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Nous remercions le Conseil des Arts du Canada et la SODEC pourle soutien accord notre programme d dition, de m me que le gouvernement du Canada pour l aide financi re re ue par l entremise du Programme d aide au d veloppement de l industrie de l dition (Padi ).
Maquette de la couverture : Folio infographie
Illustration de la couverture : Annie Poulin
R vision : Solange Desch nes
Mise en pages : Gilles Herman
Si vous d sirez tre tenu au courant des publications desDITIONSDUSEPTENTRION vous pouvez nous crire au 1300, av. Maguire, Sillery (Qu bec) G1T 1Z3 ou par t l copieur (418) 5274978 ou consulter notre catalogue sur Internet : http://www.septentrion.qc.ca
' Les ditions du Septentrion Diffusion Dimedia 1300, av. Maguire 539, boul. Lebeau Sillery (Qu bec) SaintLaurent (Qu bec) G1T 1Z3 H4N 1S2
er Dptlgalt1rimestre1999 Biblioth que nationale du Qu bec ISBN 2894481306
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¸ tous les tres que j aiaim s, y compris les chats et lesr
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LA PYRAMIDE DES MORTS
Il n’y a pas de vie qui ne soit dominée par l’ombre de la mort.
Jean d’Ormesson
C’est aujourd’hui mon anniversaire. J’entre dans ma quatre-vingt-unième année. Pourtant — qui me croira ? — je n’ai pas encore un cheveu blanc. Mais je ne suis pas plus jeune pour ça, car la vieillesse n’est pas question de che-veux ou de rides. C’est avant tout, j’en suis certaine main-tenant, une déviation de l’esprit, un durcissement du cœur, un renoncement à la vie. Et je suis vieille. Mes quatre enfants viennent de me quitter. L’aîné re-tourne, ce soir, à Vancouver où son poste de chimiste dans une compagnie internationale de pétrole lui procure le summum de la satisfaction et du confort, selon les critères de notre fin de millénaire. C’est un sage, un penseur, un solitaire. Il s’appelle Jean. Son cadet, Pierre, est si différent que jamais personne ne les prend pour des frères. L’exu-bérance de Pierre est aux antipodes de la placidité du pen-seur et du solitaire ; elle est même teintée d’un brin de folie. Jean est chimiste, Pierre est facteur. Jean est blond comme un Suédois, Pierre, noir comme un Mexicain. Mais il y a aussi le troisième… Ni blond ni noir ! Un rouquin que je ne peux comparer ni à mon aîné ni à son cadet, et
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qui ressemble étrangement à un jeune bijoutier qui fut mon amant au cours de l’année qui précéda sa naissance. Il n’a ni la sagesse de Jean ni le brin de folie de Pierre. Il s’appelle Jonathan; il est… joueur, oui, joueur de carrière ! Ce n’est que lorsqu’ils furent tous trois adultes que je rapprochai les noms de mes fils des personnages bibliques qu’ils peuvent évoquer. Le choix d’un nom influe-t-il sur le caractère, le tempérament de celui ou de celle qui le por-tera ? Certains le croient, moi pas. Je crois beaucoup plus simplement que c’est celui qui le porte qui l’accrédite et le qualifie, rien de plus. Aussi je ne crois pas que les dif-férences entre mes trois garçons soient l’écho de leurs prénoms, pas plus que n’aurait d’influence sur leur futurs goûts artistiques la couleur de leur première chemise. D’ailleurs ces différences m’importent peu. Je ne veux et ne peux renier ni l’un ni l’autre : à certaines heures, j’aime la solitude, je sais parfois être exubérante et le jeu m’a beaucoup attirée ; ce qui m’en a sauvée : je n’accepte jamais de perdre, quel que soit l’enjeu. Mon quatrième enfant est une fille. Vous comprendrez qu’après la naissance de trois garçons elle ait eu une place disons non pas privilégiée, mais particulière. Tous nous connaissons une famille où il y a deux ou trois filles qui s’enrichit, un beau jour, d’un nouveau-né mâle ; et nous avons remarqué les intonations du père quand il parle de sonfils! L’inverse se produit, même si l’arrivée d’une fille est rarement accueillie avec l’éclat que l’on réserve aux garçons, si éloignés soyons-nous de la Chine ! Mais je re-mets à plus tard de parler de mafille pour des raisons auxquelles je me sens incapable de faire face ce soir. Mes enfants ignorent que je les ai entendus discuter du diagnostic communiqué à Jean par mon médecin, la semaine dernière : mes jours sont comptés. Le cancer, qui
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