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La République des renards

De
182 pages
Ce roman dépeint la vie d'un jeune bachelier, Ndonga, qui ne peut pas terminer ses études, victime d'injustice sociale. Accusé de meurtre à tort et arrêté, il parvient à s'évader de prison avec l'aide du doyen Momélé, vice-président du mouvement rebelle de la République des renards. Devenu Yossa Mabita, il est nommé ministre du Pourcentage, poste qui lui permet de s'en mettre plein les poches en extorquant aux autres le fruit de leur sueur. Malheureusement, il contracte un pacte de sang avec des partenaires non recommandables qui lui causent du tort…
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La République des renards Roman
La République des renards
Ernest BOMPOMAIKELELa République des renards
Roman
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵-ͳͲͷͶ͵-͹ EAN : ͻ͹ͺʹ͵Ͷ͵ͳͲͷͶ͵͹
À Guillaume Mobobola, chef de la terre Midzoubou
Avertissement Les histoires que vous découvrirez dans cet ouvrage sont le fruit de l’imagination. Si par coïncidence, vos comportements ressemblent à ceux des personnages mis en action, cela n’engage en rien l’auteur que je suis.
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Chapitre 1
Voici aujourd’hui une semaine que Jacques Ndonga attend le train qui devrait le conduire à Itanga, une agglomération située à près de deux cent trente kilomètres de rails pour rejoindre ses amis avec lesquels il venait de décrocher le baccalauréat. Pourtant, l’arrivée de la machine était annoncée pour très bientôt, selon le chef de gare. Jacques Ndonga n’avait pas compris que, chez eux, les hommes de couleur noire, très bientôt, pouvaient couvrir une journée, une semaine, voire un mois. Car, pour eux, le temps demeure un acquis mis à la disposition de l’humanité qui ne peut lui échapper. C’est pour cette raison qu’ils ne sont jamais pressés et n’ont jamais une programmation responsable. Chez eux, l’essentiel est d’accomplir la tâche, même après plusieurs heures de retard. Le constat général a démontré que tout ce qu’ils programment se réalise toujours après deux, voire trois heures selon l’heure indiquée, surtout en matière de fêtes. Le comportement de ces individus a fini par gagner leurs chefs. À chaque cérémonie, ils font attendre, surtout les corps diplomatiques, quand ils y sont conviés, ils passent près de deux heures dans la salle enfermés comme des prisonniers en train d’attendre, le regard rivé sur les aiguilles de la montre. La notion de temps chez les Ndonga est considérée comme un accessoire. L’essentiel est de vivre et d’accomplir la tâche. C’est pourquoi, avec eux, il ne faut pas être pressé, lorsqu’ils vous fixent un rendez-vous, aussi important soit-il. Pour s’en rendre compte, il suffit de demander aux différents chefs de chantiers ouverts à travers leur territoire où souvent la fin des travaux intervient toujours cinq à dix ans après la durée indiquée sur la plaque. Curieusement, oubliant les habitudes, ce jeune bachelier commençait à s’impatienter,
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