LA PROPHETIE DES ANCETRES

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C'est l'histoire de Taga, un jeune Camerounais envoyé en Allemagne de l'Est par le mouvement de libération en vue de poursuivre ses études. Il s'y marie avec une jeune Allemande possédant une très forte personnalité. Le couple mène une vie heureuse, bénie par la naissance de deux enfants, mais le mariage échoue à cause du difficile contexte aussi bien au Cameroun qu'en Allemagne. Le plus étonnant reste qu'après sa mort prématurée, Taga est contraint de renaître pour assumer une seconde vie sur terre...
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
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EAN13 : 9782296466777
Nombre de pages : 178
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Littératures et Savoirs Collection dirigée parEmmanuel Matateyou Dans cette collection sont publiés des ouvrages de la littérature fiction mais également des essais produisant un discours sur des savoirs endogènes qui sont des interrogations sur les conditions permettant dapporter aux sociétés du Sud et du Nord une amélioration significative dans leur mode de vie. Dans le domaine de la création des uvres de lesprit, les générations se bousculent et saffrontent au Nord comme au Sud avec une violence telle que les ruptures saccomplissent et se transposent dans les langages littéraires (aussi bien oral quécrit). Toute réflexion sur toutes ces ruptures, mais également sur les voies empruntées par les populations africaines et autres sera très éclairante des nouveaux défis à relever.  La collectionLittératures et Savoirsest un espace de promotion des nouvelles écritures africaines qui ont une esthétique propre ; ce qui permet aux critiques de dire désormais que la littérature africaine est une science objective de la subjectivité. Romans, pièces de théâtre, poésie, monographies, récits autobiographiques, mémoires... sur lAfrique sont prioritairement appréciés. Valérie Joëlle KOUAM NGOCKA,À cause delle (roman), 2011. Sophie Françoise BAPAMBE YAP LIBOCK,Le Dévoilement du silence, 2010 Pierre Olivier EMOUCK,Les chiens écrasés, 2010. Duny FONGANG,À lombre du doute, 2010. Grégoire NGUEDI,La Destinée de Baliama, 2010. Floréal Serge ADIEME,La Lionne édentée(roman), 2010. Jean-Claude ABADA MEDJO,La parole tendue (poésie), 2010. Jean Aimé RIBAL,Chagrins de parents, 2010. Marie Françoise Rosel NGO BANEG,Ning, nouvelles, 2009. Edouard Elvis BVOUMA,Lépreuve par neuf, 2009. Rodrigue NDZANA,Je taime en splash, 2009.
Déjà parus
Daniel MEPINLa prophétie des ancêtresRoman
Du même auteur Die Weissagung der Ahnen 1997, Horlemann Verlag, RFA, (Roman, ISBN3-89502-066-4) Tonè Tonè: Märchen und Erzählungen aus Kamerun (2000, Athena Verlag, RFA, ISBN 3-932740-59-9) Oden für ein Testament(Poèmes publiés en partie en 1999 chez Triga Verlag, RFA, ISBN 3-931559-61-0) Mord am Rhein (Roman, paraît bientôt à Londres et Francfort, ISBN 978-0-85727-041-2) Je mourrai face au Soleil(Théâtre sur lhistoire des Bandenkop, jouée 3 fois à Yaoundé et Bandenkop) König Widerwillen(Théâtre sur la succession royale Bamiléké, se joue actuellement par le groupe Tig7 à Mannheim en RFA)
Une uvre similaire a été produite par l'auteur en allemand et sous le titre :Die Weissagung der Ahnen, 1997 Horlemann Verlag, Unkel, BRD, ISBN 3-89502-066-4
© LHarmattan, 2011 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55426-9 EAN : 9782296554269
SOMMAIRE
PROLOGUE ............................................................................................... 9CHAPITRE PREMIER ........................................................................... 13CHAPITRE DEUXIÈME ...................................................................... 17CHAPITRE TROISIÈME ...................................................................... 37CHAPITRE QUATRIÈME .................................................................... 53CHAPITRE CINQUIÈME..................................................................... 67CHAPITRESIXIÈME............................................................................83CHAPITRE SEPTIÈME ......................................................................... 93CHAPITRE HUITIÈME ...................................................................... 101CHAPITRE NEUVIÈME..................................................................... 115CHAPITRE DIXIÈME ......................................................................... 129CHAPITRE DOUZIÈME .................................................................... 149CHAPITRE TREIZIÈME .................................................................... 163ÉPILOGUE ............................................................................................. 169GLOSSAIRE............................................................................................ 175
Je laisse mon amour après moi
Demain déjà, je rentre chez moi. Les années se sont si vite envolées. Les instants s'égrainent si souvent. Demain déjà, je serai sur pied ; Ne puis néanmoins emmener mon cur.
L'Allemagne est bien ma patrie, Que les Allemands le veuillent ou non. C'est sûrement ici que j'ai grandi. Que je suis devenu un homme mûr.
Ici, j'ai tant rigolé, parfois sangloté. J'ai tenu bon, mais des fois, lâché prise. J'ai tantôt vaincu, tantôt perdu.
J'ai été de la fête du grand changement. J'ai vécu le calme après l'orage. Les insolences. Les effondrements aussi. Les grands ouvrages. Les triomphes surtout. J'ai bien été témoin de tout cela.
Mon pays reste encore un monde de rêve. Mon pays, c'est ma terre natale. A l'origine, je n'ai pas choisi L'Allemagne comme ma patrie. C'est le terroir de ma reviviscence.
L'Allemagne est vraiment ma patrie. L'Allemagne pragmatique. L'Allemagne si diverse. L'Allemagne romantique. L'Allemagne réunifiée. L'Allemagne cosmopolite.
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Mon départ est imminent. Je laisse mon cur cependant. Que diable voulez-vous donc ! N'ai-je pas dissimulé mes pierres précieuses, Dans la profonde certitude allemande, Où aucune vermine n'est en mesure De provoquer un seul vestige ? Ma terre de naissance a plein de vermines Qui transforment toutes richesses, Tout objet de valeur, En biens méconnaissables. Aussi ai-je enterré mon trésor, Là où les aptitudes de l'individu, Sont non seulement bien reconnues, Mais sans cesse soutenues par tous.
Demain déjà, je rentre chez moi. Mais mon grand amour restera ici.
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PROLOGUE
Tout se joua dès le départ comme dans un rêve macabre. Devant les battants titanesques du portail de pierre rouge pourpre s'était planté un portier japonais à l'air grave et légèrement vêtu. Un bon lourdaud au teint brun. Ses cheveux noirs bleuâtres étaient noués vers l'arrière en un minuscule chignon par un chiffon rouge sang. Depuis que l'étranger ébahi s'était engagé dans l'allée de blanc pavée, le concierge avait rivé son frisquet regard scrutateur sur les allures incertaines de notre nouveau venu. Lorsque celui-ci se fut suffisamment rapproché, une voix de tonnerre fit retentir de sous l'abondante moustache gris cendre, un sourd grondement, sans toutefois que son auteur eût cligné de l'il ni desserré ses glabres membres supérieurs croisés au-dessus de son tablier-blouse de couleur ocre. "Vas-y tout droit, jusqu'à la Cour internationale de Justice 'Zambèze'. Arrête-toi et attends tout simplement d'être interpellé !" La voix était pleine à la fois de menace et de conseils. Au même instant, le portail s'ouvrit subitement. L'étranger déconcerté sentit ses pieds se déplacer lentement et comme par eux-mêmes vers la bonne direction. Sa chemise noire lui collait au corps, de même que son pantalon violacé. Les battants du portail se refermèrent d'un seul coup dès qu'il eut traversé sans broncher son seuil marmoréen. Il déchiffra l'un après l'autre les panneaux rouges corail : Amazonie, Mississipi... La lecture lui en était plutôt difficile. Il passa les deux mains dans ses épais cheveux noirs ébène. Les ondes du mince brouillard lui étaient préjudiciables tout aussi à la vue qu'à l'esprit... Volga, Gange,... Plus loin, on pouvait lire : Mer Rouge, Yang Si Kiang, Antarctique... Bouche mi-ouverte et regard tendu, il continua le décryptage. Son étonnement ne fit
que s'accroître : Personne napparaissait derrière les écriteaux. Où était donc la cour ? Un épais nuage dévala lentement du ciel. Tout à coup il fit découvrir l'instable panneau "Zambèze" et disparut avec celui-ci la seconde d'après. Du coup étaient assis devant lui, sept juges à l'air impassible. Un Africain noir comme lui présidait. A sa droite, s'entretenaient à voix basse : un Chinois, une Esquimaude et un Britannique. À sa gauche causaient : une Américaine, un Finnois et un Brésilien. Tous étaient vêtus de rouge écarlate. Tous le contemplèrent. "Bien !" Commença le juge. "Ainsi tu t'appelles Taga, correct ?" Demanda-t-il en levant soudain la tête. "Oui, oui, Votre Honneur, Taga Zinö !" Répondit ce dernier avec hésitation. "Taga Zinö !" Répéta le juge presque mécaniquement. "Oui, Votre Honneur. A ma naissance, j'ai hérité du nom de mon oncle. Il s'appelait Taga. Sa mère avait nom Zinö. Par conséquent, on me donna le nom Taga Zinö !" Expliqua-t-il, assez sûr de lui-même. "Je comprends !" Dit le juge sans le moindre clignement des yeux. "La lignée de mes ancêtres commença avec la fondation de la communauté villageoise des Deungkkuop !" Précisa-t-il. "Es-tu donc bien revenu ? A propos, comment nous as-tu retrouvés ? Qui t'a envoyé au Royaume des Morts ?" L'étranger apeuré se ressaisit avec difficulté, puis répondit : "J'ai fait mon propre jugement. J'ai commis un suicide... La vie sans Tania était trop dure à supporter !" Ajouta-t-il à la hâte, "et...". "Arrête ! Arrête !" S'écria le juge, la main droite levée en signe de rejet. "Donne-toi donc le temps de répondre en toute
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