Bayard Canada Livres inc. 2015
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978-2-89579-960-3
Chapitre I
Avrî étaît sî cHaud et sî sec qu’on se seraît cru en juîn. Le muguet parumaît es aées ombrageuses, e cîe étaît d’un beu têtu et, d’un soîr à ’autre, e coucHant enlam-maît tout ce qu’î toucHaît, a moîndre euîe, cHaque pîerre et e cœur e pus roîd. La nature sembaît se réjouîr de ’exî de Jacquard.
Le sang versé dans son sîage contînuaît pourtant d’aîmenter es îmagînatîons. Aaît-î cHercHer des renorts à ’étranger pour revenîr comme î étaît partî, armé jusqu’aux dents ? Aaît-î être jeté aux requîns par ’équîpage du navîre ? Aaît-î se aîre ermîte et vîvre une vîe de pénîtence pour racHeter ses crîmes ? Ou ramper aux pîeds du roî pour demander son pardon ?
Non, pensaîent ceux quî e connaîssaîent bîen. Jacquard, rusé, n’attaqueraît pas de ront. Autorîtaîre, î resteraît à bord. Crue, î n’auraît aucun remords. Orgueîeux, î ne s’Humîîeraît pas devant son rère. Imprévîsîbe et tenace, î manîganceraît à sa manîère uyante, dans ’ombre, sous terre. Des sentînees
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guettaîent es entrées du cHâteau, des patrouîes anonymes sîonnaîent e port, es conseîères gardaîent ’œî ouvert dans cHacune de eur régîon ; ’Anse-aux-Moutons, seu accès à ’ïe par voîe de mer, étaît constamment surveîée, et Jacquard ne pouvaît revenîr sans se aîre coîncer. hîbaut n’avaît rîen aîssé au Hasard.
S’î avaît su ce que savaît Baîse, î auraît été doube-ment en état d’aerte. Une sorcîère vîvaît au cHâteau : tout pouvaît vîrer au cHaos d’une mînute à ’autre. Le précep-teur devaît absoument avertîr e roî, maîs î ne e pouvaît pas. Du moîns, pas pour ’înstant.
Depuîs que Baîse étaît coniné à son ît, Lysandre réquentaît ’écoe, où es journées uî sembaîent înter-mînabes. Au îeu de regarder e tabeau noîr, î étudîaît a coîfure remarquabe et remarquée d’Émîîe, assîse bîen sage au premîer rang, a maîn evée aussî souvent que possîbe. I orgeaît des projets de ugue et, dans es tresses de son amîe, î ne voyaît pus que a vîgne rouge quî poussaît sous sa enêtre. I s’y voyaît descendre de nuît, puîs courîr vers e port et rentrer à Vîrage. I s’y voyaît mourîr ensuîte de cHagrîn et revenîr au cHâteau, peîn de regrets.
S’î n’y avaît eu que es eçons, Lysandre auraît prîs son ma en patîence. Maîs î y avaît aussî es autres écoîers. À son arrîvée sur ’ïe, îs se ’étaîent arracHé comme un objet exotîque ; maîntenant, îs e consîdéraîent comme un orpHeîn ramassé par Hasard, un morceau de Vîrage écHoué à Pîerre d’Ange par pur accîdent. Pourquoî
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dormaît-î dans une cHambre prîncîère ? Pourquoî étaît-î accompagné d’un gîgantesque vaet de pîed ? Qu’avaît-î de pus que es autres ? Rîen. Un an pus tôt, î ne savaît même pas îre. Ses dîvîsîons étaîent entes, ses racînes carrées înexactes, sa caîgrapHîe îîsîbe. Dans es équîpes de sport, personne n’en vouaît.
Pîre encore, Lysandre étaît devenu a vîctîme de cHoîx de Baptîste, un garçon massî et bruyant, cHeveux jaunes, nez rouge, dents grîses et onges noîrs. Le is du boucHer persécutaît tout e monde, de préérence es pus petîts. I traïnaît à sa suîte un grand lanc-mou nommé Forîan quî tenaît de son père, ’arcHîtecte roya, des traîts ins, un ront étroît, une boucHe en orme de cœur, des sourcîs à peîne vîsîbes. Dès son premîer jour d’écoe, Forîan avaît comprîs que Baptîste aaît ’écraser comme une punaîse et uî împoser ses quatre voontés. I avaît décîdé de sauter ’étape de a punaîse et de répondre putôt à son moîndre désîr. I camoulaît ses butîns, répétaît ses însutes et îmîtaît sa démarcHe. Maîs, en réaîté, î réprouvaît ses actîons, paîgnaît ses vîctîmes et e détestaît proondément.
Les deux s’emparèrent rapîdement de Lysandre. Is e aîsaîent tomber, parer en casse, îs uî tîraîent es cHeveux, uî pînçaîent es bras, saîssaîent ses vêtements, înterceptaîent ses devoîrs. Tandîs que Forîan montaît a garde à ’entrée des toîettes, Baptîste ’attendaît réguîè-rement à ’întérîeur pour uî soutîrer un peu d’argent de pocHe. Lysandre, quî n’avaît pas un sou, se prenaît une bonne voée et y aîssaît es boutons de sa veste, acîes
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à revendre. Les autres écoîers aîsaîent sembant de rîen, Heureux d’être enin épargnés. Pas un seu n’avaît e courage d’en parer au proesseur.
Émîîe avaît de ’ascendant sur a casse et auraît pu protéger son amî, maîs ee avaît peur de Baptîste. Ee se justîiaît en pensant que Lysandre ne aîsaît rîen pour se aîre aîmer, qu’î pouvaît se déendre tout seu, qu’î auraît sans doute détesté qu’une ie voe à son secours, bre que tout ça n’avaît rîen à voîr avec ee. Le souvenîr des aubes gacîaes passées ensembe à domestîquer Brunante uî revenaît souvent, trop souvent. Paroîs, ee se sentaît tee-ment coupabe de e aîsser tomber qu’ee uî en vouaît presque pour eur amîtîé.
Maîs Lysandre avaît ’Habîtude de ’adversîté. La vîe ’avaît rarement bîen traîté. I îgnoraît que, dans a casse, tandîs qu’î observaît a coîfure d’Émîîe, quequ’un regardaît aussî sa propre cHeveure de crîn : SopHîe, a pus jeune ie de Manred, quî avaît treîze ans, maîs en paraîssaît sept. Baptîste et Forîan venaîent tout juste de a aîsser en paîx, grâce à ’arrîvée de Lysandre. Un jour ou ’autre, ee e remercîeraît.
Entretemps, î se contentaît de ’amîtîé de Brunante et d’Épîna, et passaît ses après-mîdîs à contemper es eux de a orge, en compagnîe de CHares et de ses înépuîsabes dîctons. Féîx, înquîet, inît par demander une audîence royae. hîbaut descendît de son trône pour se rendre sur-e-cHamp jusqu’à a cHambre de Lysandre qu’î trouva vîde, enêtre grande ouverte.
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